Samedi 22 avril 2023, 6h42

Publié le Catégorisé comme brouillonne de vie Étiqueté

(texte retrouvé après l’avoir ré-écrit et publié ici. Une fois que j’aurai terminé de publier la semaine entière, je rassemblerai les deux textes. Le blog me sert à compiler. A ordonner. A m’imaginer moins seule, à me mettre en présence d’un lecteur. M’offre la structure dont je remplis les trous au départ de ce que j’arrive à prendre comme note. Au départ de ce qui s’écrit, de ce qui trouve à s’écrire : notes, messages whatsapp, mails.  Après, pour le bienfait du récit, libre à moi de trouver quoi éliminer, supprimer, préciser. Sur le moment même, certaines émotions trouvent à peine un mot pour être dites, que je reconnais ensuite. S’obliger à ces mots, ces bribes. A ce qui se saisit.)

Paris, samedi 22 avril 2023. 
6h42. 
Ça aurait été l’anniversaire de papa, tiens. 

Endormie cette nuit pensant que ma mère mourait. Enfin, mis beaucoup de temps à m’endormir. 

Malheur hier. 

[21/04 à 22:31] Jean-François : Oh my god, JP vient d’appeler, il court chez maman parce qu’elle veut partir avec Angélique, ça a l’air grave 
[21/04 à 23:03] Jean Pierre: Pas sorti de l’auberge . 
[22/04 à 00:03] Eoik: Angélique vient de rentrer chez elle. On se parle demain. Dormez 

Tard le soir, comme il rentre de chez ma mère, Jean Pierre me raconte qu’Angélique l’avait appelé catastrophée parce que maman voulait partir avec elle. Ensuite l’a rappelé pour lui dire de venir très vite parce qu’elle était sortie, partie pour prendre son train et que  maman était de l’autre côté de la porte, à tambouriner. Jean Pierre qui était déjà au lit épuisé, malgré son état, a couru, quand il est arrivé maman criait à la fenêtre. Attroupement des voisins qui commentent Vous faites bien de la garder à la maison (c’est de l’ironie ?) JP entre, met du temps à la calmer, elle est furieuse, furieuse d’être enfermée, elle parvient à monter. A la salle de bain, elle enlève et remet 3 x son dentier. 

JP me dit qu’elle est au lit, qu’il croit qu’elle dort, qu’il a attendu 5 minutes en bas. 

Il me parle tandis qu’il marche avec peine. Il dit que ça fait 3 x qu’elle l’appelle, Angélique, depuis qu’elle travaille pour ma mère.  

Il me dit que Jean-François va très mal.  

On se dit au revoir. Qu’on se rappelle.  

Ensuite je parle à J-F qui avait un moment « disparu », m’inquiétant plus que de raison. 

Ils sont à bout, surchargés de boulot. 

 

Je ne sais pas si comme moi, ils s’endorment en pensant qu’elle va mourir, qu’elle meurt. Qu’elle est morte. Que tout cela est trop douloureux. 

 

Avec JP, la question de la maison de repos a été à nouveau évoquée.  Je suis inquiète de l’état dans lequel elle arriverait là. Je songe au fait que la deuxième maison visitée la semaine dernière affirmait qu’elle ne recourait jamais à la contention chimique ou physique. Je me dis que je dois poser la question à Tours et Taxis. 

Je pense qu’elle est peut-être morte et que je vais l’apprendre dans 3, 4 heures. 

Ce matin, Jules va à son cours d’EP (éducation physique) 

 

Il a passé la présélection de VF. Pas C. Ni je ne sais quelle autre prépa dans un lycée. L’entretien et la présentation de ses travaux  aura lieu dans un mois. Parfois je me dis que la seule chose que je puisse faire, c’est continuer à écrire, avec la constance que je lui souhaiterais à lui. Mais c’est à lui de trouver comment faire, comment « gérer » comme il dit. En tout cas, il ne sacrifiera pas ses vacances pour ça. Il part une semaine dans la Creuse quelque part. Et puis une semaine à Nantes. Ou le contraire.

Le fait que des amis à lui soient pris dans plus d’établissements que lui est « difficile pour son ego ». 

Il essaie de se faire à l’idée qu’il pourrait n’être pris nulle part.  

VF serait certainement ce qu’il y a de mieux pour lui. Mais il n’est pas boursier (et ils prennent 80% de boursiers). Les chances sont minces décidément. 

« Essaie de te rapprocher de toi. Ne regarde pas trop ce que les autres font. Tu es apprenti. Essaie de te rapprocher de ton intention, et s’il n’y en n’a pas, besides celle de devenir une star , essaie de te rapprocher de ce qui compte pour toi. C’est un beau métier dans lequel tu t’engages. Qui permet de traiter les choses essentielles. 
N’écoute pas la tentation de te dire Je ne suis pas bon, tous sont meilleurs que moi.  
Rejette ça. 
Adhère à la particularité de ce que tu es… »
Non-envoyé. Prendre le temps de lui écrire, absolument.

 

 

 

 

 

 

 

 

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