lundi 23 novembre 2009 · 18h34

(l’in-dé-ci-se-pression)

« Un des coups imparables du rateur d’élite, c’est l’indécision. Il est à tenter souvent et aussi tôt que possible, car le dispositif analytique c’est comme la portée de chatons : il faut le noyer avant qu’il prospère… Dépression et indécision sont les deux mamelles du ratage. L’indécisepression ! C’est l’indécisepression qui permet de durer dans l’intenable. Pour tout faire rater, l’indécisepression n’est jamais à court d’inspiration.»
Extraits du livre de Bernard Cremniter, « Comment rater sa psychanalyse »
– hm, me reconnais tout à fait en rateuse d’élite  –
mercredi 25 novembre 2009 · 11h50

passe, fin d’analyse et satisfaction

J.-A. Miller nous dit que « le passant de la doctrine classique (celle de la passe de la Proposition de 1967) est supposé témoigner d’un savoir, (…) alors que, à la fin de son enseignement, ce passant-là ne peut témoigner que d’une vérité menteuse. » (Cours du 21 janvier 09)

Deux modalités de la fin de l’analyse sont présentes dans l’enseignement de Lacan :

  1. « La passe classique », c’est celle qui pense l’inconscient comme savoir. A la fin de l’analyse, ce dont témoigne l’analysant, c’est d’un temps qui va du début à la fin de l’analyse comme clôture de l’expérience.
  2. « La passe du dernier enseignement de Lacan » porte sur l’inconscient, non plus comme savoir mais comme jouissance. « Lacan a d’abord cherché à enserrer cette jouissance dans l’objet a. Puis il a, dans le séminaire XX, introduit un espace amorphe, où il a mis un grand J, pour démentir qu’on puisse l’enfermer ainsi ».
    (Cours du 14 janvier 09)

D’un côté nous avons l’inconscient transférentiel, le sujet supposé savoir, la vérité et la structure de fiction qu’elle soutient.
De l’autre nous avons l’inconscient réel, la jouissance opaque, le sinthome, la satisfaction de la fin d’analyse. « La question est moins de savoir ce qui a été extrait de jouissance, ce qui a été extrait du fantasme, en termes d’effets de vérité, en termes de savoir, que de dire la satisfaction que j’ai réussi à extraire de mon mode de jouir. Car mon mode de jouir est ce qu’il est. » (Cours du 11 février 09).
A la certitude de la fin de l’analyse dans la passe classique, fait place la satisfaction.

Une question et une ouverture.

Que signifie cette satisfaction ? De quoi est-elle l’indice ? Qu’est-ce qui peut satisfaire l’analysant au point qu’il veuille témoigner de cet allègement, de l’irréductible de son mode de jouir qui aurait perdu pour lui sa valeur de prison ?
Il me semble que de tels témoignages, élucidant ce moment particulier où l’analyse conduit un analysant à extraire de sa jouissance, une telle satisfaction lui permettant de vivre avec son sinthome, nous n’en avons pas de savoir préalable. D’autre part, dès lors que cette satisfaction ne se démontre pas, il me semble que la fin de l’analyse n’est plus affaire de temps logique, mais de décision du sujet. La logique de la clôture de l’analyse n’est plus liée à l’expérience de la chute du Sujet Supposé Savoir, ni à la traversée du fantasme, elle est liée à « la nouvelle alliance que le sujet peut faire avec sa jouissance ». (Cours du 1° avril 09)

[…]

La procédure de la passe devrait être ce lieu où se travaillent ces questions de fins d’analyse. La question de la passe pourrait sérier ces sorties, tenter de repérer la place qu’occupe un sujet dans la responsabilité qu’il a de son analyse, du ratage que constitue le temps du déchiffrage. Il s’agirait alors de repérer la transmission qu’il peut faire de l’abord de son rapport à la jouissance, et de la façon dont il s’est distancié de son mode de jouir, des effets sur lui, de ce que Lacan a renommé comme cause du langage, la jouissance. Et de nouer ces temps de l’analyse qui ne sont pas opposables, mais au contraire, fixés par les signifiants de jouissance qui l’ont constitué comme parlêtre.

Journal des Journées n° 62, La passe n’est plus une, Hélène Bonnaud

vendredi 27 novembre 2009 · 23h26

…celui qui souhaite la répétition est un homme

  1. big_ben_clock BONG BONG BONG BONG BONG BONG BONG BONG 25 minutes ago
  2. lynxdor répéter l’étonnement, à l’infini, dans un temps cyclique, 17 minutes ago
  3. lynxdor « Celui qui se contente d’espérer est un lâche; celui qui se contente du ressouvenir est un voluptueux 13 minutes ago
  4. lynxdorcelui qui souhaite la répétition est un homme . » S.K. 12 minutes ago from TweetDeck
  5. Dafpsy @lynxdor « …c’est un homme » c’est donc quelqu’un qui accepte l’inconnu, l’aventure..? ou la difficulté? 9 minutes ago in reply to lynxdor
  6. lynxdor @Datpsy qui répète la perte, qui accepte de ne pas se ressouvenir , ce qui serait une répétition « en arrière » 5 minutes ago
  7. lynxdor @Datpsy pour K. la nouveauté est lassante et la vie est répétition de l’ancien, non dans la réminiscence mais dans l’effacement 1 minute ago

« Celui qui se contente d’espérer est un lâche; celui qui se contente du ressouvenir est un voluptueux; mais celui qui souhaite la répétition est un homme; plus il est ferme dans ses préparatifs; plus il sera un être profond. Mais celui qui ne comprend pas que la vie est répétition, et qu’elle représente la beauté même de la vie, ne mérite pas mieux que le sort qui l’attend, c’est-à-dire périr; car l’espérance est un fruit tentateur qui vous laisse sur votre faim. »

Soren Kierkegaard

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