L’escabeau psychanalytique, c’est « ce sur quoi le parlêtre se hisse, monte pour se faire beau. C’est son piédestal qui lui permet de s’élever lui-même à la dignité de la Chose. […] L’escabeau, c’est un concept transversal. Cela traduit d’une façon imagée la sublimation freudienne, mais à son croisement avec le narcissisme. […] L’escabeau est la sublimation, mais en tant qu’elle se fonde sur le je ne pense pas premier du parlêtre. Qu’est-ce que c’est que ce je ne pense pas ? C’est la négation de l’inconscient par quoi le parlêtre se croit maître de son être. Et avec son escabeau, il ajoute à cela qu’il se croit un maître beau. Ce qu’on appelle la culture n’est pas autre chose que la réserve des escabeaux dans laquelle on va puiser de quoi se pousser du col et faire le glorieux. »1
Voici le bougé entre 1960 et 1975. « La Chose est présentée comme une sphère fermée, close sur elle-même, pur silence – la sphère céleste et Dieu ne sont pas loin. L’escabeau, lui, est beaucoup plus modeste – on s’y hisse mais pas bien haut ! Il est plutôt bricolé et relève du tordu et non du droit ou du rond. » nous précise H. Castanet. Ce n’est pas une métaphore mais une différence quant à la structure : « […] le réel du droit, c’est le tordu, […] le tordu l’emporte sur le droit, […] le droit n’est qu’une espèce du tordu. » L’escabeau est le réel de la sphère, affirme Lacan : « Je dis ça pour m’en faire un, et justement d’y faire déchoir la sphère, jusqu’ici indétrônable dans son suprême d’escabeau. Ce pourquoi je démontre que l’S.K.beau est premier parce qu’il préside à la production de sphère. » Le corps des sujets parlants y est engagé, nous dit H. Castanet, ce que précisera J-A Miller dans son texte « L’inconscient et le corps parlant ». « L’S.K.beau c’est ce qui conditionne chez l’homme le fait qu’il vit de l’être (= qu’il vide l’être) autant qu’il a – son corps : il ne l’a d’ailleurs qu’à partir de là. »
Source:
Sur le site de Lacan Université: L’S. K. beau, Philippe Lacadée (ici aussi)
- Miller J.-A., « L’inconscient et le corps parlant », op. cit., p. 313. ↩︎
— est-ce cas beau ? n’est-ce S K beau??? — — —- —-