de vocalises silencieuses in the middle of the night et de leurs conséquences

Publié le Catégorisé comme brouillonne de vie Étiqueté , , , ,

je me suis réveillée vers 3 heures, il est 4h22, je suis dans le canapé du salon, assez fatiguée mais j’ai l’impression que je ne suis pas prête de dormir. je n’ai pas fait d’instagram puisque j’ai désactivé mon compte. un jour, on ne saura plus ce que c’est instagram. à la place j’ai mis de l’ordre dans mes photos sur onedrive. un jour on ne saura plus ce que c’est onedrive.

la pièce est éclairée avec la toute fine guirlande led, si fine qu’elle est un peu indémêlable, que jules avait tout de même un peu démêlée et installée.

j’ai l’impression d’une tension un peu élevée dans mon crâne, dans mon cerveau. je ne sais pas trop ce que ce serait. ça correspond à une forme d’énervement. je l’ai éprouvée hier matin aussi en travaillant sur le site. j’ai travaillé sur le site toute la journée. cette tension dans le crâne est apparue quand j’ai soudainement fait face à quelque chose, me suis trouvée confrontée, à je ne sais plus quoi. je m’en suis éloignée (mentalement, je me suis enfuie, été ailleurs) mais la tension est restée, a monté. c’est de nouveau là. ça m’empêche un peu de penser. ça pourrait précéder une migraine. c’est ce que je pressentais hier, un peu plus tard dans la journée.

je viens de prendre une cuillerée d’huile de nigelle. j’aurais dû le faire plus tôt.

il faut ou je pourrais considérer l’activité d’écrire comme une activité absolument passagère me procurant un plaisir sur le moment-même, et sans plus. et non pas du tout comme une activité qui aurait la moindre noblesse, une quelconque noblesse, une noblesse un peu supérieure à toute autre activité, mais pourquoi est-ce que je parle de noblesse, pourquoi est-ce qu’aucun autre mot ne me vient à l’esprit, valeur aurais-je pu dire. non, je ne peux pas dire ça. je ne dois pas dire ce genre de chose. à tout le moins quand je cherche à écrire, cet exercice me permet-il d’entraîner mon esprit, de retarder sa déchéance, la perte des mots, la perte de l’usage de la langue, la possibilité de réflexion ou de communication. et il y a un certain plaisir, il me semble à tapoter sur le téléphone. et à entendre ma voix, intérieurement, entendre ces phrases que j’écris. il y a un certain plaisir dans le moment de l’écriture-même, dans le fait d’écrire. cet écheveau (je ne sais même pas ce que c’est) déroulé. ça sent mauvais ici, ça a été la première chose que j’ai faite en me levant, à 3 heures, changer le bac du chat, la litière. je ne sais pas bien comment combattre ce sentiment que tout est de même valeur. je le dis ça, je ressens ça, que tout vaut tout, que rien ne vaut rien que tout vaut, démocratie de la valeur, d’où le fait que j’aie voulu parler de noblesse, en même temps que j’ai le sentiment que non, que je n’y crois pas, que c’est du déni de dire que rien n’a plus de valeur que quoique ce soit d’autre. peut-être que dans l’absolu ça n’en n’a pas, mais que de façon relative, relative à moi, ça en a. à moins que je ne parvienne pas à croire ou ne veuille pas croire ou ne veuille pas faire montre que je croirais que je puisse produire quoique ce soit de la moindre valeur, de valeur. dans ce que j’aime de l’écriture, j’aime surtout le rythme. il m’arrive bien souvent de rajouter des mots juste pour le rythme. quand je songe à kafka qui ne songe qu’à alléger, qu’à supprimer, pour qui dans un écrit aucun mot ne devrait être sans raison d’être. je suis tellement loin de ça, de cette science de l’écriture, cette connaissance intime, ce désir, cette volonté. cette idée d’un bien écrit, quand ce qui seulement dans mon plaisir commande, c’est quelque chose de l’ordre du rythme, du bercement. d’un trop trot, petit trot, d’un galop, d’un entraînement, du sacrifice à cet entrainement, sacrifice du sens, d’une surdité, d’une surdité au lieu du tapotement, le frappé est ce qui compte, ce qui prévaut, d’un espoir. le goût de l’éclosion, de voir éclore. de la répétition. du doute. je me suis déjà demandé comment le transcrire, ça, cet éprouvé du rythme, par où ça passe ? le tapoté, le tapotement, régulier, sur le clavier du téléphone, sur celui du Mac, et est-ce que ça ne tient qu’à la longueur de la phrase, à l’emplacement des virgules ou à leur absence. est que ça tient à des sonorités ? il y a le bruit sourd des touches  et ce qui s’entend des sons. autre nappe. est-ce que les différentes voyelles, les diphtongues ou que sais-je, agissent comme des notes ? avec quelle rapidité le cerveau les entend, les ressent, et vous propose vite fait le son qui entre en résonance. ou le plaisir ne tient-il que dans le suspense, le jeu de la possible apparition d’un sens pour moi. comment l’appelait-il cet après-coup du sens au bout de la phrase, Lacan? du nom d’un point de couture. peu importe. point de capiton. le délicieux ou intolérable suspense par rapport au moment de capitonnage du sens. aller voir au dictionnaire (=interroger Google) ce que veut dire le mot diphtongue et chercher d’autres mots de ce style. Voyelle qui change de timbre en cours d’émission. Les diphtongues n’existent plus en français moderne. eh bien zut. alors. qu’est-ce qui existe du coup. les sons phonétiques… les phonèmes. En français, on distingue et reconnaît 36 sons. En phonétique, on va utiliser le terme phonème pour désigner les sons. trente-six sons. trente-six notes. de la disparition des diphtongues en français moderne. (j’ai trouvé sur internet des exemples de corrections appliquées (par des linguistes?) à la langue qui m’ont paru d’une violence extraordinaire, en vue d’y éliminer les diphtongues. pour ce que j’ai pu en repérer, il s’agissait d’y éliminer les accents au nom d’un parler pur, d’un français pur, je n’ai pas poussé mes recherches plus avant, dieu sait d’ailleurs ce que je recherchais). Lorsque l’on parle, plusieurs muscles et organes de l’appareil vocal sont utilisés : poumons, larynx, cordes vocales, langue, lèvres, etc. Selon la disposition de la mâchoire, de la langue et des lèvres, l’être humain est capable de produire différents sons. Certains sons reviennent dans toutes les langues, mais en général, chaque langue a des sons qui lui sont propres. je devrais transcrire en couleurs les phonèmes de ce texte.

je crois que je vais aller me coucher.

*

 

*

 

aimes-tu ton poumon, aimes-tu ton larynx, aimes-tu tes cordes vocales, et ta langue l’aimes-tu, aimes-tu tes lèvres, tes lèvres deux, ton palais l’aimes-tu, le connais-tu ton palais ? connais-tu ton palais ? et son voile tu le connais, et ta trachée ? où en es-tu avec elle, le sais-tu seulement, tu le sais ?

ta salive ? tu y penses à elle ? penses à elle ? et à toutes les voyelles, tu y penses ? et les phonèmes, tu y songes, tu les aimes ? aux résonateurs, tu penses, aux tambours  aux ondes aux rebonds ? les perçois-tu les ondes qui t’inondent, les sons qui te sondent, qui te transpercent ? réponds, dis.

et tes douces dents t’en es où ? tes doigts ? la merveille de tes orteils, tes orteils à toi ? petit cœur, petit roi. et quoi d’autres.

j’ai songé
à l’espace
entre ta
lèvre supérieure
et tes dents de devant
l’espace mouillé
de ce lieu de repos

j’ai songé à tous tes lieux de repos. aux creux habités de tes mains

j’ai ouvert la bouche avalé le ciel noir et ses blanches étoiles voilà qu’elles passent la trachée soulèvent les poumons je me tais j’ai foi je me tais j’ai joie. j’ai trouvé la porte du sommeil et les diphtongues oubliées rejetées

mon verbe ma voix aux mains intérieures cœurs battants

myriades

*

NB : réfléchir à comment faire cette transcription des phonèmes en couleurs (php et petits carrés de couleur,  une couleur par phonème)

/il fo u ʒə puʁɛ kɔ̃sideʁe l‿aktivi̯te d‿ekʁiʁ kɔ̃m yn aktivi̯te apsolymɑ̃ pasɑʒɛʁ mə pʁɔkʁɑ̃ ɛ̃ pleziʁ syʁ lə mɔmɑ̃-mɛm, e sɑ̃ ply. e nɔ̃ pa dy tu kɔm yn aktivi̯te ki ɔʁɛ la mɛ̃dʁ nɔblɛs, yn kɛlkɔ̃k nɔblɛs, yn nɔblɛs ɛ̃ pø syʁpɛʁjœʁ a tut otʁ aktivi̯te, mɛ puʁkʊa ɛs kə ʒə paʁl də nɔblɛs, puʁkʊa ɛs kə o.kœ̃ otʁ mo ne mə vjɛ̃ a l‿espʁi, valœʁ oʁɛʁʒə pu diʁ. nɔ̃, ʒə nə pø pa diʁ sa. ʒə nə dwa pa diʁ sə ʒɑ̃ʁ də ʃoz. a tu lə mwɛ̃ kɑ̃ ʒə ʃɛʁʃ a ekʁiʁ, sɛt ɛɡzɛʁsɪs mə pɛʁmɛt-il d‿ɑ̃tʁene mɔ̃ ɛspʁi, də ʁətɑʁde sa deʃɑ̃s, la pɛʁt de mo, la pɛʁt də l‿yzaʒ də la lɑ̃ɡ, la pɔsibilite də ʁeflɛksjɔ̃ u də kɔmynikɑ̃s. e il ja ɛ̃ sεʁtɛ̃ pleziʁ, il mə sɑ̃bl a tapoteʁ syʁ lə telefɔn. e a ɑ̃tɑ̃dʁ ma vwa, ɛ̃tɛʁjœʁmɑ̃, ɑ̃tɑ̃dʁ se fʁaz kə ʒeʁi. il ja ɛ̃ sεʁtɛ̃ pleziʁ dɑ̃ lə mɔmɑ̃ də l‿ekʁitʁə-mɛm, dɑ̃ lə fɛ də ekʁiʁ. sɛt eʃəvø (ʒə nə sɛ pa mɛm pa sə kə sɛ) deʁule. sa sɑ̃ mɔvɛ ɛsi, sa a ete la pʁəmjɛʁ ʃoz kə ʒe fɛt ɑ̃ mə ləvɑ̃, a tʁwa œʁ, ʃɑ̃ʒe lə bak dy ʃa, la litiɛʁ. ʒə nə sɛ pa bjɛ̃ kɔmɑ̃ kɔ̃batʁ sə sɑ̃timɑ̃ kə tu ɛ də mɛm valœʁ. ʒə lə di sa, ʒə ʁəsɑ̃ sa, kə tu vo tu, kə ʁjɛ̃ nə vo ʁjɛ̃ kə tu vo, deʊmɔkʁasi də la valœʁ, d‿u lə fɛ kə ʒɛ vulu paʁle də nɔblɛs, ɑ̃ mɛm tɑ̃ kə ʒɛ lə sɑ̃timɑ̃ kə nɔ̃, kə ʒə n‿i kʁwa pa, kə sɛ dy deɲi də diʁ kə ʁjɛ̃ na ply də va.lœʁ kə kwa.ik sə swa d.o.tʁ. pø.tɛtʁ kə dɑ̃ l‿ab.sɔ.ly sa nɑ̃ na pa, mɛ kə də fa.sɔ̃ ʁə.la.tiv, ʁə.la.tiv a mwa, sa ɑ̃ a. a mɛ̃ kə ʒə nə paʁ.vjɛn pa a kʁwaʁ u nə vœj pa kʁwaʁ u nə vœj pa fɛʁ mɔ̃tʁ kə ʒə kʁwa.ʁɛ kə ʒə pɥis pʁo.dyʁ kwa.ik sə swa də la mɛ̃dʁ va.lœʁ, də va.lœʁ. dɑ̃ sə kə ʒɛm də l‿e.kʁi.tyʁ, ʒɛm suʁ.tu lə ʁit.mə. il ma.ʁiv bjɛ̃ su.vɑ̃ də ʁa.ʒu.te de mo ʒyst puʁ lə ʁit.mə. kɑ̃ ʒə sɔ̃ʒ a ka.fka ki nə sɔ̃ʒ k‿a le.ʒe, k‿a sy.pʁi.me, puʁ ki dɑ̃ ɛ̃ e.kʁi o.kœ̃ mo nə dʁɛ.vɛt ɛtʁ sɑ̃ ʁe.zɔ̃ d‿ɛtʁ. ʒə sɥi tɛl.mɑ̃ lwɛ̃ də sa, də sɛt si.ɑ̃s də l‿e.kʁi.tyʁ, sɛt kə.nɛ.sɑ̃s ɛ̃.tim, sə de.zir, sɛt volɔ̃.te. sɛt i.de d‿œ̃ bjɛ̃ e.kʁi, kɑ̃ sə ki sœl.mɑ̃ dɑ̃ mɔ̃ ple.zir kɔ.mɑ̃d, sɛ ɛt kɛlkə ʃoz də l‿ɔʁdʁ dy ʁit.mə, dy bɛʁ.sə.mɑ̃. d‿œ̃ tʁo tʁɔt, pəti tʁɔt, d‿œ̃ ga.lɔp, d‿œ̃ ɑ̃.tʁɛ.nə.mɑ̃, dy sa.kʁi.fis a sɛt ɑ̃.tʁɛ.nə.mɑ̃, sa.kʁi.fis dy sɑ̃s, d‿yn syʁ.di.te, d‿yn syʁ.di.te o lɥø dy ta.po.tə.mɑ̃, lə fʁa.pe ɛ sək i kɔ̃t, sək i pʁe.vot, d‿œ̃ ɛs.pwaʁ. lə ɡu də l‿e.klo.zjɔ̃, də vwaʁ e.kloʁ. də la ʁe.pe.ti.sjɔ̃. dy dut. ʒə mə sɥi de.ʒa də.mɑ̃.de kɔ.mɑ̃ lə tʁɑ̃s.kʁiʁ, sa, ɛt ɛpʁu.ve dy ʁit.mə, paʁ u sa pas? lə ta.po.te, lə ta.po.tə.mɑ̃, ʁe.ɡy.lje, syʁ lə kla.vje dy te.le.fɔn, syʁ sə.ly dy mak, e ɛs kə sa nə tjɛ̃ k‿a la lɔ̃ɡœʁ dy la fʁaz, a l‿ɛm.pla.sɑ̃ də viʁ.ɡyl u a lœʁ ap.sɑ̃s. ɛs kə sa tjɛ̃ a de so.no.ʁi.te?

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