Un objet La pensée glisse
— Atelier Laura L Vazquez (avec François Durif et Gaëlle Obiégly)

Publié le Catégorisé comme poésie Étiqueté
Prends un objet au hasard
Je prends mon corps et la nuit et leur mauvaise rencontre
Prends un objet au hasard
Je prends l’œil qui s’ouvre et le désespoir
Fenêtre ouverte sur la nuit et l’absolue nécessité de ne plus penser à rien
 
Fermer l’oeil, vider l’angoisse dans le silence de la nuit, constituer son épaisseur, s’y loger. Penser : lourd, rejoindre la gravité, s’enfoncer dans le matelas. Se couler dans l’étendue du corps qui devient Un et infiniment divisible, extensible en et hors lui. Dedans, à l’intérieur, naviguer d’un lieu à l’autre, d’une cuisse à la hanche, de la hanche à la main proxime, couler dans les tubes du bras, etc. La matière de ton attention circule en toi, une nuée d’attention, une onde t’explore, souple se glisse, se gonfle, te gonfle, se rétracte, soudainement s’amplifie, s’attarde, animale, intime. Par dessus tout taire, n‘entendre que cette volonté de dissolution dans la pesanteur, tu t’appesantis, en toi.
 
Se tourner sur le côté :
– A-t-elle encore sa diarrhée ?
– Lui ont-ils redonné des antidépresseurs ?
– Aurais-je encore des nouvelles d’elle ?
 
S’endormir (couler, disparaître
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