je suis éparpillée. j’en souffre. c’est peut-être mon souci principal. y a la guerre, le réchauffement climatique, l’IA, les ultra riches; le racisme, l’extrême droite, etc., mon souci c’est l’éparpillement… je ne tiens aucun choix, aucune décision, ne mène aucun projet jusqu’au bout. je parle ici de projets d’écriture. quelque soit mon enthousiasme, tout me tombe des mains, j’oublie. je passe à autre chose. je multiplie les notes et les blocs notes, les fichiers ouverts, les sites internet, les pseudos. je surfe. constante dans l’inconstance depuis si longtemps, je ne vois guère d’autre choix possible que de renoncer totalement à écrire. mais, non, je n’y parviens pas non plus. écrire reste le moyen le plus sûr pour contraindre, arrêter, des pensées qui trop envahissantes. et je continue de chercher la forme qui puisse accueillir ces inachèvements. ou la pensée qui me permettra de les supporter. la pensée, la construction. une forme qui accueille et qui rende compte. mais qui rende compte aussi de la légèreté,
je suis effrangée.
je rêve de discipline. de pouvoir compter sur moi. il faudrait une contrainte suffisamment forte. je n’ai jamais compté quelqu’un d’aussi libre que vous, me disait ma psy.
je te lis et relis. et je ne t’ai pas encore assez lue. tu as raison, nous sommes trop sévères avec nous-mêmes.
#lesblocksdechristine je pense que les blocks de ton block note sont l’une des formes que tu as trouvées à donner à tes éparpillements, à ce que seraient tes éparpillements. au hasard de l’heure, dans un laps relativement court, tu ramènes quelques épars à un block. un block qui les rassemble, dans une forme simple, qui les tient ensemble, retrouvant le naturel avec lequel ils tiendraient dans notre conscience 1pour ce qu’on sait de la façon dont ils s’y tiennent, les épars, avant que de trouver à se faufiler dans une phrase écrite; mais ils ne se posent en tout cas pas la question de leur propre éparpillement, ils existent. elles existent ces pensées, ces pré-pensées, dans les limbes, toutes rattachées au corps. dénués d’une exigence d’achèvement, de complétude, pris dans la douceur des mots qu’ils découvrent à mesure ou des humeurs qu’ils réveillent.
#lâchersdeconscience de mon état, je considère d’abord la maladie. TDAH dira-t-on aujourd’hui. une maladie de l’époque, où nous ne cessons d’être en contact avec des lâchers de consciences venus du monde entier. je pense à internet. toutes ces voix (qui ne sont jamais que des voix textuelles, aussi faudrait-il qu’elles trouvent d’autres noms) auxquelles nous répondons. je dis nous, mais il n’y a peut-être pas ce nous. je dis internet, parce que j’y passe beaucoup de temps. je ne lis plus, dis-je parfois, mais je ne fais plus que ça. je lis sur internet. c’est dire la (dé)mesure de mon éparpillement.
mon fils, notre fils, est avec nous cette semaine.
grosse bise christine
Notes en bas de page
- 1pour ce qu’on sait de la façon dont ils s’y tiennent, les épars, avant que de trouver à se faufiler dans une phrase écrite; mais ils ne se posent en tout cas pas la question de leur propre éparpillement, ils existent. elles existent ces pensées, ces pré-pensées, dans les limbes, toutes rattachées au corps.