ven 5 août 2016 – meurs

Publié le Catégorisé comme brouillonne de vie Étiqueté , Aucun commentaire sur ven 5 août 2016 – meurs

06:09

souvent, je me réveille la nuit, et je pense Meurs, meurs, meurs. ou Tue-toi, tue-toi, tue-toi.  je ne sais pas quoi opposer à ces pensées que je trouve tristes, mais dont  je sais qu’elles resteront sans conséquences, même si elles ne l’ont pas toujours été. je me demande pourquoi elles sont là, pourquoi elles reviennent. 

(j’ai remarqué qu’elles revenaient souvent quand j’avais fumé dans la journée. fumer, depuis quelques années, depuis que je ne fume plus, presque plus, provoquent en moi des pensées autodestructrices d’une violence crasse. mais, il ne s’agit pas là, avec les « Meurs », uniquement  de pensées dues à la nicotine, ce serait un comble, avoir souffert pendant tant d’années de pensées suicidaires, parfois suivies d’effets, pour se rendre compte qu’elles n’auraient été provoquées que par la nicotine, ha ha, je ne veux pas y croire).

Il s’agit d’injonctions brèves, répétitives, bornées, presque hors-sens si leur sens ne s’imposait pas massivement : je ne veux pas de la vie. ou : ça ne veut pas de la vie en moi. ou : ça ne veut pas que je vive. et cela dure depuis très longtemps, et il me semble finalement que cela n’a pas cessé de m’affaiblir. tandis qu’il ne me semble même pas, par contre, avoir jamais approché, même de loin, ce qui provoquait ces pensées, d’où elles venaient. Tue-toi, meurs, tu meurs !  Ces impératifs. Cette méchanceté avec moi-même.

J’essaie de ne plus les considérer que comme l’émission, irrépressible, de sons quelconques, vides de sens – gratuitement et inutilement cruels. J’essaie même de leur opposer d’autres termes,  je pense : Vis, Vie ! Mais, le plus souvent, j’essaie de leur opposer mon indifférence. 

Comment considérer, écrire, l’éventuelle « pure jouissance » de ces pensées, « pure jouissance » dont je ne sais rien si ce n’est qu’elles me rappellent, effectivement, mon peu d’attachement à la vie. parfois je me dis, mais c’est récent  : et si elles mentaient, ou si elles disaient vraiment n’importe quoi.  plutôt, je les soupçonne n’être que des rémanences d’une époque où le suicide s’imposait à moi comme seule issue possible. suicide que je ne peux plus envisager aujourd’hui mais que mon esprit semble vouloir garder comme… partenaire, vieux partenaire avec qui continuer à jouer.

pourquoi cette cruauté et comment cette pensée, dans les périodes les plus difficiles, a-t-elle toujours dû s’imposer. et qu’elle subsiste aujourd’hui sous la forme de ces pichenettes, chiquenaudes de l’esprit à mon cerveau. tics. pourquoi l’amour de la vie (même si, je l’avoue, ces mots paraissent particulièrement gluants à ma bouche) ne s’impose-t-il pas plutôt à moi.

me recoucher maintenant.

08:26

et puis, là, je me réveille, et tout de suite, je me dis des Je vous salue, Marie. c’est beaucoup moins ennuyeux que les Tue-toi, beaucoup plus récent, mais tout autant involontaire (et inutile). et il me semble que ça me signale comme étant fondamentalement en demande et en détresse. cela vaudrait-il dire également que je ne saurais me passer d’un Autre qui me prenne totalement en charge. on sait peu de choses de soi. 

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