fermez les yeux, soyez avec moi dans le noir, le très noir, le jour ne s’est pas encore levé. tout est noir et vous vous en délectez.
noir sous les paupières en un lac chaud, noir dans le corps longuement étalé, noir tout alentour.
(je ne sais si vous connaissez ce lac sensationnel de l’œil, celui qui vit sous les paupières, qui repose sur le globe oculaire. nous avons 2 yeux? oui, mais ici, 1, les yeux fermés, il y a le lac, et plus rien d’autre, nul songe aux 2 yeux, c’est très large, et reposant, mais il y a deux yeux bien sûr. )
le poids de la couette est exquis, la chaleur qu’elle vous communique, itou, sa douceur sur votre bouche, vos cuisses. douceur encore de votre poids enfoncé dans le matelas, couplé à la rassurante résistance qu’il vous oppose et où vous vous reposez.
douce chaleur sous la paupière, la profondeur de son poids que vous appréciez et qui se communique, vous roule à l’intérieur du corps, dans un mouvement à la fois rapide et lent où vous vous enveloppez du dedans, vous emplissez du dedans et d’une matière d’air et compacte où s’oublient les viscères ou les os, d’air ou de liquide, chaud, épais.
l’heure est unique, précieuse, fruit mûr offert par la nuit, vous aimeriez vous y couler, vous rendormir, retourner dans les royaumes du sommeil, ne pas assister au lever du jour, vous vous roulez sur le côté.