Pacifiction – Tourments sur les îles
— (désordre et beauté)

Publié le Catégorisé comme brouillonne de vie Étiqueté Aucun commentaire sur Pacifiction – Tourments sur les îles
— (désordre et beauté)

mardi 29 nov. 2022, 08:45

ah finalement vu le film que je voulais voir, d’Albert Serra, Pacifiction – Tourments sur les îles, formidable, vraiment, très différent, une horreur dans un lieu paradisiaque, c’est bateau à dire, mais. ah, la France quand même, d’un rance, d’une saloperie, Pacifiction, c’est magistral dans la dénonciation de la perversion, de la perversité du colonialisme, de ce que c’est la main mise sur un pays, sur une population, sur des corps, indigènes, la beauté, ladite nature, la splendeur, le tout bafoué, et ça parle tellement d’aujourd’hui aussi, avec les sous-marins nucléaires cachés partout, les décisions prises on ne sait où, les sacrifices à faire, la bonne conscience. et les minorités silencieuses, les minorités ici très silencieuses (dieu nous garde), comme le sexe finalement, en corps, en peau stp, en couleurs, en plumes même, les oiseaux de feu qui dansent dans les boîtes de nuit sous les approbations discrètes de blancs bon teint lunettes fumées de bleu qui les poussent alors tendrement au meurtre. rendons grâce à la soyeuse obligeance.

c’est fascinant, ça montre et on voit. on assiste. c’est somptueux, on comprend. l’image se montre plus crédible que tous les discours. ne parviennent que des bribes de conversation, ces paroles qui le dépassent d’un homme qui lui aussi assiste, du bout du rouleau, De Roller. (Shanna beauté baisse les yeux, sourit, approuve. elle dit : c’est cool.)

enfin, c’est un film drôle. subtilement méchamment. d’autant qu’on a vu cet été Macron faire du jetski.  les gens rient, ça pouffe malgré soi, en petit hoquets,  ça grince, y a du sable dans les dents. à force de reconnaître. tout ce qui nous déborde et ne cesse de déborder. l’été qu’on a passé, tout le trop chaud, les feux, le silence, avant ça le confinement, les airs de fin de monde. l’attente, la suspension qui n’en finit plus, la suspiscion, le noir. l’état de veille permanent.

(alors bien sûr que à la fin c’est long, cln, c’est la nuit, ça erre, ça tourne, en spirale probablement, ça remonte de très profond, ça sonde, ça voit rien, toujours rien, c’est qu’on n’en n’est toujours pas sorti.)

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