je veux commencer en évoquant le vide, le manque
qu’il ne s’agirait plus de chercher
à recouvrir ou à combler
mais bien au contraire
de découvrir, d’élargir
je parlerais d’une faille
qui ne se laisse pas facilement apercevoir
qui se camoufle
je dis qu’il s’agit de
de la traquer de la pelleter de l’épousseter partout où elle se dissimule se dissémine
de ramener son sable en un seul endroit,
et des matières accumulées
entassées
soigneusement détourer l’espace
— pour alors se tourner vers vous, genoux enfoncés dans le sable, un petit signe de la tête —,
et présenter son vide au jour
une faille
non universelle, personnelle
dont la particularité même la constitue
une faille de départ, sans cause
irrémédiable
irréparable
irréparable
irréparable
comme la forme d’une plante
d’une fleur par exemple
à l’endroit où elle n’est pas le reste du monde, où elle s’en sépare
(irréparable en ce qu’elle se constitue de ce qu’elle est, de sa matière même, de son existence dans sa différence d’avec le reste du monde, sa séparation)
son plein est son trop
de cette faille parvenir à s’extraire, de son fond se hisser
se poser à son bord
vivre là
car elle est la souffrance inaperçue
la source de la honte
elle est le manque en trop du monde
elle est irréparable blessure
il faut vivre
en dehors de soi
25 déc 25
22 avril 26 (anniv papa, Jacques ❤️ 🖤 💔 🩶 🩶 )