bonjour, excusez-moi de n’avoir pas pris plus tôt le temps de vous répondre et vous remercier, c’était compliqué. je vois qu’elle va bien. qu’elle est toujours souriante et sociable. elle lit selon moi beaucoup moins bien, elle ne déchiffre plus, ne comprend plus rien. il y a quelques mois, elle me lisait avec intonation, intérêt et commentaires. mais, elle tente encore, ça l’intéresse encore. elle s’accroche. vous avez raison : elle cherche à lire, tant que possible. j’interprète ça comme une volonté de rester dans la communauté humaine, le monde du langage, de produire encore des mots, du sens, même s’il lui échappe. elle ne me reconnaît plus vraiment comme sa fille, elle ne sait plus vraiment ce que c’est, une fille, sa mère. mais le lien est toujours très fort. elle me reconnaît encore. et le lien à ses objets. cela fait plaisir à voir qu’elle connaisse les lieux, de la voir sortir de la chambre de la retrouver avec les autres devant la télé. la mise au lit reste difficile avec certain.e.s. elle se débat, frappe. je suis restée quelquefois pour la persuader qu’elle n’avait pas affaire à de mauvaises personnes. j’ai vu des gens qui s’en sortaient très bien. tout le monde ne sait pas qu’elle sait tenir debout. il est vrai qu’elle obéit difficilement. j’ai vu qu’elle recevait de nouveaux des antipsychotiques, dont j’ai lu qu’ils ne devaient pas être donnés plus de 6 ou 7 semaines et qu’il ne fallait y avoir recours qu’en dernier recours. cela m’a attristée, mais je n’ai plus la force de téléphoner, de chercher à comprendre. le directeur m’avait promis qu’on me préviendrait, qu’on ferait appel à moi en cas de difficultés, mais ça n’est pas le cas. certain.e.s trouvent ma mère difficile d’autres au contraire la trouvent facile et drôle… je trouve cependant que dans l’ensemble l’organisation est meilleure, bien meilleure. les aide-soignantes sont souvent à 2 pour la mise au lit et hier elles étaient même à deux pour le repas du soir: ça change tout. les pensionnaires semblaient apaisé.e.s, souriant.e.s, satisfait. e. s.
voilà je ne pense pas que vous m’en demandiez autant…. je suis toujours trop longue,
amicalement,
bon week-end,
v