Sans titre

La fenêtre ouverte
tout le passé me revient
bien mieux qu’un rêve !
Ryōkan Taigu

 

A.-M.

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des anna maria ou anne-marie (voir  l’école les filles lacan et dans l’embrasure), il y en a eu plusieurs. j’en retrouve une. la photo ne date pas de l’époque des dames, mais des filles, de la sagesse (2° et 3° primaire). est-ce que nathalie était malade?  nathalie était peut-être souvent malade.

Anne-Marie la sage.

~

de ce court post, je décide du titre : j’écris : A-M et je pense, alors quoi? Anne-Marie Stretter?
A-M Garavello, A-M Stretter…

Sans titre

chocolat bleu pâle.

désastre (la chute de la maison ..)

j’habite la cave de la rue waelhem. côté gauche, normalement inhabité.

quelque chose se passe, se casse, un mur se divise, des plaques s’ en effondrent.

je crois que je monte prévenir mes parents. mon père est encore en vie.

je redescends avec ma mère. sommes en haut des escaliers de la cave. elle me parle d’aller voir de l’autre côté, du côté où j’habitais avant, dans la « cuisine-cave ».   ca me fait penser au garage de la rue tiberghien. il y a peut-être des toiles dedans, des œuvres de mon père. les murs continuent à s’effondrer. ça m’effondre également. je suis très inquiète. ma mère descend.  elle me fait savoir qu’effectivement des choses horribles sont arrivées. je descends.

l’endroit me paraît dévasté, sans que je sache vraiment en quoi consiste cette dévastation. dans un état déplorable. quelqu’un habite là.  un sdf ou un drogué mais qui n’est pas là. une de ces personnes que mes parents avaient coutume d’accueillir, de loger chez eux avec nous. je râle que mes parents aient laissé faire ca (m’aient « remplacée » par ce sdf, aient laissé ces lieux se dégrader de cette façon, ces lieux qui étaient miens).  je râle très fort. les murs sont dénudés, arasés, troués. en dehors d’un lit peut-être, au milieu de la pièce, un matelas au sol, les pièces sont vides.  j’essaie de comprendre de grands écorchures circulaires dans le mur entre les deux fenêtres. je me demande si des signes y sont à lire.

plus tard.

il semblerait que le reste de la maison continue de s’effondrer. qu’elle soit complètement pourrie, qu’il ne doive bientôt plus rien en rester. des toiles non plus.

je suis vraiment affolée. je dis à quelqu’un qui passe que mes parents n’auront jamais les moyens de retrouver un endroit où loger. que c’est une catastrophe. ma mère a l’air de penser de même.

{ be long }

I need to be
long,
longer.

   

I like to be
long

les 3 coups

ma gencive c’est ma gencive, et l’ex-a, c’est mon ex analyste.

j’ai une maladie des gencives qui n’a été diagnostiquée en tant que telle que récemment malheureusement, mais qui dure depuis très longtemps. j’ai été soignée, mais il semblerait que ce soit une maladie qu’on traîne à vie. comme elle m’ennuie, comme à cause d’elle je suis obligée d’arrêter de fumer pour ne pas perdre davantage de dents, j’avais la veille du rêve pensé à la possibilité de la traiter (soigner, curer) en la mettant sur le dos de ma première analyse, de mon premier analyste, comme marque dans le corps de cet de mon (impossible incroyable) amour pour lui. je me doute qu’il conviendrait peut-être de parler de transfert, mais, à ce stade, je préfère parler d’amour, ça me paraît plus proche de ce qu’il en était et de ce que je peux en dire. ça rend une chaleur que le terme de transfert ne répercute pas nécessairement. sauf peut-être aux oreilles averties.

il se trouve que mon ex-a se prénommait yves. et que dans ma recherche d’un nom pour mon EURL j’avais été très tentée d’utiliser le terme « agence ». « Agence gamma », « agence muller », « agence parflam »… ce terme m’est très sympathique, je le trouve drôle jovial sexy. il me rappelle également une  chanson que chantait parfois R*, mon premier amoureux :

« … A  l’agence
des amants
de madame muller!  »1

qui plus est, il fait immanquablement penser à une agence de détective quand le travail de l’analyse n’est pas sans ressembler à celui d’un détective. cela faisait donc marque aussi de mon amour, de mon amusement, de ma prise dans l’analyse.

bien. au cours de mon analyse donc, ma gencive s’est fendue, verticalement, sur toute la hauteur. la dentiste s’en était étonnée, n’avait jamais vu ça, m’avait dit : « vous aurez probablement eu un coup dont vous ne vous serez pas rendu compte ». reprenant à son insu, par hasard, les termes qui avait été ceux d’un dermatologue découvrant une fente que je lui montrais dans mon ongle, l’ongle du medium de ma main droite, après m’avoir expliqué, pour le coup, qu’il devait s’être agi d’un coup à la « matrice longitudinale de l’ongle ». comme j’étais très intéressée, à cette époque-là de mon analyse, à mon oncle, je n’avais pu m’empêcher de penser au coup porté à mon « ongle ». s’agissant de ce coup, ses conséquences également sont incurables. je ne l’avais pas mal pris. je l’avais pris comme une marque. et cette marque, pour l’avoir travaillée en analyse, je l’acceptais, comme étant de moi. non pas me signant, mais faisant signe de moi, d’une particularité inscrite, secrète, insigne, un signe aussi de l’analyse. une fêlure douce soignée indélébile. une marque aussi de mon travail. de quelque chose qui avait « marché ». acte pris par mon corps, léger accord trouvé.

le hasard veut, encore lui, qu’une troisième fois il m’a fallu entendre dans la bouche d’un médecin que j’avais dû recevoir un coup dont je ne m’étais pas rendu compte, il s’agissait cette fois-là  de l’une de mes cervicales, mais je ne m’y suis pas attardée, s’il est une chose dont je refuse de pâtir, c’est bien du dos.

voilà, je ne sais pas quant à moi départager ce qu’il en du hasard et des répercussions possibles de mon analyse sur mon corps. je ne tranche pas. mais je sais que cela n’est pas indifférent de raconter cela en analyse ou de ne pas le raconter. et mon inconscient aura apprécié que je veuille penser à ma maladie de gencive comme à une marque de ma maladie d’amour pour mon ex-a., un reste. il a dû l’apprécier puisqu’il m’a aussitôt sorti ce rêve.

Notes:
  1. ah si j’osais, vraiment, je prendrais ce nom-là, d’EURL. but it doesn’t really make sense… pour mon genre de travail []
l’insavoir

rêvé cette nuit que je n’en n’avais pas le droit, pas le droit de dire, parce que   je ne suis pas diplômée. mon étonnement, ma stupéfaction.
 de cela pourtant dont il est question pour moi.  trouver comment dire ce qu’il est  à  ma portée de dire.   depuis mon inintelligence même, mon ignorance, dire  depuis ce qui me retient de savoir à  la façon universitaire, la culture que je n’ai   pas, mon histoire & ma géographie que je n’arrive pas à  retenir, malgré mes efforts nombreux.

 m’étais endormie hier, pensant que si ma mère, elle nous angoissait tant, c’est qu’elle est une femme, elle aura beau eu, recouvrir ce trou, de son silence, de sa bonté, du don d’elle-même, rien n’y fait. chez nous, ça a été ça, les hommes parlaient.
l’horror feminae.
inventer une autre parole. ne pas faire à  l’instar. 
de la difficulté-même, se réjouir.

 

j’irais bien à la piscine

Une piscine a débordé, considérablement. Nous arrivons au bord, Jules et moi. J’ai envie de rentrer dans l’eau, voir si elle n’est pas trop froide, traverser la piscine, voir de l’autre côté. L’eau n’est pas trop froide, je peux la pénétrer, Jules heureusement ne me suit pas.

Je suis rentrée dans l’eau dont le mouvement s’est rapidement amplifié, a considérablement monté. Il y avait moyen de s’accrocher à l’eau et je le faisais. Il fallait s’accrocher très fort, en fait. Parce que l’eau vous saisissait, vous emportait, dans un mouvement tournoyant, montant considérablement, puis, soudainement se relâchant, vous relâchant, vous laissant retomber dans le vide, vous rattrapant, vous relâchant… Je songeais, je disais, que ça valait toutes les attractions foraines du monde. C’était énorme et à chaque fois différent, ne laissant pas le loisir de s’habituer au mouvement.

– Hier, Chester faisait de beaux saltos arrières. C’était vraiment comme si ça lui plaisait de se laisser entraîner physiquement par ce qu’il désirait attraper, le petit bout de peluche mauve que Jules faisait tournoyer au bout d’une sorte de cane à pêche. A un moment, Chester bondissait dans le mouvement tournoyant du bout de peluche, son corps, son grand corps pris, soulevé dans les airs, retourné vers l’arrière. Ça évoquait aussi les jeux des dauphins dans l’eau.  Il a d’ailleurs été question de cirque, hier, aussi, mais je ne sais plus à quel moment. Et j’avais songé aux peintures de mon père. A moins que je n’y ai songé ce matin, en sortant du rêve. –

L’eau avait considérablement monté, formait une immense boule, qui nous faisait monter très haut au-dessus de la terre que nous apercevions. C’était à Bruxelles, dont je reconnaissais les bâtiments étrangement reproduits à l’identique plusieurs fois et s’étirant, en de longs rayons qui irradiaient en étoile depuis la boule d’eau. J’ai peut-être reconnu l’Atomium et l’église Sainte-Marie. L’eau était aussi de l’air. C’est ce que je croyais quand je pensais que j’étais dans un rêve. Je songeais à cette matière dans laquelle je virevoltais, qui n’était que de l’air, l’air me paraissait un élément signifiant, dans les deux sens du terme: signifiant vide, rien et signifiant l’R, l’air de Mu-ller, mon nom.

– Aussi, le meurtre, la mort affreuse, il y a peu de temps d’un enfant de trois ans, mis par ses parents, son père, dans une machine à laver. –

Dans la boule, il y avait du monde. Aussi une femme, auprès de laquelle je me retrouvais quelquefois entraînée dans le mouvement tournoyant de l’eau, assez longuement. Avec qui je m’entendais bien. Avec qui j’espérais m’entendre. C’était rassurant d’être ensemble. Je me demandais si nous n’allions pas nous embrasser.

A la fin du rêve, Frédéric et Jules sont également entrés dans l’eau qu’on essayait de vider. J’étais triste pour Jules qu’il soit pris là-dedans.

À ce moment-là, différentes manœuvres sont mises en œuvre donc, pour vider l’eau, mises en œuvre par les terriens (les personnes au sol). Ces manœuvres paraissent dangereuses. Il est question d’un filet en fer ou d’une ossature en fer qui prenne la place de l’eau. L’eau soutenant en l’air les personnes et l’ossature en fer étant destinée à remplacer ce soutien. Le danger étant de se retrouver plaqué contre le fer, parce que s’il n’y a plus d’eau, son mouvement de tempête est toujours là, fait toujours rage. Un homme recherche ce danger dans une sorte de masochisme. Cherche à son corps soit plaqué contre le soutien en fer, contre la grille, de façon à en être marqué.

Pendant tout le rêve, je sais que c’est un rêve, ce qui ne fait que renforcer sa réalité. Tout le temps, je sens, je pense, je constate que ce qui arrive, m’arrive au corps. Je pense même que, comme je sais que je pense, que dans le rêve c’est d’une pensée qu’il s’agit, que mon corps s’exerce réellement aux mouvements qu’il fait (comme l’entraînement des sportifs à qui l’on recommande de penser à leurs mouvements, leur assurant que cela vaut un entraînement réel, ce qui aurait été scientifiquement prouvé.) Je pense donc que mon corps fait réellement le mouvement. Et je me dis qu’il n’y a que la jouissance, de mon corps à ce moment-là, qu’il n’y a pas moyen de penser, je me dis qu’il n’y a que la jouissance qu’il y a.

rien, tout. tout et n’importe quoi.

il n’est strictement rien que je ne fasse dont je ne jouisse.

nuit. angoisse, fureur.

ne dors pas, furieuse. furieusement travaillé la journée jusqu’à trop maintenant douleurs picotements. ce travail à  l’ordinateur me détraque. tenue éveillé par colère contre X**, ex-analyste, comme si c’était lui qui était  responsable de tout ça. ne sais que faire de cette colère. pourquoi faut-il que je ressente ça. pris une aspirine.

~

plus  tard.
écrit à L
. (analyste actuel) pour me plaindre. appel à l’aide. la seule chose à faire à mon avis qui puisse être efficace. pour ce que j’ai. douleurs membres. aspirines encore. lis maintenant un article de cet ex-analyste, histoire de vérifier. s’il était aussi mauvais que ce que – dans mon oreille droite le bourdonnement d’une abeille (!)

~

oreilles sifflent. serpents sur nos têtes. et je me sens coupable d’avoir voulu que l’autre soit coupable.

Eugène Traktacus. nom d’un roman que j’ai écrit. Qui a le traK et qui accuSe. avait dit JP*. roman qui m’était venu quand j’ai découvert lacan.

Alors quoi, j’ai le trac, j’accuse X* ?

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