lundi 18 mai 2026 · 16h20

le prix à payer (du pas vers l’autre)

lundi 18 mai

il était prévu que j’aille à Bruxelles, je n’arrive pas à prendre un billet, aujourd’hui peut-être. je vais assez mal, c’est relatif. c’est physique et  me demande ce qui le provoque. je dis c’est physique, mais c’est mental. physique et mental.  je ne sais comment en parler. ça fait des jours que je suis sur le bord de la migraine. en ce jour qui s’entrouvre, ça s’aggrave encore. peut-être est-ce d’avoir trop travaillé. que s’est-il passé, que se passe-t-il?

#vaisselle

tout avait pourtant bien commencé, hier, par une vaisselle, me disant qu’il faudrait que toujours je commence le jour de cette façon, toute empreinte de la sérénité que me procurait l’idée de ce possible rendez-vous neutre et quotidien avec moi-même (générosité de l’aube ou capacité que nous avons à nous illusionner). 

#corpsdenuagedesintentions

j’ai ensuite travaillé un peu sur le blog aquifer, des problèmes techniques (auxquels, alors que j’écris ceci, je dois résister de retourner dare-dare). ça m’a pris plus de temps que ce que je n’aurais voulu et j’étais désemparée. je ne savais plus quoi faire. comment revenir à moi, à mes intentions. intentions qui ont cette habitude de rapidement s’éloigner de moi, si je ne les maintiens pas à toutes forces, mais par où les saisir – leur corps de nuage, leur évanescence. aujourd’hui on appelle ça TDAH.

#hasard

au hasard de photos sur lesquelles je tombe sur mon téléphone, je tente de faire un post instagram, j’y renonce.1 dans la foulée et sans réfléchir, je retente un autre post, avec des photos plus récentes. je le poste.

#mqm (l’oubli du nom)

ce sont des photos de Paris, près du square #mqm (#mqm=mot qui manque), alors que je sortais de la maison en fin de journée, et que j’aimais ce que je voyais, que je revois encore, les pas à l’ombre de l’église, la fine verticalité des jeunes arbres, le tranquille réverbère à lanterne hexagonale, le mât à nichoirs, les lignes horizontales dans le mur de l’église, puis les larges marches en plein soleil qui descendent vers la place, les marches de pierre claire, usées, poreuses et satinées, ceux qui s’y étaient assis, touristes ou désoeuvrés, inconnus pour qui je ressentais une profonde sympathie, et que je pris en photo avec mon téléphone, pas tous, et sur la droite et la gauche, les terrasses du square, la luxuriance de ses fleurs exotiques en pleine floraison. arrivée sur la place #mqm, je pris encore quelques photos, le livreur à vélo, au zoom, la brasserie, ses reflets, sa terrasse, ces deux passantes que je croisais traversant, en pleine conversation. puis, j’ai pris la rue (#mqm) déjà sombre qui descend vers le magasin bio (#mqm). peut-être cela faisait-il un jour ou deux que je n’étais plus sortie.  tout ce soleil.

#photosnumériques

(ces photos prises, ces photos numériques prises, la possibilité qui existe depuis l’internet et les blogs et tout ce qui suivit, de les publier. pourquoi est-ce que je ne les publie pas simplement sans me poser de questions. combien de photos non-postées sur instagram. combien de photos cependant prises en cette intention. regarde comment je vis, vois ce que je vois. ce que j’aime et vois.)

#ligneéditoriale

je n’ai plus posté sur insta depuis longtemps. il me semble que cela requérerait au fond quelque chose de l’ordre d’une ligne éditoriale, à quoi me tenir. j’exigerais de moi une ligne quand je ne peux me tenir à rien. quand je ne peux me tenir qu’à rien.

#rien

rien. de nouveau fortement envahie par ça. peut-être parce que sur le point de faire quelque chose. peut-être à cause du chapbook commencé, de cette première, la petite édition papier à laquelle je pense depuis si longtemps. (oui, ça fait longtemps que je me propose d’extraire des textes de ce blog, et d’en faire des petites éditions papier moi-même, que j’enverrais à mes amis. je remettais toujours de m’y mettre, et cette fois, je l’ai fait, dans Affinity publisher, j’ai même été jusqu’à faire une impression maison. je pensais que c’était lancé. et là, ça fait des jours que je réfléchis à une illustration, sans plus vraiment arriver à avancer, après avoir eu trop d’idées.)

#nimportequoi

la ligne éditoriale qu’il me faudrait devrait bien plutôt sciemment travailler à soutenir mon grand n’importe quoi, ma disparate. par où je vais happée.

je vais happée . comment vas-tu ? happée, je vais happée.

#dispute

une fois posté sur insta, je crois que me suis retrouvée au lit après m’être gravement (exagérément) énervée avec F pour un truc qu’il avait dit à propos du post. il l’a liké. il a dit :
— oh, un post. oh, je like. oh, tu as documenté le square #mqm.
ça m’a excessivement énervée.
— non, je dis, c’est pas ce que j’ai fait. j’ai bêtement posté des images que je trouvais bien.
— c’est pas bête, il dit.
— si. mais si, si, c’est bête.
et je m’énerve. non, je n’ai rien voulu documenter. je ne suis pas quelqu’un qui documente. et je sais que c’est bête. est-ce que je ne venais pas de me poser la question du pourquoi ces photos-là, à ce moment-là, je sais que je ne savais pas assez pourquoi je le faisais, ce que je faisais, qu’il fallait juste que je fasse un post, que j’en avais déjà foiré un premier. alors que j’avais juste envie de faire des choses légèrement, facilement. et que juste j’aimais ces photos, j’avais aimé ce moment.

je note ici que quand je vais mal, comme ces jours-ci, dans cette fragilisation soudaine, je… j’ai tendance à en vouloir à F, je lui cherche des noises, je me persuade que… c’est de sa faute. la veille déjà, je pensais à ses jeux vidéo. dès que je vais moins bien, je ne supporte plus de le voir faire des jeux vidéo. je lui en veux de ne pas être dans l’exigence dans laquelle je suis, de ne pas pouvoir discuter avec lui des problèmes auxquels je fais face, et qui peuvent être tellement… ces problèmes d’exigence, où il ne trouve jamais rien d’autre à me dire que «c’est super», quand je suis dans le sentiment profond que c’est mal.

et alors, hier, pour des raisons qui me dépassent, la mince envie de tester, de voir si on ne peut pas s’en sortir par là, je marmonne « ça ne va pas du tout, comment nous vivons. »

#lautisme

et curieusement, il prend la mouche. parce qu’il est costaud, il ne prend pas souvent la mouche, mais parfois, tout d’un coup. et il me demande pourquoi je dis ça, ce qui ne va pas. et je ne veux pas répondre, parce que je me rends compte que je n’ai pas la force de soutenir un argument, parce que je sais que je lui cherche des misères, que je suis injuste, et puis aussi, parce que mon « nous » ne pensait pas qu’à nous, lui et moi, mais à un nous plus large aussi, global, qui s’étendait au monde — qui songeait à la distension des relations, à la perte de la parole. aux activités autistes des uns et des autres, je sais qu’on ne devrait pas dire ça, parler d’autisme à tort et à travers, je veux parler du repli sur soi, de la satisfaction atteinte dans une activité solitaire.

je dis « autiste » pour parler des activités hors communication, apportant une satisfaction suffisante que pour n’avoir pas besoin que d’être communiquée.

j’eus le regret un jour de fâcher une maman d’autiste, ce que je ne savais pas, en parlant de « mon autisme » – qui est pour moi une façon un peu légère de parler de quelque chose qui est cependant assez réel, et pesant, dans ma vie. il faut sans doute que je trouve une autre façon d’en parler. c’est Jacques-Alain Miller que j’avais entendu parler de ça un jour à la radio, il avait parlé de l’autisme de la jouissance, toujours, et de la coupure du reste du monde à laquelle elle procède (une émission sur le symptôme?).

Donc Frédéric est agacé, il insiste, insiste, il veut savoir de quoi je parle

— mais non, je lui dis, non, oublie que j’ai dit ça, non, arrête, d’ailleurs je ne pensais pas qu’à nous, c’est plus large, mais ne parlons pas de ça.

et comme ca arrive parfois avec lui, il ne veut pas lâcher, je me lève, le ton monte.

— dans ce cas je pars, dis-je m’éloignant, dis-je marmonant, je vais au lit, je ne mange pas avec toi, je ne passe pas l’après-midi avec toi…

#honte

j’écris ça, là, et j’ai honte.

#embourbée

je me retrouve dans la chambre à ne pas savoir quoi faire. j’efface le post instagram publié, j’en efface deux autres dans la foulée, pour faire bonne mesure. le texte Isolde. et le post où il y a des photos de moi. je ferme les yeux, et rien. je reste dans le noir. ça dure. F vient, me parle, s’approche de moi, met la main sur moi, à travers la couverture, me parle encore, me demande ce que je veux. me propose un verre d’eau que je refuse. rien, surtout rien. mais il veut absolument m’apporter un verre d’eau, je lui dis que je ne veux pas, je proteste, je lui répète d’arrêter. je ne suis pas d’accord avec son insistance. il s’en va, revient avec un verre d’eau. il dit qu’il va faire à manger, je dis que je ne veux. du temps passe. il repasse, j’ai ma tête sous la couette, à l’abri de la lumière. il s’en va. je me demande comment on peut s’en sortir. je me lève, je ne sais pas ce que je vais dire. un mot à propos de ce qui s’est passé. F joue. je l’apostrophe. ça ne s’arrange pas. je repars. je vais partir et revenir  comme ça quelquefois, je cherche alors à comprendre ce qui se passe, ce qui m’arrive. lui reprochant surtout d’avoir insisté quand je lui demandais d’arrêter. il dit « mais là j’ai arrêté ». oui. 

enfin… finalement, je ressors.  je dis « OK, je vais manger avec toi, et j’ajoute : mais je n’en n’ai aucune envie » (en fait, j’ai faim), il dit que c’est très triste, je dis « alors ne mangeons pas ensemble » et je repars. il dit « mais si, mais si, mangeons », je me résous à revenir. pensant qu’en mangeant, ça s’arrangera peut-être, cette humeur. 

ça, s’est un peu arrangé. il parle. je dis « hm, hm ». et tout d’un coup, voila, je ne peux pas m’empêcher de parler d’un truc, c’est reparti, la conversation, on discute légèrement.

(((au passage, je précise: c’est un progrès. avant, avant, car ça ne date pas d’aujourd’hui, là, c’est quelque chose qui réapparaît, je pouvais bouder durant des heures, des jours mêmes… à traîner dans ces humeurs qui m’assaillent à nouveau…. au moment où « tout allait bien », tout allait mieux.. où quelque chose bouge…)))

#envie

en sortant de table, j’ai envie d’une tartelette au fruits. je ne mange pas de sucre, je n’en mange jamais, plus jamais, depuis des mois, je pense à une pâtisserie qui fait du sans sucre, à Menilmontant. mais il pleut et va pleuvoir toute l’après-midi. il pleut ces jours-ci, il fait « plus froid que la normale de saison ». je ne sais pas ce que je fais alors, F joue. enfin, nous finirons par sortir, chacun son parapluie, c’est une échappée. beauté captée, gigantesque, des troncs d’arbre sous la pluie (et j’ai perdu le chargeur de mon appareil photo), complicités retrouvées, pâtisseries achetées. des légumes au chinois (pour faire bonne mesure).

#voix

nous rentrons. ça reste difficile pour moi. les voix qui me lancent des injures sont de retour. une violence forte contre moi-même. j’ai l’idée de dessiner, mais je ne trouve pas de papier. je veux lire un certain livre, mais je ne le trouve pas non plus. le cherchant, je suis confrontée à mon bordel et c’est éminemment angoissant.

#nonlire

bordel de livres non lus qui s’accumulent dans un coin de la chambre, mêlés à des livres lus, ça me rend folle de rage et de détestation contre moi-même, je vais le dire à F, je dis je ne suis capable de rien, rien que de dépenser de l’argent, de coûter, que je ne lis plus rien… je retourne au tas de livres et de poussières. le fait de ne pas lire, de ne plus lire, de ne plus arriver à lire depuis si longtemps me rend complètement malade, je manipule ces livres achetés, que j’ai espéré lire, auquel j’ai cru et qui me sont tombés des mains, il n’arrive presque plus que je lise, à de rares exceptions près, et c’est une grande raison que j’ai de me haïr, et quand je tombe sur des livres lus, je songe que je ne sais même plus ce qu’il y a dedans. je sais que je suis ramenée au plus proche de ce que je me reproche, je songe que c’est depuis que je connais F que je ne lis plus, et je ne veux pas y songer. je me suis laissée bouffer par les écrans que j’évitais soigneusement avant lui, mais… c’est très difficile de mettre des mots sur ce que je ressens à ces moments-là. je ne trouve pas le livre que je cherche.

#écran

je dis à F: il suffit que je sorte de l’écran et que je veuille faire des choses dans la vie réelle pour que je ne trouve plus rien. j’ai voulu dessiner, pas de papier, je veux lire un livre, je ne le trouve pas. dès que je sors de l’écran, ça se passe mal. 

#texteimprimé

il y avait eu la veille l’effort encore de travailler au texte imprimé, à cette grande première que constitue pour moi la confection d’un petit zine, d’un chapbook, avec son titre finalement peut-être de mauvais augure s’il en est : « La décision d’écrire qu’il n’y eut pas ».

il y avait eu la lecture à haute voix, les enregistrements vocaux de ce texte que je tenais maintenant entre les mains, dont je tournais les pages. je le faisais pour l’entendre, y apporter les dernières corrections, mesurer comment le texte coule, se laisse dire.

surtout il y eut ce qui m’est tombé dessus, dès que je considérai être arrivée au bout, lorsqu’il m’apparu que ce texte était complètement nul. c’était massif, irrévocable. subitement, je me demandais pourquoi j’avais voulu l’imprimer, pourquoi j’en avais fait un tel cas. et l’espoir me quittait de faire quelque chose de bien. je me vidais.

et alors le trac de ne plus du tout savoir comment continuer. j’avais parlé d’une illustration pour le texte, ça m’avait occupée des jours, ça me paraissait maintenant totalement hors de portée. et puis quel papier ? j’avais pensé « papier tout simple ». mais Frédéric parlait de choix de papier. parlait de nombre d’exemplaires. je me mettais à penser à ce que ça allait coûter, à l’argent encore que j’allais dépenser.

j’annonçai alors à F. que pour pouvoir y croire, il fallait avant tout que j’en fasse un deuxième, qu’un ce n’était rien, tant qu’il n’y aurait pas le deuxième.

c’est tout ça, sans doute, qui me rendait tellement malade.

y avoir cru, ne plus y croire. penser que j’étais une fois encore dans un projet en passe d’être abandonné. 

#autismedelajouissance

je reviens sur l’autisme de la jouissance selon Jacques-Alain Miller, je retrouve ceci sur internet, dans sa « Théorie du Partenaire » :

 » Je voudrais, dans le fil qui commence à se tendre à partir de la dimension autistique du symptôme, évoquer la toxicomanie. Pourquoi nous y intéressons-nous ? C’est un mode-de-jouir où l’on se passe apparemment de l’autre, qui serait même fait pour que l’on se passe de l’Autre, et où l’on fait seul. Mettons de côté, sans l’oublier, qu’en un certain sens le corps lui-même c’est l’Autre. Je crois que je fais saisir quelque chose si je dis simplement, si je répète, avec d’autres, que c’est un mode-de-jouir où l’on se passe de l’Autre. La jouissance toxicomane est devenue de ce fait comme emblématique de l’autisme contemporain de la jouissance. »

je note donc qu’il parle d’un mode-de-jouir où l’on fait seul, où l’on fait sans l’Autre, sans le corps.
pourquoi je le note?
d’une part parce que j’essaie de cerner le manque de physicalité sur internet, j’essaie de cerner, raisonner : comment s’y faire, comment s’y faire sans s’en faire, et/ou comment s’adapter;
le manque de physicalité ou la physicalité autre
( j’en vois à qui Internet donne un corps. que ça arrange avec l’image. pas à moi. je n’y arrive pas, pas d’arrangement avec l’image).
et d’autre part, parce que c’est bien dans le passage à l’Autre, au moment de l’effort du passage à l’Autre, que ça dysfonctionne. que ça se met à dysfonctionner.
tant que j’arrive à ne pas me faire lire, c’est supportable.
l’angoisse et ses manifestations physiques, et les graves sautes d’humeur, ne viennent qu’au moment où je fais le pas vers l’Autre.
c’est dans le pas, dans le suspens, que je suis attaquée de toutes parts par les démons de l’angoisse.

je reprends ma lecture :

« J’avais essayé de le résumer par le petit mathème I < a. »

Donc Grand I, de l’Idéal, tributaire, dans la dépendance, la soumission à petit a, à l’objet plus-de-jouir, s’effaçant par rapport à lui.

Grand I est valide — de plein exercice — quand le circuit du mode de jouissance doit passer par l’Autre social, et passe de façon évidente par l’Autre social. »

Et donc, quand je me retrouve attaquée par les démons de l’Idéal sous la figure de l’angoisse, les auspices de l’angoisse : c’est l’Idéal qui me dit : Non pas ça . Halte à toi. Halte à tout. Et qui le dit silencieusement, vicieusement. Sans ouvertement, clairement s’annoncer. Qu’est-ce que tu voudrais qu’il te dise l’Idéal, et d’ailleurs, est-ce qu’il ne te le dit pas? Est-ce qu’il ne te le dit pas, que ça ne vaut rien ce que tu fais? Oui, mais quand il me met dans cet état physique second, désorienté, quand il souffle dans ma tête pour effacer toute possibilité de penser, de décider, de savoir ce qui se passe, c’est vicieux, non? C’est dégueu. Oui, ça passe par l’effaçage. D’où la panique. Et pourquoi ça se retourne contre F? Tu le sais : contre F plutôt que contre toi. Parce qu’il est trop cruel, l’Idéal, et tu préfères détourner ses coups.

C’est, en temps normal, Grand I, le Grand I de l’idéal qui me pousse à écrire, d’ailleurs rien que de parler de lui, tes majuscules reviennent, et c’est… Et si c’était non pas I qui te faisait ces saloperies, mais les démons de a, de petit a, des milliards de petit a… Ha ha. Ca se laisse écrire aussi. Oui, c’est plutôt comme ça que tu vois les choses d’habitude.

(Ici image des petits démons noirs qui emportent Quick (si c’est le petit blond, je ne suis jamais arrivée à retenir, le plus petit, le plus sympathique), et du petit ange qui pleure, avec sa longue robe blanche, ses longues ailes blanches et ses petites mains sur yeux? )

Alors que, aujourd’hui, comme dit Lacan, notre mode de jouissance ne se situe plus désormais que du plus-de-jouir. Ce qui fait sa précarité, parce qu’il n’est plus solidifié, il n’est plus garanti par la collectivisation du mode-de-jouir. Il est particularisé par le plus-de-jouir. Il n’est plus enchâssé, organisé et solidifié par l’Idéal. Notre mode-de-jouir contemporain est fonctionnellement attiré par son statut autiste. (…)

C’est bien pour ça qu’on les voit se reformer, aujourd’hui, les petites communautés, qui le tentent ça, de se réorganiser autour d’un Idéal.

Il y a tout de même une leçon, une morale de la fable politique. Notre point de vue spontané sur le symptôme est évidemment de le considérer comme un dysfonctionnement. Nous disons symptôme lorsqu’il y a quelque chose qui cloche. Mais le dysfonctionnement symptomatique ne se repère en fait que par rapport à l’Idéal. Lorsqu’on cesse de le repérer par rapport à l’Idéal, c’est un fonctionnement. Le dysfonctionnement est un fonctionnement. Cela marche comme ça. Il faut reconnaître que la psychanalyse a fait beaucoup pour la précarité du mode de jouissance contemporain. Elle a en effet fait beaucoup pour que le rapport entre l’Idéal et petit a devienne celui-ci. »

« Lorsqu’on cesse de se repérer par rapport à l’idéal, c’est un fonctionnement « .

Notes en bas de page

  1. des photos du 18 mai au fil des ans. c’est une possibilité qu’offre OneDrive : jour après jour, remonter les années, au fil des photos du jour. j’y ai renoncé, soit que l’une autre appli offrait quelques résistances, soit que ça me paraissait n’avoir pas de sens, et pourquoi aurait-il fallu que ça en ait, c’est instagram, et pourquoi ça n’en aurait pas eu, c’est moi. et pourquoi se poser des questions. ↩︎
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