mardi 20 septembre 2005 · 10h51

( en forme de souvenir )

instantaneisme

c’est drôle, que nous soyons passés si vite d’une époque où nous voulions apprendre à  nous passer du projet, où nous nous initiions à  l’immédiateté, à  l’ici et maintenant / tout de suite / pas tout à  l’heure, à une époque toute immédiate. je me souviens de mes lectures, je n’oublierai jamais cette découverte, de cioran et de bataille – je déménageais, en bus, les livres, de poche, dans mes poches, je quittais le domicile de mes parents, c’était l’été, j’avais 19 ans. je devenais seule.  ce qu’ils ouvraient pour moi, ces auteurs. ce qu’ils ouvraient et que pourtant tout de suite immédiatement je vivais j’ai vécu, sans que je ne me le formule évidemment, comme une nouvelle forme d’aliénation, d’obligation, non dénuée d’angoisse, non non-ressentie avec un sentiment d’impuissance. mise à  pied de jouir. la vérité de ce que je découvrais alors, je la ressens encore. encore, tandis que je me bats pour retrouver le désir le délai le retard – le =&0=& -, sortir de la présence, de la fantomatique présence. – (tout a été très vite. incroyablement vite. et je suis nettement moins seule.)
dimanche 30 octobre 2016 · 10h23

Re: discipline « Reply #16

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eoik  
Re: discipline
« Reply #16 on: October 30, 2016, 10:23:45 am »  

merci beaucoup pour vos réponses. tous les deux au fond, mais Juliet aussi, vous vous en sortez avec des projets.  il vous faut quelque chose à accomplir à l’intérieur d’un délai.

s’agissant de l’écriture, c’est quand elle est hors projet, que tu as, dis-tu Élise, la tentation de la discipline. ah non,  je te relis : tu ne parlais pas de l’écriture, mais de « travailler pour faire ce que tu dois faire », sans autre précision. a priori donc, hors projet, hors délai (si ce n’est l’ultime. c’est alors que la discipline te manque. [...]  Lire la suite >

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