mardi 20 septembre 2005 · 10h51

( en forme de souvenir )

instantaneisme

c’est drôle, que nous soyons passés si vite d’une époque où nous voulions apprendre à  nous passer du projet, où nous nous initiions à  l’immédiateté, à  l’ici et maintenant / tout de suite / pas tout à  l’heure, à une époque toute immédiate. je me souviens de mes lectures, je n’oublierai jamais cette découverte, de cioran et de bataille – je déménageais, en bus, les livres, de poche, dans mes poches, je quittais le domicile de mes parents, c’était l’été, j’avais 19 ans. je devenais seule.  ce qu’ils ouvraient pour moi, ces auteurs. ce qu’ils ouvraient et que pourtant tout de suite immédiatement je vivais j’ai vécu, sans que je ne me le formule évidemment, comme une nouvelle forme d’aliénation, d’obligation, non dénuée d’angoisse, non non-ressentie avec un sentiment d’impuissance. mise à  pied de jouir. la vérité de ce que je découvrais alors, je la ressens encore. encore, tandis que je me bats pour retrouver le désir le délai le retard – le =&0=& -, sortir de la présence, de la fantomatique présence. – (tout a été très vite. incroyablement vite. et je suis nettement moins seule.)
mercredi 21 septembre 2005 · 09h16

( pour en re-venir à  l’histoire)

Marcel Duchamp (28 Jul 1887 - 2 Oct 1968) Sorte de sous-titre / Retard en Verre (Note autographe pour "Le Grand verre") 1912
Marcel Duchamp (28 Jul 1887 – 2 Oct 1968)
Sorte de sous-titre / Retard en Verre (Note autographe pour « Le Grand verre »)
1912
ils pensaient avoir le projet de sortir du projet, en fait c’était le monde qui en sortait. le monde sortait du projet.

duchamp parlait des readymades en terme de rendez-vous, de retard aussi. parlant de l’art, il disait c’est un choix. ça aurait été une forme de prescience, de ce qui se perdait; dont il aurait voué/espéré/destiné l’art à  la garde.

Employer « retard » au lieu de tableau ou de peinture; tableau en verre devient retard en verre – mais retard en verre ne veut pas dire tableau sur verre –
C’est simplement un moyen d’arriver à ne plus considérer que la chose en question un tableau – en faire un retard dans tout le général possible, pas tant dans les différents sens dans lesquels retard peut être pris mais plutôt dans leur réunion indécise / « Retard » –  un retard en verre comme on dirait un poème en prose ou un crachoir en argent. [...]  Lire la suite >

mardi 1 septembre 2009 · 09h56

je t’oppose mon retard alors viens

01:16

Quant à moi, je prendrais bien un peu de retard.

C’est volontiers que je reprendrais de ce délicieux retard.

Vous, enfin, mon bon retard.

La joie qui est la mienne de pouvoir vous annoncer ce retard.

Chronique d’un retard annoncé.

Je me balaie

Tu te balaies

Il se balaie

Nous nous balayons

Longtemps, je me suis balayée de bonne heure!

En retard, à la bonne heure !

Le loup et le retard.

Sur son arbre perché, un retard.

Je suis Jean sans terre. et toi, qui es-tu?

Je suis Jean Sampeur.

Je suis sûre que Jules a cherché à vomir.

La faute, le phallus. Je vous renvoie à ce texte de Sterck-Devos sur l’erreur d’interprétation. Sa conclusion fut qu’il n’y avait pas d’erreur possible. Contre quoi je me révoltai. [...]  Lire la suite >

samedi 19 novembre 2016 · 19h24

relectures

19.XI.16

7h30

Réveillée, levée, bu grand verre d'eau tiède, ne sais pas bien quoi faire, assise au salon dans le noir, ne peut pas faire de bruit, tout le monde dort.

Hier, et ça m'a pris la journée, retournée sur le blog. Avais plus allumé l'ordi depuis longtemps. Y ai relu des textes sur le retard. Sur Duchamp et le retard. (Dans la foulée, trouvé un beau texte sur l'internet à propos du retard et des deux Marcel, Proust et Duchamp. Il y est également question de Socrate.)
De fil en aiguille, dans mes pérégrinations, tombée sur de vieux rêves de mai 2006, que j'ai tenté de retravailler, tant  leurs analyses sont  mal foutues. Leur analyse et leur présentation. Je sais qu'à l'époque je n'aurais pas pu faire mieux. Je ne pense d'ailleurs pas pourvoir faire beaucoup mieux aujourd'hui. Il me semble toujours, il finit toujours pas me sembler que je n'arrive pas à saisir de conclusion. J'analyse, je développe. Et à chaque fois, il me semble qu'il y a là un "donc" qui se dessine, qui se profile et qui reste fantomatique, insaisissable. Là, je ne sais pas si je dois tenter de les reprendre à nouveau, ou laisser tomber.

Je cherche une voie à mon assiduité. Je n'en n'ai plus aucune, pas la moindre. C'est pour ça que je rêve de discipline.

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