samedi 6 avril 2013 · 14h49

de l’usage à l’Un

Étrange mutisme que celui du réel « mondialisé »; autrefois le mutisme de la matière intriguait, semblait un commencement de parole, faisait énigme: d’être ainsi et pas autrement donnait aux choses un air louche qui regardait les hommes, leur imposait des conduites, des pratiques, des rituels. [….] Mais maintenant que le verrou divin a sauté, que le mot de l’énigme n’est plus qu’un mot, faute d’énigme, la bizarrerie du réel nous est devenue indifférente. La domination technique paraît démystifier à l’avance ce qui reste de mystère (ce qui n’est pas dominé le sera un jour), et l’objectivation de l’existence humaine annule la singularité des destins. […] Comment le panthéisme a-t-il pu se dissoudre sans reste dans l’athéisme? […} Quoi donc empêche l’absurdum du réel – qui rend un son sourd, littéralement:  qui ne répond pas, notamment à la question du sens – d’être vécu comme tel? Quoi donc sature l’être comme problème, sinon peut-être la sur vie de de Dieu, dans l’anonymat de son immanence? Ou encore : comment un tel verrouillage ontologique serait-il possible sans Dieu, ou du moins sans ce dont Dieu était le nom? (( Cédric Lagandré, La plaine des asphodèles, Le dieu captif, p. 16-17. )) [...]  Lire la suite >

Top