chère madame,
Sans titre
enfin, j’allais si mal un jour où je voyais le docteur G qu’il a changé la médication (rajouté de l’anafranil). le voir m’a fait du bien. je lui ai raconté que l’autre jour, l’autre matin, comme l’un d’entre-nous demandait ce que nous allions faire, jules a répondu : On va tous se tuer. il a trouvé que ça n’allait pas. il m’a dit, comme je lui expliquais mon inquiétude à ce propos, qu’il fallait que je le rassure. que je pouvais aller mal, mais que surtout il sache que ce n’était pas de sa faute, qu’il ne prenne pas ça sur lui. ça m’a fait du bien d’entendre ça. ça m’a décidé de faire tout mon possible pour que jules soit bien pendant ces vacances, pour le protéger de moi. [...] Lire la suite >
catégorie : Autre
Où vont les mots que j’oublie
Je me dois de prévenir le lecteur que je connais mal la langue française. Mon vocabulaire est très limité. Pour le peu que j’en ai, je n’ai de cesse de chercher et de perdre mes mots, quand la grammaire, censée les assembler, également semble vouloir me narguer. Dans l’écriture, un certain rythme, une voix presque, des rencontres de sonorités me sont de plus sûrs guides que le sens. Écrire souvent s’apparentant à une promenade en forêt, une forêt toujours inconnue puisque je suis citadine, avec les mots comme des arbres parmi lesquels je circule et dont j’ignore les noms. Si je vise le sens, je n’atteins que sa fuite. Fugacité d’une biche, suspensions momentanées de la lumière prise dans la poussière qu’un rayon un instant déjà oublié révèle. De la littérature, je ne sais pas plus. Et ce non-savoir que je ne peux justifier me paraît juste. Même s’ils me plaisent, je ne me reconnais pas chez les lecteurs savants, critiques, connaisseurs, eux, de la littérature. La lecture d’un livre me submerge-t-elle, j’en oublie presque aussitôt tout – le titre, l’auteur, l’intrigue – dès que je le referme. Alors même que je suis mordue, que je me crois – avec mon goût du drame – marquée à vie, la cicatrice déjà se referme, s’efface. J’habite l’oubli, c’est mon handicap, ma séparation d’avec le monde. Raison possible de ma réclusion. [...] Lire la suite >