14 janvier 2007

avant-dernière (4.I.2007)

il aura également été question du bavardage. là que j’ai pu/dû dire qu’il me fallait rappeler le psychiatre (j’aurais pu/dû l’écrire tout de suite, cette séance, je n’en avais pas envie, je ne sais pas pourquoi. )

j’aurai dû vouloir dire mon sérieux, mon trop de sérieux quand il s’agit de parler. que la parole ne puisse être le lieu que de sujets graves. de sujets auxquels je tienne. auxquels il soit très difficile de toucher. et comment, depuis que je connais f., ce trait s’est atténué. l’exemple alors que j’ai voulu donner. de sujet grave. le mot que je n’arrivais même pas à dire. je pensais « shoah ». le dire, impossible – je pensais à f., qui ne supporte pas qu’on utilise ce terme dont il dit qu’il fut apporté, qu’il s’est imposé, dans le discours courant, par un film, celui de lanzmann.

Shoah est aussi le titre d’un film documentaire de neuf heures trente réalisé en 1985 par Claude Lanzmann et portant sur la Shoah. Composé de témoignages, ce film est exempt de tout document d’archives. Il évoque les événements avec une précision verbale implacable et montre aussi l’actualité toujours vivace du danger antisémite. C’est ce film qui a imposé en français l’usage du nom Shoah après le choix du réalisateur pour le mot hébreu qu’on trouvait déjà par exemple dans le texte hébreu de la Déclaration d’Indépendance de l’État d’Israël de 1948.
Voir la page de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Shoah#_note-0

et aussi vrai que je ne comprends pas les raisons qu’il m’a mille fois données, f., que je soupçonne de simplement recouvrir, chez lui comme chez moi, une difficulté à nommer ces « événements-là », je ne suis pas moi-même, au cours de cette séance, arrivée à prononcer ce mot. j’ai tourné autour – j’aurai cité « les camps », mais qu’est-ce que ça veut dire, j’aurai dit, peut-être, « la guerre », ou « les juifs ».

hm. continuerai ça plus tard.

ou est-ce que j’essaie encore de noter en vitesse : je n’ai pas manqué de m’étonner un peu de ce que voulant parler de ma difficulté de à parler (dit-on « difficulté de parler », dit-on « difficulté à parler « ? c’est le genre de doute qui me prend ces derniers-temps et qui pourrait m’empêcher de dire une phrase à laquelle je pense, faute de / à l’anlayste je dis que les mots qui me manquent sont les « mots de transition » / peut-on les appeler ainsi ? et quand ce genre de doute vous atteint, vous allez chercher où, la réponse? grammaire? / décidément, je pense qu’on dit plutôt « difficulté à »)… je disais donc que je me suis étonnée de ce que voulant parler de ma difficulté à parler je prenne comme exemple du sérieux pour moi de la parole un événement qui pour moi fut majeur, dans l’histoire, et à propos duquel il m’est même difficile d’écrire.

toutes les fois qu’il a été question de ce sujet, mon coeur s’est emporté, mon âme. c’est une souffrance, ou ça l’était, ça le serait devenu moins, j’aurais pris de la distance, mais ça a été une souffrance réelle, un emportement, quelque chose qui me fait sortir de moi-même, qui me poursuit des jours durant, qui m’a poursuivie des jours durant. si d’aventure, quand d’aventure je me trouvais conforntée à des paroles qui d’une façon ou d’une autre « attaquaient » ce sujet-là, voulaient le prendre autrement qu’avec les pincettes, la componction d’usage (mais là, c’est moi qui). (tu dis que tu es « ironique », que tu te reconnais dans la définition du dictionnaire). ainsi quand s. a remis en cause l’existence même des camps. (l’arrachement à l’intérieur, cette sorte de cri, ça a duré des jours, des semaines, de tourmentes.)

enfin tout ça pour dire qu’on n’a peut-être pas à s’étonner d’avoir des difficultés à parler, si parler signifie parler de cette chose pour laquelle on n’a soi-même pas de mot.

comment trouver la bonne distance?

(plus tard, y revenir, à l’ironie.)

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