vendredi 24 novembre 2006 · 09h49

séance 3,

Aujourd’hui, c’est le lendemain de la séance.

(Bon sang combien de temps, je vais tenir le coup, dans ce template, du template de ce blog, je parle. essayer de tenir, le plus longtemps possible.)

J’étais arrivée disant : « J’ai rêvé que je vous donnais deux lettres d’1 mot, mais je ne sais plus lequel. Déjà dans le rêve, je ne savais plus lequel. 2 lettres : 2 L. Double L, j’ajoute, comme disait ma mère quand elle épelait son nom, son nom de femme mariée. Je vous donne ses ces lettres, dans le rêve, et je crois qu’elle sortent de son nom à elle. Mais pas du tout. Elles proviennent du nom de mon père. De mon nom. »

(Fin de journée. je pense que votre nom à vous commence par 1 L et termine par 1 L.)

La veille je m’étais dit, entre moi et moi, il n’y a rien de pire que mon nom. Je ne dis pas que je n’éprouve pas quelques doutes à ce genre de pensées. Mon nom qui me sépare de moi-même.

J’arrive donc, je dis, je vous donne 2 L. Plus tard, je dis, Lui et moi, nous sommes pareils, et à le dire, à ce dire, à devoir dire ce dire, à le dire, vraiment, je ne saurais dire ce qui se produit alors en moi. ce qui se creuse s’étrangle s’étreint, le hoquet le puits la chute qui s’ouvre; comment c’est possible des choses pareilles.

Je veux dire : nous sommes pareils, dans le même manque. (ce manque que je chéris). (double L dans la voix de ma mère).

mardi 28 novembre 2006 · 10h19

si

si la possibilité n’existait pas, à chaque instant, d’écrire cet instant (ce qui se passerait,

comment
ma vie en serait
changée
méta
mor
phosée)

s’agit-il dès lors de faire disparaître cette possibilité?

il n’est pas possible d’écrire tous les instants, mais quel instance instant ne pourrait l’être. si l’on en croit se tient à

mardi 28 novembre 2006 · 23h45

(Oui, j’ai rêvé. D’un homme qui me demandait ma voix.

(Oui, j’ai rêvé. D’un homme qui me demandait ma voix. Oui, j’ai rêvé encore. Ou plutôt non, une voix, la nuit, est venue m’a expliqué cette lettre que je m’étais adressée et que mon père m’avait donnée, m’a expliqué comment cette lettre tournait autour de mon père, ou plutôt comment mon père était venu se placer là, par hasard, au lieu du retour de cette lettre vers moi. Mais je n’ai pas bien retenu et ça n’a pas beaucoup d’importance. C’est juste un peu drôle (ces explications théoriques qui me viennent la nuit, poursuivent mes élucubrations). Il y a deux nuits, je n’ai pas du tout dormi trop inquiète à propos de tout ce travail que j’ai. La nuit passé, j’ai pris un somnifère. Entre les deux, il y a eu nous, je veux dire lui et moi. Tout autour des hormones inquiètes qui voletaient. Il y a trois jours, je me suis dit, non, je ne me plaindrai pas auprès d’eux, des clients, il faudra qu’à l’avenir que je fasse en sorte de n’avoir plus à me plaindre. A d’autres moments, je pense que voilà, maintenant, c’est comme ça, il faut que je fasse, tête baissée tous ces boulots, que je les termine, et un jour, ce sera fini. Dans un avenir probablement pas proche, mais, on n’y peut plus rien. )

vendredi 1 décembre 2006 · 10h39

lendemain (de séance 4)

10:39

extraordinairement dormi. réveillée par un bruit extérieur. de longs instants je me demande quel jour on est. vendredi. presque comme si je pourrais en déduire qui je suis. l’impression d’émerger d’un sommeil profond est vraiment agréable.

je pense aux rêve que je viens de faire. je suis sûre que ce sommeil a été rendu possible de par la séance d’hier (pourquoi faut-il que cette phrase, elle, soit si difficile à écrire ?) jules lui aussi dort. c’est si étrange si plaisant que je me demande si je n’ai pas hier par inadvertance pris une quelconque drogue.

le plus étonnant, c’est comment cet analyste m’agrée. et vraiment je ne saurais pas dire à quoi cela tient. est-ce à lui ? ou s’agit-il du moment de ma vie qui convient à ma démarche : être arrivée une fois certains élagages faits.

et de nouveau hier séance je pleure. je pleure. j’avais cette fois acheté des mouchoirs à la pharmacie d’en face, tout en me disant qu’il n’était pas possible que cette fois encore je me remette à pleurer ( couler, m’écouler). et puis voilà. question de lui, les larmes viennent.

le sentiment c’est d’être au cœur de ce qui ne va pas. tiens, voilà que jules se réveille.

au cœur de ce qui ne va pas. au cœur du dire de ce qui ne va pas. comme j’y pensais allongée près de jules qui prenait son biberon dans le grand lit des parents, une chanson me vient à l’esprit : « j’y apprendrai à me taire et mes larmes retenir… »; là, c’est l’instant du dire et les larmes alors coulent.

impossible de continuer d’écrire. bon, si ça se trouve, c’est assez.

11:09

il dit : excusez-moi, c’est un peu bêta, mais, est-ce que ça ne serait pas « prisonnière de l’angoisse »?. (bêta n’est pas le terme, mais je ne me souviens plus duquel).

11:16

il dit, excusez-moi, je vais vous poser une question vraiment bêta, mais c’est une question, enfin, est-ce que vous en connaissez des prisonnières qui insultent leur gardien? je cherche. non, je n’en connais pas. il répète : c’est une question, je ne comprends pas bien. je dis l’insulte au gardien, c’est le moment de la révolte.

c’est d’ailleurs le moment où le gardien se met à exister.

j’omets de dire que ma mère s’appelle « lut-garde ». « lutte garde ». « lut garde ».

c’est maintenant que l’histoire s’invente. je ne sais pas comment il fait.

11:21

prisonnière de l’angoisse? je me précipite dans cette brèche ouverte, j’ajoute, d’ailleurs, alors que ça n’a aucun rapport, mais il me fait signe oui de la tête, d’ailleurs, quand ça m’arrive, l’angoisse, je ressens, à ma tête, enfin, je lui décris ce truc, ce qui m’arrive, à la tête quand

ce truc qui me fait signe alors, que c’est du sérieux, que j’ai intérêt à me tenir à carreaux .

11:37

il faut que je travaille – rédiger.

vendredi 1 décembre 2006 · 11h25

s4 (petite note)

11:25

massala, c’est quoi?

c’est un curry spécial, indien, c’est un mélange d’épices.

c’est difficile à préparer?

non, non. c’est surtout les ingrédients, qui sont difficiles à rassembler. à paris, je ne sais pas où il faut aller.
j’omets de dire que je pensais qu’il fallait que j’aille dans le 13ème, où se trouve son cabinet, pour trouver tous ces ingrédients.

vous pensez qu’il n’a pas assez prêté attention au poulet massala?
pleurs, pleurs, pleurs.

au moment où nous nous quittons : vous ne savez pas ce que ça veut dire, massala? non? je vais faire des recherches.

un déplacement est opéré.

dimanche 3 décembre 2006 · 11h18

tout du moins

// ici, tout le monde dort encore. (d’ici, non plus, je ne supporte plus le so-called « template », modèle, j’en avais pris un tout fait, dark-cash, pour être sûre de ne plus passer mon temps à y travailler, je pensais que c’était bien, j’avais renommé le blog « format standard » ; et voilà, voilà que je ne le supporte plus non plus ce template. bon tant pis.)

(en tout cas moi je fais vraiment un blog).//

l’horreur, le chiffre : 64.4 (kg). (pour 1m76). alors quoi vais-je recommencer à fumer – je le voudrais bien. mais. si les yeux ne m’étaient pas si gonflés au réveil le matin, je recommencerais. diète donc, à la diète. (oh ce courage que j’ai eu de monter sur la balance, oh ce courage). (maintenant, il faut maigrir, et tout le monde sait bien que c’est impossible). (quand je mets des parenthèse, en ce qui me concerne, je m’en rends compte, c’est comme de parler un ton plus bas, écrire un ton plus bas.) (j’ai lu chez d’autres ces parenthèses, chez un autre en particulier, je m’en suis inspirée, oh c’était il y a fort longtemps maintenant, mais chez lui, c’était un homme, ça l’est toujours, ses parenthèses me donnait l’idée de rendre compte de « l’esprit d’escalier », c’est tout à fait à tort, l’ « l’esprit d’escalier » ça n’est pas du tout ça, « l’esprit d’escalier », je connais bien ça, ou tout du moins, l’ai-je très bien connu, aujourd’hui de parler, je ne rêve même plus; c’est bien ça, non, l’esprit d’escalier, après-coup, se dire, oh j’aurais pu dire telle ou telle chose – et d’é-lucubrer/chafauder. ses parenthèses, plutôt, ça rend certainement compte, très bien compte, d’un certain fonctionnement de la pensée, qui ne relève pas de l’esprit d’escalier, mais qui donne bien le sens d’un dédale, d’1 labyrinthe, de quelque chose dans quoi on s’est engagé et dont on ne sait pas comment on va sortir, dont il n’est pas sûr d’ailleurs qu’on veuille sortir; il est à mon sens, le premier, et le meilleur, à l’avoir fait, donc, cet homme qui accumulait des parenthèses, même s’il eut de nombreux imitateurs, de nombreux suiveurs – c’est qu’il y s’agit, à mon sens, d’1 procédé qui traduit un mode de pensée proprement moderne – enfin, non pas la pensée, mais sa traduction. de pensée, le monde probablement n’a pas tant changé, tout du moins de ce point de vue là, du point de vue de ses possibilités de dérivations, auxquelles aujourd’hui l’écriture colle, colle au mouvement, au flux, enfin tout ça est connu, au flux plutôt qu’à la recherche, la croyance, la foi, la visée, d’1 sens qui soit arrêté, qui s’arrête. c’est pourquoi, dans le cas de ses parenthèses, des miennes aussi d’ailleurs, je crois qu’on peut parler de « dérivation métonymique », même si j’hésite un peu à le faire, parce que je pense que quand on parle, tout du moins quand on écrit, il faut essayer de ne pas se soutenir seulement d’un savoir su un jour, qu’il y faut un savoir su encore, c’est-à-dire qu’il faut le re-savoir, le savoir à nouveau, qu’on ne peut pas se contenter d’ânonner; je sais maintenant que je ne suis pas la seule à oublier, oublier ce que je sais, je l’ai compris, je pensais qu’il n’y avait que moi, moi, certainement j’oublie remarquablement vite, les choses, on les sait un temps, le plus souvent, essentiellement, ou peut-être uniquement, au moment où on les apprend, dans le moment où on les comprend. après, c’est l’oubli. surnagent éventuellement certains mots, mais ce n’est pas sûr qu’on sache encore ce qu’ils désignent malgré qu’on s’autorise encore à les utiliser. « dérivation métonymique », j’ai retenu ça. le « peu-de-sens » de la métonymie, disait lacan, le « pas-de-sens » de la métaphore. le « pas » en dehors. Jules se réveille.

samedi 9 décembre 2006 · 13h25

séance 5 – en partie privé

En souriant je lui avais dit que faire l’amour me mettait de bonne humeur.

Rattrapée en ce moment par l’angoisse, appelons-ça ainsi, qui à nouveau me réveille le matin.

Je parle du plaisir que je ne supporte plus. Du plaisir sexuel. De ce que j’appelle moi le plaisir sexuel. J’essaie de parler de la distinction que je fais entre plaisir et jouissance. Je parle de celle à laquelle il me faudrait absolument dire non, la phallique, de jouissance, et de celle qu’il me faudrait défendre à tout prix, à mon coeur corps défendant, l’Autre – l’Autre jouissance. Je lui précise que je dis ça comme ça pour le dire vite, pour le dire de façon ramassée, que j’utilise ces concepts lacaniens, sans savoir si c’est de la bonne façon.

Il me vient alors à l’esprit que probablement ce problème disparaîtrait si je pouvais le vouloir,

Il me demande si je m’explique cela que je lui apprends.

Je reste silencieuse, je cherche. Je lui dis que non.

Mais je vois maintenant, en écrivant, que ce dont je lui ai ensuite parlé, cette demande dont je lui ai alors dit qu’elle me «rendait haineuse » – La demande vous rend haineuse ? – pourrait servir d’explication.

Il me demande pourquoi, pourquoi elle me rendrait haineuse, la demande. Je lui dis que je ne sais pas. Je n’arrive pas à lui dire ce qu’il me vient à l’esprit, qu’alors j’exposerais mon manque. Qu’au moment de la demande, j’expose mon manque, ce qui me rend très susceptible.

En sortant, je pense qu’à cette demande, je crois toujours qu’il ne sera pas consenti. Que ce que je veux, l’Autre ne le voudra pas, et que c’est ça, qui me met en fureur.

Comme je l’écris, je réalise que ça, c’est moi qui l’imagine, c’est moi qui le mets en place. Toujours. Rarement dans la réalité l’Autre s’y est-il opposé, à ce que je voulais. (Ici aussi, il s’agit du gardien, du gardien de la prisonnière, celui qui me protège de mes désirs en les interdisant. Ces désirs que je n’assumerais pas, dont j’ai besoin qu’il me soient interdits. Ca vous a un petit air dramatique comme ça, ça ne l’est que jusqu’à un certain point – de plus en plus je crois que le désir toujours arrive à « faire son chemin » – comme on dirait « faire son trou ». Il est seulement obligé à d’impossibles détours – les défenses en quoi consiste le fantasme l’y obligeant, mais ces défenses étant elles-mêmes toutes empreintes de lui, parce que, je le crois, le désir est le plus fort, et que, quoi qu’il arrive, c’est masqué qu’il s’avance. Du symptôme, il ferait son masque et du fantasme, son scénario.)

Et qu’éventuellement ceci peut-être rapproché de ce que j’avais exposé lors de la séance précédente : cette haine qui m’empêche d’écrire, cette haine que je voudrais écrire – l’inavouable secret. Ces pensées abominables, dont toi tu me dis que nous sommes « tous victimes », dont nous pâtissons tous, et dont je serais la seule à vouloir faire un fromage – Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée.

Au moment de cette séance-là, j’avais pu expliquer la nécessité pour moi de ce que je n’appelais alors pas encore « la haine» – ce mot que je n’ai d’ailleurs pas prononcé, j’avais dit : «haineuse ». Mais je n’arrive pas à en m’en souvenir. Il m’est nécessaire d’être entourée de personnes qui s’opposent à mon désir, nécessaire au point que je doive m’en inventer. L’aveu de l’amour est impossible.

L’aveu de l’amour et l’impossibilité de dire à l’autre « Tu m’as satisfaite petit homme » – c’est la phrase qui me vient à l’esprit, dont je ne sais d’où je la tire, de Lacan je crois, la réponse de la Sphinge à Oedipe, mais où est-ce que ça se trouve? L’impossibilité de reconnaitre à l’autre qu’il a pu apporter satisfaction. A l’époque j’écrivais « Cette insatisfaction supportable, satisfaite. » L’insatisfaction satisfait mon besoin de faire supporter par l’autre mon propre manque. Il est celui qui ne m’apporte pas ce que je lui demande et il s’agit qu’il le reste : ma demande alors n’a plus lieu d’être, il ne me reste rien à lui demander puisqu’il ne saurait y répondre.

Ce qui se rapproche des termes dans lesquels se trouve prise la Belle bouchère de Freud : « Je te demande de ne pas me donner de saumon (que j’adore) ». A quoi il faut ajouter : Mais de le donner à l’autre femme (sa jolie copine maigre).

Alors quoi tout se tient. Tout se tient et on tourne en rond.

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