samedi 1 août 2009 · 18h04

L’école, les filles, Lacan // le rêve

18h04

Malheureusement premier août 2009. Rentrés hier de Berlin.

Rêve de cette nuit  :

L’action se tient à l’École des Dames de Marie. Ma classe fomente un complot contre Lacan. Je ne sais plus exactement sous quelle forme. Peut-être s’agit-il d’un écrit. Lacan est le fondateur de l’école, qui n’est pas une école de psychanalyse mais l’école d’enseignement secondaire, 1« Humanités » en Belgique, à cette époque. qu’elle était. Les filles sont très remontées contre Lacan. Ma mère est des leurs ! Elles  me tancent, me prennent à partie parce que je ne suis pas d’accord avec elles. Une autre femme est de mon côté, mais qui se tient à l’écart. Je leur demande :

« Mais si je suis contre vous, voulez-vous vraiment que je sois avec vous? »

Elles me répondent que oui, qu’elles préfèrent que je reste avec elles, même si je ne suis pas d’accord avec elles. Je m’éloigne, je réfléchis. Dilemme. Je reviens. Je les entends. Leurs propos me paraissent décidément insupportables. Il est question de l’argent que Lacan gagnait. Il me semble que je dois me séparer d’elles. Je le leur dis. Je m’enfuis pour les dénoncer.

J’arrive dans le hall d’entrée de l’école. Je crie « Au secours », je crie en direction du bureau du directeur, qui serait Jacques Lacan, vers le haut et la gauche, puis, vers la loge de la concierge qui s’ouvre, que je rejoins. Elle est emplie de psychanalystes. Je leur explique ce qui se passe, ce qu’elles ont l’intention de faire, ce qu’elles reprochent à Lacan (argent, folie, etc.). Ils n’ont pas l’air inquiet. Je leur explique qu’on ne peut rien faire contre elles, qu’on ne peut leur mettre aucune pression parce qu’elles sont en dernière année, qu’elles attendent leurs résultats, leur diplôme, et qu’ensuite ce sera les vacances, ce sera fini.

Ils me font sortir.

Anne-Marie, ou Annamaria, vient à ma rencontre. Elle me propose de se marier avec moi pour m’empêcher de parler, de les dénoncer. Elle est pourtant déjà mariée avec Carine. Comme j’ai peur d’elles, de leurs représailles, je lui dis qu’ils s’en foutent, qu’ils ne feront rien (alors que je n’en suis pas si sûre). J’explique à Anne-Marie que je lis Lacan depuis 10 ans, que lui seul compte, lui seul et la psychanalyse. Compte plus que ma famille. Ces propos qui m’apparaissent un peu comme des aveux me surprennent moi-même. Elle me dit qu’elles vont tout faire contre lui, qu’elles ont même prévu de publier un journal une fois par mois, dans ce but.

Plus tard, je suis couchée sur le ventre dans le hall (froid, marbre) (la sphynge). Un homme se couche sur moi, je ne vois pas son visage, je sais pas si je le connais ou pas. Je n’arrive pas à me dégager. Il me baise. Je me rendrai compte ensuite qu’il  s’y prend de la même façon avec beaucoup d’autres femmes. C’est un psychanalyste.

~

Je suis assez perdue. Ce rêve me paraît parler d’un engagement dont je me sens aujourd’hui bien incapable. Je parle de cet engagement vis-à-vis de Lacan dont je fais montre. Que je vis comme une trahison, vis-à-vis des filles. Or, aujourd’hui, tout engagement me paraît précisément impossible. Nécessaire et impossible. Indispensable mais impossible. Septembre arrive. Septembre deviendrait le mois de l’engagement. Comme si le moindre engagement comportait son contraire, sa trahison. Comme s’il était de sa nature même d’être trahi.

L’engagement, la résolution, à quoi s’en tenir?

Dans le rêve, je dis que la psychanalyse est toute ma vie – et je m’en étonne. Je ne sais pas si c’est vrai, mais en même temps, ça me paraît la raison, la vraie raison, la bonne raison. « Tu quitteras père et mère. »


Première version du texte : https://www.disparates.org/delta/2009/08/lecole-les-filles-lacan/

Notes en bas de page

  • 1
    « Humanités » en Belgique, à cette époque. ↩︎
samedi 1 août 2009 · 23h00

Berlinpinpin (que je peigne peigne peigne)

Premier août 2009 – 23h59

Disais donc pas trop contente d’être revenue de Berlin.

A Berlin fort impressionné par une exposition Ici les noms des peintres dont je ne me souviens pas.

Berlin / couleurs
Paris / gris

Ce soir, F nous emmène boire un verre tous les 3
dans sa gentillesse nous invite à boire un à verre à
Bastille. C’est pour faire « façon-Berlin ».

Passés à Châtelet (Les Halles) aussi. Là, il dit : A Berlin ça nous aurait plu. Faux faux faux je lui moulin mullerdis que non.

Une exposition sur les rêves.
Une exposition sur les rêves.
Que je trouve si belle. J’achète le catalogue. Quel est le nom de ce peintre?
A Berlin, pensé alors que ne  ferais plus du tout d’internet, plus rien sur un ordinateur, plus rien qui soit « … » mot qui manque

pensé que
je ferais volontiers de la peinture.

Mais, comme je le disais ce matin, impossible d’en seulement former le projet (l’engagement, la trahison).

Je n’ai plus confiance en moi. Et ce « comme mon père ». Père Jacques. Frère Jacques.

Pensé alors – je ne ferais de la peinture que parce que j’en ai envie, que parce que cela me plaît. Je voyais les peintures, et il me semblait que c’était cela qu’elles me disaient. Qu’elles ne pouvaient avoir été peintes dans d’autre optique que celle-là.

ERNST . MAX . (le nom!)

est-ce qu’on ne pourrait pas faire cela. Peindre vraiment n’importe quoi, pour le seul bonheur de peindre. J’ai pensé aussi, plus tard : l’étude. L’étude, l’effort, l’application.

~

Mais à Berlin aussi partout l’histoire et la nation et le passé et la guerre – et l’histoire inventée et l’histoire réinventée – et l’histoire scénarisée, mise en scène, enjolivée – et l’histoire qui n’est pas avalée. Oui, trop d’histoires (dont tous, touristes, de tous pays semblent friands) et trop de touristes pour les gober. Et encore trop et trop de bonne conscience (mur, stasi, monuments commémoratifs, tout mélangé).

 

Mais les bars si conviviaux et les plantes et les jardins.

 

La ville s’appliquait à se mettre en bière. Se couvrir d’un saint suaire. C’est ce qu’on se dit parfois. Dans les chemins trop touristiques. Que la ville va vers sa fin à faire commerce de son histoire. Et qu’elle sert une politique qui n’est que capitaliste. C’est ce qu’on se dit parfois. J’ai pu me le dire au bord des larmes. La ville existe tellement fort. Tellement occupée à cela, à s’affirmer, ou qu’est-ce qui cherche à s’y affirmer, apparenter – capitalisme, capitalisme, capitalisme. Il a dû se passer quelque chose, là. Tout de même. Je ne saurai probablement pas quoi.

 

Mais les bars si convi

 

Nous étions au Grand Hôtel Esplanade. Dans le quartier Diplomatique.

Nous y avons nagé aussi, aussi souvent que possible, à la piscine. Pour Jules.

C’est vrai que j’ai acheté le catalogue de cette exposition que j’aimais tant.

Fumé, délicieusement. Jamais plus de 2 cigarettes. Et sur la terrasse de l’hôtel. Bu. Mangé. Acheté une robe, une belle robe. Et je suppose que j’ai
beaucoup grossi.

~

Ce soir vu « L ‘audience» de Marco Ferreri. Long beau. Je voudrais tout savoir de ce film. D’une façon générale je voudrais savoir plus.

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