trauma, désir de l’analyste, après coup

… que «le désir de l’analyste n’est pas un désir pur » et que « c’est un désir d’obtenir la différence absolue ». Il précise alors que la différence dont il s’agit est celle qui «intervient » quand le sujet, « confronté au signifiant primordial », « vient », pour la première fois, « en position de s’y assujettir ». Une telle différence s’avère, dès lors, être « lisible » sous la forme d’un intervalle – que ce soit celui de la division du sujet ou celui de la sexualité.

Pierre Naveau, Désir de l’analyste

Le concept freudien, sur lequel Lacan se fonde pour proposer ici la notion de cause est celui de Nachträglichkeit, l’effet de rétroaction, où un élément hétérogène, que Freud définit comme traumatique, devient actif seulement quand, dans un second temps, il prend sens pour le sujet.

Inversement, si nous nous demandons se situe l’élément hétérogène ou traumatique qui s’active dans l’après-coup avec le mécanisme du Nachträglichkeit, la seule réponse que nous puissions donner est qu’il n’est pas localisé, qu’il n’a pas de coordonnées spatiales, c’est une rencontre sans lieu, et c’est une « mauvaise rencontre ». Cette rencontre, contingente, non seulement n’a pas de lieu de rendez-vous, mais simplement ne peut être référée à aucune coordonnée spatiale, c’est un battement, un effilochage de l’existence où le temps s’est arrêté.

« La cause réelle est la cause non nécessaire » par Marco Focchi

au-delà de la passe, le symptôme comme auto-similaire

« Lacan a cueilli dans la bouche d’un de ses patients une formule qu’il a adopté, qui faisait du symptôme l’équivalent de points de suspension, qui faisait du symptôme un etcaetera. C’est une façon d’exprimer à partir d’un signe de ponctuation de l’écriture, que la parole, celle que l’analyste demande, celle qu’on lui donne dans l’expérience, dépend d’une écriture, s’articule à la permanence d’un symptôme qui itère Une itération c’est une action qui répète un processus, et, une fois évanouis les mirages qui se dissipent dans le désêtre, au-delà du désêtre, il reste l’itération, et l’itération du symptôme est référable à ce qu’on appelle un semelfactif semel ça veut dire en latin « une fois » -, un événement singulier, unique, qui a valeur, dirons-nous, de traumatisme.

Et, le dernier enseignement de Lacan nous incite précisément à cerner au-delà du fantasme ce semelfactif qui est appelé en clinique le traumatisme, la rencontre avec la jouissance. C’est ça qui fait d’ailleurs la différence entre la jouissance au sens de Lacan et la libido freudienne, c’est que la jouissance est à rapporter dans tous les cas à une rencontre, à un semelfactif Et il se maintient intouché, comme en arrière de toute dialectique, ce semelfactif de la jouissance.

Le symptôme, ce qui en reste une fois qu’il est interprété, une fois que le fantasme est traversé, une fois que le désêtre est conquis, le symptôme n’est pas dialectique, il représente, il répercute le « une seule fois » , et lorsqu’il est fermé, lorsque dans l’expérience, et dans la parole bien entendu, il est saisi dans sa forme la plus pure, alors il apparaît qu’il est, comme on dit en mathématiques, auto-similaire (n’écrivez pas ça « S -I-M-I- 2 L – E- R » … )  Il est auto-similaire, c’est-à-dire qu’on s’aperçoit que la totalité est semblable à l’une des parties, et c’est en quoi il est fractal.

Au-delà de la passe quand on s’occupe de ce qui reste, c’est ça qu’on rencontre, le symptôme comme auto-similaire, et qui permet d’apercevoir en quoi tout ce qu’on a parcouru répercutait cette même structure. »

Jacques-Alain Miller, L’être et l’un, 3 mai 2011

Un autre point m’a paru intéressant à relever dans ces témoignages. Il s’agit du rapport à la parole.

« […] Un autre point m’a paru intéressant à relever dans ces témoignages. Il s’agit du rapport à la parole. Ainsi, à plusieurs reprises, ces enfants, ces mères disent qu’ils préfèrent ne pas parler. Qu’ils préfèrent ne pas dire ce qu’ils ressentent, ce qu’ils éprouvent car sinon, c’est trop difficile. Cette limite à la parole est un indice de l’impossible. Elle indique l’au-delà de ce que la parole peut dire, l’au-delà de ce qu’elle peut vouloir dire. Face à cette rupture dans la vie, la parole ne fait qu’écraser le réel par l’imaginaire, et c’est proprement insupportable. La défense est nécessaire. Elle passe par un silence, un oubli de la réalité, un oubli calculé dont certaines mères ont parlé.  »
Lacan Quotidien n° 391, Une famille pour tous…, Chronique d’Hélène Bonnaud – « Maman est en prison – L’absente »

Au hasard Balthazar !

Un coup de dés 1897 by Mallarmé

 

Tant pour nous défendre du réel de nos habitudes que pour nous en rapprocher, en faisant une place au réel de ce qui n’est pas nous, de ce qui ne va pas dans le sens de notre inclinaison « naturelle », j’ai mis au point pour mon fils Jules, 9 ans, et moi-même, un mini-programme informatique que j’ai nommé Balthazar (( Texte publié (en partie) sur le site du 9ème Congrès de l’AMP, Un réel pour le XXIè siècle, dans sa rubrique « Bouts de réel ».).

Balthazar ne fait rien de plus que de choisir au hasard, dans une liste que nous lui soumettons après l’avoir mise au point ensemble, l’activité qui sera la nôtre quand notre désir se voit un peu trop englué dans la jouissance des écrans, dont l’autisme nous éloigne des chemins que nous pourrions prendre l’un avec l’autre. Balthazar donc décide pour nous d’une activité que nous ferons ensemble, à laquelle nous manquerions autrement de nous adonner s’il ne nous l’imposait, lui, à qui nous obéissons alors très exactement et très joyeusement.

Dans ces listes, nous mettons tout ce que nous avons au moins un peu envie de faire, de même que les activités qu’il peut nous arriver d’évoquer sans jamais les réaliser – par exemple, organiser un repas ou une petite fête à la maison, les invités sont alors également tirés au sort. Pour ma part, je donne aussi leur chance aux activités qui font a priori partie de mes devoirs domestiques (comme le rangement, qui passe alors au jeu).

C’est à la lecture de « La lettre volée » que m’est venue l’idée que le hasard est ce réel toujours à notre portée d’invoquer lorsque nous n’en pouvons plus de certaines de nos répétitions : « Car la passion du joueur n’est autre que cette question posée au signifiant, que figure l’automaton du hasard. “Qu’es-tu, figure du dé que je retourne dans ta rencontre (tukè) avec ma fortune ? Rien, sinon cette présence de la mort qui fait de la vie humaine ce sursis obtenu de matin en matin au nom des signi­fications dont ton signe est la houlette.” »

Et si le désir peut sembler à la traîne, il trouve pourtant dans cet attirail, où le hasard vient à figurer l’ombre auguste de la mort, le maquillage léger qui ramène au papillotage le regard sinon létal de son visage trop nu.
Cela, j’eus à l’assimiler bien après ma lecture de La lettre volée, dans son fil pourtant encore quand, comme je traversais ces erres de déflation du désir qui vous absorbent en fin d’analyse, après que nombre d’idéaux se soient trahis pour ce qu’ils sont : commodes soutiens identificatoires dont la trame signifiante resserrée masque, de façon ratée et à grand prix, le manque à savoir de la jouissance, laquelle trouve aujourd’hui dans le jeu l’abri qui lui convient. Ombre bleue d’une paupière posée sur des yeux bleus.

memo didi-huberman aby warburg manolete

hier soir, pour mémoire, avec Dominique

CONFÉRENCE AUTOUR DU THÈME DE LA LAMENTATION AU CINÉMA AVEC GEORGES DIDI-HUBERMAN, ARNO GISINGER ET JEAN MICHEL FRODON


Vendredi 9 mai à 19h

NOUVELLES HISTOIRES DE FANTÔMES traite de la vie fantomatique des images dont notre présent, autant que notre mémoire – historique ou artistique –, est constitué. Arno Gisinger présente notamment Atlas, suite, (2011-2014) un essai photographique, un montage à la fois sensible et conceptuel d’images, une suite de « fantômes d’une exposition » se déplaçant en continu sur les cimaises du Palais de Tokyo. Georges Didi-Huberman rend un hommage à l’oeuvre d’Aby Warburg dont le grand atlas d’images – intitulé Mnémosyne, nom grec de la déesse de la mémoire et mère des Muses – réunissait un millier d’exemples figuratifs où toute l’histoire des images se disposait de façon à nous faire entrevoir les problèmes les plus fondamentaux de la culture occidentale. 

Projections :

  • Dominique Abel, Aube à Grenade, 1999,« Aube à Grenade (En Nombre del Padre). Tourné en 1999, il traite la transmission familiale de l’art de du flamenco à travers deux « couples » père-fille : l’un est Manuel Santiago Maya, dit Manolete, le grand danseur de Grenade, et sa fille Judea, danseuse à son tour; l’autre est le cantaor Jaime Heredia, dit El Parron, et sa fille la cantaora Marina« 
  • Bas Jan Ader, I Am too Sad to Tell You, 1971, http://www.basjanader.com
  • Harun Farocki, Transmission, 2007harun-farocki

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Ce qui est nouveau et ce qui est important dans «Flamme éternelle» par Thomas Hirschhorn

«Flamme éternelle» en tant qu’œuvre d’art – contrairement à une manifestation culturelle – prend position pour l’expérience «Art». «Flamme éternelle» veut marquer une percée au- delà du consensus et de la consommation culturelle. Seul l’art compte, seules la poésie, la philosophie et la littérature peuvent aider. En tant qu’artiste j’invite des philosophes, des écrivains et des poètes parce que je pense que se confronter à leurs idées, à leurs pensées peut nous aider à nous confronter au temps dans lequel nous vivons. Elles peuvent nous aider à nous confronter à la réalité dans laquelle nous nous trouvons et elles peuvent nous aider à nous confronter au monde dans lequel nous vivons. C’est pour cela que je demande aux auteurs invités de partager leur travail et leur passion pour ce qu’ils font depuis toujours. Et c’est pour cela que je ne leur demande pas de réfléchir à une prestation culturelle, je ne leur demande pas de proposer un produit ou de nous entretenir avec un objet culturel. Ce que je veux, c’est créer un espace d’art pour leur pensée, leur idée, pour une réflexion.
Ce qui est nouveau dans «Flamme éternelle», c’est qu’une audience soit créée seulement grâce aux idées, grâce aux pensées, grâce aux réflexions des intervenants – poètes, philosophes et écrivains. L’audience sera créée par le contenu-même, par la pensée-même. Notre défi – à l’intervenant et à moi – sera de créer les conditions afin que la vision et la théorie de chaque auteur prenant la parole produisent une caisse de résonance, indépendamment du fait qu’il y ait un public présent ou pas. Dans mes travaux antérieurs impliquant des philosophes ou d’autres intervenants, je n’avais encore jamais proposé un espace sans trame horaire. C’est dans «Flamme éternelle» que – pour la première fois – les intervenants décideront eux-mêmes du moment de leur intervention. Je serai ainsi leur premier auditeur mais aussi celui qui les accompagne, en les aidant à mettre en place ce qui leur est nécessaire.
Ce qui est important est d’être présent, que moi, l’artiste – l’invitant – soit présent, et que je crée les conditions d’un dialogue d’un à un, d’une confrontation d’un à un. Mais je ne serai pas le seul à être «présent», il y aura les invités et le public également pour donner forme à ce qu’on peut appeler l’amitié entre art, philosophie, poésie, écriture. Mon problème d’artiste est : de donner forme. «Flamme éternelle» est la forme de l’amitié entre art et philosophie, de l’amitié entre art et poésie et de l’amitié entre art et littérature. Cette amitié est basée sur ce que nous – artistes, poètes, philosophes, écrivains – partageons: la confrontation avec ce qui nous dépasse et ce que nous ne comprenons pas. «Flamme éternelle» veut donner forme à cette amitié élargie. «Flamme éternelle» est une œuvre d’art, c’est une sculpture dédiée à ce qui est actif et ne s’arrête jamais: la pensée. Le titre de cette œuvre, «Flamme éternelle», vient de la conviction que la « Flamme » de la pensée, de la réflexion, des concepts et des idées ne s’arrêtera jamais de brûler si nous l’alimentons afin qu’elle devienne «éternelle». «Flamme éternelle» est la forme de ce qui est incertain, de ce qui est vivant, de ce qui va venir, de ce qui n’est pas garanti et de ce qui est précaire. En d’autres mots de ce qui compte véritablement. Avoir une idée, avoir une pensée, avoir un plan, avoir une mission, c’est avoir quelque chose à brûler, à partager, c’est avoir du combustible, c’est créer du combustible. Il faut alimenter la «Flamme éternelle» avec ce combustible.
«Flamme éternelle» occupe un espace d’environ 2 000 m2, accessible gratuitement, ouvert de midi à minuit, du 24 avril au 23 juin 2014. Durant les 52 jours de l’exposition, 200 philosophes, écrivains, poètes et intellectuels sont invités à partager leur travail, leur vision, leur pensée autour de deux agoras. L’artiste sera présent tous les jours, avec l’écrivain Manuel Joseph et le philosophe Marcus Steinweg. Une bibliothèque, une vidéothèque, des postes Internet, un workshop, un bar ainsi qu’une publication gratuite produite chaque jour sur place, seront quotidiennement à disposition du public.
Thomas Hirschhorn, mars 2014

les images

 

 

 

Quand on arrivé, c’était comme ça, tu vois, "ICI ON PEUT ENTRETENIR LA FLAMME. VENEZ ET PARLEZ, ON VOUS RÉPONDRA ". Ah oui, nous avons rencontré Meda. Elle s’en allait. Elle nous a dit qu’ils avaient déjà beaucoup parlé. Et nous avions convenus de nous revoir là. Nous voyions les gens qui parlaient, assis autour de la flamme, avec ce grand panneau au-dessus d’eux, sur lequel il était écrit « ICI ON PEUT ENTRETENIR LA FLAMME. VENEZ ET PARLEZ, ON VOUS RÉPONDRA « , et c’était signé Jean-Luc Nancy (que j’aime bcp, et que F n’aime pas). Mais nous ne sommes pas restés là, nous étions trop curieux du reste. Ensuite, nous

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flamme éternelle, parenthèse (prolégomènes sur le désir)

enchantée donc l’autre jour par soirée passée avec Dominique au Palais de Tokyo, une conférence avec Didi-Huberman (par ailleurs annoncée entrée libre sur papier et sur le site, sans qu’il soit fait mention qu’elle était conditionnée par l’achat d’une entrée pour l’exposition (10 euros (qui deviendraient zéro si je m’inscrivais comme demandeuse d’emploi)).) Arrivées tard, nous n’avons pas eu le temps de voir l’expo avant la conf, tandis qu’après, comme j’eus l’idée qu’il fallait que nous nous posions d’abord un petit peu, rapidement, avec une petite bière, pour pouvoir la visiter ensuite – avant la fermeture des lieux, à minuit, la petite bière est rapidement devenue 4 ou  5  – moyennant quoi nous sommes évidemment sorties sans avoir vu l’expo, mais à l’heure prévue, de la fermeture, après minuit, où je me suis alors engouffrée, j’ose le dire: voracement, dans un taxi qui passait, après de trop courtes mais chaleureuses dans leurs intentions, embrassades avec Dominique dans la nuit, sous une fine pluie, directement en bas des marches du Palais. J’y étais, il faut le dire, également arrivée en taxi, dans un état d’angoisse assez remarquablement avancé, mais qui depuis a totalement disparu. Le désir, dirais-je, m’en est revenu, de par cette conférence, ainsi que la joyeuse alcoolisation qui s’ensuivit. Ce que la visite du lendemain à l’exposition de Thomas Hirshhorn, gratuite elle, mais où je suis allée – accompagnée cette fois de Frédéric et de Jules – après que nous ayons vu l’exposition Didi-Huberman, pour laquelle j’aurai donc repayé une entrée, n’a fait qu’amplifier, à un très haut point, au point que je puis craindre maintenant sa perte, du désir la perte, car il est parti dans des hauteurs, dont je sais me connaissant, qu’il me sera préoccupant d’avoir à dévaler forcément la pente dans l’autre sens, ma faible constitution dés(l)irante peu à même d’entretenir les feux de sa fièvre, rapidement que je suis rattrapée par mon coutumier sentiment d’impuissance à transformer en l’acte qu’il contient tout désir qui y tend.

 

Je te parlais de Flamme éternelle, l’exposition de Thomas Hirschhorn auPalais de Tokyo

Je te parlais de Flamme éternelle, l’exposition gratuite au Palais de Tokyo,
http://flamme-eternelle.com,  de Thomas Hirschhorn.  Jules ça l’a rendu fou. Il disait que c’était le paradis. Il disait  « On aurait dit qu’il n’y avait pas de loi
C’était le chaos.
J’ai  de nouveau eu le sentiment très fort que tout était possible.
J’ai pensé que maman allait le sentir aussi,  qu’elle allait sentir que j’avais raison, que tout était possible. » Il disait ça à son père, dans la voiture,  au retour. « Qu’il y aurait pu y avoir la révolution. »

Il y avait du papier, de grands panneaux, où on pouvait écrire, dessiner – mais aussi sur les fauteuils, sur les tables. C’est la première chose que Jules a voulu faire, écrire, dès le premier pas dans l’exposition. J’avais un feutre. Il a écrit tu sais, ces trucs classiques, « Jules a écrit ici, pour l’éternité ».  Mon feutre n’était pas très bon. Jules a alors dit que la prochaine fois il faudrait apporter du bon matériel. Puis, plus loin, il y a eu le polystyrène. En quantité gigantesque. Dont les gens pouvaient faire ce qu’ils voulaient. Des scies et du gros scotch marron étaient mis à disposition. De même d’ailleurs que des feutres. Jules disait « je suis amoureux du polystyrène. Je ne m’imaginais pas qu’on pouvait faire de telles choses avec du polystyrène. Est-ce que j’ai du polystyrène à la maison… »

La seule chose qui a assombri son bonheur son espoir son exaltation, c’est d’apprendre que cette exposition n’aurait qu’un temps. Que ça allait s’arrêter.
Il voulait y retourner le plus vite possible. L’annoncer à tous ses amis. Prévenir le Conseil d’école (il est délégué de sa classe) qu’il fallait faire une sortie là.

Passablement bouleversé donc. Son père aussi. Alors tu vois, si tu pouvais venir avec Ramona, ce serait bien. Si nous pouvions y retourner ensemble, ce serait bien.

Love

Véronique

 

 

nb : l’expo didi-hub : bien, mais,
c’est dommage qu’il n’ait pas obtenu de pouvoir passer l’entièreté de son choix de films en boucle sur le lieu de l’expo, ainsi qu’il l’avait demandé, et aussi que le Palais de Tokyo n’aie pas autorisé qu’on  puisse marcher sur les films (alors que lui voulait qu’on puisse le faire!)
et à côté de thomas hirsh., ça tient plus vraiment la route

——– Message d’origine ——–

Quel « tout possible »?

Je n’ai toujours pas écrit ce que je voulais.
En fait l’événement #flammeéternelle a complètement phagocyté dans mon esprit ce qui n’en constitua pourtant pas moins un, la veille,  l’événement de la rencontre Nouvelles histoires de fantômes avec Didi-H. et Arno Gisinger.

Les deux démarches diffèrent totalement mais l’une me touche autant que l’autre – à la différence que l’œuvre Flamme éternelle a tellement touché Jules et F.  Qui sont tout de même les personnes avec qui je vis. Et la réaction de Jules, rare et belle, et juste,  splendide dans sa spontanéité, a immédiatement mobilisé ma responsabilité : comment faire pour que la flamme continue de brûler. Ne s’éteigne pas. Trouve à s’entretenir. Aujourd’hui et pour les siècles des siècles (comme l’écrivait Jules). Qu’il puisse continuer à croire… que tout est possible…  Quand j’ai si souvent, moi-même, péché contre mon désir. ( Et quand jour après jour je lui annonce que pas-tout n’est possible ; ce qui n’est pas triste pour autant ; mais probablement moins surmoïque . Car j’admets que je proclame toujours trop vite que « ça ne sert à rien_ça ne marchera pas », c’est que j’ai moi-même peut-être trop cru que tout était possible, ce qui m’aura trop vite confrontée à… ce que j’aurai alors pris pour mon impuissance – qui trouvait à se constituer (quand on sait que l’impuissance est toujours préférée à l’impossible, au réel de l’impossible; et que l’impuissance table toujours sur le maintien d’un ou d’une qui l’aurait, la puissance, la toute-puissance...)  Mieux vaut se dire « pas tout » m’est possible et que  l’impossible puisse faire le fond de commerce du désir (jamais en manque/toujours manquant)).

.

(formation du symptôme, suite: « maman,  y a un truc marrant,  c’est que quand la maîtresse a effacé un truc au tableau et qu’il reste encore quelque chose,  qu’il reste encore des marques, c’est,  c’est…  insupportable. Au point que je n’arrive pas à en détacher les yeux,  que je voudrais presque me précipiter pour terminer d’effacer, pour bien tout nettoyer.   ça peut aussi arriver avec des taches sur la table.. ».)

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