et c’est pourquoi tout est bien.
rêvolution
Pour moi, le plus intéressant de l’œuvre de Didi-hub, Nouvelles histoires de fantômes, exposée au Palais de Tokyo, ça a été la rencontre qui a eu lieu le vendredi 9 (voir description ici), avec les films suivis de la discussion. Cela même justement que Hirschhorn offre lui comme œuvre, avec sa Flamme éternelle. Un dispositif qui offre à chacun de vivre un moment de « tout possible »
(comme le disait Jules et que je n’avais pas compris.)
(un moment de « tout possible » et que ça ne soit ni péché ni interdit – ce qui pour certains revient à penser l’impensable,
du conceptuel en acte.
(d’où l’impression possible de tout possible. et qu’un enfant d’aujourd’hui, 2013, 2014, ne s’y voie pas arrêté, interdit par les idéaux surmoïques d’hier. et qu’un enfant y soit celui qui enseigne à ses parents. et que ça passe, parce qu’ils l’aiment.)
ces idéaux du beau et du bien qui parfois nous contraignirent aux passage à l’acte, quand ils ne nous acculaient pas, le plus souvent, à l’impuissance.
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le « tout est possible » de l’enfant Jules interprète l’impuissance de sa mère, lui dit : il y a de quoi jouir, tout petit. une révolution en effet.)
lapsus en cascade
Je dis : Non, j’ai pas encore mis mon mode d’emploi.
Puis, je dis : Oh, j’ai dit : J’ai pas encore mis mon mode d’emploi au lieu de dire : J’ai pas encore mis mon nom, j’ai dit mode d’emploi pour nom.
Puis, je regarde l’écran et je me dis : Oh, non, c’est pas mon nom qui manque, c’est mon Mot de passe.
l’oublié
— — ce dont je ne me souviens pas du tout à cause de quoi je suis toujours en dessous de ce que je pourrais faire (bien=réel) —
Rêve du 18 au 19 mai 2014
« Sur une scène. Une scène de l’école – pas celle avec un grand E, la petite, celle des Dames (de Marie) ; non, la plus petite, celle des Filles (de la Sagesse). Je faisais des spectacles là quand j’étais petite, de la danse. J’ai beaucoup rêvé de cette scène, des coulisses, des loges… Mais dans le rêve, il s’agit de théâtre. Je suis la « principale » (comme en danse).
Je suis sur scène, je dois commencer, mais je ne me souviens de rien.
Je commence donc en trichant, en cherchant dans mon texte, un texte qui se trouve là sur le bord de la scène, à la frontière des coulisses, dans un livre épais et coloré, dont la reliure s’est relâchée et des femmes, pardon des feuilles (lapsus calami) se détachent. Je cherche mon texte, je ne le trouve pas vraiment. Je lance des phrases que je lis, sans les comprendre. Elles sont d’ailleurs incompréhensibles, mais ce n’est pas ce qui m’inquiète. Ce qui m’inquiète c’est que je pense que le public n’appréciera pas — ni les autres qui sont sur scène -, que je lise mon texte et que je le fasse mal, sans conviction. Sans retrouver ce que je pouvais faire auparavant.
Jusque-là, on croyait que j’étais une bonne actrice.
Je dois me souvenir d’une scène en particulier. Ou plutôt d’un mouvement, d’une pose (posture) même (en araignée ?) Elle a peut-être quelque chose de sexuel. Je m’en souviens un peu, mais pas suffisamment. Je fais n’importe quoi. Je suis à peu près sûre que ça ne peut pas passer (auprès du public). Anne B. essaie de m’aider. Elle devient ma partenaire, mais rien n’y fait. Je ne me souviens pas de ce que je faisais.
Je quitte la scène principale, j’entraîne Anne dans une arrière-scène. J’abandonne donc les autres, qui comptaient sur moi. À l’arrière, avec Anne, j’essaie des choses. Je suis comme greffée à elle, sur son dos. Je Totalement dépendante d’elle. Je m’inquiète beaucoup de ce que le public va penser. À l’avant, ils se débrouillent, ils inventent quelque chose en se passant de moi.
J’explique alors à quelqu’un qu’il m’est impossible de reproduire une scène que j’ai bien faite, bien jouée, parce que si je l’ai bien jouée, c’est que j’ai cru qu’elle était réelle – qu’il ne s’agissait pas d’une scène de théâtre. Et cela, je ne peux pas le refaire, je ne peux pas refaire ce que j’ai déjà fait parce que c’était bien fait, parce que si je l’ai bien fait, c’est que c’était réel, que ce n’était pas du théâtre. Ce qui est embêtant au théâtre. C’est ce qui me fait perdre toute confiance en moi et me rend ultra-dépendante du regard des autres, seuls à même de juger si je fais bien ou pas1.
Puis, je suis donc de nouveau à l’avant-scène, mais auprès de Laure Naveau, cette fois. Elle fait des choses bien, très bien, avec d’autres psychanalystes. A l’une d’entre elles, dont le prénom serait Christiane, il est demandé de jouer quelque chose, de raconter une certaine histoire. C’est moi, je crois, qui le lui demande. Elle était venue, avait parlé d’une fable, bien connue croyait-elle, et je lui demandais si elle voulait bien la raconter. Elle le fait, très bien. Elle raconte une histoire au départ de petites scènes, de petites loges qui bordent la scène (il a été hier question de loges maçonniques, mais… et j’ai songé à mon père, qui n’avait pas voulu être maçon, et à cet ami, qui lui, oui, mais dans quelle circonstance avais-je alors pensé à ça?), elle passe de l’une à l’autre, comme son récit progresse, chaque loge comme une case de bande dessinée. Ça se termine avec Laure Naveau (et moi). Fin de la pièce.
Applaudissements.
Saluts. Le public veut nous voir de plus près. Nous demande de nous rapprocher. Ce que nous faisons. Il est composé de nombreux psychanalystes de l’École.
Nous retournons dans le public, quittons la scène. J’attends des retours sur ma contre-performance, mais rien. JPD est là. J’espère qu’il va m’ignorer, malheureusement non.
*
Je me suis réveillée en pensant qu’il fallait que je raconte ce rêve à un psychanalyste. Qu’il semble bien qu’il y aie quelque chose que j’aie complètement oublié, que j’essaie de retrouver, sans succès. A cause de quoi, je suis toujours en-deçà de ce que je pourrais faire. Et qui est cause que le lien au texte se perd, et l’incompréhension s’installe. Ne sachant ce qui se perd, ce qui s’est perdu, ce qui serait à retrouver, qui n’était pas du jeu, je suis obligée de me lier à un(e) autre. de trouver à qui m’apparier/m’appareiller.
Donc, c’est curieux. Parce que c’était réel, parce que c’était peut-être sexuel, parce que ça m’aurait donné du plaisir, je l’ai oublié. Et parce que je l’ai oublié – la pose, le mouvement, le geste, la posture – , je ne peux plus rien faire et c’est comme si je n’avais plus de corps, puisque je suis obligée de me greffer à une autre (homosexuelle), un double, je dois passer à l’arrière plan, dans l’ombre.
J’avais lu un texte récemment de Laure Naveau, que je ne suis pas arrivée à retrouver, où elle parlait de thèmes qui avaient également été importants pour moi (péché de la tristesse, Spinoza, Nietzche…) Je m’étais demandée si ce n’était pas plutôt chez elle, comme analyste, que je devais aller, plutôt que de retourner chez MHB. Dommage que je ne retrouve pas ce texte. Laure Naveau est aussi l’épouse de Pierre Naveau, auteur pour moi d’un texte, travail très important, entendu plus de dix ans auparavant, sur le travail, les travailleurs après Auschwitz.
Il y a aussi cette autre psychanalyste dans le rêve, dont je ne me souviens que du prénom : Christiane, qui raconte une fable en passant par des loges (loges de coulisses? maçonniques?), des loges où elle se loge, qui ont chacune leur décor. La fable se termine sur Laure Naveau et moi.
Christiance : c’est le nom d’une meilleure amie, quand j’avais vingt ans. une allemande.
Est-ce qu’il s’agirtait de Christiane Alberti? Comme Alberti? Qui écrivit Vies de peintres? Vies des meilleurs peintres… Ah non, ça n’est pas Alberti, c’est Vasari. Alberti, lui, c’est la perspective. La vie d’Alberti est racontée dans le livre de Vasari. Il a inventé la perspective géométrique et a écrit un traité sur la peinture ( Della pittura).
Vies de peintres. Vie de Lacan de Miller (dont j’avais établi le cours sur internet). Ou encore cette Vie et oeuvre de mon peintre de père qu’il me demanda sur son lit de mort et que j’ai dû renoncer à écrire, je crois (seulement arrivée à faire, au lendemain de sa mort un site internet : https://www.jacquesmuller.com – que je devrais reprendre2… ) Tandis que je persiste ici à tisser la doublure dont parle Thomas Clerc à propos de Maurice Sachs :
» le paradoxe de cet homme qui vénère la chose écrite est son incapacité à produire un texte en vue de le montrer. Impossible à rendre publique, l’écriture est sa doublure alors qu’elle devrait être son manteau. »
Telle serait ma position. La doublure écrit la doublure. Or ne suffit-il pas de retourner le manteau pour que se donne à lire ce qui s’abritait dans les envers soyeux du manteau. Peut-être ce que fait l’écriture de ce rêve.
(Je fais beaucoup de rêves depuis quelques jours, depuis que j’ai commencé le traitement homéopathique d’ailleurs.)
*
* *
- Ce qui m’a fait songer au Maurice Sachs de Thomas Clerc, son « obsession pour la valeur », écrit-il, « Suis-je bon? Suis-je mauvais? » ( IN Maurice Sachs, le désoeuvré). ↩︎
- Et qui a récemment perdu, à cause du fournisseur d’accès Gandi, son nom de domaine en .be tandis que j’ai dû acheter le .com, ce qui lui a fait perdre toute sa notoriété sur internet. ↩︎
prononcer fleur
seule aujourd’hui je ne dé-
teste pas . tout à l’heure cher
-cher les enfants . J’en ai
un
de plus au jourd’hui,
j’aime aussi; je leur ai acheté des ballons nous irons au square, les petites filles seront Là aussi
où il se confirme qu’il est bien nécessaire que tout soit possible
« le tout nécessaire –
la nature du tout est d’être
nécessaire la nécessité c’est le tout Et au tout il ne peut être renoncé
car le TOUT, fondamentalement, est la singularité même.
il n’y a de tout que d’un. de jouissance, il n’y a que d’un, Seul.
il n’y a de tout que de jouissance,
et à aucune d’aucun, il ne doit être renoncé (au nom de quel Autre qui n’encaisserait pas l’Un? ) «
~ ~ ~ ~
la modalité du nécessaire selon Lacan, dite la modalité de « ce qui ne cesse pas de s’écrire » (le symptôme) ( que jusques il y a peu j’appendais à la pensée: en pensée, en effet, « ça » ne cesse pas de s’écrire), ici, ce nécessaire, je le dis tout, je le dis jouissance : la jouissance, en lettres de jouissance, non en lettres symboliques, s’écrit toute, sans cesse.
et, « ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire« , par quoi Lacan désignait le réel, ça ne cesse pas de ne pas s’écrire en lettres symboliques, en mots, dans le symbolique, dans le langage.
tandis que, ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire dans le symbolique (impossible) , ne cesse pas de s’écrire en lettres de jouissance
un rien et un tout ici s’opposent. rien symbolique, tout réel.
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blablabla
« Y a ce qui peut ne pas cesser de s’écrire / jouissance hors sens, écriture de l’un, écriture de n’importe quoi, et donc possibilité de l’écriture, et donc question du moment de l’advenue du sens, et donc intérêt de cette écriture, qui est écriture de jouissance, que l’obsessionnel fantasmatiquement translate en écriture symbolique, qui ne se paye que de mots : son tout s’écrit, où l’Autre ne manque de rien.
Là et hors sens, ça s’écrit.
Paradoxe – à quel moment le sens adviendrait-il ? Au moment où ça cesse de s’écrire en lettres de jouissance pour s’écrire dans le langage, dans le symbolique. Quel est ce moment? C’est le moment où ça se donne à lire, par l’autre. Dans la contingence. Au moment où ce qui ne cesse pas de s’écrire cesse de s’écrire, où le manque apparaît dans la lecture de l’autre, advient la possibilité du sens, pris ici comme moment hors jouissance, pris ici dans sa perte, comme place creusée du désir.»+
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« puisque ce n’est que des lettres que se fonde le nécessaire, comme l’impossible, dans une articulation qui est celle de la logique. Si ma façon de situer les modes est correcte, à savoir que ce qui ne cesse pas de s’écrire, le nécessaire, c’est cela même qui nécessite la rencontre de l’impossible, à savoir ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire, qui ne peut s’aborder que par les lettres. » JL
Sans titre
Dehors, je ne fais plus que me perdre.
Effrayée à l’idée du mal qu’on peut faire à ses enfants. A qui seules failles on lègue quand je ne suis que faille.