jeudi 2 janvier 2020 · 09h05

Langagement

Paris, repartons vers Bruxelles tout à l’heure

Chester vient de me labourer le ventre pendant 10 bonnes minutes, voire plus, je n’osais pas le repousser, il s’est maintenant couché sur moi, la douceur de son pelage me soulageant des griffes qu’il m’a faites au ventre.

Je voulais écrire, au lieu de quoi j’ai passé du temps sur Instagram.

Il faut que je trouve du courage pour faire ce qu’il y a à faire.

Je lis maître Tchouan et c’est tout le contraire de ce à quoi nous sommes dressés.

(tentative)
Je suis
Celle
Qui ne veut pas
Faire
Ce qu’il y a
À faire.
Je dé-fais.
Je non-fais. [...]  Lire la suite >

vendredi 1 mai 2020 · 16h41

Bernard Stiegler : « Retourner le confinement en liberté de faire une expérience »

« Ecrivains confinés, écrivains libérés » (5). Le philosophe revient sur ses années de détention (pour braquage de banques) entre 1978 et 1983, et les conditions par lesquelles il a pu en faire vertu.

Par Bernard Stiegler Publié le 19 avril 2020 à 13h30 – Mis à jour le 19 avril 2020 à 20h05

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, lorsque j’appris au mois de février 1983 que j’allais être libéré dans les jours suivants d’une peine de réclusion que je purgeais au centre de détention de Muret [Haute-Garonne], passé le premier moment de la joie de me savoir bientôt revenir auprès des miens, j’en vins presque aussitôt à me demander comment j’allais maintenir ce qu’il y avait de meilleur dans la situation carcérale qui avait été la mienne depuis quatre ans et huit mois que j’explorais ce que j’appelais la vertu de la prison.

Ayant eu l’année précédente deux permissions de sortir, j’avais tout de suite compris que la libération pouvait tout aussi bien devenir une aliénation plus grande – plus grande que celle qui m’avait conduit en prison. Durant la période carcérale, et avec le soutien de Gérard Granel [philosophe, 1930-2000], j’avais méticuleusement élaboré une discipline extrêmement stricte, laquelle, au fil des ans, m’apporta des satisfactions de plus en plus intenses – évidemment au prix de peines, mais il en va toujours ainsi (comme dans l’escalade ou le marathon). [...]  Lire la suite >

mardi 11 août 2020 · 12h36

avoir un corps

Après toutes ces années de tai chi, de chi et de tai chi, il me semble que j’acquiers, que j’ai acquis un nouveau corps.

C’est un fait, c’est l’acquis, un corps. Par sa jouissance. La jouissance par les traçages intérieurs, enchanteurs. Les traçages de mondes, les dessins. Les géographies.

Être dit encore, reste. Reste à dire. Cela reste à dire encore. Ce corps acquis. La jouissance.

Les explorations auxquelles on procède, les manipulations intérieures, le bonheur qu’on y trouve, donnent un corps où il n’y en n’avait pas. Le corps se met à exister. [...]  Lire la suite >

jeudi 10 septembre 2020 · 09h20

Jeudi 10 septembre 2020

10:20

Réveillée depuis 5h30, je crois. 

Pour première fois depuis longtemps, travaillé chi au lit, petite circulation, essayé, comme hier au café. Hier, pas continué à écrire. Hier, finalement pris médicament le… comment s’appelle-t-il, Ariprazole est son nom générique. Dans l’après-midi, pour me calmer, m’étais tellement énervée contre E, me sentais si troublée par ce que l’analyste avait indiqué que je ne devais plus rêver de le quitter, songer que cela soit possible, souhaitable. « Pensez-vous que vous iriez mieux ? » Oui, je le crois. J’ai parlé de partir lorsqu’Anton aurait 18 ans, mais selon elle, ce sera toujours douloureux, quelque soit l’âge. Et alors, et alors? Le médicament m’a endormie, mais ensuite, au réveil… Aaah, je n’ai jamais vraiment aimé écrire un journal. Je pensais ne plus retourner voir H. J’oublie toujours son nom. De famille. Je suis partagée. Suis je en difficulté à cause du manque de cigarette ? Autre chose ? Édouard dirait que c’est à cause d’autre chose, que je me suis mise en manque de cigarette. Un manque pour couvrir un manque. Enfin, celui-là est bien réel, maintenant, même s’il n’agit que comme couverture. Je crois que je devrais attendre pour en juger, d’être sortie de sa zone. Je pensais m’aider à en sortir par le médicament. Mais, j’ai l’esprit embrouillé par tous ces écrits de psychotiques que je lis en ce moment. Est-ce qu’il s’agit de psychose chez Carrère ? Maniaco-dépressif ? Bipolaire de type II, dit-il. Et moi ?  [...]  Lire la suite >

vendredi 9 octobre 2020 · 14h09

L’Un tout seul avec Parménide

L’Un tout seul avec Parménide

Par Dominique Rudaz

De ce qui est, de ce qu’il y a

La question de l’ontologie, de ce qui est, et de l’existence, de ce qu’il y a, est centrale dans notre expérience analytique, puisque la position que nous prenons par rapport à notre pratique varie singulièrement selon qu’on l’ordonne à ce qui est ou à ce qu’il y a[1]. Si, comme Miller nous explique, « le secret de l’ontologie »[2] est que l’être n’est que du semblant, si l’être ne tient qu’au discours, à ce qui est dit (l’être de langage), alors qu’est-ce qu’il y a, qu’est ce qui existe en deçà ?

Ce qu’il y a, ce qui existe, ce qui est du réel et non pas du semblant est noué au signifiant. C’est ce qui du signifiant s’imprime, s’inscrit, se marque sur le corps et qui « commémore une irruption de jouissance inoubliable »[3] : ce qu’il y a, c’est la rencontre matérielle d’Un signifiant et du corps ; le choc contingent et singulier, à prendre au cas par cas, du langage sur le corps[4]. Cependant, soyons attentifs au fait que ce signifiant n’est pas celui qui note la parole, le signifiant rhétorique, le signifiant qui renvoie à un autre signifiant et qui nous fait entrer dans la machinerie signifiante, avec ses effets de signifié. Ici c’est le signifiant en tant que Un, l’Un tout seul : c’est l’ « essaim »[5], le S1 sans le S2 qui répondrait et qui ferait sens, voire fonction, copule : justement, ça ne copule pas ! Nous sommes dans ce qui résonne et qui s’itère en boucle comme la pulsion, qui est « l’écho dans le corps du fait qu’il y a un dire »[6]. La rencontre contingente du signifiant Un et du corps, c’est « (…) l’événement originaire et en même temps permanent, c’est-à-dire qu’il se réitère sans cesse, (…) [c’est] la réitération inextinguible du même Un »[7][...]  Lire la suite >

jeudi 22 octobre 2020 · 10h56

le dentiste tué d’une balle dans la bouche
— jeudi 22 oct. 2020, 10:56

Donn

22 octobre, jour de mon anniversaire, 57 ans.

  1. Je suis en prison. Peu de souvenirs. Beaucoup de monde. Dortoirs.
    Je dois aller chez le dentiste.
    Quelqu’un essaye de tirer dans le dentiste qui a la bouche ouverte, dans sa bouche.
    Il n’est pas mort. Les portes ont été fermées.
    De l’autre côté de la paroi quelqu’un tire au hasard et touche le dentiste au cou, il meurt.
    Je me réveille. Je me dis que je ne dois pas oublier. Je me souviens alors de beaucoup de choses. Je me rendors. Je rêve la suite du rêve.
  2.  Toujours en prison, je dois rentrer à la prison après l’assassinat du dentiste. C’est la nuit, j’éprouve de la fatigue. Il fait noir. Je marche entre les lits.
    Quelqu’un pour une raison oubliée allume toutes les lumières en poussant des cris.
    Tout le monde s’agite.
    Je profite de la lumière pour me mettre en pyjama. J’y parviens. Je me couche alors que c’est le branle-bas de combat. Irène (très belle femme, amie, longtemps compagne de mon frère, femme très aguerrie, combattante) me dit qu’elle se demande comment elle doit s’habiller. Je lui dis qu’elle est très bien comme elle est. Elle se fâche en se déshabillant, me dit qu’elle ne me connaît pas assez (comme si nous allions sortir dîner), qu’on voit ses seins à travers le chemisier (je les vois alors en effet, je vois sa silhouette, elle se tient debout sur son lit, dans une position un peu en déséquilibre). Une fois changée, dans une tenue plus adéquate, elle s’en va en courant par dessus les lits.
    Je sors. De loin, il me semble pouvoir observer qu’une manifestation avec d’énormes blindés militaires passe de l’autre côté du mur de la prison. Je les vois qui dépassent au dessus des murs de la prison, dont il n’est pas sûr qu’ils soient toujours debout (les murs). Je ne sais pas ce qui se passe. Il s’agit de défendre quelque chose. Je ne suis pas sûre qu’il s’agisse de la bonne cause (ce pourrait être un coup d’état fasciste). Je marche lentement, à contre-cœur, vers les lieux de l’agitation.
  3. Je suis arrêtée par l’observation d’une petite fille qui se tient immobile au milieu du courant. Elle fait quelque chose de très extraordinaire. Elle est capable de faire quelque chose d’extraordinaire et de surprenant. C’est petit, ça tient dans ses mains. Je ne sais plus ce que c’est. D’autres adultes sont penchés sur elle, attentifs. Je m’approche, elle me montre, me parle doucement. Nous remontons alors, devisant, à notre affaire, vers les lits.

Samedi 24 octobre

Dentiste
Je souffre d’une maladie parondontale, une parodondite. Je suis donc souvent amenée à aller chez le dentiste. Je pourrais y perdre toutes mes dents. J’en ai été beaucoup plus inquiète qu’aujourd’hui, je m’y suis faite.
C’est curieux que ce soit le dentiste qui soit tué. Balle en bouche, balle dans le cou.
À cette maladie, je lie la cigarette, dès que je fume, elle se réveille.
Il y a cette paroi au travers de laquelle le tireur tire, à l’aveugle (comme la paroi dans laquelle se fiche la balle de l’autre rêve, ah non du film, Le cercle rouge.)
Je pourrais retrouver le rêve fait il y a quelques années intitulé par moi : Parondontologie à la gencive / Par odd ontologie à l’agence Yves. Yves étant le prénom de mon analyste, de mon premier analyste à Bruxelles, pendant 10 ans. Roger chantait cette drôle de chanson : À l’agence des amants de Madame Müller.
Il y a aussi ce bout de phrase : suicidé balle en bouche (le grand père du château).
La paroi me fait penser à un film de samouraïs vu il y a quelques temps (Lone Wolf and Baby Cart). Le héros tirait souvent au travers de parois sans jamais rater son coup. Il devait entendre où l’adversaire se trouvait. Un ancien samouraï déclassé, parti sur les routes avec son fils, jeune enfant, qu’il pousse dans une drôle de charrette, pour venger l’assassinat de sa femme. Il ne tire pas de balle, use d’un sabre. [...]  Lire la suite >

mardi 3 novembre 2020 · 11h01

l’accident de ma mère

Hier, dentiste. M’a arrangé les dents de devant. Ça a été assez long, 2 heures. Je ne m’y attendais pas, à ce qu’on a fait. Le résultat est joli, inespéré. On peut craindre cependant, je crains, que ça ne tienne pas.

Soir, après minuit, n’arrivais pas à dormir. Et soudainement ai pensé au rêve du dentiste assassiné et… c’est devenu affreux… instantanément. 

Je me suis souvenue de l’accident de ma mère, à ses dents de devant, quand elle était petite, j’essayais de me rappeler ce qui lui était arrivé, elle avait, je crois mais je me suis mise à douter, je l’ai toujours su, mais là, je me rendais compte compte que je l’avais oublié, reçu une porte en pleine figure, ce qui lui avait explosé les dents de devant. Ma tante, Titi, avait claqué cette porte. Et je me demandais si le souvenir était exact. Et comment il était possible qu’un accident similaire soit arrivé une génération après, quand l’un de mes cousins a claqué une porte sur son frère, en verre, ce qui a entraîné une très importante blessure au bras.  [...]  Lire la suite >

dimanche 27 décembre 2020 · 10h14

magie de Noël

Noël. Ca ne s’était pourtant pas trop mal passé. Jusqu’à ce que je craque, une fois la fête finie. Mais, avant ça, les préparatifs, tout ça. Les cadeaux. J’en ai même fait plus que d’habitude. Surtout à Frédéric. Des livres essentiellement. Et Jules avait tenu à faire le repas de Noël. Je l’ai secondé. Il avait également eu cette idée de faire un grand nettoyage de la maison, à la japonaise. Je l’ai secondé également. Dans les faits, il s’est moins agi de nettoyer que de faire du rangement. Tout de même, il a fait les poussières. Puis, comme se rapprochait l’échéance de la fête, il est devenu inquiet, très inquiet. À l’idée que ça puisse mal se passer. Il y avait eu trop de discussions à propos de la présence ou l’absence de son frère et de sa sœur. Je l’ai rassuré. Mais pas complètement. Sont venus Stan et son amie. Stan, fils de Frédéric. Pas Nina. C’était peut-être la source de l’inquiétude. Non. J’étais, moi, inquiète à ce propos. Et suis arrivée à combattre cette inquiétude. Jules après la fête était rassuré. [...]  Lire la suite >

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