ce que ça me fait, d’être là. à bxl. chez ma mère.
matin
nuit
après soirée arrosée, enfumée avec un ami, à la veille du départ, non sûre d’arriver à dormir, il fait bon, dans la chambre qui fut l’atelier de mon père, ma mère dans la pièce à côté, en face de moi son grand portrait enceinte, à ma gauche, une toile New York, corps est champagne, je ne sais à qui l’adresser, c’est pour Hélène, mystérieusement, je donne…que je n’enverrai pas
Chère Hélène, Vous êtes Hélène Je vous tiens un moment dans mon eau dans cette nuit si heureuse. Vous êtes dans la chair battante de mes doigts de mes mains que vous ne connaîtrez jamais, c’est pour vous, dans mon abattement profond, somptueux, sous mes côtes la respiration, dans ma gorge, je voudrais vous retenir là, dans la chair de mes lèvres qui sourient à vous, la bouche qui s’entrouvre, l’air prudent pétillant dans les narines, la cuisse lourde et aux aguets, respirons, dans la chaleur des paupières, une douleur à l’aine accueillie, le ventre, doux, je vous donne tout cela, la chaleur du pyjama, ma lourde reconnaissance. un moment dans mon eau, mon bonheur. je m’endors vers vous. bonnuit. battement délocalisé et comme à contretemps. l’étendue, la complicité de tous les sons. Mais surtout dans mes mains, Hélène.
sam 4 sept, 10h29, train du retour.
par la fenêtre. est-ce que tu le sens ce bonheur absolu. mais qu’est ce que c’est. est-ce la vue, le défilé, le suspens du voyage, les suites de ce si doux voyage, ma mère. la vue du ciel. la joie est blancheur.









devenues 
toutes 
aussi 
floues 
que 
moi, floue 

bienvenue en france :))


