jeudi 22 septembre 2005 · 13h27

le pet (suite)

parvenir à  «hystériser» ce que j’écris ici. parler du point de vue de
celui/celle qui remet en cause, interroge le discours du maître. du
point de vue où ça sait pas. voilà  ce que j’entends par hystériser. que
ce que je ponde ici reste fidèle à  ma structure. je ne sais plus où, et
j’aimerais bien le retrouver, miller, toujours lui, jacques-alain,
disait que du moment où on use du signifiant, on est dans la maîtrise,
on est dans la prise de pouvoir. comment au mieux s’en garder,
de cette prise de pouvoir, cette illusion de maîtrise, probablement pas en brandissant des références.

à  quoi j’ajoute que c’est lacan qui disait que la citation, à  l’instar de la vérité, est un mi-dire.

(

instar,
je vérifie au dictionnaire, je me donne l’air comme ça, parfois, de
connaître des mots, or ça souvent, je ne sais pas ce qu’ils veulent dire,
j’oublie, j’oublie.

instar de (à  l’) loc. prép. (lat ad instar, la la ressemblance). Sout. A la manière, à  l’exemple de. A l’instar de ses parent, il eut de nombreux enfants.

sais pas pq oublie tjs signification de ce mot, instar; oublierai
encore. oublie et utiliserai encore, sans savoir, pourquoi j’oublie.

)

miller, j’ai fait un petit effort, le txt, je ne l’ai pas
retrouvé, à  moins que ce ne soit celui-ci, que je recopie, et que
ma mémoire avait transformé. adapté, à  ma convenance comprenure – le
point où j’en suis.

Le libidinal, ce qui relève de la libido, résiste par structure à  la
symbolisation intégrale, et c’est ce que
désigne petit a.
Du coup, le phallus comme emblème de la puissance, et de la puissance
symbolique, n’est que narcissique. Il y a, dans le Séminaire de L’angoisse,
un ravalement du désir, comme désir de puissance. Il y est au contraire
argumenté que c’est l’insistance de ne pas pouvoir, le «ne pas pouvoir»
déterminé par la détumescence de l’organe, qui se sublime dans la
catégorie de la puissance
.

La puissance n’appartient pas au champ libidinal, mais au champ narcissique. Elle délivre un Idéal, l’Idéal du moi, comme Idéal de toute puissance,
à  l’horizon de quoi c’est Dieu lui-même. Il y a une thèse du Séminaire
de L’angoisse, qui est que l’idée de Dieu s’enracine dans la sexualité
du mâle, dans l’impuissance-à -jouir. C’est plutôt un hapax chez Lacan,
tandis que la critique de la puissance comme illusion est une
constante.
[…]
De la même façon, vous avez une constante de l’enseignement de Lacan,
dans la même veine, qui est la critique, le ravalement de la position
du maître, dès les débuts de son enseignement, la psychanalyse
apparaissant comme une autre voie, qui passe par une renoncement aux
illusions de la puissance. Entendons-le au niveau de la voix :
l’interprétation plutôt que le commandement.

(La Cause freudienne, 59, «Le bon usage de l’angoisse»).

bref, ça ne ressemble pas beaucoup au souvenir que j’en gardais. va-t-il
falloir que je fasse l’épreuve de mes souvenirs de bataille et de
cioran. lacan nietzche spinoza, c’est une autre histoire.

 
vendredi 23 septembre 2005 · 14h55

Histoire de temps ( celui qui peut projeter le passé dans le futur)

Quand je me réveille, toutes les difficultés afférant* au travail dans lequel je suis, toutes sortes d’idées inquiètes m’engorgent la tête
le cerveau.

Ce matin il me sera apparu** comment le blog oblige à  faire des choses qui puissent accrocher « le visiteur de hasard».*** Que tout y soit sur une seule page, celle de garde, l’index. Chaque note, chaque article devant constituer une petite entité qui puisse être indépendante des autres.

Sans doute m’aura-t-il paru difficile de poursuivre une réflexion – une réflexion qui en passe par l’écriture, de la mener à  son terme, peut-être lointain, à coups d’autant de moments de réflexion qui contiennent ou évoquent suffisamment leur propre terme qu’on puisse les séparer de ceux qui les précèdent et des possibles de ceux qui les suivront. Que je ne puisse m’appuyer sur ce que j’aurais déjà  écrit dans la mesure où ça n’aura pas déjà  été lu.****

Si tout doit se trouver sur l’index, c’est que n’est plus attendu que ce qui est daté d’aujourd’hui. Tout, c’est aujourd’hui. Les archives, c’est accessoire. Ça ne fait plaisir, ça ne rassure ou ça n’inquiète que celui qui les nourrit. Est-ce qu’il y a du nouveau ?

Nous sommes des millions de blogs. Nous disposons des outils de
production. Qu’est-ce qu’on en fait ? Est-ce qu’on surproduit, on
surconsomme ? Que nous soyons des millions me donne un sentiment de communauté,  fût-ce de symptôme. Et je trouve ça bien. On a vu pire qu’écrire. C’est pour ça que je vais voir les autres. Comment est-ce qu’ils s’en sortent. Je les sais les vois différents, mais je m’en fous. On est issu du même moule. Ça crée des liens. Ces liens mêmes que je suis toujours tentée de rompre, pour travailler totalement en autiste, y échapper.*****

Alors pourquoi passer par les blogs, le blog, moi qui connais si bien
l’html et même pire. A cause des liens. Les liens et le moule. Le blog, le temps, fait le lien pour moi. Ce qui tente de se saisir dans le blog, la tentation la force l’impulsion, c’est celle de saisir cette matière impalpable de ce qui s’échappe dans le temps, ce qui se perd.****** Comme si, d’y coller, ça le retiendrait. ça en dirait quelque chose. Et ça en dit quelque chose. C’est même ça qui ressort, qui en ressort le plus magistralement, le vide de tout ça. C’est ici je crois que peut s’entendre que le blog surmoitise. Ce que je cherche à  formuler depuis que je suis là-dedans. Le croisement du blog et du surmoi. Le surmoi se forme à  partir de la parole, à  partir de ce que la parole ne dit pas. Ce qu’elle lève de lièvre absent. Que la voix, sa chair, trahit et que les mots ne disent. Le surmoi entend ce qui ne se dit pas. Pas seulement parce qu’on a manqué de les dire, mais parce qu’ils n’y sont
pas, aurait-on voulu, on n’aurait pas pu. La pensée, quand elle
tourne fou comme la mienne, essaie de combler ce vide, de le nier. Le paradoxe c’est qu’à  force de chercher à  produire du sens, d’en produire, elle rejoigne elle retrouve, de l’insensé (cet insensé du manque) qu’elle tente de recouvrir, la jouissance. La pensée recouvre et recouvre. De son grand manteau recouvre et dans son grand manteau retrouve. La jouissance, c’est ce qui a échappé à  la H de l’histoire, qui nage encore dans le liquide amniotique (Jules ne me démentira pas).

Le choix, dont il m’est arrivé de parler ici, c’est le choix
fait en connaissance de cause : « pas-tout » passe au dit. Le choix donc, en matière de blog, pour moi, c’est de renoncer à un certain « tout dire » qui ne reviendrait jamais qu’à  un amoncellement une accumulation de dits (qui à  l’instar de ma pensée tenteraient derecouvrir le manque du dire). C’est de renoncer à  vivre ma vie comme un livre.
Renoncer à  l’établissement de mes «Oeuvres complètes» (petits papiers compris).

Le surmoi tente de faire passer le « dire » au« dit» à  force des «dits» et en se passant du «dire». Tente d’imposer ça. C’est pour ça que sa force d’impulsion, sa manoeuvre, se fait constante.
Devient constante. Est de l’ordre d’une parole qui ne s’arrêterait pas – murmure incessant. Brouhaha insensé.********

J’ai été trop longue. J’en reste là . Même moi je ne me lirais
jamais si je devais tomber sur moi sur le net. Et je doute que j’arrive jamais à  me relire. Quelque chose cloche.

Aussi, je vous embrasse.

* « afférant » me vient de ce que je lisais Christian Oster hier soir, qui utilise à l’abord de son histoire d’amour un certain type de langage, d’ordinaire réservée aux bureaux. Donnant une idée du décalage entre ce que le narrateur vit et les mots par lesquels il en passe pour le décrire, de la distance entre ce qu’il vit et le langage même. Et donnant une idée d’où le narrateur se tient face à ça, pour supporter ça, cette distance, ce décalage, usant du
langage comme d’une rambarde à laquelle il peut finalement devenir comique de s’accrocher et malgré qu’on en soit là : à devoir s’accrocher.
L’effet n’en n’est pas directement comique, d’abord plutôt doucement étrange. Étrangeté douce plutôt qu’inquiétante, révélée par l’usage même de ce langage bureaucratique. On sent quelque chose de l’ordre d’un acquiescement à la condition humaine, langagière. Acquiescement qui n’est pas résignation dépit : il va vers le plus difficile, on dirait « en marchant sur des œufs», aussi silencieusement que possible, vers l’amour.

** Qu’il me soit « apparu »¦
aussi convenue que soit l’expression, j’aimerais cependant me permettre de préciser que s’il s’agit bien de quelque chose de l’ordre de l’irruption, oui – ça serait comme une révélation, ça
aurait cette force-là , de conviction, c’est pour ça que c’est pénible,
je ne peux rien faire d’autre que d’y croire, sur le moment – à strictement parler, rien ne m’apparait, c’est le noir, j’entends : je m’entends me dire. Et l’usage, auquel je me vois obligée de recourir, du futur antérieur, ce drôle de temps de l’incertitude, d’après la mort, qui anticipe ce moment où il ne restera que des mots, « Words, words, words… » vient de que dès que je me lève, la certitude de mon angoisse se dissipe. Le doute prend.

*** Je pense ici au texte de Marcel Broodthaers qu’on peut lire sur l’index de 2balles : « Je voudrais rompre cette solitude, mais ça ne marche pas, car il n’y a pas foule ici. Et il m’est difficile de donner au pied levé une réponse théorique à votre question sur le visiteur. Disons ceci: je suis toujours heureux de voir arriver ici des amis ou des visiteurs que je connais, car il naît toujours un contact direct. Mais j’aime aussi le visiteur de hasard, bien qu’il viennne le plus souvent sur le conseil d’un ami ou d’une
connaissance. Mon rapport au visiteur est un rapport personnel, mais je me demande si ce n’est pas grâce à ces contacts personnels que ce Musée peut continuer à exister, grâce à la bonne volonté des visiteurs qui acceptent tout simplement ma fiction. Et ce qui m’inquiète, c’est la réaction possible de quelqu’un qui se trouve entièrement en dehors de ce réseau personnel. »

**** Or, c’est aussi ce que je cherchais au départ : « en finir (avec les faux impossibles) ». Apprendre à finir. A quoi, le blog, et son visiteur éclair, obligent.

***** ça a été un soulagement, un coup de panique d’abord puis un soulagement, que de me dire que vraiment ça n’avait pas d’importance qui venait sur mon site, combien ils venaient (les logs, les stat.), et de me débarrasser de l’outil qui me permettait de le savoir.

******* « Si le signifiant est ainsi un creux, c’est en tant qu’il témoigne d’une présence passée. Inversement, dans ce qui est signifiant, dans le signifiant pleinement développé qu’est la parole, il y a toujours un passage, c’est-à -dire quelque chose qui est au-delà de chacun des éléments qui sont articulés, et qui sont de leur nature fugaces, évanouissants. C’est ce passage de l’un à l’autre qui constitue l’essentiel de ce que nous appelons la chaîne signifiante.

Ce passage en tant qu’évanescent, c’est cela même qui se fait
voix – je ne dis même pas articulation signifiante, car il se peut que l’articulation reste énigmatique, mais ce qui soutient le passage est voix. C’est aussi à ce niveau qu’émerge ce qui répond à ce que nous avons d’abord désigné du signifiant comme témoignant d’une présence passée. Inversement dans un passage qui est actuel, il se manifeste quelque chose qui l’approfondit, qui est au-delà , et qui en fait une voix.

Ce que nous retrouvons là encore, c’est que, s’il y a un texte, si le
signifiant s’inscrit parmi d’autres signifiants, ce qui reste après
effacement, c’est la place où l’on a effacé, et c’est cette place aussi
qui soutient la transmission. La transmission est là quelque chose
d’essentiel, puisque c’est grâce à elle que ce qui se succède dans le passage prend consistance de voix. »

Jacques Lacan, Le séminaire, Livre V, Les formations de l’inconscient (1956-1957), p. 343.

******* Oster, qui a du talent,
en usant du langage du moule le plus convenu, le plus éloigné de ce qui le travaille, parvient, dans le sourire, à franchir l’écart, à faire franchir l’écart, celui du dit au dire, à faire entendre sa voix.

 
mardi 27 septembre 2005 · 14h43

untitled 07

plus tard nous nous reparlerons quelquefois de ce monde qui nous paraît plus beau depuis que nous pouvons si facilement le prendre en photo

*

la mise à  disposition des moyens de reproduction.

reproduction, la cause, celle du désir.

le voile du doute. le voile de la beauté. (ce moment, encore récent, dans l’histoire de l’art où il aura été voulu le lever, l’enlever).

or, le masque ne mime que le masque.

est-il de reprodution autre que signifiante
Vorstellungsreprà¤sentant

nous assisterions à  la prise de pouvoir par la vérité (soeur aînée de l’impuissance) [...]  Lire la suite >

dimanche 16 octobre 2005 · 17h45

je vais bien
— la jouissance est une limite. tant que c'est le désir qui est à l'oeuvre.

je n’ai pas le temps d’écrire ici . je ne le prends plus .

vouloir coller à la réalité pour la décrire est absurde, il y a toujours quelque chose qui la dépasse de très loin. 
*
céder ce qu’il faut de jouissance afin de ne pas avoir à  céder sur mon désir.
*
je pensais : « les faux impossibles » : ceux qui se mettent en place pour que le désir ne trouve pas son chemin, sa limite.
*
lacan : la jouissance est une limite.
j’ajoute : alors, elle en ferait office tant que le désir est à  l’oeuvre. tant qu’elle s’inscrit dans le champ du désir. hors ce champ, elle est limite illimitée.
lacan encore : il n’y a que l’amour qui fasse que la jouissance condescende au désir.

voilà , je ne peux pas en dire + en ce moment. l’écriture m’a remise sur le rail du projet. de la limite

mardi 18 octobre 2005 · 11h10

coincée

depuis hier enfoncée. coincée.

il y a très longtemps, à  ça, ce « coincée », un ami m’avait répliqué : qu’est-ce que tu sais dans ton coin? presque rougissante, j’ai cru qu’il me disait : qu’est-ce que tu sais dans ton sexe?

ce matin, plutôt je me dis, d’abord je me dis (méthode) : que faire de ce savoir que je reste seule à  savoir (savoir qui n’est dès lors qu’en puissance, en passe).

mercredi 19 octobre 2005 · 10h42

un père à faire
— (coincée)

rêvé il y a deux nuits que mon père n’était pas mon père.

je rencontre mon « vrai » père. lui parlant de mon père (du vrai dans la « réalité »), je dis « mon père » et m’en excuse auprès de lui : c’est lui qui toute ma vie a fait pour moi office de père, qui a été un père pour moi, non pas celui qui aujourd’hui se présente comme étant mon père. il ne m’en veut pas, il sait que mon père, qui s’avère donc n’être pas mon père, est mort.

ce nouveau père est physiquement assez massif. plutôt muet. il ressemble à  un personnage du téléfilm dont j’avais vu la veille la fin où il s’avérait être un homme d’affaires, plutôt que l’agrégé de lettres qu’on avait essayé de le faire passer. qu’il fût un homme d’affaires, tout de suite je le pense un peu mafieux, véreux, pas clair.
dans la réalité, j’ai sur mon père un travail à  faire, pour mon père. c’est à  ce travail que je suis coincée. ce travail. qui m’angoisse. ce travail que mon père m’a demandé de faire, de son vivant, sur son lit de mort.
ce père qu’éventuellement mon rêve désidéalise. « d’affaires » plutôt que « de lettres ». et dès lors « moins clair ».
je n’en sais rien.
pour faire ce travail il vaut mieux être « d’affaires », plutôt que « de lettres ». plutôt être soi-même d’affaire (femme d’a), plutôt que de lettres (comme le vrai père). d’où l’angoisse. et le changement de père.
le père à  faire. à  faire le père.

(l’angoisse, la mauvaise humeur vient de là : quand il s’agit de prendre une place à  lui réservée jusque là . un « faire comme », voire un « faire mieux » que le père (souvenir de la mauvaise humeur de freud sur l’acropole, liée à  la culpabilité qui l’envahit d’être arrivé si loin, d’avoir accompli son rêve d’enfant (celui de voyager) et de se trouver maintenant face à  qq chose, l’acropole, que son père, vague petit homme d’affaire, n’aurait pas même rêvé de voir, faute de culture. enfin, je ne suis pas sûre que son père fût homme d’affaire, disons homme de petit métier.))
évidemment, comme à  chaque fois, j’accuse l’autre de m’empêcher de faire ce que j’ai à  faire.
je veux dire que dans la réalité il y a « ce père à faire », l’angoisse, je rumine; j’ai mes humeurs, et j’accuse f de m’empêcher.
mercredi 19 octobre 2005 · 11h08

coincée (l’acropole)

Top