Elle me raconte. Elle est en face de moi. Elle me raconte. Elle ne me regarde pas. Ses yeux sont baissés, parfois elle les lève, mais c’est très court, c’est un éclair bleu. Cet éclair me touche d’une façon incroyable. Elle me raconte comment elle jouit, comment elle a été sur le point de jouir, comment elle a voulu jouir, comment elle est partie, frustrée, dépitée. Elle avait curieusement commencé en me disant : « Il y a un épisode que je veux te raconter, c’est un épisode… » J’avais trouvé l’expression un peu curieuse. Je l’écoutais me parler en la regardant. Je la regardais comme si elle ne me voyait pas. Je n’arrivais pas à penser. Je me disais seulement : elle va vouloir que je raconte. Elle va s’attendre à ce que je raconte, à mon tour. Et ça, ça m’effrayait. Je me disais : jamais, jamais. Je me demandais s’il fallait que je coupe, que je raccroche, et que non, ce n’était plus possible. J’étais toute ouïe, je l’écoutais, je voulais l’écouter. Toute cette étrangeté. Je me suis dit : est-ce que ça me suffit ? Non. J’aurais voulu tout savoir de ce qui avait conduit à ce qu’elle me racontait. Je me demandais si elle en savait quelque chose. Comment ça se goupillait pour en arriver à ce qu’elle me racontait, et dont elle ne paraissait pas se douter de l’absolue étrangeté pour moi. [...]
Elle me raconte
28 avril 24 – à propos de l’exposition « MES KATANGAIS (LA PEINTURE AMOUR, SOMMEIL) »
— Thomas Dunoyer de Segonzac à la galerie Treize
Thomas,
Je suis mauvaise à publier sur I. L’impression que j’ai du livre outre la joliesse de son format de son papier la matité de la couverture et le plaisir de ces pages découvertes à couper, le souvenir de ton chant ta lecture les peintures la conversation dans la lumière de la galerie, ta passion, passion aussi de l’histoire d’une histoire qui me fuit, de la révolution, l’enfant, la compagne longue, tout ça se mêle à ma lecture, et j’aime aussi les jeux de mots d’assonance la liberté prise, ce qui se dit sur la folie, « l’incapacité a déguiser en idéologie sa folie intime », le sommeil les rêves les allongés. Et ce que tu disais de cette volonté de parler d’une vie ratée, sans chercher à la repêcher. Ratée, simplement. Et ta langue, rêche et précise et pleine de cette époque, il me semble, de la Commune. Rêche et animale et vitale. Ça fait du bien.
Véronique
https://treize.site/index.php/2024/Thomas-Dunoyer-de-Segonzac/




« Pour avoir un effet, il faut « influencer de l’intérieur » – c’est ce que dit le lapin une minute avant de disparaître dans la gueule du lion. »
« Pour que ça ait de l’effet, il faut « influencer de l’intérieur » – c’est ce que dit le lapin une minute avant de disparaître dans la gueule du lion. »
Ruchama Marton
Il faut que les opposants au gouvernement israélien s’adressent au monde en admettant leur impuissance et laissent tomber le concept de changement de l’intérieur, il faut qu’ils reconnaissent leur faiblesse et demandent de l’aide. En outre, les opposants au gouvernement devraient exiger que le droit international soit imposé à Israël, exiger l’imposition de sanctions contre Israël et son gouvernement et le déploiement d’une force internationale à Gaza et dans les territoires occupés. Seule une intervention extérieure peut sauver les Israéliens d’eux-mêmes et mettre fin à l’oppression actuelle des Palestiniens. [...] Lire la suite >
pour les psys, non posté sur FB
mais de quelles horreurs de quelles ignominies parlez vous ? de celles qui ont lieu depuis bientôt 1 an à Gaza ? De ce qui se passe dans les territoires occupés ? du nombre de morts et d’enfants morts ? et de blessés charcutés hachés explosés ? des tortures subies des humiliations de l’indifférence du monde ? mais qu’est-ce que vous croyez, à quoi croyez-vous, qui vous rende indifférents à ce malheur-là ? est-ce que vous ne voyez pas que l’armée la plus morale du monde commet aujourd’hui des crimes innommables ? est-ce que vous aussi pensez qu’il faut et suffirait d’appuyer sur un bouton pour se débarrasser du problème de Gaza ? est-ce que ça ne vous arrive pas d’aller sur des comptes d’Instagram (ou de Telegram) qui filme ce qui se passe là-bas ? est-ce que vous ne savez pas ? ou est-ce que vous n’y croyez pas ? et le protocole Hannibal, est-ce que ce n’est pas l’horreur ? est-ce qu’on peut ignorer tout cela ? de quel type de déni s’agit-il ? tuer un homme c’est tuer un homme, quelle que soit sa nationalité ou sa religion. ou est-ce que les Palestiniens ne sont pas humains ? à quoi sert la justice, si c’est pour les avoir jugés tous coupables ? bien sûr qu’il faut pleurer les otages israéliens et ils l’ont été et le sont encore, mais quand est-ce qu’on pleure les morceaux de chairs ramassés dans les débris et transportés dans des sacs en plastique ? les enfants amputés orphelins mangés par la gale les poux la poliomyélite ? mourants de faim ? oubliés du monde qui assiste pourtant à leur détresse, en direct. dans quel dystopie vivons-nous, où va notre humanité ? pour eux, ce n’est pas l’horreur totale, absolue ? Rien d’ignominieux, d’atroce ? [...] Lire la suite >
désespoir industry instagram palestine gym danse recettes cuisine amis sociabilité

Paris, nuit. De nouveau réveillée à 4 heures. Me suis levée pour écrire et comme d’hab au lieu de ça tout de suite captée par Instagram. Il est 4h 45.
Hier, coup de fil avec J. Il est bien, il va bien, il est content, être seul, vivre seul lui plaît. Il fait face. Dit-il et je le crois et j’en suis heureuse. À nous de respecter ça, d’apprendre à nous passer de lui, à ne plus nous occuper de lui. Ça fait un vide. À construire une nouvelle relation. À nous occuper de nous.
Je dis ça et ça fait 2 jours que je regarde une série. Industry. Saison 1, avant-hier et seulement la moitié de la saison 2 hier. [...] Lire la suite >
23 septembre 24 à 02h 23 min
Deux heures du matin ! Et j’ai de nouveau passé la journée d’hier à regarder une série, la saison 2, la suite de la veille, alors que ça devient du grand n’importe quoi et pour apprendre finalement qu’il y aurait encore une saison 3! Olala, je n’en peux plus. Et puis mal aux dents. je n’ai plus d’huile de nigelle. Je ne sais pas pourquoi l’analyste continue de dire que j’écris bien. Je lis encore la bio de Kafka. F m’a sortie pour voir un film que j’ai trouvé bien, que nous avons trouvé superbe en vérité, de Kurosawa, d’Akira Kurosawa, Entre le ciel et l’enfer, le titre ne ressemble pas au film. Hélas, je n’ai plus de lait (je bois une Ricoré). Deux heures du matin ! Frédéric avait un peu de fièvre. Il n’entend plus de l’oreille droite. [...] Lire la suite >
brux premier oct.

== 8h18==
Toujours Bruxelles, jusqu’à jeudi. Réveil à 4h. Inquiétée par l’invitation de mon frère à son mariage en Italie le 30 août.
== 16h52 ==
sur le tram 51
et soudain
tranquillité, lumière
du tram les grandes fenêtres
rouler dans Molenbeek Saint-Jean
bordure du canal
bientôt, le petit château
fatigue, comme dans une bulle
vais à la maison de repos voir ma mère
j’aime ce Bruxelles
2 oct // Pensées inquiètes à propos du Proche Orient
Salon de ma mère, rideaux tirés.
Réveillée depuis 3 h du mat, il est 5 h. Je me demande ce que je vais faire. Je ne trouve pas. Pensées inquiètes à propos du Proche-Orient. Du Proche Orient. L’Iran a envoyé des missiles sur Israël. Lu dans FB des choses sur la violence à Bruxelles qui m’insécurisent totalement. Pas pour moi, bien sûr, pour J. J lui, malade. Peu, mais malade. Tousse et éternue. Il pense qu’il doit arrêter de fumer.
Je ne sais pas ce qui pourrait faire que je m’endorme.
Journée difficile hier à cause de la fatigue.
— 14h21 —
Je parle à F des mes inquiétudes, de mes inquiétudes à cause de BXL et de ce que j’ai lu dans Facebook plus tôt le matin. Je lui dis que la personne qui a raconté une anecdote que je trouve effectivement violente ajoutait dans un commentaire : Bientôt ce ne sera plus que les juifs qui sont attaqués. Il me dit : N’importe quoi. C’est vrai. Plus tard, dans la rue, il me fait remarquer que ce sont les blancs qui mettent à leur fenêtre des drapeaux palestiniens. C’est peut-être vrai. Il me dit qu’ils sont de plus en plus nombreux, dans le quartier, les blancs. Je ne sais pas. Il pleut beaucoup. Il y a toujours l’amour pour cette ville. Amour qui grandit depuis que je viens plus souvent voir ma mère. Maintenant, J, mon fils.
Tout cet amour dans la chair des rues, des murs, des façades, des trottoirs glissants, des pavés carrés, de toutes ces personnes, du soleil que je bois par le bleu du ciel et qui me gifle, ces verticales, ces verticalités qui se déplacent, qui bougent, les corps minces et furtifs des jeunes hommes, les nuques et les crânes différemment rasés, coupés, coiffés, certaines chevelures pourtant s’allongent en ce moment, se bouclent, des silhouettes lourdes prises dans des voiles et des jeunes filles de toujours en fleur et en rires. Cela, tout cela, je l’ai toujours connu. Dans le tram hier, debout deux jeunes femme voilées discutent, l’une d’entre elles se frotte les dents avec un bâtonnet, j’y prêtais à peine attention, discrétion toujours obligée, elle m’explique : C’est le Siwak, il faut regarder dans Google, c’est excellent pour les dents, pour les gencives, puis elle ajoute que le prophète l’utilisait. Son regard, son sourire, tout en elle est plein de sympathie pour moi. C’est étrange et doux. Je revenais de Tour & Taxis, la maison de repos. Nous descendons au même arrêt de tram. Peut-être me connaît-elle, peut-être connaissait-elle ma mère. La fatigue m’a empêchée de réagir, et la surprise.
Comme dans un nuage.
jeu 3 // alzheimer et champignons
Je continue à tester les champignons médicinaux dont j’attends tellement. C’est quelque chose dont j’ai un peu honte, dont je ne parlerai pas beaucoup.
L’autre jour quand je suis arrivée dans la grande salle de la maison de repos, par deux fois ma mère m’a montré sa langue, indiquant qu’elle lui faisait mal et que je découvrais dans un état lamentable. Je crois qu’il s’agit d’une mycose. Un muguet buccal, non? Il m’est arrivé quelquefois d’en avoir. Est-ce lié à Candida Albicans, s’agit-il-il de ce champignon? Il me semble que c’est ce qu’on lit.
En rentrant, je ne sais pas pourquoi, peut-être me souvenais-je de choses par le passé lues, j’ai fait une recherche internet sur…. « alzheimer et mycose » qui a étonnement donné quelques résultats intéressants…
Des recherches ont révélé qu’il y aurait bien un lien entre affection fongique et alzheimer. Cette hypothèse repose sur l’examen de tissus cérébraux de personnes décédées, dont la moitié avaient souffert d’Alzheimer : il s’est avéré que tous les alzheimer recelaient des traces de champignons, que ce soit dans différentes zones du cerveau ou dans les vaisseaux sanguins. Donc, il y a même eu l’idée qu’un antifongique pourrait soigner l’alzheimer.
C’est quelque chose qui m’intéresse, aussi en raison de mes grandes inquiétudes, de mes propres pertes de mémoire, parce que je suis tellement convaincue que je finira moi aussi par l’avoir, l’alzheimer (j’ai tellement embêté un médecin un moment qu’elle a fini par me faire faire un scanner qui s’est avéré tout à fait bon), et que ma vie est toute orientée par ça : comment éviter ce malheur, comment le retarder autant que possible. Les souffrances par où j’ai vu ma mère passer, je ne crois vraiment pas que je puisse le supporter, ni d’ailleurs le faire supporter à mes proches. Mon analyste répond à ces inquiétudes que je ne suis pas mère. Je la regarde alors silencieusement.
(Il y a ce comme ma mère, il y a ce dans la peau de ma mère, il y a ce je suis ma mère. cela existe. il y a la maladie de ma mère, il y a les symptômes que j’ai repris d’elle, tout cela il y a. il y a d’ailleurs, tout au long de ma vie, jusqu’à très récemment, l’obligation où je me suis sentie de combattre à toute forces cette pente, surtout pas comme ma mère, surtout ne pas faire comme ma mère. ma foi, en mes vieux jours, après l’échec d’une vie entière, je peux dire : dans la peau de ma mère, y a des moments c’est doux . Il y a donc ce qui pourrait n’être « que » psychologique, et qui pourrait encore se modifier, bouger, et il y a ce dont j’ai fait l’expérience, de me soigner, à ma façon, cette autre façon d’être malade, sur laquelle je me trouve avoir finalement plus de prise. Car oui, le jour où j’ai pris du CBD, j’ai recommencé à dormir et cela me soigne de faire un régime anti-candida, le fait seulement de faire régime me soigne… Si je vais mal, je suis là, je tombe dans puits sans fonds, me hisser, m’accrocher au cadre d’un régime, me hisser, poser une jambe, puis l’autre, me relever, c’est une façon de retrouver une forme de régulation, de reprendre le contrôle, de m’obséder d’autre chose que de l’inanité absolue de ma vie. Cela seulement, déjà, a ses mérites. Indépendamment des effets indéniables sur ma santé en général. )
Donc, secrètement, je mène mon petit combat. Qui passe par l’attention à la santé de mes intestins, mais aussi de mes dents et de mes gencives, la traque de toute manifestation d’inflammation, quelques précautions avec l’alimentation, l’accumulation de tout un arsenal de poudres et de potions, et la recherche d’un travail d’écriture à mener. Ah, je suis par ailleurs également convaincue que chaque que je fume, cela entraîne insomnies et fracassemeurs. Ce pourquoi j’ai finalement, récemment (enfin), totalement arrêté de fumer (Et si: une séance d’hypnose sur internet aura suffit.)
Mon analyste croit, elle, en l’écriture, point.
Alzheimer : et si une mycose était à l’origine de la maladie ?
muguet, champis
j'attrape le muguet de ma mère...
dysphagie
la dernière fois que j’ai vu ma mère, elle était assez sérieuse et m’a demandé plusieurs fois comment moi j’allais et que je lui raconte un peu… et aussi comment allait le travail…
mais en mangeant, elle a fait une fausse route, et même deux. la première, ça allait, même si j’ai eu le temps de voir de la panique dans ses yeux, mais c’est passé rapidement . la deuxième fois, c’était pas bien du tout. ça a duré, elle paniquait, je ne savais pas quoi faire, les personnes là non plus, qui lui ont tapé dans le dos, sur la poitrine, en lui disant de cracher… finalement, ça s’est calmé. mais elle n’était pas bien, épuisée, apeurée. bon elle a oublié après, mais quand même. [...] Lire la suite >
six oct, cov
je crois que j’ai le covid. par sécurité, je vais faire un test. je le crois parce que j’ai. maintenant un peu de fièvre et mal aux dents, comme pendant le covid. fièvre, mal de gorge, mal aux oreilles, mal de tête, légères courbatures. et tête dans le brouillard.
c’est par rapport à Frédéric que je veux me rassurer.
7 octobre :: Peinture décoloniale (et appropriation)
Rêvé que je faisais de la peinture ou que j’allais faire de la peinture, et qu’on allait venir voir ce que je faisais, et que j’étais très embêtée parce qu’on allait dire que je faisais de la peinture “décoloniale”. Plus tard, il me semble aussi que j’ai craint d’être accusée “d’appropriation”. J’espérais que je n’avais rien fait dans ce sens. Je n’avais pas envie que ces termes soient posés sur ce que je fais.
Je vais vers l’endroit où je fais de la peinture, appartement/atelier en hauteur et, au passage, après un instant d’hésitation, je prends par la main un enfant qui est là, un des enfants, très jeune, je l’emmène avec moi. C’est une présence fragile. Peut-être que je lui demande s’il veut venir avec moi, s’il veut faire de la peinture ou s’il veut prendre un goûter? Nous grimpons ensemble vers chez moi, comme on grimperait dans les nuages, et je sais que cet enfant n’a jamais connu ça, qu’on s’occupe de lui, jamais. C’est un enfant abandonné, orphelin. C’est donc une responsabilité et un peu émouvant. Et intimidant. Tout à la fois cet enfant, c’est une présence étrange, étrangère, inconnue. Je n’avais jamais fait ça jusqu’alors. Les peintures dites décoloniales sont là. Nous sommes comme sur un nuage. [...] Lire la suite >
poésie courte
Kafka… Ce qu’il veut, c’est n’être qu’écriture…
Ce qu’il veut c’est n’être qu’écriture et non pas, comme on le traduit souvent, que littérature (il dit bien Schreiben et non Litteratur). L’écriture étant à comprendre comme une opération de survie psychique pour Franz Kafka, très explicite à de nombreuses reprises sur ce point.
: https://carnetpsy.fr/kafka/

![Birgit Jürgenssen, Ohne Titel [Untitled], 1979, SX 70 Polaroid, 10,5 x 8,7 cm, © Estate Birgit Jürgenssen, Vienne, collection privée, Italie,](https://i0.wp.com/www.disparates.org/iota/wp-content/uploads/brigit-jurgenssen_ohne-titel-untitled_1979_aware_womenartists_artistesfemmes.jpg?resize=384%2C470&ssl=1)