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samedi 30 novembre 2024 · 12h42

on a chacun ses plus ou moins grandes obsessions

version du texte publié sur Facebook

on a chacun ses plus ou moins grandes obsessions. je sais d’où vient que je sois obsédée par la Palestine et ce que commet aujourd’hui Israël. ça ne s’apaisera pas. ce serait lié à quelque chose de l’ordre du trauma et à la façon dont ça s’est combiné en moi pour y répondre, pour s’organiser, une organisation que je traite comme une maladie, considère comme une maladie, par où je cherche à m’absoudre, ce n’est pas moi, c’est la maladie, cette maladie honteuse qui m’a conduite à mener une vie d’inutile et d’exilée, dont le destin ne trouve à s’accomplir que dans le ratage, auquel je cherche seulement à donner un peu d’allure, à défaut d’en avoir aucune. partout: maladie. et chaque instant de ma vie tout entier tourné vers moi-même, à tenter de trouver grâce à mes propres yeux. depuis le diagnostic toutefois, relativement récent, j’ai pu finalement renoncer à exiger de moi des choses impossibles et me suis pardonnée beaucoup. [...]  Lire la suite >

lundi 2 décembre 2024 · 08h34

instagram ce matin

sur une place ensoleillée, deux enfants se serrent dans les bras,  se séparent, l’un s’éloigne vers la gauche, le visage grimaçant, l’autre avance grave vers la caméra. il s’apprête à faire un an de prison. d’autres jeunes se tiennent là, debout, témoins de la scène. ça se passe en Cisjordanie, quelque part.

extérieur. scène de foule, dense, compacte, beaucoup de femmes, il me semble, voilées, tentent de s’acheter du pain. au travers d’une fenêtre découpée dans des cloisons de tôles, probablement solidement renforcées pour résister à la pression d’une foule affamée, de longs bras se tendent, de longs doigts, les visages de voix  qui supplient. sous-titres : prends mon argent, prends-le maintenant. la femme qui prononce ces mots est refoulée. ces gens veulent acheter du pain.
sous une tente une femme au sol pleure la dépouille de son enfant morte, étouffée par cette foule.
d’autres encore sont mort.es à Gaza en achetant du pain. [...]  Lire la suite >

lundi 9 décembre 2024 · 06h53

de l’effet de quelques cigarettes (3)

je dois tout à fait renoncer à écrire jamais. et à publier. c’est la conclusion de ces récentes tentatives de travail sur le blog qui m’ont hier complètement démoralisée. j’écris un journal pour moi et basta.

il fallait cependant que j’écrive ceci, si je m’en tiens à ce que je n’écris d’ordinaire pas, à ce qui fait symptôme, c’est déjà bien. je veux écrire comment j’ai été si mal un jour, et pourquoi, et comment le lendemain, tout avait disparu : 

quand je me suis réveillée vendredi, j’étais « mal » – je mets des guillemets parce que je ne sais plus ce que ça recouvre cet « être mal », cet envahissant désagrément dont je n’ai  alors d’autre recours que de me recommander d’avoir la patience d’attendre qu’il passe -, et je ne savais pas pourquoi, mais c’était au point que j’ai eu très envie de fumer, comme si une cigarette allait régler ça, et je pensais que je donnerais le reste du paquet à H, s’il venait au soir, ou à M, ah oui, c’était le jour du concert de F et les membres du groupe devaient venir loger à la maison, les 5 membres, et c’est peut être à cause de ce concert et de cette venue chez nous que j’allais si mal (alors qu’a priori j’aime plutôt ça, a priori ou a posteriori, mais pas quand le moment se rapproche, en vrai). F est parti vers 18h30 pour accueillir les musiciens et préparer la salle,  quand il m’a prévenue qu’ils viendraient ici, les musiciens, avant le concert, je suis sortie m’acheter à manger et des cigarettes[...]  Lire la suite >

mardi 10 décembre 2024 · 06h39

rien de définitif

pour la première fois depuis longtemps hier, travaillé et écrit hier d’une façon qui m’a rendue contente.

non que je me sois dit, tiens je suis contente de ce que j’ai écrit, mais je me  je me suis rendue compte,  au souper, au dîner, que j’étais contente, joyeuse même.

Je me suis mise à travailler à un vieux rêve de je ne sais quelle année, 2+1 chiens, un rêve très court, que j’avais trouvé beau,  dont je n’avais pas tiré grand chose, mais dont il m’avait semblé qu’il en ressortait quelque chose (de beau) (d’important) qui parvient à dépasser subitement tout ce qui a lieu. [...]  Lire la suite >

mardi 10 décembre 2024 · 07h50

s’il te plaît V

s’il te plaît, V, fais ça aujourd’hui. cette soupe non mixée potimarron pois chiche fenouil pousses d’épinards.

et stp, V, aujourd’hui, retravaille au texte 2+1 chiens.
relis le rêve, vois-le.
le noir, le blanc
le n, le b
le n, la haine
le blanc, semblant
fais une phrase sur les chiens (un chien maltraité n’ayant rien à dire sur son sort, n’ayant plus droit à la parole – voué à disparaître), sur l’immixtion des sujets
et écris un texte de présentation des fracassemeurs.

vendredi 13 décembre 2024 · 07h24

que tu puisses ne pas avoir honte de moi

au lit dans le noir dans la chambre
j’essaie de faire en sorte que tu puisses ne pas avoir honte de moi et dernière l’échec apparent, percevoir la réussite.

quel échec ?
la honte de ne pas avoir de métier, d’œuvre, de nom
quelle réussite ?
mince, réussite mince. celle en tout cas d’avoir su – comme je m’en suis rendu compte récemment – me dégager de toutes les situations trop anxiogènes pour moi, me permettant finalement, sans que ça puisse hélas jamais d’aucune façon être universalisable, recommandable, de vivre de façon vraiment privilégiée, à l’abri et souvent bien. (qu’est-ce que je pourrais, de ce que j’ai vécu, faire passer à l’universel? il y a une passion du symptôme. mieux: trouver à se dégager du tout, opter pour le pas-tout.) [...]  Lire la suite >

vendredi 13 décembre 2024 · 07h56

certaines œuvres me bouleversent, rares,

certaines œuvres me bouleversent, rares, transforment ma vie (ou me paraissent pleines d’une promesse de transformer ma vie ou m’offrent des pistes), d’autres, les plus nombreuses, je les vois de la même façon dont je regarde le reste du monde.  elles s’ajoutent à ce que je perçois du monde et dont je ne peux, a priori, rien dire. c’est à la fois une expérience, une connaissance et une information supplémentaires, qui n’aboutiront peut-être jamais à un savoir que je puisse exprimer. qui pourraient cependant modifier ma façon de vivre. dont il me semble qu’elles augmentent la connaissance que j’ai du monde. ma connaissance, ma sensibilité, y opèrent des bougés. et puis, il y a celles que je n’aime pas, des fraudes, ou que je ne vois pas. [...]  Lire la suite >

samedi 14 décembre 2024 · 12h44

réfléchir avec la beauté

je me suis levée je suis au salon il fait sombre j’entends le bruit d’un réveil les 4 rideaux sont tirés.

éveillée dans pensées diverses et mauvaises. à propos du grand ratage de me vie . du manque de métier, de travail. d’Annick aussi. et du texte que je n’arrive pas à rattraper, sur les 3 chiens. ou pas suffisamment vite à mon goût.  ce qui  me fait craindre qu’une fois encore je l’abandonne. s’agissant du  texte d’Éric Laurent, sur lequel je retravaillais également hier, il faut que je renonce à y comprendre quelque chose. c’est très étrange, ce texte. il comporte pour moi les plus grandes promesses (de compréhension) et entraîne les plus terribles perplexités. [...]  Lire la suite >

samedi 14 décembre 2024 · 22h12

embêtée

je suis tellement embêtée. j’ai été un moment contente de ce que j’avais écrit et j’en ai parlé à un ami, je lui ai envoyé un mail et lui ai donné l’adresse du site, le pauvre. je ne sais pas comment rattraper ça. j’étais si satisfaite que j’avais même ajouté l’URL dans mon profil instagram… bien sûr l’euphorie n’a pas duré longtemps et au retour de quelques courses de Noël qui m’ont étrangement rendue sourde, j’ai retiré la mention du site sur insta où j’ai traîné un peu tristement tandis que je me demande maintenant qu’écrire à l’ami pour lui épargner d’avoir à me tourner une réponse.  [...]  Lire la suite >

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