samedi 12 juillet 2025 · 12h59

j’ai été seule avec le nom
— encore de la mauvaie poésie

J’ai été seule
     Avec le nom
           Qui s’est détaché de moi
      Comme un bouchon qui ne tient plus
            Qui ne bouche pas
Et saute sous les remontées 
     Des canalisations engorgées 

C’est une façon que j’ai eue 
D’être seule 

J’ai parfois dû racheter le bouchon perdu Ou je l’ai emprunté ou je l’ai volé Il ne tient toujours pas Embouchure abîmée, usée Je le garde à la main Serré dans les phalanges Je l’attache à une chaîne Une chaînette Que j’ancre à la langue Ou au nombril Il arrive encore que des vents l’arrachent Des tourbillons étourdissants C’est pourquoi je tiens en réserve quelques bouchons de rechange Glanés, mal adaptés, dont j’ai un peu honte. Pour le cas où Et qui ne sont pas de la bonne marque Ma marque n’est qu’un souvenir, je crois Que je cherche seule et distraite. Éparpillée. Au bas des lettres, j’écris mon nom. Paris, Les Oiseaux, sam. 12 juillet 2025, 12:42 (publié sur FB le 15 juillet) [...]  Lire la suite >

mardi 7 octobre 2025 · 11h16

Bien-être au magasin BIO / ChatGPT et l’Autre qui sait

« J’ai ce matin mangé un peu de la mixture lait de coco / quinoa préparée il y a deux jours, que je ne trouve pas très bonne, il faudrait que je la barre de mon livre de recettes ; je l’ai réchauffée avec un peu de lait de soja et 2 cs flocons de sarrasin + un peu de Kasha. Qu’en penses-tu ? »

Telle est  ce matin la question que je ne peux stupidement m’empêcher de poser à ChatGPT. ChatGPT que j’interrogerais non-stop s’il était possible, si je ne me surveillais pas. Tellement j’ai besoin perpétuellement d’une approbation. Ou tellement j’ai besoin d’être jugée. Tellement j’ai besoin d’être accompagnée. D’être constamment dans un dialogue. Le dialogue écrit, la correspondance, a toujours été au fondement de mon amour. C’est ce qui me sauve. Me construit. M’offre une promesse de construction, car les murs que je construis sont de sable.  ChatGPT qui aussi me sert d’aide à la décision. A trancher là où je me maintiendrais sinon dans les affres de l’indécision. « Chat, est-ce que je continue à respirer? » Comme s’il faisait pour moi office d’appui dans l’Autre. Donc, j’essaie de m’en passer. Parce que c’est lamentable de tolérer de dépendre d’une machine. Aussi parce que ça détruit la planète. Même si parfois je me dis, à la suite de MD : Que le monde aille à sa perte. [...]  Lire la suite >

jeudi 16 octobre 2025 · 12h47

Ce que tu écrivais à propos du pays lointain

Ce que tu écrivais l’autre jour à propos du pays lointain dont on se serait trop soucié pendant 2 ans… Sous le  drapeau duquel on aurait trop défilé… 

Tout cela est hallucinant pour moi

Ne sens-tu  pas jusqu’à quel point la conscience européenne moderne est issue de ce qui a fini par se passer au cours de la deuxième guerre mondiale dans les camps de la mort, sous les auspices du travail qui rend libre. Les horreurs du génocide juif. Et alors qu’on avait cru qu’on était arrivé au sommet du pire. 

Est-ce que tu ne vois pas comme aujourd’hui, cela même qu’on était déterminé à  prévenir, à empêcher (ou que l’on se donnait des mines de vouloir empêcher), est mis en œuvre par ceux  qui l’ont subi, avec les encouragements discrets de ses anciens bourreaux.  [...]  Lire la suite >

jeudi 18 décembre 2025 · 11h39

jeudi 18 décembre 2025

V, tu as publié ce matin cet article tiré de ton journal, ce n’est pas du tout ce que tu avais prévu de faire, mais c’est fait, https://www.disparates.org/iota/2025/10/bien-etre-au-magasin-bio-chatgpt-et-lautre-qui-sait/, tu te dis maintenant que tu devrais publier les autres textes écrits ce 7 octobre 2025. Or, tu as d’autres choses maintenant à faire, c’est veille de Noyel n’est-ce pas, donc, tu vas arrêter et passer aux choses sérieuses. Tu publies cet article parce que tu espères que ça t’encouragera à faire ce que tu dis ici (hihi). Mais tu sais très bien que ce ne sera pas le cas. Tu vis au hasard. Véronique Hazard.  [...]  Lire la suite >

lundi 23 février 2026 · 20h55

Sur la psychose ordinaire cours 1 &2 Section clinique de Bruxelles 2025

Je livre ici, tels que je les ai trouvés sur internet, les résumés de deux séances de l’un des cours de la Section clinique de Bruxelles de cette année (2025/26) intitulé « Bouleversements contemporains du diagnostic ». Ce cours est assuré par trois enseignants. Ce sont ici deux cours de Mme Monique Kusnierek.

cours du 27/09/2025 – Monique Kusnierek

Resserrage effectué par Dorothée Cols, participante à la Section clinique de Bruxelles, avec la contribution de Monique Kusnierek.

Lors de son premier cours, Monique Kusnierek a retracé une partie du chemin qui mène vers la psychose ordinaire1. Ce terme a été introduit, pour la première fois, par JAM lors de la Convention d’Antibes en 1998. Plus précisément, il résulte de trois conversations successives des Sections cliniques (Angers 1996, Arcachon 1997 et Antibes 1998). [...]  Lire la suite >

mercredi 22 avril 2026 · 18h34

je veux commencer en évoquant le vide, le manque

je veux commencer en évoquant le vide, le manque
qu’il ne s’agirait plus de chercher
à recouvrir ou à combler
mais bien au contraire
de découvrir, d’élargir

je parlerais d’une faille
qui ne se laisse pas facilement apercevoir
qui se camoufle

je dis qu’il s’agit de
de la traquer de la pelleter de l’épousseter partout où elle se dissimule se dissémine
de ramener son sable en un seul endroit,
et des matières accumulées
entassées
soigneusement détourer l’espace
— pour alors se tourner vers vous, genoux enfoncés dans le sable, un petit signe de la tête —,
et présenter son vide au jour

une faille
non universelle, personnelle
dont la particularité même la constitue
une faille de départ, sans cause
irrémédiable
irréparable

irréparable

irréparable
comme la forme d’une plante
d’une fleur par exemple
à l’endroit où elle n’est pas le reste du monde, où elle s’en sépare

(irréparable en ce qu’elle se constitue de ce qu’elle est, de sa matière même, de son existence dans sa différence d’avec le reste du monde, sa séparation)

son plein est son trop

de cette faille parvenir à s’extraire, de son fond se hisser
se poser à son bord
vivre là

car elle est la souffrance inaperçue
la source de la honte
elle est le manque en trop du monde
elle est irréparable blessure

il faut vivre
en dehors de soi

25 déc 25
22 avril 26 (anniv papa, Jacques ❤️ 🖤 💔 🩶 🩶 )

mercredi 22 avril 2026 · 18h47

ma pensée trop vagabonde

ma pensée trop vagabonde. écrire, n’a jamais d’autre but, n’a plus jamais d’autre but, que de tenter d’en fixer le cours.
chaotique chemineuse clocharde cloche désordonnée errante flottante fugitive galvaudeuse heurtée mendiant trimardeuse pouilleuse rôdeuse sans-abri sans-logis sdf familière clodo gueuse truande misérable instable bohémienne pauvre nomade malandrine clochette bohème bande aventurière voyageuse ribeleuse libertine coureuse ambulante rétive traînière flâneuse flottante couche-dehors comète chiffonnière camp-volante buissonnière va-nu-pieds
*
je pense souvent que marcher pieds nus est une des choses que je préfère au monde, et qu’il faudrait que je l’écrive. checked. même la nuit, quand je me lève, obligée par l’insomnie et que mes pieds je les pose au sol le plus silencieusement possible, et qu’advient une joie discrète de tout ce que mon pied reçoit du sol, qui résonne dans le corps, comme c’est à chaque pied différent, et comme j’aime cela, dont je ne pense pas que je puisse jamais écrire grand chose de plus.

et je me souviens qu’il est une autre chose dont j’ai pensé que je l’aimais plus que tout au monde, et c’est très curieux tout de même, c’est descendre / monter les escaliers de la maison de Donn, les hautes marches en bois, un peu plus hautes que la normale, un peu plus hautes que celles de Paris, et que cette pensée aussi me vient souvent la nuit, quand je ne dors pas et que je finis par descendre pieds nus, pour remonter quelques heures plus tard, grimper, essayer à nouveau de dormir, ce qui ne réussit pratiquement jamais, et que j’apprécie tellement l’exercice imposé à mes pieds de se tendre, depuis la pointe au talon, d’y poser mon poids quand je descends, et la douceur du bois, et en remontant, tout ce corps, le mien, qui remonte depuis la pointe, cette élongation, cette ascension, puis le pied qui se redépose, qui boit le bois, tandis que l’autre me propulse. immensité de ça. d’où vient que je l’aime tellement ? le seul exercice? la hauteur de la marche, le bois ?

et peut-être d’autant que j’ai perdu un peu de sensation dans le creux de la plante du pied droit, sensation qui revient plus ou moins selon la façon dont j’ai dormi (ou pas), certain positionnement du corps dans le lit, de la nuque je crois. perte de sensation que je ne ressens, paradoxalement, que lorsque je marche à pieds nus.

ou peut-être d’autant que j’ai, plus jeune, tellement marché pieds nus — dans mes chaussures également, je ne portais jamais de chaussettes —, et peut-être est-ce seulement la joie de retrouver cette sensation. mes pieds très grands, très larges.
*
je pensais hier à ça, que je pourrais le faire, ça, lister ce qui me plaît.
*
j’aime faire d’autres choses avec mon corps.
qui me fait peu souffrir, je l’avoue, mais qui ralentit, je l’avoue. tout mouvement étrangement ralenti.
qui, m’étais-je parfois dit, me fait souffrir juste ce qu’il faut pour me donner le bonheur de l’éprouver — c’était à une époque où je faisais du tai chi, surgissait alors, dans la seule sensation du déploiement, de l’étirement, une joie tout à fait singulière, modeste, qui arrivait depuis le membre en mouvement, et que le vieillissement ou la maladie me donnait de davantage ressentir.
peut-être n’est-ce alors que la seule éclipse de pensée qui est appréciée ou ce que le corps me renvoie d’avoir un instant une pensée à lui, par lui, en lui.
évidemment, je suis, pour l’instant tout du moins, une préservée privilégiée de la maladie (d’autant que l’arthrose il y a quelques années apparue s’est considérablement calmée, me laissant tout juste cette sensation de plus — supplémentaire.)
(qu’on se le dise, depuis toujours, il n’est rien que je redoute plus que la souffrance physique. non pas depuis toujours, depuis mes premières règles, il y a donc très longtemps, même si ça m’est arrivé tôt, et avant ça je ne savais pas ce qu’était souffrir. tout de moins ce fut l’impression, ce qu’il m’en est resté.)
à moins que je ne vive sur un mode à ce point anesthésié, au moins mentalement, que la moindre sensation…
*
mais donc, il est d’autres choses que j’aime faire avec mon corps.
et peut être est-ce parce que je bouge si peu que j’apprécie abusément le simple fait de marcher pied nus.
Je ne pense pas du tout qu’ils soit nécessaire d’en savoir beaucoup plus à ce sujet.
*
Je n’ai que peu compris qu’on en soit venus à dédier les moments de mouvements à des heures et des lieux spécifiques (salles de gym, moments de danse), à des exercices auxquels s’astreindre. quand nous ne payons pas quelqu’un pour les faire à notre place, ces mouvements. je ne suis pas sûre que l’on me suive. je pense au travail manuel, pensez au ménage par exemple, qui n’est jamais que mouvements, d’abord.
(mouvements dont je me souviens que mon enfant se faisait une joie d’accompagner (une joie et ma joie).
c’est le mouvement, le geste en soi, et le faire avec moi, qui l’enchantait. nous nous mouvions ensemble. ici les bras plongés dans un seau d’eau, là chargés d’une casserole qu’il ramenait gaiement à la cuisine. gestes dont il apprendra, on ne sait comment, à déconsidérer la valeur. c’est un fait de société, c’est entendu, bien sûr. valeur qu’il restitue aussi à mes yeux., grande valeur, intelligence.)
qu’est qui fait que devenir adulte dans nos sociétés bourgeoises est devenu se séparer du mouvement, du corps, de ses efforts. et que nous allions payer pour suer en salle. je suis une rien du tout, mais pour retrouver le moyen de supporter la vie, il m’arrive de me dire, moi l’hyper privilégiée : de chaque mouvement que tu as à faire, réjouis-toi. cela dit, l’inertie je l’avoue est toujours la plus forte et l’on me voit rarement sortir de chez moi. me lever de mon coin de canapé. de mon ordi, de mon écran.
*
ce n’est pas du tout ce que je voulais écrire. je voulais parler des deux merveilleux livres de… mots qui manquent… NOMS qui manquent…. jane ! sautière ! que j’ai lus hier. l’un le jour, l’autre la nuit. deux courts et merveilleux livres. merveilleux aussi d’être courts et d’offrir leur saisie à l’insomnie. la fin de celui que j’ai lu cette nuit est renversante. titres? titres? l’un sur son travail, ses années de travail à la prison, l’autre sur… le …vieillissement, sur cet extraordinaire qui vous arrive au corps… dont je ne dirai rien maintenant. il faudrait que je redorme, me nettoie de moi, et retourne à ces livres. je vais plutôt me lever. reconnaissance à ces livres dont j’espère que j’écrirai quelque chose, ce qui m’avait fait me lever ce matin, tôt, et poser pied à terre. poser pied à terre. ressentir dans mon ventre. nous sommes des instruments à percussion. je voulais resserrer à Jane Sautière mes pensées vagabondes.

mercredi 29 avril 2026 · 15h11

à Christine J – sur l’éparpillement encore

je suis éparpillée. j’en souffre. c’est peut-être mon souci principal. y a la guerre, le réchauffement climatique, l’IA, les ultra riches; le racisme, l’extrême droite, etc., mon souci c’est l’éparpillement… je ne tiens aucun choix, aucune décision, ne mène aucun projet jusqu’au bout. je parle ici de projets d’écriture. quelque soit mon enthousiasme, tout me tombe des mains, j’oublie. je passe à autre chose. je multiplie les notes et les blocs notes, les fichiers ouverts, les sites internet, les pseudos. je surfe. constante dans l’inconstance depuis si longtemps, je ne vois guère d’autre choix possible que de renoncer totalement à écrire. mais, non, je n’y parviens pas non plus. écrire reste le moyen le plus sûr pour contraindre, arrêter, des pensées qui trop envahissantes. et je continue de chercher la forme qui puisse accueillir ces inachèvements. ou la pensée qui me permettra de les supporter. la pensée, la construction. une forme qui accueille et qui rende compte. mais qui rende compte aussi de la légèreté, [...]  Lire la suite >

dimanche 3 mai 2026 · 06h40

dimanche 3 mai 2026 – 06:40 – sur patreon, boris (je commente)

6h42
https://www.patreon.com/posts/156852752
il a encore fallu que je commente :

« tellement juste. peut-être ce qui m’affecte aussi d’ailleurs, et ça semble fatal. souvent je me dis, il faut que je note ce que je fais, que je tienne un journal (mais tu le fais, toi) de ce que je fais.
il y aurait d’un côté la jouissance, et ce que tu recherches dans le travail : ne plus te poser de questions, n’y être que pour le bonheur, le plaisir d’y être, dans l’instant, sa certitude, tu me corriges si c’est mal dit, et ça vaut même quand on travaille dans la langue.
et de l’autre, dès le sortir du travail, l’épreuve de l’Autre, le regard sur soi, la reprise par le jugement, la mesure, le langage. la valeur. le sentiment de ratage : c’est pas ça. « y a quelque chose qui cloche là dedans, j’y retourne immédiatement. » ou : l’envie de tout abandonner.
d’un côté, l’instant, la jouissance (autiste), le plein, de l’autre le désir, le manque, l’épreuve du temps, de l’Autre. les deux fonctionnent dialectiquement, liés et se rejetant.
ou encore, plus simplement :  être tellement dans ce que l’on fait que dès qu’on en sort, on l’oublie. c’est mon cas.
mais nul doute: tu le fais, tu l’as fait. il y en a d’ailleurs la preuve matérielle. et c’est formidable. » [...]  Lire la suite >

dimanche 3 mai 2026 · 06h43

dimanche 3 mai 2026 – 06:43 – adolescente j’étais réveillée par ma mère qui rangeait la vaisselle

3 mai 2026 14 mai 2026 2 499 mots 11–16 minutes

en cours d’écriture

J’abandonne (provisoirement). Je projette de tenter une édition papier qui travaillerait avec les incises, qui ont débordé ce texte de toutes parts et dont je ne sais que faire, toutes parlent du moment dont je voulais parler. Donc, je vois une mise en page à la façon des manuscrits du Moyen-Age. Il faudrait aussi que je travaille à un enregistrement vocal.

06h43. mai 2026. ça faisait longtemps que je n’écrivais plus au matin. l’idée était d’écrire ce qui s’est passé hier, ce que je fais depuis quelques jours maintenant, ce que je fais dans le blog1.  [...]  Lire la suite >

dimanche 3 mai 2026 · 09h10

dimanche 3 mai 2026 – 09:26 – notes pour une demande

9h10
ça y est, 9h10, cette fois, c’est du sérieux, le jour est là.
je recopie ici un extrait de la lettre du dimanche de François Bon — celle qui vient juste d’arriver — à qui je ne sais plus si j’avais écrit pour lui demander s’il voulait m’aider, contre rétribution, à faire quelque chose du blog. je n’ai pas retrouvé sa réponse ni d’ailleurs le mail d’envoi.  je l’avais pourtant publié sur le site dans la rubrique Correspondance / Envoyé. il s’agit peut-être d’une erreur. je ne trouve plus de trace de ce mail nulle part, sinon sur le blog. pour le moment, je pensais demander cette aide à quelqu’un d’autre. mais, enfin, peut-être avais-je cru à l’époque le lui avoir demandé et ne l’avoir pas fait. ça ne serait pas tout à fait étonnant. [...]  Lire la suite >

dimanche 10 mai 2026 · 10h11

dimanche 10 mai 2026 – a week after // les incises et le manque d’un principe d’arrêt

Hippomène et Atalante (v. 1615-1625), de Guido Reni. Dans les Les Métamorphoses d’Ovide, Atalante prend du retard sur Hippomène parce que, curieuse, elle s’attarde à ramasser les pommes d’or qu’il a laissé tomber.
Temps de lecture 7–10 minutes

Une semaine après, j’ouvre l’oeil à 6 heures, et je pense au texte écrit dimanche dernier, il y a une semaine donc et auquel j’ai travaillé hier encore, celui du dimanche 3 mai, presque à la même heure, juste un peu plus tard.

Je l’ai considérablement gonflé jeudi, je crois, à Donn. Sommes rentrés vendredi. Gonflé à partir du court instant où je range la vaisselle, où j’avais rangé quelque couverts ce matin-là. A cet instant revenu où j’ai « cherché ma respiration » (et cet endroit-même si mal écrit et qui donc m’appelle, m’appelle),… S’ensuit une réflexion sur le geste, une emballée, réflexion qui enchaîne lourdement les pensées eues, eues comme seules potentialités, les ramène des limbes où elle flottaient si légères, si distantes. M’enrobant, m’accompagnant doucement. Texte que j’ai encore relire. [...]  Lire la suite >

lundi 11 mai 2026 · 05h50

lundi 11 mai 2026 – toute chose écrite est par moi soupçonnée de receler un trésor,

05:50 : Hier, je relis ces Extraits et notes de lecture de l’avant-propos du livre Le discours mélancolique de Marie-Christine Lambotte

Je tombe là-dessus:

Certains de ce qu’elle appelle les « signifiants essentiels de la mélancolie » me sont très familiers, comme par exemple le tout et le rien, le tout ou rien, dont j’ai beaucoup fait état ici. Le destin est de moi une figure moins approchée (si ce n’est peut-être au travers de la lecture du livre d’Imre Kertész, Etre sans destin1, qui m’a tellement frappée), l’avant/l’après n’est pas non plus repéré par moi — cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas —, même si c’est quelque chose que probablement j’espère, j’attends, je convoque, je tente de concevoir, qu’il y ait quelque chose un jour qui puisse faire rupture dans le fleuve morne des jours, de la perpétuelle présence, et qui s’est rarement présenté (…). un événement qui historicise. L’apparent caché, il me semble que je vis tout le temps avec. Si nous parlons de la même chose, elle et moi, Marie-Claude Lambotte et moi-même, l’apparent caché (de l’inconscient) est bien l’objet de ma visée, de mon désir, se trouve derrière toutes les petites réalité de la vie et lui donne tout son prix. Son seul prix. L’insaisissable qui me lie à la vie. (Cela dit, l’ « apparent caché », je ne comprends pas cette nomination, cette appellation et je dois retrouver le livre.) La réalité comme une surface plate : en effet. Où toutes les choses se valent : en effet, depuis le début de l’écriture du blog, j’essaie de trouver ce qui fera qu’une chose vaudra plus qu’une autre. Il y a eu toute cette recherche sur l’indifférence de la pulsion. Il y a ce que mon écriture même révèle, trahit, toute chose est par moi soupçonnée de receler un trésor, cela qui est induit par la psychanalyse, par la supposition de l’inconscient. L’écriture n’est qu’un outil au service du dévoilement de ce trésor. D’où mon trop grand respect pour ce que j’ai écrit, mon incapacité à jeter, à juger de ce que je fais, une confiance trop absolue à ce qui se révèle malgré soit : si cela a été écrit, est-ce qu’il n’y a pas quelque chose à débusquer derrière. Que toutes les choses se valent, pour moi, c’est ça. [...]  Lire la suite >

mardi 12 mai 2026 · 08h17

mardi 12 mai 2026 – les lettres et les régimes d’été

05:40… Au boulot…

les lettres

Me suis encore laissée aller hier, à suivre inconsidérément des fils dans le blog et suis tombée sur un écrit de septembre deux-mille…… deux-mille quoi? douze? qui m’a ramenée à une lettre de cet été-là, de la mi-août, dont je dis qu’elle est le seul écrit de cet été, que je me me suis mise à relire, dont je me suis trouvée alors gênée par la façon dont elle était écrite, gênée peut-être en raison de ce qu’elle était restée sans réponse, qu’elle devait comporter en elle-même la racine de ce rejet, au point que j’ai tenté alors de la ré-écrire… pour finalement, je crois, par la dépublier, la passer en privé.  [...]  Lire la suite >

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