Je suis à la laverie. Je tape sur mon smartphone. Frédéric est à la maison jusqu’à 14h. Je ne sais pas très bien par quoi commencer, au niveau des choses à faire. Ni quelle est la meilleure façon de m’organiser. Écrire ici, d’abord?
Hier nous avons tout bougé dans l’appartement. Enfin moi, je n’ai pas fait grand chose. Au prétexte probablement de toutes ces.histoires à Bruxelles. La dispute avec mon frère. À propos des toilettes qu’il a fait installer dans le salon. La maison qu’il faudrait vendre…
Appeler l’assureur. Lui parler des éléments auxquels il ne me semble pas que l’expert aie voulu prêter attention. Appeler ou écrire? Écrire, il ne lira pas. Prendre un rv pour la semaine du 8 octobre. [...]
Lundi matin
cig et e-cig
mercredi 26 sept. 2012, 06:56
depuis que je ne fume presque plus, fumer me pousse à des pensées auto-destructrices. pas sur le coup même, mais dans la nuit, me réveillent. cette nuit, pas de coups de marteau sur la tête (façon Gentileschi) mais des balles dans la nuque….
fumer est un dépresseur, fumer déprime attriste
fumer me pousse à penser aussi, me fait pousser des pensées
comme je fume peu, j’avais oublié; mais dès que je fume un peu je le ressens.
mes pensées m’ont toujours dépassée.
j’ai retrouvé cette nuit cette grande précipitation de pensées qui fut la mienne pendant des années cela doit avoir un nom scientifique. pensées galopantes plus sensationnelles les unes que les autres. je me souviens alors que j’aurai voulu écrire à cause de cela: cesser de penser. j’avais éprouvé la pensée comme « ce qui ne cesse pas de s’écrire« , mais enfin, c’est aussi bien « ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire« . dès que je me mets à écrire le flux s’interrompt, est pris dans un autre, très ralenti. et, interrompue ralentie la pensée perd sa magnificence. en [...] Lire la suite >
vie d’intérieur : de la cire sur un meuble en bois
l’amour passe par la beauté. la beauté passe par l’entretien. l’entretien passe par l’usage des produits ad hoc. l’entretien donne à l’objet et à sa matière le temps de son appréciation. son appréciation est tactile, gestuelle, visuelle, odorante. etc.
(ainsi en va-t-il probablement du travail de restaurateur d’œuvre d’art.)
et cela ne s’applique-t-il qu’aux objets qui vous sont proches, qui sont les vôtres. il ne saurait en aller de même pour les objets dont dont doit s’occuper une femme de ménage.
~
la loque passée sur un objet le caresse. l’objet alors soigneusement replacé, ajusté. certaines femmes de ménage apportent d’ailleurs à vos objets un ordre qui n’auraient jamais été le vôtre, nouveau, mais que vous appréciz (une jeune fille d’origine polonaise rangeait toujours mes produits de salle de bain par ordre de grandeur apportant à ma salle de bain une note d’humour dont elle était sinon bien dépourvue. d’autres bien sûr peuvent les déplacer d’une façon qui peut s’avérer irritante pour certains, mais que des gens comme moi, trop plein de compassions, n’osent faire remarquer.) [...] Lire la suite >
aléas et nécessités de la jouissance // jouissance, trop, peu, demi, double, Un, un par un, infinitisation, tortue
en faire peu, pour moi, en passe par en faire trop.
(le peu que je dois et le trop que je ne dois pas.)
(c’est une question de jouissance, et donc à respecter. une fois qu’on le sait, on en profite. )
//
pour y revenir : espace de la jouissance féminine et égrenage du un ( infinitude, achille et la tortue)
L’espace de la jouissance féminine dans Encore (Jacques Lacan). L’avancée, la progression de demi en demi, l ‘ infinitisation creusée dans l’ espace, l’ouvert (limité ? borné? Relire) entre deux entiers ( ?)/nombres naturels (?) , l’impossible passage alors à la limite, le saut exigé. La jouissance (phallique) de ce saut, du passage à la limite (et l’angoisse liée à ce saut) opposée à la jouissance non-teintée, elle, d’angoisse tant que ce saut n’est pas fait, et que l’on reste à l’intérieur de l’ouverture, dans l’espace du un par un, du demi en demi, dans cet infini. [...] Lire la suite >
Sans titre
jules ne sait pas faire de noeud. j’ai 49 depuis 2 jours. j’ai reçu un nouveau téléphone. je tape là, sur ce nouveau téléphone. La mauvaise humeur est revenue dans ma vie.
La répétition du clic
La répétition du clic. La nécessaire répétition du clic. La racine de l’addiction à l’internet. One more clic. Jusqu’à mon dernier clic. Un dernier clic. One last click. One last time. One click’s away. I’m just one click’s away. One click, away. Un dernier clic, Pour la route.
Ma mère veut se suicider
Lundi 5 novembre 2012
Bruxelles.
Rêvé que mère voulait se suicider.
Père rentrait à la maison, tard le soir, allait se coucher. Mère vient alors me voir, voulait me donner moitié d’une certaine somme d’argent très importante qu’elle avait été retirer à la banque, une fortune. Je ne comprenais pas qu’elle me donne cet argent que je refuse, dont j’aurais pourtant bien eu besoin. J’insiste pour savoir ce qui se passe, elle me dit les larmes aux yeux qu’elle voulait le faire avant que Jean-François ne revienne, qu’elle voulait se tuer. [...] Lire la suite >
Retour à Paris
Dormi toute la nuit. Pendant tout le séjour à Bruxelles n’avais pas bien dormi. Me réveillais avec de très affreuses pensées dont je n’ai su d’où elles venaient. D’être à Bruxelles ? D’avoir lu un article de G C sur son travail en institution qui m’avait paru si beau, si important que j’en avais une fois de plus pu prendre la mesure de mon regret de n’être pas psychanalyste.
A propos donc de Marcel Hanoun, hier au Saint-André des Arts
Le cinéma de Marcel Hanoun # Cinéma Le Saint André des Arts # 30, rue Saint André des Arts – 12, rue Gît-le-coeur 75006 Paris
New York Soft Hotel (0h09) – Le ravissement de Natacha (0h22) – Une simple histoire (0h35)
Au fond ce qu’il fait, c’est se saisir d’ un événement d’actualité, rebondir dessus, aller au plus loin de ce rebondissement, jusqu’à la fiction, jusqu’à l’invention d’une fiction, l’écriture d’un film, pour rendre compte de la répercussion sur lui, l’écho en lui de cet événement, et en donner alors un écho certainement différent, dissonant, de celui qui circule dans les médias.
Mais pourquoi ce dont il a à parler, doit-il passer par le commentaire de l’actualité ? Mais enfin, quoi d’autre, sinon? Quand le commentaire de l’actualité est à ce point irrésistible qu’il l’est devenu, en particulier sur les réseaux sociaux, et convient-il alors qu’il se fasse en résistance à cette irrésistibilité ? Pour la vaincre ? Quelle est la prégnance des médias et des réseaux sociaux qui toujours nous acculent à nous positionner de façon binaire, dans l’affrontement imaginaire ? Ou moi ou l’autre ? Comment y résister ? Et résister à ce positionnement facile d’identification paranoiaque à l’un ou à l’autre ou bon ou au mauvais? Par quelle autre posture que l’indifférence ou la fuite ? [...] Lire la suite >
quel manque me manque – où il est question du trop et des jeux vidéos
Réveil, petit samedi matin, au lit. Dans le noir, à côté de F.
- Je ne parviens pas à croire que je vivrai encore cela, le moment où Jules aura grandi et où il sera confronté aux difficultés que lui vaudra d’avoir trop aimé les jeux vidéo.
- Quelles seraient ces difficultés que j’imagine et comment se fait-il que je n’arrive dès lors pas à les prévenir, à les empêcher ?
- Il me semble que se sacrifie dans le jeu vidéo, que se voit sacrifié dans le jeu vidéo, ce que la psychanalyse m’a appris à considérer sous le vocable (( vocable (Définition du Littré)
vo-ka-bl’s. m.
Terme de grammaire. Mot, partie intégrante d’un langage.
Patronage, en parlant d’un saint.
Il existe à Vienne, sous le vocable de saint Pierre, une église élevée sur la place d’une basilique des premiers siècles, LEBLANT, Inscript. chrét. de la Gaule, t. II, p. 113.
HISTORIQUE
XVe s. : Le vocable [proverbe] que on dit, que : à celui à qui il meschiet, chascun lui mesoffre, FROISS., II, II, 159.
XVIe s.:
Vous dictes en vostre monde que sac est vocable commun en toute langue, RAB., v, 45.
Ignorant des frases et vocables qui servent aux choses plus communes, MONT., I, 103.
Dieu par nature a constituez les vocables pour les choses, non les choses pour les vocables, BONIVARD, Advis et devis des lengues, p. 55.
ÉTYMOLOGIE
Provenç. vocable ; espagn. vocablo ; ital. vocabolo ; du latin vocabulum, de vocare, appeler (voy. VOIX).)) de désir« . - Or, si le désir est en son fond désir de rien, le désir ne se trouverait dans le jeu vidéo non pas sacrifié, mais au contraire trop vite découvert et trop vite comblé.
(Trop vite découvert puisque c’est quelque chose dont il vaudrait mieux ne s’apercevoir qu’au terme d’une longue analyse;
trop vite comblé, et donc l’éteignant, puisqu’il serait également de la nature du désir de n’être pas satisfait. Un désir satisfait est un désir mort.) - Mais ce qui caractérise d’abord le désir n’est pas qu’il doive rester insatisfait ou qu’il soit désir de rien – cela, c’est « en son fond » , in fine, cela ne fait pas un début dans la vie. C’est qu’il trouve sa condition – qui ensuite déterminera sa nature – dans le manque. Le jeu vidéo manque de manque.
Le jeu vidéo me paraît manquer de manque. Trop satisfaisant. - En temps normal (la normalité désignant ici le discours qui me conditionne, conditionnement qui n’est pas celui de Jules), le manque de manque provoque l’angoisse. (Ici, citation Lacan) Ici, le manque de manque est jouissance.
(De mon côté j’ai, à force, pu distinguer un lien, une accointance, entre l’angoisse et la jouissance. Mais cela est encore très théorique et ne m’a encore guère servi à les supporter (sinon que j’ai survécu). ) - Quel manque donc manque, qui probablement me manque, aujourd’hui, pour que je ne puisse le donner à Jules ?
« L’amour, c’est donner ce qu’on n’a pas à celui qui n’en veut pas. « - Quel manque me manque, quel trop l’a effacé ?
- Ce manque serait au moins d’une sorte. Symbolique, il est manque de mot, il est le manque du manque des mots (qu’il me semble que nous éprouvons cependant, mais sans que cela ne nous manque suffisamment que pour nous mener à les chercher, les désirer.)
- Et peut-être pourrais-je le dire également manque de corps (mais j’y manque et ce serait comme un manque de trop, un manque en forme de trop. Théorique.)
Jules vient dans le lit, me lire par dessus mon épaule. Coucou Jules. BISOU.
Plus tard, dans le canapé.
Ce n’est pas tellement que je ne puisse supposer à Jules suffisamment de ressources que pour arriver à vivre, et vivre bien, au départ de ce qui fait son plaisir aujourd’hui, les jeux vidéo, c’est que le monde n’y est pas adapté ; et aura-t-il l’a force, l’intelligence, les ressources d’adapter le monde.
Il n’est pas du tout forcé qu’il doive passer par mes difficultés, puisque son début dans la vie est tellement différent du mien, mais – je ne sais plus ce que j’allais dire et je dois aller manger…. [...] Lire la suite >
Bénédicte Henderick à la galerie Catherine Putman
« La galerie Catherine Putman expose pour la première fois à Paris le travail de Bénédicte Henderick.
Née en 1967 en Belgique, Bénédicte Henderick vit et travaille à Bruxelles. Elle peint, dessine, réalise des installations et des objets entre design et sculpture. Le dessin tient une place très importante dans son œuvre et se développe avec une grande variété de techniques et de supports: papier, carton, toile marouflée ou même, ici, cartes à jouer.
«Corpus I» est la suite du projet « Préface » commencé en 2012 et qui s’inscrit dans la suite de sa dernière série «Camina Ando». Le corpus se développera en plusieurs temps avec la phase initiale – ou premier chapitre – à Paris. Les complices choisis pour ce premier développement sont Tadao Ando, Maurice Blanchot, Jacques Lacan et Francis Picabia. [...] Lire la suite >
« Disons que le désir, c’est la dynamique du réel tandis que la jouissance prend le réel comme immobile, comme invariable. »
« N’abandonne jamais un texte avant d’en avoir compris à fond chaque mot, chaque cas, chaque détail de grammaire. »
Au commencement fut le verbe. Amo, Amas, amat me servit de Sésame, ouvre-toi: « apprendre ces verbes d’ici vendredi » fut l’essence de mon éducation; peut-être que cela constitue d’ailleurs, mutatis mutandis, l’essence de toute éducation. J’appris aussi, bien entendu, ma propre langue, demeurée jusque-là idiome étranger dans une certaine mesure. J’appris de M. Osmand comment écrire la meilleure langue du monde avec précision, clarté et, pour finir, une élégance sans faiblesse. Je découvris les mots, et les mots firent mon salut. Je n’étais pas un enfant de l’amour, sinon dans une acception très altérée de ce terme ambigu. Je fus un enfant du verbe. ( p. 32)
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écriture passée au lit
Je ne sais pas pourquoi mais il me semble que toute ma vie est tournée vers l’écriture. Non pas l’écriture littéraire à laquelle je ne connais rien, non pas la littérature, simplement l’écriture.
Ma vie voudrait se dédier à l’écriture. Ce que ma vie veut, c’est se dédier à l’écriture. D’ailleurs ma vie est dédiée à l’écriture. Toute ma vie. Et c’est vraiment contre toute attente. Il ne s’agit d’ailleurs peut-être pas exactement de toute ma vie, mais peut-être seulement de toutes mes pensées. Mais qui sont tout ce que j’ai. Cela seulement que j’ai. Cela seulement qu’il y a, pour moi, dans ma vie. Mes pensées me représentent à moi-même. Et elle sont directement liées à l’écriture. Pas une qui ne le soit. Mes pensées pour moi se définissent exactement du « ce qui ne cesse pas de s’ecrire » lacanien. De la « nécessité » lacanienne. Mais aussi bien de « ce qui ne ce cesse pas de ne pas s’écrire », de l’impossible lacanien. Ce que j’arrive à écrire, c’est ce qui reste après être passé au filtre de « ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire ». Au crible. Et ma difficulté est là. Ma souffrance, ce crible. (( Ma volonté primaire serait de faire en sorte que « ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire » passe à « ce qui cesse de ne pas s’écrire » et qu’il ne reste plus rien que « ce qui ne cesse pas de s’écrire ». )) [...] Lire la suite >
ce n’est que des lettres que se fonde le nécessaire, comme l’impossible
Jacques Lacan, Séminaire XXI, Les non-dupes errent (inédit), séminaire du 8 janvier 1974

