dimanche 2 décembre 2012 · 23h20

J’aurais tué Nathalie F.

On découvre que Nathalie F. a été tuée. On découvre le cadavre de Nathalie F. dans une cave (la cave de la maison familiale rue Waelhem à Bruxelles). Je sais alors que l’on va tôt ou tard découvrir que c’est moi, que je suis l’auteur de ce crime. Je ne m’en souvenais plus. Je l’avais oublié. C’est arrivé malgré moi. Je me souviens que j’avais alors pensé que je serais un jour découverte et que j’irais en prison, mais que je l’avais oublié. La police fait des recherches. Elle fouille toutes les maisons à la recherche d’indices. Elle finit par trouver quelque chose. Je ne sais plus quoi. Mais quelque chose qui la mènera immanquablement…

mardi 4 décembre 2012 · 13h19

j’étais aristotélicienne et je ne le savais pas.

La sagesse se règle sur cette harmonie supposée de l’âme et du corps qu’elle cherche à la rétablir. Son étalon, c’est cette harmonie. Et l’hygiène, l’hygiène est aristotélicienne et par tous les bouts, par tous les bouts de la gymnastique physique comme de la gymnastique spirituelle dont se multiplient aujourd’hui les manuels : Et comment faire avec sa pensée? Et comment faire pour que votre âme soit congruente avec votre corps? Tout ça a pour principe cette illusion qu’il y a une totalité qui réunit les fonctions du corps, qu’elles sont les unes par rapport aux autres convenables, qu’elles se conviennent, qu’elles consonent et que l’âme, quel que soit le nom qu’on lui donne, est…

mercredi 5 décembre 2012 · 11h02

Cher Père Noël,
— De quoi jouis-je ? Quelle est l'inconsciente formule de mon jouir ?

Cher Père Noël, Si j'avais quelque chose à vous demander, je crois que je vous demanderais "Pourquoi est-ce que tout de même CA NE VA PAS." C'est ce que je voudrais savoir.  Pour le savoir, il me semble qu'il faudrait que je connaisse la nature de ce qui actuellement me satisfait suffisamment, et malheureusement sans que je n'en sache rien, de sorte que je ne change rien à ma vie, qui cependant et donc ne me paraît pas être ce qu'elle devrait, ne m'apporte pas satisfaction, voire m'attriste. En bref : de quoi jouis-je ? Quelle est l'inconsciente formule de mon jouir ? Disons,  la formule principale ? Ou sont-elles plusieurs ? Intuitivement je dirais: Y…

samedi 8 décembre 2012 · 12h08

Le temps d’émerger j’essaie le matin de m’accrocher à une petite routine qui n’est toujours pas bien certaine, mais enfin suffisamment pour que Jules arrive à l’heure à l’école.

Théorie : les angoisses et dangers suscités par la pensée abstraite sont une forte raison pour laquelle nous aimons être si occupés et bombardés de stimuli en permanence. La pensée abstraite tend le plus souvent à frapper durant les moments de rêverie. Comme par exemple tôt le matin, surtout si vous vous réveillez juste avant que votre réveil se mette à sonner, et c'est alors que vous pouvez subitement et sans raison vous rendre compte que vous vous êtes toujours levé du lit chaque matin sans le moindre doute que le sol vous supporterait. Allongé là, considérant la matière, il vous apparaît au moins théoriquement possible que quelque défaut dans la construction du sol ou…

mercredi 19 décembre 2012 · 09h19

Une vie de dissimulation

Me demande si tout le monde dissimule autant que moi,  si c'est normal ? C'est d'avoir écrit ce mail l'autre soir à ma mère qui m'a menée à cette constatation. Ma vie n'est au fond que honte et dissimulation. Après avoir écrit ce mail, et envoyé, après avoir éteint la lumière et m'être couchée sur le côté, j'ai pensé à autre chose, m'est venu autre chose, mais je ne sais plus quoi. J'y réalisais probablement la jouir que devait être la mienne à retenir ces aveux. Je fais de la "rétention" d'aveux. Et que là se situe la jouissance. Non, dans l'aveu même - ainsi qu'il en est dans Dostoïevski (( quand il en est…

vendredi 28 décembre 2012 · 11h58

« La violence du réel est insoutenable pour qui doit la soutenir seul »

Comme ce non-lieu (la plaine des Asphodèles) interdit tout perspective commune, qu’elle condamne chacun à trouver en lui seul l’avenir et le sens qui collectivement font défaut, et que par suite chacun à seul en charge son humanité, il est presque impossible de se figurer sous quelle forme collective le monde présent pourrait quitter la plaine. (( Cédric Lagandré, La plaine des Asphodèles, ou Le monde à refaire, p. 12. ))   Pour Cédric Lagandré, la plaine des Asphodèles, c'est où nous vivons aujourd'hui. Nous qui ne cherchons, dit-il, plus de sens à nos vies. Que je choisisse de m'attarder à ce livre-là en particulier, c'est un peu au hasard, le désir est d'étude, le…

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