jeudi 23 septembre 2021 · 15h11

journal du 23

Hier, mercredi 22, revu analyste à 10h…. avant d’y aller, je publie en vitesse le post sur les 3 chiens, comme je venais juste de retrouver dans ma mémoire le premier petit chien noir : un jouet. dans la salle d’attente je relis sur le téléphone le rêve de la chambre de Sylvie, Frédéric devient fou, ce qui m’amène à parler du double meurtre de mon oncle, de la façon dont il a été aimé par ma tante et ma grand-mère, de l’aveuglement de mon grand-père, du procès en Assises, de sa sortie de prison, et de la relation « spéciale » de ma mère à mon oncle, jusqu’à ce qu’il lui saute dessus… j’étais toute chose après ça, lourde.

journée qui a suivi : mal, malade, mal au ventre. beaucoup de découragement par rapport à l’écriture, au blog. beaucoup de ménage.

au soir: discussion avec J, sur trans et TERF, les féministes antitrans, après visionnage épisode 3 de la série Sex education…. je parle de la difficulté qu’il y a à être femme; il dit pas si difficile que ça ; je veux dire : tu n’en sais rien tandis qu’il veut dire qu’il en sait plus que ce que je ne crois. nous nous interrompons. je ne sais comment j’arrive à dire que ce que j’ai vécu était difficile, et que ça n’aurait pas eu de sens que j’intègre dans mes difficultés la pensée aux trans. il acquiesce. dit qu’il s’est désintéressé de la question des genres. dit qu’il ne se définit ni comme homme ni comme femme. F dit qu’il en va de même pour lui. je dis qu’on aura beau créer et multiplier des regroupements autour de minorités de genre, de jouissance, on ne pourra pas faire qu’à l’intérieur de ces minorités encore, ça soit différent, qu’à l’intérieur même on ne soit pas dans l’identique, dans l’identité, qu’à l’intérieur même de ces regroupements, il y ait encore de la sexualité qui ne se définisse que par rapport à un seul individu, qui ne soit étrangère à toutes les autres, que là encore, comme dans ce que j’ai vécu et mis du temps à comprendre : toutes les femmes ne vivent pas la même chose, toutes ont une sexualité différente, que pour moi la bannière femme existe mais ne recouvre aucun universel. il acquiesce, il dit qu’il faut que ça soit comme ça, pour tous. je dis que je ne vois pas, au point où j’en suis, comment aborder le monde autrement qu’au départ de l’existence de deux sexes. je dis et ne dis pas, je n’arrive pas à continuer ma phrase. cette phrase où j’avoue en quelque sorte mon absolue binarité et où je réalise jusqu’à quel point elle m’a fondée, cette pensée. je ne continue donc pas ma phrase, la garde pour moi. même si les premiers mots ont bien été entendus. nous sommes en terrain délicat. sinon, je suis fatiguée à l’idée d’avoir à m’intéresser à ce monde, tellement étranger, du genre, du féminisme ou du LGBTQIA+, etc., qui multiplie les acronymes et auquel je ne comprends rien. comme si mon monde n’était pas déjà suffisamment complexe et qu’il ne fallait déjà pas perpétuellement le rapiécer. mais, ça a le mérite de faire réfléchir et de remettre en question et à voir les choses d’un autre point de vue(1), puis, c’est la pensée qui est celle du monde contemporain. je veux dire que je suis sûre que c’est cette pensée qui recouvre au plus près ce qu’il en est du réel du monde contemporain. je suis représentante d’une pensée has been, d’un monde qui n’existe plus, qui n’est pas arrivé à survivre, qui n’a pas assumé sa propre transmission.

(1) je crains cependant n’avoir plus l’agilité d’esprit suffisante pour l’assimiler. toujours ce sentiment que les choses ne font plus que glisser sur moi. il faut que je trouve le moyen, dans ce que je vois passer, dans ce que j’ai raté, de la pensée contemporaine, que je trouve le moyen de m’en approcher, de m’y attarder, mon fils, son intérêt, sa connaissance, pourrait m’aider, et il faudra que je défasse probablement ce qui seulement me soutient. ou pas. car à quoi tient-on. à quoi tient-on. à quoi tiens-je. et ce que j’ai conçu – conquis de haute lutte – pour m’expliquer le monde au départ de la binarité des sexes enseignée par la psychanalyse, au départ de la différence sexuelle, comme au coeur de ce qui cloche : l’autre ne jouit pas pareil, ce qui m’a aidée à faire face à ma propre différence, mon propre inassimilable, a fait son office, n’a-t-il fait son office? ainsi maintenant que tout a bien pris, plutôt terre glaise que ciment, que tout s’est même raidi, et tient, peut-être puis-je retirer les bouts de bois qui ont servi d’étais, d’attelles, d’ossature. finalement, je suis aujourd’hui bien plus solide que je ne le laisse entendre ici.

jeudi 23 septembre 2021 · 23h59

to do list 23.9

  1. textes:
    1. 19.12.20 la loi salivaire (brouillon post, trop long)
    1. 6-12.09 (fichier word)
    2. 17.09 Lettre du 17 sept à. Supplique (Evernote)
    3. 19.09 tenir des fragments autour d’un vide qui les sépare / Pierre Pachet (brouillon post) (20.09-
    4. elle, elle, elle, Clarice Lispector !!! quoi faire (20.09-
  2. prendre un billet de train BXL 20.09
  3. changer de nom de domaine 20.09
  4. écrire à J* (jouissance psychose/jouissance mystiques) 20.09
  5. tai chi
mardi 28 septembre 2021 · 15h51

mardi 28.9.21

Hier, j’ai fermé le blog.

Après-midi Paris, après matinée parc chi
avec Alain Re
qui m’avait in
S’agissant du fait que je n’ai plus en
que je n’ai plus en vie
de voir l’analyste, eu
l’idée que

Je vais mal. Hier, j’ai fermé le blog.

S’agissant de cet été, du fait que je n’aie plus en vie
de
plus envie
de
voir l’analyste, dont je n’ai même plus
en
de citer le nom, eu l’idée que

Quelle idée

Cet été

Que cela était lié aussi aux
vacances.
Puisqu’également a
rrêté
faire tai. Cela qui probablement tous ans se ré
pète et qu’oublie j’ensuite, ridiculement. Je ne supporte pas l’ar
rêt des cours, de l’analyse. Et je combats, préviens ce

cette perte, en décidant d’a
rrêter

d’a
rrêter l’été

Cette année,

j’ai très tranquillement rrêté le tai chi. Et aussi tranquillement rrêté l’analyse d’ailleurs. Décidé d’a

A la rentrée, j’ai cependant fini par me réinscrire à un cours de tai, puis deux. Et j’ai revu l’analyste, une, puis deux.

Le problème avec l’a était cependant ré, ce serait posé indépendamment des cances, me suis a dressée, de ma plus belle
plume, à un autre a. Qui ne m’a pas ré, d’où, nant, jetzt, déprime forte.

Je ne sais quels mots mettre sur cette déprime.

Il est dû aussi à ce que ça m’enrage de voir F. jouer à des jeux vidéos toute la journée…


mercredi 29 septembre 2021 · 17h20

le cas Hélène Rytmann Legotien Althusser – les écrits

Amenée à m’intéresser à Althusser par l’article de J-C Encalado déjà cité ici, « Mélancolie d’Althusser » que l’on trouve sur sur son blog, je m’intéresse maintenant à sa femme, Hélène dont-joublie-lenom, peut-être parce qu’elle a été tuée mais beaucoup plus certainement parce qu’elle est dite atteinte du même mal que son Althusser de mari, et que c’est comme une maladie complètement différente. C’est ça qui m’intéresse. Ce que j’en ai lu, de ses difficultés à elle, sous la plume de Louis le mari, la croisée de leurs destins, leurs chemins si peu parallèles, je lis pour en savoir plus une biographie d’Althusser par Yann Moulier Boutang. J’en apprends en effet, mais j’apprends aussi qu’elle a écrit, beaucoup, dont un livre qu’elle a proposé à Camus, pour publication, sur la résistance, qui l’aurait blanchie… (J’ai lu que Blanchot, que Blanchot pendant la guerre mal comporté, j’utilise le mot qui vient à défaut j’utilise les mots à défou, à défaut…) Legotien, Hélène, un de ses nombreux noms, celui que je retiens le mieux, de résistante. Est-ce à Camus, qu’elle En tout cas, le manuscrit fut refusé, et il semble qu’il ait disparu, quel malheur, il semble que Louis et je n’ai pas compris pourquoi, a détruit tous les écrits, journaux, lettres d’Hélène, Rytmann, nom de baptême. Mais, qu’est-ce qui a pu motiver ça? On le lit dans une note en bas de page, voir plus bas, p. 378. Cela a à voir avec l’affaire dont elle est victime, l’ostracisation. Camus lui répond, on dira gentiment, on pensera grossièrement qu’il pense qu’elle peut mieux faire… inconscient de ce que

samedi 2 octobre 2021 · 11h53

4 octobre 2020 – réalité vérité réel

Ecrit en commentaire à un texte sur Facebook très remonté contre Emmanuel Carrère, l’accusant entre autres de proposer aux grands déprimés de se faire faire une cure de bonne conscience auprès de réfugiés sur une île grecque, tout en travestissant  la réalité des faits alors qu’il se targue de toujours vouloir dire la vérité, ce dont il fait même le cœur de son livre et de son écriture.

Certains écrivent, d’autres pas. Certains s’y autorisent, d’autres pas. Certains y sont obligés, d’autres pas. À toutes sortes d’égards, écrire est maladie, écrire fait partie de la maladie, écrire est sa guérison. Peut-on enlever l’écriture à Emmanuel Carrère ? Qui le peut ?

Ces « révélations » de l’ex-épouse indiquent une fois de plus certaines limites du genre, eu égard à ce que serait la grande littérature, la vraie, et ne sont pas loin de faire partie intégrante du livre et de l’écriture contemporaine et de la lecture contemporaine. C’est faiblesse sans doute que de s’y trouver  trop bien intégré. Mais n’est-ce pas l’époque qui est faible, et souvent prise entre la manie et la dépression.

Pour autant, faudrait-il qu’il n’écrive pas, Emmanuel Carrère ? Qu’il n’ait pas trouvé la forme fictionnelle de son malheur, fictionnelle au point qu’on n’y reconnaisse plus les très exacts faits de la réalité, celle dont d’autres peuvent témoigner, dont c’est à la fois le peu d’écart et le trop d’écart qui lui est reproché. Trop proche et pas assez de la réalité.

Mais enfin, quel est l’enjeu ? La réalité, la vérité ? À moins que ce ne soit le réel dont l’innomabilité à force d’être répétée finit par exaspérer, dont on a tout dit quand on a rien dit, où pourtant tombent certains d’entre nous, pas forcément les meilleurs, les plus géniaux, qui alors éventuellement pourront / vont pouvoir / finiront par agripper certains des mots qui les agressent, cela s’apprend au fil du temps, des années, qui les agressent par nuées, par milliers, les poigner ces misérables, ces cruels, au hasard, les garder au creux des mains dans le silence de la nuit où ils sont cloués au lit, sont-ils morts, sont-ils vivants, ces mots retenus dans leurs poings, sont-ils résonance, celui qui les malaxe jusqu’à en faire prise par où se hisser, se cramponner, est en grande attention. À quoi il n’y a pas de mode d’emploi, c’est la nuit ici qui régit, reine qui accroît son domaine de silence, d’infinie indifférence qui vous revoit. Et faudrait-il à ces rescapés reprocher de n’avoir pas tous fait bonne pêche. Ils usent de cela même qui les tuent. Nuées de mots, qui ne sont plus qu’énergie vrombissante, qui les encercle traverse dépèce, seul réel qui annihile toute réalité, toute vérité. L’écriture est le moyen de les coller au mur, à la surface de la paroi. Et du moment qu’on trouve à en nouer 2 ou 3, ou 4, ou 5 ou 6, on est bien content, et ça se fait à l’aveugle, et sans qu’on fasse trop la fine bouche ou qu’on n’aie trop le choix du sens qui se cherche se tresse vous redresse. Certaines vérités y retrouvent vie, qui sont autant de fictions, de celles qui ont tissé votre filandreuse matière, comme celle de « l’homme bon ». Qui est qui pour critiquer cela ? Quel sens, bon sens, pour en juger ? )

Pour ma part, je suis convaincue du courage qu’il aura fallu pour écrire cette folie, pour avouer ce diagnostic. Et je lui suis reconnaissante de l’avoir eu. Alors, faiblesse du livre, peut-être, ces mois traînés sur les îles grecques qui « dans la réalité » n’auraient été que des jours. S’y joue donc une des parts de fiction du livre. Fiction qui n’en détient pas moins sa vérité (voire d’ailleurs qui en acquière).

S’agit-il donc de la fiction de l’homme bon à laquelle Emmanuel Carrère se plaît à croire, de son aveu. Plus largement s’agit-il de la fiction de notre temps, de son inassimilable, de toutes nos solitudes ancrées dans du sable, échoués que nous sommes jamais loin de migrants dont nous ne sommes pas, dont tout nous sépare sinon cette propriété d’être corps vivants encore écrasés là, flaques. Ce n’est pour ma part pas là que je l’ai senti guérir, Emmanuel Carrère. Là, dans les îles grecques, c’est temps blanc, sa métaphore, yeux ouverts sur rien dans la proximité de damnés contemporains qui se relèvent, lui aussi, usent de leurs jambes, errent, pianotent sur des téléphones portables, s’ennuient. Font du tai chi. Temps d’intervalle, sas à l’heure de nulle part, suspendu comme on l’est en avion. S’il y a eu guérison, c’est pour moi dans le renouement avec l’écriture qu’elle a lieu, juste après, dans le retour en France, empruntant la petite porte, celle des valets, des manuels, par l’exercice entêté, obtus, sourd, inlassable de ses 2 mains qui posent leurs 10 doigts sur le clavier, le simple recopiage d’interminables pages de manuscrit, l’obéissance à un ami cher, à l’éditeur aimé, décédé. C’est là, pour moi, que ça renoue avec la possibilité de la vie, avec l’écriture et la publication. C’est dans la production matérielle de l’objet livre qu’Emmanuel Carrère se leste, bouche la veine ouverte par où il se vidait lentement de lui-même.

Il y aurait toujours d’autres choses à dire de la crise de dépression mélancolique, on pourrait toujours dire autrement ce qui ne peut s’en dire, tout ce qui d’elle n’appartient pas même à la mémoire, et je trouve pour ma part qu’il en dit fort simplement l’impossible et même l’oubli, terrible. Son trou dans l’être. Et c’est alors par les parois imaginaires de la descente aux enfers, par d’autres déjà si souvent risquée, qu’un énième auteur prend sa plume et aveugle, à tâtons grave, le corps plaqué à la paroi humide, ce qu’il peut, de l’inconcevable, de ces régions dont on est revenu bête, ou l’on a perdu l’entendement, l’humanité peut-être. Cela relève de l’éthique du bien dire, seule capable de répondre du sacrifice mélancolique.



MP à l’auteur du texte que je commentais

Yoga – Je dois vous avouer que ce livre m’a permise de prendre la mesure d’un diagnostic que je n’acceptais pas, et d’en voir ma vie bouleversée. Définitivement. Je refuse encore les médicaments et cherche. Mais, ce livre, aussi peu littéraire soit-il, m’a extraordinairement aidée. Car ce n’est plus du tout le même combat, la même responsabilité, le même risque. Le même combat pour un retour à une normalité. Je suis dédouanée. Mes responsabilités sont ailleurs. Et ma culpabilité s’est évaporée. Qu’une autre se mette en place, c’est possible. Mais j’aurai me semble-t-il les moyens de la combattre. Espérant ne pas vous blesser, Cordialement, V

lundi 4 octobre 2021 · 19h27

Au nom d’aucune
— lundi 4 oct. 2021, 09:46

Aucun choix qui ne se soit avéré impossible, à chaque croisée de chemins emmurée. Ciel qui à certains parle, muet sans me voir, image d’un corps inatteignable, moins doué d’amour que d’extases hors durée.

Vint celui qui m’a donné le souffle. Celui ou celle. Au corps d’une voix blanche traça des allées, donnant enfin retours et soif. Du doigt de la voix et des noms.

(Enfin retours et soif. Du doigt de la voix. Et des noms. Enchantés. Oh, te salue au nom d’aucune.)

Oublier l’entendement.

Hasard dodelinant des syllabes auxquelles obéir sans crainte, qui vous glissent sur les veines, qui vous glissent dehors dedans. Galopent cataclop. Et soif.

Un corps reçoit ses noms.
Un corps reçoit ses noms!
Cloches.
Baptêmes contre anathèmes.

Rugissez. Ici le bas-ventre né chapeauté. Y tirer les gouffres. Coulées de douceurs, résons d’écritures, renversée.
Les yeux. Noyés de bois verts, de bois vie.
Telle est l’ardeur : ce puits.
Se lève. À tes lèvres,

« Nous comprenons l’écriture qui chauffe et qui brûle. »
« Qui chauffe au bois. »

(D’après Lève bas-ventre de Gertrude Stein – Atelier d’écriture Laura Vazquez)


Les ateliers d’écriture Laura L Vazquez:

https://www.instagram.com/lesateliersdecriture/

vendredi 22 octobre 2021 · 15h46

cordelette à noeuds

tôt, enfante
très tôt, dès enfante
couchée sur roue dans noir du temps
souriante ou oubliée
oubliante
selon
roue dentée mais pas pleur
même pas
lourd
corps de lettres plombé
d’or
à 10 points à 10.000 à l’infini
univers compact
univers contact
tu
vois l’actée: je prends ta main tu prends ma main, la borne
dedans le temps mord

signé: caramba corps raté

dimanche 24 octobre 2021 · 15h50

sur nos joues émues

ma mère l’oiseau
ta jolie tête penchée ton petit bec piquant
la moire de tes yeux
tes plumes toutes de soie
tu veilles sur nous
tu nous dis
entends-tu comme le tu est rouge brun, comme la terre
d’où tout revient
c’est l’envers de la grammaire
qui tire son teint des beaux oiseaux
tu nous dit
et comme ce ta là est vert, émeraude qui accompagne l’objet de tes rêves
vif et chaud
tandis que le doux veille est rose
nous dit-elle de sa langue oiseau, qui tapote tricote faufile faucille
ses pattes laissent tranquilles signes
comme des baisers de cils

dimanche 24 octobre 2021 · 19h20

ma mère l’oiseau

ma mère l’oiseau
ta jolie tête penchée ton petit bec piquant
la moire de tes yeux
tes plumes toutes de soie
tu veilles sur nous
tu nous dis

entends-tu la couleur du tu, comme la terre
d’où tout revient
c’est l’envers de la grammaire
qui tire son teint des beaux oiseaux
tu nous dis

de la syllabe murmurée
bulle
entends-tu
le vert l’émeraude du secret de tes rêves

nous dit-elle de sa langue oiseau, qui tapote tricote faufile faucille
ses pattes nous laissent tranquilles signes
comme des baisers de cils

oct 21/nov 22 – atelier Laura Vazquez (Christine Lavant)

jeudi 4 novembre 2021 · 15h53

face à la mer

j’avais marché longtemps, le jour était tombé sans que je m’en aperçoive. quand survint un bruit extraordinaire. c’était face à moi. j’eus beau scruter, c’était regarder le noir dans le noir, étendue verticale, mur vivant, immobile, d’où émanait un rugissement.
j’étais arrivée face à la mer. et c’était comme si je contemplais l’immensité de son son opaque.
si je n’eus pas peur, je fus prise d’un sentiment d’étrangeté, en un instant habitée par ce mur jusque là insoupçonné. je ne fus pas longue à reprendre le chemin de l’hôtel.
c’était le premier jour des vacances. le premier soir.

Top