vendredi 13 août 2021 · 09h16

13 août – passera

Outrée,
jamais je ne sais
trop bien
ce qui me décidera
à
faire une chose
plutôt qu’une autre

(je ne tiens à
rien
en parti
cu
lier.)

(aussi bien : j’aime tout)

et la nécessité toujours de se dégager de la contrainte de ce dont il faudrait profiter (l’été).

l’été : et ce réel : l’été passera

mercredi 25 août 2021 · 09h45

25 août 21 – C’est la fin de l’été

Outrée,

Qu’on ne me rende pas mes étés éternels, c’est ce que je ne comprends pas. De l’enfance, l’éternité de mes étés. Et c’est ce que j’attends. J’ai beau rester immobile, j’ai beau me tenir coite, le temps passe. Tout juste ai-je eu le temps quelques instants de m’arrêter, de fondre en moi-même, d’admirer.

Ceci aura fait le fond de mes angoisses durant toutes ces années, dès les premiers signes de l’été, face à son inexorable passage, alors que j’aurais voulu m’enfoncer éternellement dans son arrêt, sa chaleur, son oubli.

Ah, que ne se plaint-on un peu partout davantage de cette fin de l’été. C’est maintenant qu’il en faudrait des processions de pleureuses, des cérémonies de lamentations. De protestation. Des fêtes où l’on se tiendrait les mains, où on les lèverait au ciel, où dans des feux de joie se raconteraient jusqu’à l’aube les mille mini-merveilles rencontrées. L’infinité des riens, des silences splendides dans les cieux scrutés et ramenés au creux des entrailles. Ne pourrait-on ensemble cette fabuleuse indifférence célébrer. Reconnaître, célébrer. Cette matière dont nous sommes. Baisers de chair mouvements de vertèbres cœurs pognés. Dans le détournement, les yeux qui voient au-delà, loin. Cette volonté de plus de davantage d’encore. La fin les dents l’éblouissant écrasement. Adieux à jamais, rendez-vous à l’année prochaine.
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jeudi 2 septembre 2021 · 07h31

Paris, jeudi 2 septembre – F devient fou

chère,

m’endormant, je m’étais dit que : j’avais du sentiment pour vous.

le rêve de cette nuit – Frédéric devient fou
c’est la nuit. nous sommes F et moi dans la même chambre, pas dans le même lit. une chambre qui m’évoque quelque chose de celle de ma cousine Sylvie, dans l’enfance. nous dormons mal. il se réveille souvent. il me parle. il me propose une cigarette. il sort de la chambre. le couloir éclairé où il va est bien celui de l’appartement de ma tante Rose. il revient. s’approche de mon lit, est au pied de mon lit. me parle. c’est là que j’ai oublié : je crois que je peux dire qu’il est agressif, d’une façon telle que je pense qu’il est « devenu fou ». il y a autre chose, de plus précis, flagrant, mais je ne m’en souviens pas, ça vient de m’échapper (un triangle, une pyramide, qui lui sort du crâne ?).
– il y a chez moi, au moins au réveil, le sentiment que voilà, vous mon analyste n’êtes plus là, moi qui avais du sentiment pour vous, et Frédéric devient fou. –
il s’éloigne de moi, retourne à son lit. et tout d’un coup, je veux cette cigarette dont il m’a parlé, impérativement. je vais vers son lit, il est tout emmêlé dans sa couverture, je m’approche, le réveille, il cherche la cigarette, elle est, à moitié allumée, à moitié écrasée, à moitié fumée, contient-elle du shit, dans les draps, il me la donne, est-ce que je tire un coup dessus. il y a toujours dans la pièce la lumière allumée du couloir, tamisant sa pénombre.
couchée à nouveau, un enfant vient vers moi (figure spectrale qui évoque le « Père ne vois-tu pas que je brûle? » de Freud), se tient à la même place que celle de Frédéric auparavant, au pied de mon lit, plaintif et muet, un piteux bandage en oblique lui barre la bouche, qu’il aura lui-même mis, voulant camoufler quelque chose, est-ce une tache noire, des taches noires, c’est la lèpre. il y a cette question : où a-t-il attrapé ça, qui prévaut à : comment le guérir. est-ce la cigarette sur laquelle j’ai tiré. il y a un soupçon qui tombe sur F. il y a la consultation par Frédéric d’un médecin-guérisseur qui lui dit d’une grosse voix, alarmé : mais oui, souviens-toi, tu as eu la lèpre (en des temps anciens, sombres – les colonies ? ), et cela pouvait revenir à tout moment, tu pouvais redevenir contagieux du moment que tu te mettrais en colère. il y a le souvenir de son agressivité.
tout le vocabulaire du rêve est plus fin que celui-là.
alors, le bon médicament est donné à l’enfant (Jules ?), qui va guérir. [...]  Lire la suite >

vendredi 3 septembre 2021 · 11h01

BXL, ven. 3 sept – ne vois-tu pas que je brûle

Jeudi 2, suite du rêve raconté plus tôt, dans le train vers Bruxelles, 10h30

Dans la même chambre : de ma cousine S. Ai-je pensé à elle récemment? Peut-être hier. Pourquoi? Lui parler du psoriasis de mon frère. Toutes ces maladies auto-immunes qui se multiplient dans la famille. Elle-même gravement atteinte. Côté de mon père, donc, plutôt. Pourquoi ne l’ai-je pas appelée, ma cousine, manque de temps, toujours. Un coup de fil : briser dans l’habitude, dans le train-train.

Sylvie, dans l’enfance, dite « garçon manqué » et moi très petite fille (et comment j’y tenais à mes tresses, à mes jupes). [...]  Lire la suite >

samedi 4 septembre 2021 · 15h19

Brux-3/4 sept. :: bruxelles lez bains

ce que ça me fait, d’être là. à bxl. chez ma mère.

matin

nuit

après soirée arrosée, enfumée avec un ami, à la veille du départ, non sûre d’arriver à dormir, il fait bon, dans la chambre qui fut l’atelier de mon père, ma mère dans la pièce à côté, en face de moi son grand portrait enceinte, à ma gauche, une toile New York, corps est champagne, je ne sais à qui l’adresser, c’est pour Hélène, mystérieusement, je donne…que je n’enverrai pas

Chère Hélène, Vous êtes Hélène Je vous tiens un moment dans mon eau dans cette nuit si heureuse. Vous êtes dans la chair battante de mes doigts de mes mains que vous ne connaîtrez jamais, c’est pour vous, dans mon abattement profond, somptueux, sous mes côtes la respiration, dans ma gorge, je voudrais vous retenir là, dans la chair de mes lèvres qui sourient à vous, la bouche qui s’entrouvre, l’air prudent pétillant dans les narines, la cuisse lourde et aux aguets, respirons, dans la chaleur des paupières, une douleur à l’aine accueillie, le ventre, doux, je vous donne tout cela, la chaleur du pyjama, ma lourde reconnaissance. un moment dans mon eau, mon bonheur. je m’endors vers vous. bonnuit.  battement délocalisé et comme à contretemps. l’étendue, la complicité de tous les sons. Mais surtout dans mes mains, Hélène. [...]  Lire la suite >

mardi 7 septembre 2021 · 08h21

un chien maltraité n’ayant rien à dire sur son sort, n’ayant plus droit à la parole – voué à disparaître (le retour du Fort-Da)

Extraits de L’envers de la biopolitique, Une écriture pour la jouissance, Eric Laurent, « Jouir à corps perdu », p.119-

Lacan, dans son Séminaire XXIII (=Le sinthome), procède, à partir de la jouissance masochiste de Joyce, à une double relecture de la clinique de la perversion et de celle de la sublimation. Il avait à différents moment dans son enseignement, souligné combien ces deux modes de satisfaction de la pulsion dégagés par Freud, apparemment opposés l’un à l’autre, interrogeaient tous les deux la jouissance phallique. Il y avait, dans les deux cas, un accès à la satisfaction directe de la pulsion, sans en passer explicitement par la castration et son agent paternel. Aussi Lacan a-t-il proposé diverses formules pour éclairer ces paradoxes, jusqu’à trouver une nouvelle écriture avec les nœuds, qui permet de se passer de la fonction du père, saisie à partir de sa jouissance, de sa père-version. L’écriture de la jouissance dans la logique des sacs et de cordes permet d’accrocher le parlêtre à sa jouissance sans avoir recours à la castration. [...]  Lire la suite >

mardi 7 septembre 2021 · 18h10

L’immixtion des sujets, Liliane Fainsilber

Le terme d’immixtion des sujets m’étant revenu lors de l‘analyse de mon dernier rêve (Edouard devient fou), sans que je ne sache plus vraiment ce qu’il recouvrait, j’ai fait une recherche sur internet portant sur « immixtion des sujets dans le rêve Freud » et suis tombée sur cet article.

 Article de la psychanalyste Liliane Fainsilber, publié sur son blog, Le goût de la psychanalyse, le 31 octobre 2010

L’immixtion des sujets (une difficulté théorique)

Pour décrire les désastres que provoque au niveau de l’imaginaire la forclusion du nom du père dans la psychose, Lacan utilise ce terme énigmatique de « l’immixtion des sujets ». [...]  Lire la suite >

dimanche 12 septembre 2021 · 18h38

Mélancolie et psychose ordinaire, Sophie Marret-Maleval

En 1998, Jacques-Alain Miller introduisait le terme de « psychose ordinaire » pour évoquer les formes non déclenchées ou tempérées de la psychose, sur lesquelles la clinique contemporaine, dans le sillage du dernier enseignement de Lacan, a conduit à mettre l’accent. En effet la psychose est de structure pour Lacan, conséquence de la forclusion du Nom-du-Père dont les effets peuvent se repérer dans un temps d’avant le déclenchement. Dans un récent article, J.-A. Miller précise : « la psychose ordinaire n’a pas de définition rigide » [1] ; il la définit ainsi : peut-être que «la psychose ordinaire est une psychose qui n’est pas manifeste jusqu’à son déclenchement » [2] La psychose ordinaire s’oppose à l’extraordinaire des formes déclenchées. [...]  Lire la suite >

mercredi 15 septembre 2021 · 15h58

ma façon d’être folle

D’être dans l’impossibilité d’avancer quoi que ce soit d’autre que sa propre vérité
Ce serait ma façon d’être folle
Ça aurait été une façon, au monde, d’être folle
Depuis toujours
D’autrui, capable de comprendre les textes les plus subtils mais incapable de se les approprier de les redonner incapable de les faire passer par sa propre bouche ou plume
Et médusée par cette incapacité
Je ne parle que ma langue qui ne parle que sa perte
Refuse rien qui viendrait l’occuper
N’avance jalouse que de son secret
N’envie nul, n’aime que sa propre aporie
Et pourtant elle entend, Dieu sait
Elle est force, extrême
Mais c’est qu’à tout préfère le trou, fore
Je pâtis d’elle
Des autres, elle avale
Les mots les fourre dans mon intérieur
Qui rit
Dedans elle touille chatouille et tire
Les cordes Disperse explose de tous ses doigts
Si fins, si doux
De sa voix de sirène
Jusqu’à produire la seule vibration
Hurle
Prise déprise
Jusqu’à la plus parfaite illisibilité
Tout haut je dis : excusez-moi, j’oublie tous mes mots
Dans les conversations, j’acquiesce
J’interroge du regard
Parfois, il est vrai, je la trompe, ma langue, je vais à toute vitesse, l’engage dans un éclat de rire, et elle se lâche un peu, se retrouve dehors, éternuée étonnée, tandis qu’elle m’agrippe partout du dedans (me tenant en alerte)
(j’avance alors comme seule dans la fragilité dans la fébrilité et du bonheur envahissant en émoi)
sans doute, oui, façon de désir la sort-elle de sa réserve, délaissant les joies du manque, elle se cherche des formes qui descendent l’épouser joyeusement, un peu comme une femme, elle s’organise, enchaîne les chaînes, les robes, se risque au dehors, ruée doucement, s’enivre de l’air, s’évanouit, part en conquête éperdument aveugle, mais il faut que ce désir soit déjà jouir
Mais il faut que ce désir soit déjà jouir
C’est son secret : elle est jouir, sa langue
Tandis que par temps calmes, ceux où je ne pleure plus son intraitabilité*, m’accorde-t-elle mutine
De dire un mot incompréhensible et sans mémoire
Krotchikov, rrroumba, metodooliika…
Nous en jubilons doucement ensemble
Convaincues du grand bien que nous faisons au monde
J’ai longtemps cru qu’il s’agissait d’une façon d’être femme.
*intransigeance [...]  Lire la suite >

vendredi 17 septembre 2021 · 11h07

jeudi 16 sept. – rêve :: 2 + 1 chiens

…rêve du jeudi 16

j’ai deux chiens identiques, je les reçois. deux jeunes chiens noirs et maigres, au poil ras. ils courent dans tous les sens.
.
j’ai un grand chien, plutôt grand et blanc, au poil long. je le promène, je fais des activités avec lui.
.
à un moment, des laisses sont mises.
.
je me souviens avec effroi des jeunes chiens noirs, oubliés, disparus. ils doivent être attachés quelque part. je les retrouve, debout, immobiles, côte à côte dans un  carton que j’ouvre, ils sont liés, j’ôte leur laisse, leurs liens, qui sont des sortes de bandages sur les yeux,  fermés, que je détache. ils gardent les yeux fermés, collés. c’est affreux en fait, ils sont dans un sale état. je suis très triste.
.
le gros chien blanc est toujours là. ils sont trois chiens. je crois que j’ai le sentiment que je ne dois plus l’oublier. [...]  Lire la suite >

dimanche 19 septembre 2021 · 09h04

tenir des fragments autour d’un vide qui les sépare et les protège
— comment faire accueil à la confusion mentale et acquiescer au vide

Pierre Pachet 2003

« J’ai le souvenir d’une conversation avec ma femme sur ce sujet (…), on en a beaucoup parlé, et c’était pour moi très important : il me semble qu’on ne peut commencer à devenir un tout petit peu intelligent que si on accepte de reconnaître en soi-même la confusion mentale, si l’on accepte de reconnaître que l’état de la pensée dans lequel on est, celui à partir duquel il faut penser, est un état de grande confusion. Tant qu’on reste dans l’idée qu’on devrait avoir une vie mentale ordonnée et claire, à laquelle on peut commander, parce qu’on s’imagine que les autres ont une pensée organisée de la sorte, alors on ne peut pas, on ne peut rien penser. Et c’est à partir du moment où on reconnaît en soi-même le caractère hybride, mélangé, constamment interrompu de ce qui a lieu, et la difficulté extrême d’extraire de tout ça des paroles, des pensées qui tiennent debout, autrement dit à partir du moment où on se réconcilie en quelque sorte avec cette confusion – de la même façon qu’on peut se réconcilier avec son ennui – alors, on peut accéder à une réflexion qui ne sera pas une pose prétentieuse ou mimétique, mais qui sera enracinée précisément dans cette confusion même. Je ne sais pas si cela est intelligible. [...]  Lire la suite >

lundi 20 septembre 2021 · 23h59

to do list

  • todotoday: faire la liste de ce que j’ai à terminer comme textes :
    1. 19.09 tenir des fragments autour d’un vide qui les sépare / Pierre Pachet (brouillon post)
    2. 6-12 sept (fichier word)
    3. 17.09 Lettre du 17 sept à. Supplique (Evernote)
    4. la loi salivaire (19 déc. 2020) brouillon post, je pourrais publier sans relire, trop long)
    5. 17.09 rêve des chiens (brouillon post)
    6. 3-4 sept. Bruxelles lès Bains (fait le 20 sept à 11h43; mais manque un mot… voir althusser, à retrouver, compléter, histoire d’avoir un mot de plus pour le champagne (pure hypothèse); ajouter mot-clé : champagne)
    7. althusser et son hélène (18?? où?)
    8. elle, elle, elle, Clarice Lispector !!! quoi faire
    9.  [...]  Lire la suite >

  • mardi 21 septembre 2021 · 23h59

    to do list 21.9

    dateREM
    texte Bruxelles lez Bains20.09manque un mot, voir althusser…
    envoyer mail aide-familiale21.09
    1. textes:
      1. 19.12.20 la loi salivaire (brouillon post, trop long)
      1. 6-12.09 (fichier word)
      2. 17.09 rêve des chiens (brouillon post)
      3. 17.09 Lettre du 17 sept à. Supplique (Evernote)
      4. althusser et son hélène (18?? où?)
      5. 19.09 tenir des fragments autour d’un vide qui les sépare / Pierre Pachet (brouillon post)
      6. elle, elle, elle, Clarice Lispector !!! quoi faire
      7. créer page Bibliographie Mélancolique
      envoyer mail aide-familiales (Evernote)passer à la librairie livres réservés (laquelle? l’Harmattan) !!m’inscrire cours Pierre 20.09 (21.09)prendre un billet de train BXL 20.09changer de nom de domaine 20.09écrire à J* (jouissance psychose/jouissance mystiques) 20.09tai chidemain merc : tél mam 11h.

      Livres:

      • Pierre Pachet
      • sur Althusser (Pommier, Moulier Boutang)

      Done

    mercredi 22 septembre 2021 · 23h59

    to do list 22.9

    1. textes:
      1. 19.12.20 la loi salivaire (brouillon post, trop long)
      1. 6-12.09 (fichier word)
      2. 17.09 rêve des chiens (brouillon post)
      3. 17.09 Lettre du 17 sept à. Supplique (Evernote)
      4. althusser et son hélène (18?? où? dans le rêve des chiens) (20.09-22.09)
      5. 19.09 tenir des fragments autour d’un vide qui les sépare / Pierre Pachet (brouillon post) (20.09-
      6. elle, elle, elle, Clarice Lispector !!! quoi faire (20.09-
      prendre un billet de train BXL 20.09changer de nom de domaine 20.09écrire à J* (jouissance psychose/jouissance mystiques) 20.09tai chitél mam 11h. Poursuivre la lecture to do list 22.9
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