dimanche 7 avril 2024 · 07h57

Obiégly, les carnets // pas-à-lire

ce qui me paraît important avec ces carnets, ce qu’elle en dit Obiégly, c’est l’idée qu’il y ait des choses écrites qui ne soient pas destinées à être lues. que l’on se prenne la peine de les écrire sans qu’on ne cherche à leur trouver de lecteurs. c’est une part du sujet du livre, Sans valeur. ça restitue pour moi une valeur à ça.

c’est parce qu’elle écrit des choses qui ne sont pas destinées à être lues, parce qu’il y a un endroit où ça existe, que son écriture a cette liberté.

ça ne veut pas dire que ça ne la travaille pas, ça ne l’interroge pas. faut-il jeter, faut-il archiver. Faut il que ça soit exhumé après sa mort.

je m’aperçois que c’est très important qu’il puisse y avoir un endroit où l’on écrive pour soi. que l’on puisse se passer de lecteur. que cela n’est pas vain. pour quelqu’un comme moi, toujours travaillée par le secret.

après tout ce temps passé à bloguer, je m’en rends compte…. tout ce que je n’ai pas osé écrire, tout ce que je n’ai pas écrit…….

et alors, dit Obiégly, alors vient la fiction: les carnets nettoyés, désodorisés je cois qu’elle dit.

avoir pu écrire pour soi.

faut dire que  je n’ai pas eu de chance avec les carnets écrits pour moi, puisqu’il m’est arrivé que de semblables carnets aient été saisis par la police et que l’intimité qu’ils recelaient ait été complètement ruinée, trahie, violée.

il y a toujours cette peur chez moi, après. l’idée que l’on peut toujours venir chez vous, fouiller et exhumer des secrets que vous pensiez à l’abri. rien de ce qui est écrit n’est à l’abri. 

https://www.en-attendant-nadeau.fr/2024/02/20/le-marche-de-l-ordure-sans-valeur/

 

mardi 9 avril 2024 · 05h09

Sans valeur

ce que m’apprend ce livre, c’est la nécessité d’avoir une réserve, la nécessité, la possibilité, le moyen. le bénéfice ici à en tirer, je le vois maintenant. je me suis empêchée d’écrire parce que je voulais m’empêcher d’écrire ce qui ne pouvait être lu. j’étais dans une obligation de tout dire, essentiellement motivée par ce qui ne peut l’être, par ce qui doit être caché. je trouve ici la raison, la motivation d’écrire pour soi, d’avoir ses carnets secrets. grâce à cet aveu, cette façon de soulever un coin du tapis, d’entrouvrir le placard, et de dire, ailleurs il y a autre chose, ailleurs il y a pire, cette seule évocation sauve de tous les carnets noirs. et quand ils transparaissent en filigrane, paradoxalement ils délivrent de l’obligation de transparence. par le charme aussi de ce qui se crée, de ce qui s’invente, pour trouver le moyen de dire sans dire, de rester sur le fil de l’aveu tout en maniant des voiles, je retrouve ou reconnais mon goût du secret. c’est comme si vous se trouvait ouverte ou rouverte la possibilité d’un espace à moi. Séparé l’Un et l’Autre. qu’il puisse y avoir un endroit de l’Un sans l’Autre. Puis, de là, un endroit de l’Un à l’Autre.

mardi 23 avril 2024 · 10h51

Elle me raconte

Elle me raconte. Elle est en face de moi. Elle me raconte. Elle ne me regarde pas. Ses yeux sont baissés, parfois elle les lève, mais c’est très court, c’est un éclair bleu. Cet éclair me touche d’une façon incroyable. Elle me raconte comment elle jouit, comment elle a été sur le point de jouir, comment elle a voulu jouir, comment elle est partie, frustrée, dépitée. Elle avait curieusement commencé en me disant : « Il y a un épisode que je veux te raconter, c’est un épisode… » J’avais trouvé l’expression un peu curieuse. Je l’écoutais me parler en la regardant. Je la regardais comme si elle ne me voyait pas. Je n’arrivais pas à penser. Je me disais seulement : elle va vouloir que je raconte. Elle va s’attendre à ce que je raconte, à mon tour. Et ça, ça m’effrayait. Je me disais : jamais, jamais. Je me demandais s’il fallait que je coupe, que je raccroche, et que non, ce n’était plus possible. J’étais toute ouïe, je l’écoutais, je voulais l’écouter. Toute cette étrangeté. Je me suis dit : est-ce que ça me suffit ? Non. J’aurais voulu tout savoir de ce qui avait conduit à ce qu’elle me racontait. Je me demandais si elle en savait quelque chose. Comment ça se goupillait pour en arriver à ce qu’elle me racontait, et dont elle ne paraissait pas se douter de l’absolue étrangeté pour moi.

Elle termine en disant : « Je pourrais en mourir de désir, je me dis parfois. De désir de vouloir jouir. »
Elle me regarde brièvement, elle baisse les yeux à nouveau, elle appelle son chat. Et puis, ça ne rate pas : elle plante son regard bleu dans mes yeux et me dit : « Alors, et toi, raconte. » Et stupidement, je lui dis qu’elle est jeune : « Tu es jeune. — Et alors ? Raconte. — Non. » Je lui dis : « Non, Estelle, moi, je ne veux pas raconter, je ne raconte pas. » Je lui dis : « Moi, je ne raconte pas. » Ça ressemble un peu à « Moi, j’embrasse pas », c’est bizarre. Je lui dis : « Je dois y aller, mon fils m’attend », ce qui est totalement faux. « Quoi, tu as honte ?» elle dit. Je cherche à toute vitesse une petite croix pour fermer la fenêtre. Je lis « Close » ou « Quitter la réunion » et je clique, je quitte. Je me lève du lit où j’étais installée, puis je m’y recouche. Je ferme les yeux.

SMS, texto : « J’ai été maladroite, sorry. À bientôt ? »
Je pense : Non.

Je ne sais pas pourquoi j’ai eu une telle réaction. Je pense qu’il n’y a plus personne à qui je voudrais raconter ça, parler de ça. Je pense que j’aurais parlé si elle m’avait parlé de quelque chose qui aurait un tant soit peu ressemblé à mon expérience, à ma propre expérience. Je pense que je pourrais en parler à mon analyste. Je pense que les choses auraient été différentes si j’avais senti qu’elle m’aimait. Mais ce que je ressens, c’est une absence d’amour, nous concernant, une absence d’amour. Qu’elle m’aime ne m’aurait pas nécessairement conduite à l’aimer, mais peut-être à parler. Or, je ne sens pas du tout de l’amour entre nous. Et elle ne m’a jamais parlé que d’une expérience sans amour. Ça m’intéresse, je ne dis pas. Et ce mot sur la honte… Comme si elle voulait, elle, me faire honte. Aujourd’hui, me dis-je, je suis contente de ne lui avoir pas parlé. De ne pas vouloir en parler tout court. Et il y a un peu de tristesse à me sentir séparée de l’amour. Mais l’amitié ? Je n’aurais pas détesté.

Le soir, à je ne sais quel moment — j’avais sans doute un peu bu —, je me retrouve à dire à mon fils : « Pendant longtemps, j’ai cru à une universalité du désir ou de la jouissance féminine, j’ai cru que ce que je vivais, toutes… C’est petit à petit que j’ai compris qu’il n’y avait rien de moins universel, rien de plus particulier, et que c’était comme ça, et que c’était pareil pour les hommes. Qu’on disait toujours : Les hommes, tous les mêmes , mais non.» Et voilà, c’est tout. Et j’ai dit ce que j’avais à dire, je m’en rends compte.

vendredi 6 septembre 2024 · 09h47

« Pour avoir un effet, il faut « influencer de l’intérieur » – c’est ce que dit le lapin une minute avant de disparaître dans la gueule du lion. »

« Pour que ça ait de l’effet, il faut « influencer de l’intérieur » – c’est ce que dit le lapin une minute avant de disparaître dans la gueule du lion. »
Ruchama Marton

Il faut que les opposants au gouvernement israélien s’adressent au monde en admettant leur impuissance et laissent tomber le concept de changement de l’intérieur, il faut qu’ils reconnaissent leur faiblesse et demandent de l’aide. En outre, les opposants au gouvernement devraient exiger que le droit international soit imposé à Israël, exiger l’imposition de sanctions contre Israël et son gouvernement et le déploiement d’une force internationale à Gaza et dans les territoires occupés. Seule une intervention extérieure peut sauver les Israéliens d’eux-mêmes et mettre fin à l’oppression actuelle des Palestiniens.

Eyal Sivan sur FB

mardi 17 septembre 2024 · 09h50

pour les psys, non posté sur FB

mais de quelles horreurs de quelles ignominies parlez vous ? de celles qui ont lieu depuis bientôt 1 an à Gaza ? De ce qui se passe dans les territoires occupés ? du nombre de morts et d’enfants morts ? et de blessés charcutés hachés explosés ? des tortures subies des humiliations de l’indifférence du monde ? mais qu’est-ce que vous croyez, à quoi croyez-vous, qui vous rende indifférents à ce malheur-là ? est-ce que vous ne voyez pas que l’armée la plus morale du monde commet aujourd’hui des crimes innommables ? est-ce que vous aussi pensez qu’il faut et suffirait d’appuyer sur un bouton pour se débarrasser du problème de Gaza ? est-ce que ça ne vous arrive pas d’aller sur des comptes d’Instagram (ou de Telegram) qui filme ce qui se passe là-bas ? est-ce que vous ne savez pas ? ou est-ce que vous n’y croyez pas ? et le protocole Hannibal, est-ce que ce n’est pas l’horreur ? est-ce qu’on peut ignorer tout cela ? de quel type de déni s’agit-il ? tuer un homme c’est tuer un homme, quelle que soit sa nationalité ou sa religion. ou est-ce que les Palestiniens ne sont pas humains ? à quoi sert la justice, si c’est pour les avoir jugés tous coupables ? bien sûr qu’il faut pleurer les otages israéliens et ils l’ont été et le sont encore, mais quand est-ce qu’on pleure les morceaux de chairs ramassés dans les débris et transportés dans des sacs en plastique ? les enfants amputés orphelins mangés par la gale les poux la poliomyélite ? mourants de faim ? oubliés du monde qui assiste pourtant à leur détresse, en direct. dans quel dystopie vivons-nous, où va notre humanité ? pour eux, ce n’est pas l’horreur totale, absolue ? Rien d’ignominieux, d’atroce ?

aujourd’hui, vous dénoncez la monstruosité du Hamas. mais à quand un travail sérieux sur Israël, son gvt son armée ses colons, et ce qui s’y passe.

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dimanche 22 septembre 2024 · 04h45

désespoir industry instagram palestine gym danse recettes cuisine amis sociabilité

Paris, nuit. De nouveau réveillée à 4 heures. Me suis levée pour écrire et  comme d’hab au lieu de ça tout de suite captée par Instagram. Il est 4h 45. 

Hier, coup de fil avec J. Il est bien, il va bien, il est content, être seul, vivre seul lui plaît. Il fait face. Dit-il et je le crois et j’en suis heureuse. À nous de respecter ça, d’apprendre à nous passer de lui, à ne plus nous occuper de lui. Ça fait un vide. À construire une nouvelle relation. À nous occuper de nous.

Je dis ça et ça fait 2 jours que je regarde une série. Industry. Saison 1, avant-hier et seulement la moitié de la saison 2 hier.

Israël. En lisant cette Eve Barlow sur Instagram, j’ai compris qu’il n’y avait rien à faire. Leur conviction est ancrée dans ce qu’ils se racontent, s’inventent, depuis qu’ils sont en Palestine. Ce n’est pas d’eux que viendra le salut. Il n’y a aucun moyen de leur faire entendre autre chose. Leur discours est enraciné dans ce péché originel qu’ils cherchent à justifier. Ils doivent s’autoriser au crime.

On parle d’une prochaine guerre au Liban, Gideon Lévy annonce que ce sera pire que ce qui se passe aujourd’hui à Gaza. J’ai peine à le croire. Je ne vois pas comment c’est possible. Mais ils parlent d’annihiler le Liban. Et proclament qu’il ne faut pas faire de différence entre le Hezbollah et la population. Comme ce qui s’est passé pour le Hamas. Curieusement (ou non ?), Macron est intervenu en faveur du Liban.

Je n’ai presque plus de batterie, mon téléphone va s’éteindre.

[22/09 à 05:46] Je continue sur le Mac.

Tout cela je l’apprends sur Instagram, sur les réseaux sociaux.  Et ça se mélange à des vidéos de femmes qui font de la gym et qui maigrissent et qui me donnent envie d’en faire, de la gym,  ou à des vidéos de danse qui me donnent envie de danser. Ou à des vidéos de femmes, ou d’hommes d’ailleurs, qui cuisinent des plats vegans en balançant curieusement brutalement (et n’importe comment) leurs ingrédients dans leur récipients, sans que ça n’éveille pour le coup pas la plus petite once d’espoir en moi de me mettre jamais à cuisiner avec leur nonchalance et leur rapidité, si ce n’est que peut-être finalement, je me dis que je le ferai, que c’est faisable, la preuve en serait que je bookmarke ces vidéos ou que j’en fais des copies d’écran, ça me fait alors sur mon téléphone des répertoires étranges où alternent images de la Palestine et recettes de cuisine, ce qui ne va pas, n’importe qui sait ça, ce qui ne va pas du tout. mais derrière les recettes y a l’idée que je me fais parfois, que je me dis, je me dis Véro tu devrais, Véro, petite Véro, Véronique, ce que tu devrais faire, c’est te mettre à cuisine, et alors inviter des amis, plein d’amis, qui seraient heureux de venir, de manger ton manger, car c’est ça fondamentalement que tu veux dans la vie, avoir des amis qui soient contents de venir chez toi. Non? Vie sociale, sociabilité. Ou alors encore je regarde, avec  grand plaisir, des vidéos de chiens marrants et de petits chats adorables. Je me demande si je trouverai un jour, retrouverai le moyen d’écrire.

Je vais lire la bio de Kafka. J’en suis à ma troisième Ricoré. Je n’ai toujours pas repris le travail dans le blog (pas très étonnant). J’étais sur le point de le faire quand j’ai allumé la télé pour tester cette série, what’s its name again? Industry… Bon, Kafka. Kafka, sa grosse bio.

lundi 23 septembre 2024 · 02h23

23 septembre 24 à 02h 23 min

Deux heures du matin ! Et j’ai de nouveau passé la journée d’hier à regarder une série, la saison 2, la suite de la veille, alors que ça devient du grand n’importe quoi et pour apprendre finalement qu’il y aurait encore une saison 3! Olala, je n’en peux plus. Et puis mal aux dents. je n’ai plus d’huile de nigelle. Je ne sais pas pourquoi l’analyste continue de dire que j’écris bien. Je lis encore la bio de Kafka. F m’a sortie pour voir un film que j’ai trouvé bien, que nous avons trouvé superbe en vérité, de Kurosawa, d’Akira Kurosawa, Entre le ciel et l’enfer, le titre ne ressemble pas au film. Hélas, je n’ai plus de lait (je bois une Ricoré). Deux heures du matin ! Frédéric avait un peu de fièvre. Il n’entend plus de l’oreille droite. 

 

 

— 04:02 —

Et donc je prétends qu’un récit, n’importe lequel, est ce qui sustente une vie, lui apporte continuité dans l’interruption. Sustente, suspend. Palestine, Industry (la série).

Ce dont je ne parle pas à mon analyste (certainement pas de la sustentation par la Palestine (quelle horreur), est-ce que l’on pressent ce dont là je m’accuse, je m’accuserais, car après tout, je n’en sais rien, je sens que ça cloche), ce qui pourtant m’obsède : la perte de mon intelligence et de la mémoire. Tous les jours, toutes les nuits je me réveille et me dispose à lui parler de ça, à l’analyste, à Hélène P, à lui écrire… puis…. suis prise par autre chose… me laisse prendre par autre chose…

— 08:46 —

Rendormie puis relevée, remise à la lecture du Kafka de Reiner Stach (que peut bien vouloir dire Stach ? Comment retenir ce nom ?)  (Je me demande si cette autrice que j’aime tant, psychanalyste, amante de Lacan et dont j’oublie le nom mais que je lus beaucoup, qui écrivit Ô solitude, n’a pas elle aussi écrit sur Kafka (Catherine Millot, je crois), bien sûr je ne me souviens de rien.) Je reconnais chez lui nombre certains de mes traits, symptômes, si ce n’est qu’il est beaucoup plus jeune que moi, si ce n’est que ses difficultés sont beaucoup plus grandes (à moins qu’il n’eut beaucoup plus de talent pour en parler) si ce n’est qu’il trouva très rapidement à se raccrocher à l’écriture et qu’il eut rapidement les appuis qu’il faut (je pense à Max Brod). Si ce n’est qu’il crut à l’écriture. Si ce n’est qu’il crut à l’écriture. Si ce n’est qu’il me semble moins isolé que je ne l’ai été, que je ne le suis. On apprend avec qu’il lui fallut une quinzaine d’années avant que l’écriture romanesque ne s’enclenche véritablement, soudainement, en une nuit, au moment climax d’une crise suite à une rencontre qui le bouleverse, la rencontre de Felice Bauer. En une nuit, il écrit Le verdict (!) d’une traite, sous la dictée. Il en sort plein d’une certitude à laquelle il ne voudra plus jamais renoncer, qui était ce qu’il attendait, cherchait, et qu’il saura reprovoquer. On lit dans les semaines qui suivent cette nuit quelque chose d’une crise maniaque. Mais, avant ça,  il y aura eu l’appui rêvé cherché (trouvé) dans les lettres à la jeune femme rencontrée, dans leur correspondance, même si son absence de réponse, parfois, à elle, Félice Bauer, son absence ou un mot qu’elle lui lance sans penser, le font souffrir plus que de raison. Cet appui est ce qui m’intéresse. Cet appui dans la lettre, le mode de cette rencontre. Comme si assuré qu’il était par cette correspondance, assuré, ancré, il peut, même si c’est sur un fil au dessus du vide, user de la main restée libre pour se laisser glisser dans l’écriture. Elle lui sert d’assureur. 

— 09:06 —

Essayer de ne plus faire de RS le matin.

mardi 1 octobre 2024 · 08h18

brux premier oct.

== 8h18==

Toujours Bruxelles, jusqu’à jeudi. Réveil à 4h. Inquiétée par l’invitation de mon frère à son mariage en Italie le 30 août.

== 16h52 ==

sur le tram 51
et soudain
tranquillité, lumière
du tram les grandes fenêtres 
rouler dans Molenbeek Saint-Jean
bordure du canal
bientôt, le petit château

fatigue, comme dans une bulle
vais à la maison de repos voir ma mère
j’aime ce Bruxelles

 

 

17h55

mercredi 2 octobre 2024 · 05h09

2 oct // Pensées inquiètes à propos du Proche Orient

— mer 2 oct 24, 5h09 —
Salon de ma mère, rideaux tirés.
Réveillée depuis 3 h du mat, il est 5 h. Je me demande ce que je vais faire. Je ne trouve pas. Pensées inquiètes à propos du Proche-Orient. Du Proche Orient. L’Iran a envoyé des missiles sur Israël. Lu dans FB des choses sur la violence à Bruxelles qui m’insécurisent totalement. Pas pour moi, bien sûr, pour J. J lui, malade. Peu, mais malade. Tousse et éternue. Il pense qu’il doit arrêter de fumer.
Je ne sais pas ce qui pourrait faire que je m’endorme.
Journée difficile hier à cause de la fatigue.

— 14h21 —
Je parle à F des mes inquiétudes, de mes inquiétudes à cause de BXL et de ce que j’ai lu dans Facebook plus tôt le matin. Je lui dis que la personne qui a raconté une anecdote que je trouve effectivement violente ajoutait dans un commentaire : Bientôt ce ne sera plus que les juifs qui sont attaqués. Il me dit : N’importe quoi. C’est vrai. Plus tard, dans la rue, il me fait remarquer que ce sont les blancs qui mettent à leur fenêtre des drapeaux palestiniens. C’est peut-être vrai. Il me dit qu’ils sont de plus en plus nombreux, dans le quartier, les blancs. Je ne sais pas. Il pleut beaucoup. Il y a toujours l’amour pour cette ville. Amour qui grandit depuis que je viens plus souvent voir ma mère. Maintenant, J, mon fils.

Tout cet amour dans la chair des rues, des murs, des façades, des trottoirs glissants, des pavés carrés, de toutes ces personnes, du soleil que je bois par le bleu du ciel et qui me gifle, ces verticales, ces verticalités qui se déplacent, qui bougent, les corps minces et furtifs des jeunes hommes, les nuques et les crânes différemment rasés, coupés, coiffés, certaines chevelures pourtant s’allongent en ce moment, se bouclent, des silhouettes lourdes prises dans des voiles et des jeunes filles de toujours en fleur et en rires. Cela, tout cela, je l’ai toujours connu. Dans le tram hier, debout deux jeunes femme voilées discutent, l’une d’entre elles se frotte les dents avec un bâtonnet, j’y prêtais à peine attention, discrétion toujours obligée, elle m’explique : C’est le Siwak, il faut regarder dans Google, c’est excellent pour les dents, pour les gencives, puis elle ajoute que le prophète l’utilisait. Son regard, son sourire, tout en elle est plein de sympathie pour moi. C’est étrange et doux. Je revenais de Tour & Taxis, la maison de repos. Nous descendons au même arrêt de tram. Peut-être me connaît-elle, peut-être connaissait-elle ma mère. La fatigue m’a empêchée de réagir, et la surprise.
Comme dans un nuage.

jeudi 3 octobre 2024 · 07h33

jeu 3 // alzheimer et champignons

Dormi jusqu’à 6 heures, contente, départ dans quelques heures.

Je continue à tester les champignons médicinaux dont j’attends tellement. C’est quelque chose dont j’ai un peu honte, dont je ne parlerai pas beaucoup.

L’autre jour quand je suis arrivée dans la grande salle de la maison de repos, par deux fois ma mère m’a montré sa langue, indiquant qu’elle lui faisait mal et que je découvrais dans un état  lamentable. Je crois qu’il s’agit d’une mycose. Un muguet buccal, non? Il m’est arrivé quelquefois d’en avoir. Est-ce lié à Candida Albicans, s’agit-il-il de ce champignon? Il me semble que c’est ce qu’on lit.

En rentrant, je ne sais pas pourquoi, peut-être me souvenais-je de choses par le passé lues, j’ai fait une recherche internet sur…. « alzheimer et mycose » qui a étonnement donné quelques résultats intéressants…

Des recherches ont révélé qu’il y aurait bien un lien entre affection fongique et alzheimer. Cette hypothèse repose sur l’examen de tissus cérébraux de personnes décédées, dont la moitié avaient souffert d’Alzheimer : il s’est avéré que tous les alzheimer recelaient des traces de champignons, que ce soit dans différentes zones du cerveau ou dans les vaisseaux sanguins. Donc, il y a même eu l’idée qu’un antifongique pourrait soigner l’alzheimer.

C’est quelque chose qui m’intéresse, aussi en raison de mes grandes inquiétudes, de mes propres pertes de mémoire, parce que je suis tellement convaincue que je finira moi aussi par l’avoir, l’alzheimer (j’ai tellement embêté un médecin un moment qu’elle  a fini par me faire faire un scanner qui s’est avéré tout à fait bon), et que ma vie est toute orientée par ça : comment éviter ce malheur, comment le retarder autant que possible. Les souffrances par où j’ai vu ma mère passer, je ne crois vraiment pas que je puisse le supporter, ni d’ailleurs le faire supporter à mes proches. Mon analyste répond à ces inquiétudes que je ne suis pas mère. Je la regarde alors silencieusement.

(Il y a ce comme ma mère, il y a ce dans la peau de ma mère, il y a ce je suis ma mère. cela existe. il y a la maladie de ma mère, il y a les symptômes que j’ai repris d’elle, tout cela il y a. il y a d’ailleurs, tout au long de ma vie, jusqu’à très récemment, l’obligation où je me suis sentie de combattre à toute forces cette pente, surtout pas comme ma mère, surtout ne pas faire comme ma mère. ma foi, en mes vieux jours, après l’échec d’une vie entière, je peux dire : dans la peau de ma mère, y a des moments c’est doux . Il y a donc ce qui pourrait n’être « que » psychologique, et qui pourrait encore se modifier, bouger, et il y a ce dont j’ai fait l’expérience, de me soigner, à ma façon, cette autre façon d’être malade, sur laquelle je me trouve avoir finalement plus de prise. Car oui, le jour où j’ai pris du CBD, j’ai recommencé à dormir et cela me soigne de faire un régime anti-candida, le fait seulement de faire régime me soigne… Si je vais mal, je suis là, je tombe dans puits sans fonds, me hisser, m’accrocher au cadre d’un régime, me hisser, poser une jambe, puis l’autre, me relever, c’est une façon de retrouver une forme de régulation, de reprendre le contrôle,  de m’obséder d’autre chose que de l’inanité absolue de ma vie. Cela seulement, déjà, a ses mérites. Indépendamment des effets indéniables sur ma santé en général. )

Donc, secrètement, je mène mon petit combat. Qui passe par l’attention à la santé de mes intestins, mais aussi de mes dents et de mes gencives, la traque de toute manifestation d’inflammation, quelques précautions avec l’alimentation, l’accumulation de tout un arsenal de poudres et de potions,  et la recherche d’un travail d’écriture à mener. Ah, je suis  par ailleurs également convaincue que chaque que je fume, cela entraîne insomnies et fracassemeurs. Ce pourquoi j’ai finalement, récemment (enfin), totalement arrêté de fumer (Et si: une séance d’hypnose sur internet aura suffit.)

Mon analyste croit, elle, en l’écriture, point. 

Alzheimer : et si une mycose était à l’origine de la maladie ?

vendredi 4 octobre 2024 · 15h04

dysphagie

la dernière fois que j’ai vu ma mère, elle était assez sérieuse et m’a demandé plusieurs fois comment moi j’allais et que je lui raconte un peu… et aussi comment allait le travail…

mais en mangeant, elle a fait une fausse route, et même deux. la première, ça allait, même si j’ai eu le temps de voir de la panique dans ses yeux, mais c’est passé rapidement . la deuxième fois, c’était pas bien du tout. ça a duré, elle paniquait, je ne savais pas quoi faire, les personnes là non plus, qui lui ont tapé dans le dos, sur la poitrine, en lui disant de cracher… finalement, ça s’est calmé. mais elle n’était pas bien, épuisée, apeurée. bon elle a oublié après, mais quand même.

l’aide-soignante a dit qu’elle le signalerait (elle a raison) et qu’on devait s’attendre à ce qu’elle passe à du 100% mouliné.

voilà, pas drôle… elle finissait sa banane dont elle avait enlevé les fils.

elle s’était bien amusée avec ses tartines..

lundi 7 octobre 2024 · 07h49

7 octobre :: Peinture décoloniale (et appropriation)

Rêvé que je faisais de la peinture ou que j’allais faire de la peinture, et qu’on allait venir voir ce que je faisais, et que j’étais très embêtée parce qu’on allait dire que je faisais de la peinture “décoloniale”. Plus tard, il me semble aussi que j’ai craint d’être accusée “d’appropriation”. J’espérais que je n’avais rien fait dans ce sens. Je n’avais pas envie que ces termes soient posés sur ce que je fais.
Je vais vers l’endroit où je fais de la peinture, appartement/atelier en hauteur et, au passage, après un instant d’hésitation, je prends par la main un enfant qui est là, un des enfants, très jeune, je l’emmène avec moi. C’est une présence fragile. Peut-être que je lui demande s’il veut venir avec moi, s’il veut faire de la peinture ou s’il veut prendre un goûter? Nous grimpons ensemble vers chez moi, comme on grimperait dans les nuages, et je sais que cet enfant n’a jamais connu ça, qu’on s’occupe de lui, jamais. C’est un enfant abandonné, orphelin. C’est donc une responsabilité et un peu émouvant. Et intimidant. Tout à la fois cet enfant, c’est une présence étrange, étrangère, inconnue. Je n’avais jamais fait ça jusqu’alors. Les peintures dites décoloniales sont là. Nous sommes comme sur un nuage.

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