lundi 7 octobre 2024 · 07h49

7 octobre :: Peinture décoloniale (et appropriation)

Rêvé que je faisais de la peinture ou que j’allais faire de la peinture, et qu’on allait venir voir ce que je faisais, et que j’étais très embêtée parce qu’on allait dire que je faisais de la peinture “décoloniale”. Plus tard, il me semble aussi que j’ai craint d’être accusée “d’appropriation”. J’espérais que je n’avais rien fait dans ce sens. Je n’avais pas envie que ces termes soient posés sur ce que je fais.
Je vais vers l’endroit où je fais de la peinture, appartement/atelier en hauteur et, au passage, après un instant d’hésitation, je prends par la main un enfant qui est là, un des enfants, très jeune, je l’emmène avec moi. C’est une présence fragile. Peut-être que je lui demande s’il veut venir avec moi, s’il veut faire de la peinture ou s’il veut prendre un goûter? Nous grimpons ensemble vers chez moi, comme on grimperait dans les nuages, et je sais que cet enfant n’a jamais connu ça, qu’on s’occupe de lui, jamais. C’est un enfant abandonné, orphelin. C’est donc une responsabilité et un peu émouvant. Et intimidant. Tout à la fois cet enfant, c’est une présence étrange, étrangère, inconnue. Je n’avais jamais fait ça jusqu’alors. Les peintures dites décoloniales sont là. Nous sommes comme sur un nuage. [...]  Lire la suite >

mercredi 9 octobre 2024 · 00h09

Kafka… Ce qu’il veut, c’est n’être qu’écriture…

Ce qu’il veut c’est n’être qu’écriture et non pas, comme on le traduit souvent, que littérature (il dit bien Schreiben et non Litteratur). L’écriture étant à comprendre comme une opération de survie psychique pour Franz Kafka, très explicite à de nombreuses reprises sur ce point.

: https://carnetpsy.fr/kafka/
mercredi 9 octobre 2024 · 00h24

Kafka, après sa demande en mariage à Felice Bauer

C’est dans sa correspondance avec Felice Bauer qu’il déploie de façon précise le plus grand pan de son mal-être. En effet, après avoir formulé sa première demande en mariage explicite dans sa lettre du 16 juin 1913, il enchaîne en dévoilant à sa destinataire une profonde déhiscence en lui:

« Car je ne suis rien, rien du tout […]. Porter un jugement sur les gens et m’identifier à eux, cela je m’y entends un peu […]. Je n’ai aucune mémoire, je ne me rappelle ni ce que j’apprends, ni ce que je lis, ni ce que je vis, ni ce que j’entends, je n’ai de mémoire ni pour les êtres ni pour les événements, je me fais l’effet de rien avoir vécu, de n’avoir rien appris […]. Je ne peux pas penser, en pensant je me heurte continuellement à des limites, je peux encore saisir certaines choses isolées au vol, mais une pensée cohérente et susceptible de développement m’est absolument impossible. En fait, je ne sais pas non plus raconter ; bien plus, je ne sais même pas parler ; quand je raconte quelque chose, j’ai le plus souvent un sentiment analogue à celui que pourraient avoir de petits enfants qui s’essaient à faire leurs premiers pas. » [...]  Lire la suite >

mercredi 9 octobre 2024 · 00h24

Kafka parle de lui dans lettre à Felice Bauer après sa demande en mariage

C’est dans sa correspondance avec Felice Bauer qu’il déploie de façon précise le plus grand pan de son mal-être. En effet, après avoir formulé sa première demande en mariage explicite dans sa lettre du 16 juin 1913, il enchaîne en dévoilant à sa destinataire une profonde déhiscence en lui :

« Car je ne suis rien, rien du tout […]. Porter un jugement sur les gens et m’identifier à eux, cela je m’y entends un peu […]. Je n’ai aucune mémoire, je ne me rappelle ni ce que j’apprends, ni ce que je lis, ni ce que je vis, ni ce que j’entends, je n’ai de mémoire ni pour les êtres ni pour les événements, je me fais l’effet de rien avoir vécu, de n’avoir rien appris […]. Je ne peux pas penser, en pensant je me heurte continuellement à des limites, je peux encore saisir certaines choses isolées au vol, mais une pensée cohérente et susceptible de développement m’est absolument impossible. En fait, je ne sais pas non plus raconter ; bien plus, je ne sais même pas parler ; quand je raconte quelque chose, j’ai le plus souvent un sentiment analogue à celui que pourraient avoir de petits enfants qui s’essaient à faire leurs premiers pas. » [...]  Lire la suite >

mercredi 9 octobre 2024 · 08h03

geekerie toujours menaçante / Notion, Evernote, blog

Notion’s Geekery

Voilà, 2 jours d’exploration de Notion et je ne sais pas si je continue avec ou pas. Je l’ai testé pour récupérer les notes d’Evernote.  Ça s’est fait tout seul vraiment très facilement, et je me suis trouvée face à cette quantité invraisemblable de données que j’ai commencé à manipuler sur mon Mac.

Notion offre probablement plus de possibilités qu’Evernote, tout en étant moins intuitif, moins joli. Et fonctionne mieux qu’Evernote qui devient n’importe quoi. Les possibilités sont plus nombreuses, peut-être infiniment plus nombreuses, mais demandent pas mal de mises au point, de chipotages, dont je n’ai pas nécessairement envie. Ça me fait penser à WordPress, or je n’ai pas envie de m’investir dans Notion comme je me suis investie dans WordPress[...]  Lire la suite >

jeudi 10 octobre 2024 · 10h36

Présentation de ma langue : 2
— dans la série Les grandes énigmes

ma langue  – ce pays où je suis pourtant sujet du verbe, où je prospère, se refuse à ce que je m’y incarne, à ce que je m’y incarne au lieu habituel de l’incarnation, dans le corps circonscrit par sa peau et son image dans le regard de l’autre

elle ne trouve à s’inscrire, elle ne trouve à m’inscrire, que comme corps que de lettres
je pourrais me dire femme de lettres
(comme femme de l’être, de l’être de jouissance)

elle ne se refuse pas à toute incarnation
elle pense que l’incarnation est le lieu de ce qui ne supporte pas le nom
elle parle de la chair
dont les frontières sont extensibles, imprévisibles
elle dit que l’incarnation, pour elle, ma langue, ne peut jamais être que le lieu, à tout instant , du manque de nom
elle dit que ce manque est une prière constante et le lieu de son adoration
à elle, ma langue
le lieu de ce qu’elle se refuse à sacrifier
elle dit que ce manque n’a de nom que dans le temps de la nomination, le temps de l’énonciation du nom
n’a que ce temps là, cet instant-là
dans ce temps, dans le souffle de la voix qui prononce
dans un  baptême toujours à refaire, toujours miraculeux
où la goutte d’un nom se dépose dans le creux de son manque, de sa langue, de son être pour aussitôt s’évaporer la laissant abasourdie, ravie, évanouie [...]  Lire la suite >

samedi 12 octobre 2024 · 06h09

de 2012 le perdu mois de mai + je vis dans un bureau de police

Sam., 12 oct. 24 , 06:09,

D’hier la journée encore passée sur l’ordinateur.

J’ai importé sur le blog les notes Evernote de 2012 et me suis lancée dans la relecture du mois de mai1 qu’arrivée en fin de journée, j’ai trouvé très maigre. Avec l’impression de n’en n’avoir rien ramené qui tienne le coup jusqu’à aujourd’hui, interrogeant probablement encore cette pratique persistante du carnet chez moi. J’ai cherché de quoi le nourrir davantage, mais n’ai même pas retrouvé de photo de ce mois-là. Probablement perdues me suis-je dit à regret. Et donc ce matin encore, me lève pleine d’angoisse, me proposant de vérifier dans mes emails si je ne trouverais pas d’autres traces écrites, d’autres dépôts écrits de ce mois disparu. [...]  Lire la suite >

dimanche 13 octobre 2024 · 07h02

vis ma vie de blog, transe, carcan et parataxe

13 oct 24

7h 22, éveillée depuis 3h du mat, je vais bientôt me recoucher. Découragée par la façon dont je fais avancer le travail sur le blog. Hier, attardée toute la journée sur… le mois de janvier 2023! Cela en dépit des décisions et du travail de la veille, cela probablement parce que je venais d’importer ce mois dans le blog depuis Evernote (via Diarium). Quelque chose attire mon attention, je n’y résiste pas. Ce peut être n’importe quoi à proprement parler : c’est pur et simplement l’impulsion de la pulsion et je je m’empare de  strictement n’importe quel objet : qu’il s’agisse d’un problème de fond ou de forme, il faut que je m’y attelle sans tarder. Cela me met dans un état de transe que rien n’arrête. Cela n’est pourtant pas tout à fait sans cause particulière, cela n’est pas tout à fait indifférent, me dis-je pour me rassurer, (cela peut-être se rattache-t-il à un projet plus grand que moi, qui me dépasse, peut-être faut-il que j’y croie, à ce qui en moi serait plus grand que moi, quoi donc, sinon : tu vas mourir et il ne restera rien de toi), il s’agissait tout de même, hier comme la veille, d’un regard en arrière, d’un regard sur ce que j’ai pu écrire, voulu écrire, d’un sentiment d’effroi à voir le peu qui reste, à voir tout ce qui est perdu et la prise alors démesurée d’une envie de compléter, d’aboutir à quelque chose qui soit, in fine, tout simplement, lisible. Puis, quand la nuit vient, la tristesse m’envahit, le désarroi, le sentiment d’avoir été menée par le bout du nez, de n’avoir pas vu le jour passer, de m’être une fois de plus laissé dériver, désamarrée.  Comment y consentir, à cette façon d’avancer dans la dérive ? Ou comment ne pas écouter le jugement que je porte sur moi et mener le projet jusqu’au bout, dans la dérive mais les rives de ce blog. Comment consentir à cette jouissance plus forte que moi. Pourquoi ne pas y consentir. C’est que le projet est démesuré. Je me rassure, je me dis :  commence par un mois, commence par une semaine, choisis un seul sujet, fixe-toi une année. Cela déjà, sera bien. Or je sais que je ne peux compter sur cet engagement. 

l’objet blog

Dès que j’ai cet objet du blog en main, dès que je me mets à le manipuler, tout m’y intéresse, tout m’appelle. Je n’ai aucun sens d’aucune priorité, valeur. Cette nuit, avant que je ne me lève, j’étais une fois de plus tenue éveillée à la pensée de sa mise en page. Je rêve maintenant de quelque chose de beaucoup plus épuré, je rêvais de noir et blanc, je voyais  ce que je voulais, touy en étant posséder âr  que l’envie d’ajouter encore des images. Il faut probablement que je parle de la virtualité de cette objet, de ses possibles, de l’impossible de ses possibles, et e ses modifications constantes. Mais pour en dire quoi? Et c’est parce qu’il s’offre à être perpétuellement retravaillé, je rêve de le voir imprimé, fini. Mort terminé détaché. Détaché de moi, sorti de ma tête, manipulable par les autres. Si je pouvais arriver à ça.  Une petite part, l’en détacher, en faire une petite publication séparée, qui existe dans le monde, qui puisse être tenu en main, qui prenne de la place, physiquement, que je puisse envoyer à des amis, etc.

Je songeais cette nuit aussi à cette notion découverte hier dont j’oublie à l’instant le nom, à propos de la révolution induite à la littérature par Mallarmé. Le parataxe…

Donner forme au manque de liens de coordination, de subordination. Accepter la juxtaposition d’éléments disparates.  [...]  Lire la suite >

lundi 14 octobre 2024 · 08h38

affinité de la position mélancolique avec l’époque hypermoderne

Entrer dans la parole et le langage provoque une division du sujet entre conscient et inconscient, mais aussi entre « être » et « corps », le fait de se voir décerner un « être » faisant simultanément passer le corps au registre de l’« avoir ». Or le propre de la position mélancolique est de ne pas croire que cet « être » ait une valeur supérieure à celle d’un objet quelconque. Dévalorisant la parole – la sienne, celle de l’Autre, celle de l’inconscient – la position mélancolique rend difficile le maintien de cet écart entre le « corps » et l’« être », auquel le névrosé a accepté de croire. Cet aplatissement réduit l’« être » et le « corps » à des avoirs de peu de valeur. Ce sont des sujets à qui « on ne la fait pas », à la lucidité extrême, qui ont pris acte de la chute des semblants. Mais ce qui leur échappe, c’est la jouissance en jeu : le fait notamment que l’auto-évaluation procédant par comparaison aboutit toujours à une auto-dévalorisation, avec, à la clef, la haine de soi et/ou la haine de l’autre comme conséquence logique. [...]  Lire la suite >

mardi 15 octobre 2024 · 06h24

quel jour, le quinze, quelle heure 6 heures 20, Paris, Palestine

Il est 6h24.

##Diarium Palestine

Hier, j’ai importé sur le site tout ce que j’ai bien pu écrire dans Diarium autour de la Palestine.

Je l’ai fait à cause d’une note publiée, mais laquelle ? où il était question de la Palestine. Une note de septembre. Un moment où j’ai regardé une série pendant 3 jours de suite, Industry. Je fais ça quand je ne sais vraiment plus quoi faire dans la vie. Nous revenions je crois de B.

J’y parlais d’un besoin de continuité et de la continuité dans le récit qu’offrait les séries…. mais aussi… la Palestine. C’est non-stop. Illimité, sans limite. [...]  Lire la suite >

mercredi 16 octobre 2024 · 08h39

les lieux et je ne sais pas ce qui est publié sur ce site

Je ne sais plus ce que j’ai fait hier. De nouveau prise dans la fièvre d’écriture/corrections/résolution de problèmes techniques. Ecrit des choses qui sur le moment m’ont parues importantes. J’ai commencé à parler de Bruxelles et curieusement en moi cela a résonné comme si c’était encore, déjà, aussi une façon de parler de la Palestine. Et du passé. De quelque chose qui est profondément moi. Moi et ma famille. A cause des quartiers où nous avons vécu. Comme de commencer à parler de quelque chose que je n’ai pas beaucoup dit, il me semble. Pas dit, pas écrit. Autour de mes derniers séjours dans cette ville, liés à ma mère, à mes frères. Ce nouvel amour qui a d’ailleurs subi quelques aléas. Comme tous les amours, I suppose. Amour pour ma mère, lui, inchangé, approfondi encore. [...]  Lire la suite >

mercredi 16 octobre 2024 · 08h58

à J.

Tu as cessé de publier sur la P. Est-ce que tu sais pourquoi ? Ce n’est pas un jugement. Ça m’intéresse. Je n’arrive pas à ne pas. Je diminue, je diminue beaucoup. Je cesse de regarder nombre de contenus. Mais c’est tout le temps là. Et je continue d’être choquée par le silence de ceux qui n’en parlent pas.  Mais non, pas par ton silence, bien sûr, d’ailleurs nous en avons parlé. Non, je crois qu’il s’agit surtout du silence de certains de mes proches, dans ma famille, et d’amis, d’anciens amis, juifs par ailleurs, d’anciens collègues, qui publient régulièrement encore des photos des otages. Ces amis qui ne sont peut-être plus mes amis.  Je pense même qu’ils pensent du mal de moi et n’osent pas me le dire. Oui. Je suppose. Enfin, je réfléchis beaucoup à tout ça sans trouver rien qui me convainque, qui s’inscrive en opinion. Je me trouve surtout stupide. [...]  Lire la suite >

mercredi 16 octobre 2024 · 21h17

mon analyste n’aime pas l’idée que je travaille au blog

SO THE TREES OKAY, THEY TALK TO EACH OTHER RIGHT? THEY USE AN UNDERGROUND NETWORK OF FUNGUS AND ROOTS TO SEND ELECTRICAL SIGNALS AND ASK FOR NUTRIENTS, WATER, AND EVEN WARN ABOUT DANGER OKAY? BRO IT’S BASICALLY AN UNDERGROUND MUSHROOM TELEPHONE. MOTHER TREES HAVE EVEN BEEN SHOWN TO RECOGNIZE THEIR OFFSPRING AND FAVOR THEM OVER OTHER TREES WHEN SENDING NUTRIENTS. SOME TREES EVEN BECOME BROS AND ARE CAREFUL NOT TO TAKE EACH OTHER’S SUNLIGHT SPACE. THE TREES ARE SENTIENT BRO. ITS A SYMBIOTIC MUSHROOM-TREE RELATIONSHIP, MAN.

fatiguée fatiguée. beaucoup marché aujourd’hui, pense pas avoir rien publié. ah mais si, ce matin, avant d’aller chez l’analyste, un texte incroyable pour moi où il est question des fracassemeurs et de ce qui « fera cas », je ne sais pas comment je suis tombée là-dessus, un texte datant du mois de mars 24 et de la lecture de Gaëlle Obiégly qui m’avait tellement impressionnée et qui a probablement modifié quelque chose de mon rapport à la maladie et à l’écriture. retrouver ça m’a amenée à vouloir ramener sur le site toutes les notes Obiégly, il y en a pas mal. j’ai commencé à les travailler. mais comme elles se mêlent à des événements dont je ne pense pas que je voudrai jamais parler sur le site, que je dois camoufler, transformer, il faut que j’y aille doucement, réfléchir. idem d’ailleurs par rapport à Obiégly, délicat. heureuse de la retrouver, ça m’a donné envie de la relire. mais suis en plein Kafka. [...]  Lire la suite >

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