lundi 29 août 2011 · 21h00

J’avais établi un lien entre les deux : l’abandon de la calligraphie chinoise et le nœud bo comme si Lacan avait trouvé avec ce dernier sa propre calligraphie, qui lui allait comme une bague au doigt.

C’est avec un grand plaisir que je viens de faire l’acquisition de …ou pire que j’ai déjà eu l’occasion de lire par ailleurs. En feuilletant rapidement le texte établi par vous, j’ai été étonné de l’absence au début de la séance du 9 février 1972 du texte que Lacan semble avoir écrit en chinois au tableau : Je te demande de me refuser ce que je t’offre / parce que: c’est pas ça.

La référence est peut-­être anecdotique. Mais ce qui m’avait frappé lors de mes lectures, c’est qu’il s’agissait là de quasiment la dernière référence au chinois après le Séminaire précédent, D’un discours qui ne serait pas du semblant. De plus, dans cette même séance Lacan introduit pour la première fois, après avoir utilisé divers schémas, le nœud borroméen. J’avais établi un lien entre les deux : l’abandon de la calligraphie chinoise et le nœud bo comme si Lacan avait trouvé avec ce dernier sa propre calligraphie, qui lui allait comme une bague au doigt. Ne peut-­on y voir une réponse à la plainte qu’il formulait dans D’un discours qui ne serait pas du semblant : « Produire la rature seule, définitive, c’est l’exploit de la calligraphie. Vous pouvez toujours essayer, essayer de  faire simplement ce que je ne vais pas faire parce que je la raterai, d’abord parce que je n’ai pas de pinceau, essayer de faire cette barre horizontale, qui se trace de gauche à droite, pour figurer d’un trait l’un unaire comme caractère, franchement. Vous mettrez très longtemps à trouver de quelle nature ça sʼattaque et de quel suspens ça arrête, de sorte que ce que vous ferez sera lamentable, c’est sans espoir pour un occidenté » (p.121). [...]  Lire la suite >

lundi 12 septembre 2011 · 14h46

Sans titre

Mes si chers enfants,
Ce matin était mon R.V. avec le neurochirurgien, dr. *, à Erasme.
Il m’a éclairée sur mon méningiome ; je sais maintenant où il est situé : dans le lobe gauche de mes méninges. On m’a fait encore un scan, et je vais retourner à Érasme l’après-midi du 22 septembre, pour les
résultats et la décision d’une éventuelle opération.
Il a également affirmé que mon œil gauche qui se referme légèrement: c’est le méningiome qui pousse l’œil…
J’espère que j’ m’explique assez bien mais voilà enfin l’explication
claire et satisfaisante pour cet œil.
Voilà, je suis très fatiguée, c’est normal. Demain tout ira mieux.
A part ça, je vais très bien. Jeudi prochain je vais écouter un
concert d’orgue à l’église St. Servais; 20h15.
L’organiste sera Hervé Desabre du Val de Grâce à Paris.
Les orgues à St. Servais sont formidables. Je m’en réjouis.
Je vous embrasse très fort, tous les trois.
A bientôt
maman [...]  Lire la suite >

samedi 17 septembre 2011 · 18h02

menton fuit-il

 17 septembre 2011

18:02
je trouverai bien le moyen de prouver que mon menton ne fuit pas.

18:03
mon menton fuit? il fuit mon menton? mon menton fuit-il? c’est-il qu’il fuit mon menton. non, mon menton
ne fuit pas.
derechef dans le miroir vérifier s’il fuit, mon menton.

18:03
non, je ne suis pas celle qui a le menton qui fuit non.

18:07
à toutes mes tares ne s’ajoutera pas celle d’un menton fuyant.
je suis celle dont le menton ne fuit pas.
celle dont, sans être nécessairement volontaire, le menton ne fuit pas, suis-je.

18:12

si ça se trouve mon menton fuit et je ne le savais pas. [...]  Lire la suite >

dimanche 18 septembre 2011 · 11h25

l’oublieuse (ô solitude)

Il arrive souvent que des choses me bouleversent, sans que je ne m’en rende nécessairement compte.

Si ce bouleversement se prolonge, se renforce – de façon dramatique -, sur plusieurs jours, je peux alors éventuellement l’interroger, éventuellement poser un lien avec ce qui l’a causé. Mais, il s’agit alors d’une interrogation consciente, et donc  teintée d’une sorte de doute. ( Je ne pense pas qu’il y ait en moi d’autre lieu pour la certitude que l’inconscient. Or mon lien à l’inconscient serait si serré, que je ne pourrais m’empêcher d’attendre, sans concession, que la conscience m’offre cette même sorte de certitude.  Ce qui est à proprement parler impossible.) Aussi, n’arrive-t-il (pratiquement) jamais que j’en parle, de ce qui me bouleverse. Non, que je ne le veuille, mais faute de le repérer, et ensuite faute d’arriver à m’en assurer.  [...]  Lire la suite >

jeudi 3 novembre 2011 · 09h21

ô père

¤ I went down to the St. James Infirmary
I saw my baby there,
Streched out on a cold white table,
So sweet, so cold, so fair

¤ So Let her go, let her go, God bless her;
Wherever she may be
She may search this wide world over
but she’ll never find a sweet man like me.

¤

– les cadavres, c’est quoi? – c’est les corps, quand ils sont morts.  – ah oui, je sais je sais.

°

°

°

 

jeudi 3 novembre 2011 · 11h05

est-ce qu’on peut ouvrir les corps?
— oubli

(est-ce qu’on peut ouvrir les corps?) (?) (est-ce qu’on peut aller dedans?) (…) (mais comment se fait-il que j’aie fini par répondre : « oui, cela arrive, quand on est mort »? pourquoi n’ai-je pas pensé que ça arrive aussi à un être vivant) (je me demandais d’où venait la question qui me rappelait quelque chose, une image vue, me semble-t-il, à la télévision, un souvenir que je nous supposais à tous les deux, où il était question d’une autopsie qui l’avait intrigué) (oh moi je veux voir ça, moi je veux faire ça, ouvrir les corps, voir dedans) [...]  Lire la suite >

jeudi 3 novembre 2011 · 12h20

Avale me disais-je

Allez avale

Allez au diable je m’appelle Samuel Hall
Je vous déteste tous

un sandwich au chester, une après-midi de ménage (s’annonce)

femme ajournée une petite soupe pour la réchauffer

(j’avais voulu hier faire une photo du désordre ici, mais c’était trop noir; maintenant, trop clair.)

les virgules les points les majuscules je sais tout ça

je te dis : dis. dis dis ! dit seulement dit

voeu donc vain

mardi 22 novembre 2011 · 03h54

muller & muller

image

rêve, j’entends :
« muller & muller . S1 S2.  l’holophrase!  mais comment séparer ce qui est le même?  »
au réveil  :
  muller et muller
  14 . 18 et 40 . 45
  la guerre et la guerre
  M . U . double L . E .  R
  L . L
comment séparer ce qui est le même
je ne sais pas compter je n’ai pas d’accès à l’histoire
la preuve est là
1 .2 c’est facile
c’est à  trois que les difficultés commencent
l ‘ordinal!

du père le nom est le même, double
le corps non

joie du drame

pour sortir du même il faut et il suffit du zéro : « la place du sujet »
vous le saviez déjà. désir et jouissance s’articulent comme s’articulent ordinal et cardinal. [...]  Lire la suite >

vendredi 16 décembre 2011 · 21h44

les orphelins remplaçables.

et puis il y a quelques jours, mercredi,  j’ai rêvé que j’étais orpheline. non, pas moi, une petite fille, blonde. c’était un peu moche car les adultes pouvaient choisir les enfants et les garder pour la matinée ou l’après-midi, à leur convenance. ensuite ils les ramènent et peuvent en reprendre un, le même ou un autre si l’enfant qu’ils avaient choisi avait été un peu difficile, ne leur convenait pas. j’éprouvais un sentiment bizarre à cette  idée que les adultes choisissent les enfants et donc en rejettent certains. les enfants passent les nuits à  l’orphelinat. la seule chose que doivent faire les adultes, c’est conduire les enfants à l’école puis les récupérer.  je me dis que les enfants ne passent pas beaucoup de temps avec eux mais que c’est sans doute mieux que rien. quelque chose se passe dans l’école avec les enfants en présence des adultes. image isolée d’une petite fille de dos, avec de longs cheveux blonds, très raides, coupé cut, très droits, dans l’obscurité, devant une porte vitrée. [...]  Lire la suite >

samedi 17 décembre 2011 · 19h07

Ma guerre

  J’ai une assez longue analyse derrière moi, et elle se poursuit.
 
 J’ai eu la chance de trouver sur ma route récemment un groupe de l’ACF, Escapades, mis en place par G. C. J’ai été invitée à y participer, et ma foi, j’y trouve beaucoup de bonheur. Je connaissais un peu les personnes qui en forme le noyau de base pour les avoir rencontrées sur Twitter, l’année où Miller nous y a invités. Je me suis occupée de mettre en place un blog qui reprend quelques un de nos mails, puisque ce groupe est basé sur des rencontres, des visites, des spectacles, autour desquels des mails s’échangent. C’est moi également qui avais l’année dernière repris sur un blog, un autre blog, le cours de Jacques-Alain Miller.
 
Récemment également l’école s’est confrontée à des événements d’une actualité brûlante, Syrie, Libye, BHL, Rafah Nached, et cela ne peut se faire, on le voit, on l’a vu, sans qu’elle ne ne taise cette autre terrible guerre, Israël-Palestine, sans qu’elle ne se souvienne de 40-45 et de l’holocauste, sans qu’elle n’arrive à éviter la question de antisémitisme. Je le dis brièvement, de mon point de vue. je me suis dit : peut-être qu’il n’y a pas moyen de se faire une opinion sur l’actualité sans une remise à plat, sans une confrontation à ces questions-là.
 
 Un mot sur ma guerre.
 
 Elle a sa lettre dans le prénom de ma mère, lut gar de : Lutgarde : l’art de lire G. l’art de lire le point G.
 
 Une mémoire, celle de mon père, qu’il rappelait jour après jour. Sa façon a lui d’aller vers l’autre, de le rencontrer, de sympathiser : lui parler de la guerre. Les gens se rencontrent dans la guerre, dans la conversation autour de la guerre, c’est comme un feu, trouble. Très peu dans sa peinture. Un soldat, peut-être, un tank. Il était jeune. Ils ont caché une famille de juifs. Et c’est le père, Sterling, qui a initié mon père à la peinture. Au départ d’images que mon père lui ramenait. Notre nom était allemand. Mon oncle fou. Ma tante se coupe les tresses à l’entrée des troupes allemandes dans Bruxelles.
 
 Ma guerre pourtant manque absolument d’histoire, ou l’a arrêtée. 40. 14. Deux dates. Comme je m’en suis aperçue à la lecture d’un texte de R. Warschawsky, quand je l’ai traduite de l’anglais pour un numéro de la revue Quarto. 40-45, 14-18, les seules dates que je retienne. L’une, son double. L’une, sa répétition.
 
 Double L de mon nom. L-L. Plus tard, double i. Miller. Müller. à une lettre près, un i, un u, un point, deux points, un tréma.
 
 Un réveil, l’autre nuit : muller et muller. S1 et S2, l’holophrase. Son nom, de mon père. Le mien. Le même, mais comment séparer le même.
 
 J’ai le projet d’écrire un livre sur lui. Jacques Muller, une vie à l’œuvre. 
 
 Je me suis mise en tête de donner un nom à mon père. En manque-t-il. Sans quoi, je ne peux en avoir un. C’est assez logique, non.
 
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