vendredi 15 novembre 2024 · 14h41

racines (au nom de l’impossible)

i really feel stuck
into this conflict
israel/palestine
like being stuck, at the heart, of 
the conflict
between good and evil
and feeling guilty for it
how to step out of it
without betraying humanity

je me sens vraiment coincée dans ce conflit
I/P
c’est comme être coincé au cœur du conflit
le seul peut-être s’il en est
du bien et du mal
et s’en sentir coupable

mercredi 20 novembre 2024 · 11h22

comme fortement angoissée (présomption)

comme fortement angoissée mais j’exagère. hors d’haleine à bout de souffle dans la cour de la psy. aussi parce que j’ai écrit ce texte à H. aussi à cause de ma mère. étrange ces réactions physiques, dont je ne sais rien, strictement rien de ce qui les motive. rien ne me vient à l’esprit. il n’y a que ces malaises. je suis tout le obligée de présumer. 

vendredi 22 novembre 2024 · 22h43

compliqué

compliqué en ce moment
envie de regarder des séries, de jouer aux cartes, de passer du temps sur les RS
restée au lit je crois toute la journée, pas le courage au matin d’appeler maison de repos
finalement appelé l’après-midi pour parler à l’infirmière en chef, mais c’était trop tard
j’a pu parler à l’infirmier par contre, à R,
et à ma maman (!)

j’ai écrit alors à mes frères:

« coucou
j’ai eu R, l’infirmier au téléphone
il fera attention à maman dans les prochains jours…
il a dit que si l’un de mes frères vient, il pourra lui dire ce qu’il a observé
Je n’ai pas eu l’infirmière chef, j’ai appelé trop tard
elle était déjà partie
 
mais j’ai eu maman au téléphone
c’était mignon
elle a dit que c’était mieux avant
et que c’était l’hiver depuis pas longtemps
– tu as vu, c’est l’hiver maintenant
-oui, depuis pas longtemps
-et tu as vu hier la neige
-oui mais ça on connaît déjà. y a plus rien, y a les restes.
J’ai dit Ha ha, oui oui, tu as raison, y a les restes
je lui ai dit que j’allais venir
ça l’a étonnée puis
elle a exprimé que ce sera bien quand je viens
et elle a dit qu’elle se souvient
il y a eu d’autres mots et bribes de phrases et exclamations de ma part, j’ai beaucoup dit que je l’aimais et que je pensais à elle
à la fin elle a dit au revoir »

me suis alors recouchée et ai écrit à deux associations alzheimer

tous les soirs je m’endors en regrettant de n’avoir pas avoir plus lu

l’un de mes frères ne va pas bien

je voudrais faire un reset

samedi 23 novembre 2024 · 09h55

une liste de plaintes oubliées
— de comportements défectueux ou manquants

mais qu’est-ce que je voulais écrire, en me réveillant ce matin, qu’est-ce que je voulais écrire à mon analyste ? que voulais-je écrire à Hélène Parker. différents points, quatre ou cinq, dont il m’apparaissait qu’on pouvait sans doute les qualifier de plaintes, de symptômes même. une liste très simple de comportements défectueux ou manquants, dont je parle peu, dont je ne parle pas. dont je ne parle plus ? (le fait que je ne sorte jamais? que je ne m’occupe de rien? que ce soit F qui s’occupe de tout? que je ne gagne pas d’argent? que je ne prépare pas à manger? que je sois totalement inadéquate face aux exigences pratiques de la vie?) c’est vraiment étrange, à ces choses, je ne penserais plus jamais qu’au réveil, je ne pense plus que dans les premiers instants du réveil. j’y aurais pensé davantage. oui, il est bien possible que j’y aie beaucoup pensé autrefois, considérablement même. voire que je n’aie pensé qu’à ça. et que face à l’impossibilité d’y pallier, ces manquements chez moi, ces tares, petit à petit, je les aie refoulés, je m’y serais faite, inadaptée, déficiente. en ne m’y confrontant plus, j’aurai trouvé le moyen de m’en épargner l’angoisse. j’ai abaissé mon niveau d’exigence. et jamais encore, je crois, quand ils réapparaissent, au petit matin, au réveil, la nuit, je ne suis allée jusqu’à les écrire, comme à chaque fois, je crois, je me le propose. 

*

mais qu’est-ce que je voulais écrire, en me réveillant ce matin, qu’est-ce que je voulais écrire à mon analyste ? que voulais-je écrire à Hélène Parker ? différents points, quatre ou cinq, dont il m’apparaissait qu’on pouvait sans doute les qualifier de « plaintes », de « symptômes » même. une liste très simple de comportements défectueux ou manquants, dont je parle peu, dont je ne parle pas. dont je ne parle plus ? (
 le fait que je ne sorte jamais ?     que je ne m’occupe de rien ?     que ce soit F qui s’occupe de tout ?     que je ne gagne pas d’argent, que je ne prépare pas à manger ? que je sois totalement inadéquate face aux exigences pratiques de la vie ?
)       
        c’est vraiment étrange, à ces choses, je ne penserais plus jamais qu’au réveil,
    je n’y pense plus qu’aux premiers instants du réveil.      j’y aurais pensé davantage.      oui, il est bien possible que j’y aie beaucoup pensé autrefois,
                  considérablement même. voire que je n’aie pensé qu’à ça. qu’à ça.

et que face à l’impossibilité d’y pallier, ces manquements chez moi, ces tares, petit à petit, avec le temps, va, je les aie   
refoulés,
je m’y serais faite : inadaptée, déficiente.
 en ne m’y confrontant plus, j’aurai trouvé le moyen de m’en épargner l’angoisse.
j’ai abaissé mon niveau d’exigence et jamais encore, je crois, quand ils réapparaissent, quand ils font leur réapparition, au petit matin, un à un, au réveil, les uns après les autres, quand c’est encore la nuit, défilent, je ne suis plus allée jusqu’à les écrire,
                     comme à chaque fois, je crois,
                                                                     je me le propose. 

(tester version sur papier, manuscrite)

vendredi 29 novembre 2024 · 16h15

à l’heure de nulle part

  peu de choses continuent à tenir 
       (aucun travail que je puisse tenir sur la longueur)
   je ne publie plus que 
des choses sans suite
  à n'importe quel moment 
     ou de n'importe quel moment 
      (n'importe quelle année, mois, jour)
ce sont les dates (que la machine connaît, la machine blog) qui tiennent lieu 
 de rampes artificielle, d'édifice. par là me réintégrant quelque peu 
   à l'histoire.

c’est pourquoi la page MOD est la vraie page d’accueil de ce blog

samedi 30 novembre 2024 · 12h42

on a chacun ses plus ou moins grandes obsessions

version du texte publié sur Facebook

on a chacun ses plus ou moins grandes obsessions. je sais d’où vient que je sois obsédée par la Palestine et ce que commet aujourd’hui Israël. ça ne s’apaisera pas. ce serait lié à quelque chose de l’ordre du trauma et à la façon dont ça s’est combiné en moi pour y répondre, pour s’organiser, une organisation que je traite comme une maladie, considère comme une maladie, par où je cherche à m’absoudre, ce n’est pas moi, c’est la maladie, cette maladie honteuse qui m’a conduite à mener une vie d’inutile et d’exilée, dont le destin ne trouve à s’accomplir que dans le ratage, auquel je cherche seulement à donner un peu d’allure, à défaut d’en avoir aucune. partout: maladie. et chaque instant de ma vie tout entier tourné vers moi-même, à tenter de trouver grâce à mes propres yeux. depuis le diagnostic toutefois, relativement récent, j’ai pu finalement renoncer à exiger de moi des choses impossibles et me suis pardonnée beaucoup.

lundi 2 décembre 2024 · 08h34

instagram ce matin

sur une place ensoleillée, deux enfants se serrent dans les bras,  se séparent, l’un s’éloigne vers la gauche, le visage grimaçant, l’autre avance grave vers la caméra. il s’apprête à faire un an de prison. d’autres jeunes se tiennent là, debout, témoins de la scène. ça se passe en Cisjordanie, quelque part.

extérieur. scène de foule, dense, compacte, beaucoup de femmes, il me semble, voilées, tentent de s’acheter du pain. au travers d’une fenêtre découpée dans des cloisons de tôles, probablement solidement renforcées pour résister à la pression d’une foule affamée, de longs bras se tendent, de longs doigts, les visages de voix  qui supplient. sous-titres : prends mon argent, prends-le maintenant. la femme qui prononce ces mots est refoulée. ces gens veulent acheter du pain.
sous une tente une femme au sol pleure la dépouille de son enfant morte, étouffée par cette foule.
d’autres encore sont mort.es à Gaza en achetant du pain.

ancien ministre de la défense israélienne, entre 2002 et 2005, Mooshe Yaalon parle de nettoyage ethnique. « en réalité, dit-il, on chasse les Arabes. » il prend également la défense des jeunes qui refusent d’être enrôlés et sont emprisonnés. « officier dans l’armée d’Hitler, il aurait refusé de faire certaines choses », dit-il.

le dos d’une femme fouettée en Iran.

la tête d’un enfant qui émerge d’un amoncellement de gravats.

lundi 9 décembre 2024 · 06h53

de l’effet de quelques cigarettes (3)

je dois tout à fait renoncer à écrire jamais. et à publier. c’est la conclusion de ces récentes tentatives de travail sur le blog qui m’ont hier complètement démoralisée. j’écris un journal pour moi et basta.

il fallait cependant que j’écrive ceci, si je m’en tiens à ce que je n’écris d’ordinaire pas, à ce qui fait symptôme, c’est déjà bien. je veux écrire comment j’ai été si mal un jour, et pourquoi, et comment le lendemain, tout avait disparu : 

quand je me suis réveillée vendredi, j’étais « mal » – je mets des guillemets parce que je ne sais plus ce que ça recouvre cet « être mal », cet envahissant désagrément dont je n’ai  alors d’autre recours que de me recommander d’avoir la patience d’attendre qu’il passe -, et je ne savais pas pourquoi, mais c’était au point que j’ai eu très envie de fumer, comme si une cigarette allait régler ça, et je pensais que je donnerais le reste du paquet à H, s’il venait au soir, ou à M, ah oui, c’était le jour du concert de F et les membres du groupe devaient venir loger à la maison, les 5 membres, et c’est peut être à cause de ce concert et de cette venue chez nous que j’allais si mal (alors qu’a priori j’aime plutôt ça, a priori ou a posteriori, mais pas quand le moment se rapproche, en vrai). F est parti vers 18h30 pour accueillir les musiciens et préparer la salle,  quand il m’a prévenue qu’ils viendraient ici, les musiciens, avant le concert, je suis sortie m’acheter à manger et des cigarettes.

J’en ai fumé une, j’ai mangé, ils sont passés, ils étaient très sympathiques. les concerts étaient très bien, les gens avenants. H est venu, je lui ai donné le paquet, le contentant. quand tout fini, sommes rentrés tous ensemble, à pied, pas loin, Barbès, les jolies rues vidées et un peu mouillées, luisantes. je discutais avec le bassiste.  tout se passait bien, il aurait fallu s’en douter. il y eut encore la petite discute avant d’aller se coucher en mangeant des chips et le lendemain le petit-déjeuner autour de la table, animé, tout ce que j’aime, en fait. tout ce que j’aime, organisé par F. en plus, j’avais bien dormi  (seule petite anomalie : de la musique en tête au réveil, les Bee Gees, ça n’était pas désagréable). ils sont partis, et ce jour-là, le samedi, j’ai été tout à fait bien, à se demander si je n’étais pas un peu high, comme ça m’arrive quand je fume, d’abord de très bonne humeur et la nuit, ça vire. en post-cig, il n’y eut que des fracassemeurs en tonalité basse, bruit de fond, pas mal de musique dans la tête, et un petit bouton blanc découvert sur l’aile du nez, à gauche. les voix des fracassemeurs articulaient des mots auxquels elles ne croyaient pas elles-mêmes, pour le principe, vidées. 

Il est maintenant 7h22.

Je viens de manger le restant de soupe aux choux-fleurs rôtis faite hier.

Est-ce que j’ai écrit tout ce que je pensais devoir écrire ?

je voulais parler des fracassemeurs encore revenus ce matin, coups de couteau dans la poitrine, accompagnés de musique et de pensées variées,  j’aurais pu ne pas les remarquer.  étonnée qu’ils soient encore là si longtemps après les cigarettes de vendredi, qu’il y ait encore ces effets dans le corps, où est-ce que ça se passe, me demandais-je, en quel endroit du corps ? c’est pour ça que j’ai voulu me lever pour réfléchir à ça, réfléchir à ce que je pouvais faire pour contrecarrer ces effets que j’attribue à la cigarette, comment espérer que ça puisse ne pas laisser de traces, que ça se répare… j’ai l’air d’exagérer, mais – surtout au vu dont ça s’est passé cette fois -, mais. la seule chose à quoi je suis arrivée à penser, c’est « inflammation », « éviter le sucre », « état inflammatoire », « levure, intestin ». d’où aussi la soupe aux légumes. « état inflammatoire » et volonté d’empêcher.

est-ce que je suis ridicule? je le crois.

trouver le descriptif chez Kafka de ses « fracassemeurs » à lui…. parce que oui, pour moi, ce qu’il décrit, certains de ce ses « délires », de choses qu’il voit, ça correpsond à mes « fracassemeurs », en beaucoup plus grave. 

mardi 10 décembre 2024 · 06h39

rien de définitif

pour la première fois depuis longtemps hier, travaillé et écrit hier d’une façon qui m’a rendue contente.

non que je me sois dit, tiens je suis contente de ce que j’ai écrit, mais je me  je me suis rendue compte,  au souper, au dîner, que j’étais contente, joyeuse même.

Je me suis mise à travailler à un vieux rêve de je ne sais quelle année, 2+1 chiens, un rêve très court, que j’avais trouvé beau,  dont je n’avais pas tiré grand chose, mais dont il m’avait semblé qu’il en ressortait quelque chose (de beau) (d’important) qui parvient à dépasser subitement tout ce qui a lieu.

une fois de plus, je ne me tenais à aucun projet, je lâchais ce que je faisais, un endroit de la pelote pour partir d’un autre, mais tant pis je me suis dit, c’est comme ça, je perds tout le temps le fil, je ne me tiens à rien, mais c’est comme ça, je dois l’accepter. je n’offre donc rien à lire, c’est un regret, sinon à lire à l’instant T. tout restera mouvant. de toute façon, qu’est-ce qui se lit sur internet et comment ? mais je lis tout le temps sur internet. j’ai trouvé la forme, je ne suis pas loin d’avoir trouvé la forme du fonctionnement de ma pensée et d’un travail possible pour moi (atelier).

J’ai travaillé à ce rêve de 2021 et j’ai eu le sentiment que c’était valide de le faire. ce que j’essaye de faire peut prendre du temps. ne s’écrit pas sans résistance. ensuite j’ai lu les jours qui avaient précédé… et c’était intéressant… c’était intéressant aussi d’apercevoir ce que je n’avais alors pas aperçu. de m’étonner de ce qui était omis, non réalisé. je suis tombée sur un autre rêve, d’une dizaine de jours plus tôt. et le fait de le retrouver, de retrouver certaines de ses images au travers de ce que j’avais écrit m’a paru encourageant.

J’ai ajouté au texte sur le rêve des chiens que ce que j’écrivais était mal écrit, était difficile à écrire, parce que je me suis souvenue de la difficulté éprouvée, de l’insatisfaction, du mécontentement et du fait que je n’arrivais pas à mieux faire. j’étais obligée de prendre ce qui venait. ce que j’écris ne s’écrit pas facilement, pas de gaieté de cœur. j’ai tout le temps affaire à d’incroyables résistances. (enfin, à ce moment-là en particulier, ce mois de septembre, dans ces circonstances et ces questions particulières-là, où j’étais sans analyste.) et je suis en fait très contente d’avoir ajouté ça. d’avoir retrouvé ça, à me relire, retrouvé le sentiment de la difficulté et de l’avoir avouée, écrite. la difficulté fait partie de ce qu’il y a à écrire. j’écrivais cette interprétation de rêve sur mon petit téléphone au petit matin et les phrases que j’écrivais, certaines, ne cessaient de se rallonger sans que je sache où elles me mèneraient, dans un grand sentiment de précarité par rapport au sens que j’essayais de mettre au jour. la longueur même de certaines phrases, où je ne me dirigeais plus qu’à la sonorité, au rythme, m’empêchant moi-même de comprendre ce que je disais, n’étant d’ailleurs jamais sûre que la phrase soit finie, ait trouvé son terme. (et le fait que certaines phrases s’avéraient incomplètes, alors qu’elles disaient quelque chose). l’étrange, c’est que c’est que ce que j’écrivais ne l’était pas avant de l’être, nulle part, ni écrit, ni même pensé. il arrive que je tente d’écrire quelque chose à quoi j’ai beaucoup pensé, et que ça reste très difficile d’ailleurs, cela reste tenter de retenir quelque chose qui se dérobe, qui cherche à se dérober, et il arrive alors que je me lance dans quelque chose, une phrase, dont je ne sais absolument pas où elle pense me mener. je la suis, elle, à défaut, en dépit de toutes les autres qui s’enfuient, me lâchent. d’où mon usage du conditionnel et du futur antérieur. tout est hypothèses. enfin, peut-être pas tout.

comment préserver ce caractère et comment rendre la difficulté sans que ça fasse (trop) obstacle à la lecture.

mardi 10 décembre 2024 · 07h50

s’il te plaît V

s’il te plaît, V, fais ça aujourd’hui. cette soupe non mixée potimarron pois chiche fenouil pousses d’épinards.

et stp, V, aujourd’hui, retravaille au texte 2+1 chiens.
relis le rêve, vois-le.
le noir, le blanc
le n, le b
le n, la haine
le blanc, semblant
fais une phrase sur les chiens (un chien maltraité n’ayant rien à dire sur son sort, n’ayant plus droit à la parole – voué à disparaître), sur l’immixtion des sujets
et écris un texte de présentation des fracassemeurs.

vendredi 13 décembre 2024 · 07h24

que tu puisses ne pas avoir honte de moi

au lit dans le noir dans la chambre
j’essaie de faire en sorte que tu puisses ne pas avoir honte de moi et dernière l’échec apparent, percevoir la réussite.

quel échec ?
la honte de ne pas avoir de métier, d’œuvre, de nom
quelle réussite ?
mince, réussite mince. celle en tout cas d’avoir su – comme je m’en suis rendu compte récemment – me dégager de toutes les situations trop anxiogènes pour moi, me permettant finalement, sans que ça puisse hélas jamais d’aucune façon être universalisable, recommandable, de vivre de façon vraiment privilégiée, à l’abri et souvent bien. (qu’est-ce que je pourrais, de ce que j’ai vécu, faire passer à l’universel? il y a une passion du symptôme. mieux: trouver à se dégager du tout, opter pour le pas-tout.)

de ces privilèges, il me reste encore à me justifier. j’ai pris l’excuse de la maladie. la maladie, un vêtement comme un autre. 

Je me suis dégagée de toutes les situations trop angoissantes. mais j’aimerais arriver à supporter le petit peu de reconnaissance qui me permette de me consacrer à d’autres choses qu’à mon maintien en vie, hors angoisse, qu’à ce travail constant et inopérant de trouver les mots pour justifier mon existence parasitaire aux yeux des autres. (s’agit-il seulement de ça? je m’en tiens là à ça.) 

supporter une reconnaissance, c’est-à-dire, personnellement, supporter d’exister en mon nom, propre, (supporter d’avoir un nom), et donc comme personne appartenant au monde. 

Je ne pense pas que je dise quoique ce soit de compréhensible.

la maladie, la maladie mentale. cette honte-là.

la réussite d’avoir survécu, la réussite d’être sortie du désespoir.

vendredi 13 décembre 2024 · 07h56

certaines œuvres me bouleversent, rares,

certaines œuvres me bouleversent, rares, transforment ma vie (ou me paraissent pleines d’une promesse de transformer ma vie ou m’offrent des pistes), d’autres, les plus nombreuses, je les vois de la même façon dont je regarde le reste du monde.  elles s’ajoutent à ce que je perçois du monde et dont je ne peux, a priori, rien dire. c’est à la fois une expérience, une connaissance et une information supplémentaires, qui n’aboutiront peut-être jamais à un savoir que je puisse exprimer. qui pourraient cependant modifier ma façon de vivre. dont il me semble qu’elles augmentent la connaissance que j’ai du monde. ma connaissance, ma sensibilité, y opèrent des bougés. et puis, il y a celles que je n’aime pas, des fraudes, ou que je ne vois pas.

c’est peu. c’est peu ce que j’arrive à en dire, de tout ça.

s’agit-il seulement de connaissance.

il s’agit aussi de non-connaissance. il s’agit peut être d’abord de non-connaissance, d’étrangeté. de quelque chose de l’ordre de l’infra-mince. du glimpse, de l’entraperçu.

il s’agit souvent de quelque chose dont il me semble qu’il demande du temps, un temps de contemplation, de méditation, un temps sans savoir. et que ce temps je le donne rarement. je suis pourtant lente dans les expos.

à propos des concerts, je me disais récemment que je pourrais y aller uniquement pour ça, ce moment partagé avec d’autres de silence d’écoute d’arrêt. silence de soi, des mots, arrêt et être ensemble. répit.

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