Je ne me souviens plus du titre de cette œuvre, peut-être tout simplement « Peinture ». Je l’ai prise en photo pour me souvenir que très vite pour Hantaï la toile, le tissu, sera l’objet de sa peinture. L’objet dans sa matérialité, réel. Ce qui paraît évident ici, où c’est le tissu même, dans ses plis et replis, qui est posé sur la toile, comme objet de la peinture, objet sur laquelle de la peinture est posée.
Hantaï, composantes de peinture : toile, peinture
Vues des Tabulas (rouge et bleue), 1980
fort muller
mon désir de FOR MULER
(fin mot)
Hantaï – Nancy : L’exposition qui n’a pas eu lieu. alors le livre d’une correspondance.
« Simon Hantaï, connu comme un des plus grands peintres français des années 1960 à 1990, avait décidé de ne plus peindre ni exposer. En revanche il lisait des philosophes et entretenait des rapports avec certains, soucieux qu’il était des enjeux de son art. Au fil d’années de conversations et d’un travail commun autour d’un livre de Derrida, Jean-Luc Nancy avait essayé d’ouvrir une voie vers un projet qui n’aurait pas abouti à une « exposition » mais à une mise au jour, à une monstration du travail et de la pensée de Hantaï. Celui-ci en vint à approuver ce projet qui commençait en même temps à pouvoir être pratiquement mis en œuvre. Mais sa disparition, en 2008, suspendit l’entreprise dès son premier pas. [...] Lire la suite >
le point de capiton de Simon Hantaï
C’est à cette Madonna del Parto de Piero della Francesca que Simon Hantaï dédie …del Parto :
Sur un carton d’exposition, il la décrit dans ces termes :
… del Parto, Tabula 1975Acrylique sur toile pliée 255 x 320 cm Parmi les Tables peintes à cette époque, quelques unes de couleur terre. Terre verte, rouge, Pozzoli, terre brûlée et ce caput-mortuum.Pliée en rectangles, les croisements fixés par des nœuds à l’envers. La face capitonnée mise par terre est peinte. La couleur caput-mortuum rentre dans la toile instantanément. Ne bave pas, souligne les coupes, les échardes et l’étoilement sec et sans séduction. Les nœuds enlevés et dépliés, le capiton s’ouvre en fente partout.A la Madonna del Parto.Sur ce carton, à l’encre manuscrite, il écrit également :
Quelque part, dans une lettre j’ai fait allusion au matelas chez Lacan. Cette toile était vraiment un matelas par terre que j’ai rempli de peinture.
Je donne ici quelques photos (toujours) tirées du film de Jean-Michel Meurice qui illlustrent bien à quel matelas, et quels points de capiton, Hantaï fait allusion, en référence avec l’importante notion lacanienne de « point de capiton » : [...] Lire la suite >
Sans titre
– n’avais-je au fil des ans acquis quelque savoir-faire en matière de remplissage de lave-vaisselle ?
– de lave-vaisselle quand il s’agit du vôtre, je veux bien le croire. mais quid de n’importe quel autre lave-vaisselle?
las. je n’eus plus la force de prononcer un mot de plus.
Simon Hantaï, « s’engendrer soi-même »



du « se parare » ou « se parere », l’objet dans la refente
[ Comment l’Un fait-il pour être à la fois le plus impersonnel et le moins ? Le plus indifférent à la qualité et la qualité même, sa racine. Reste ultime du trauma.]
L’Un répété des carrés de couleurs de Hantaï, ce pur Un des Tabulas, ou Tables comme il les appelle également, « Tables du Un », reprend, lui ramène, lui restitue, une jouissance qui n’appartient qu’à lui. La substantifique moelle. Et, elle, ce précipité de jouissance, paradoxalement, est ce qui passe à l’universel. Peut être comprise, jouïe, en dehors même de la connaissance du trajet de Hantaï – même s’il faut probablement avoir avec lui quelques jouissances communes… (( Ce que je peux avancer facilement, puisque je connaissais à peine Hantaï en arrivant à l’exposition. )) [...] Lire la suite >
Quelle croyance pour l’inconscient?
la troupe d’un autre monde (rêve du 21 au 22 juin)
« A la piscine avec de nombreux amis, des hommes, que je trouve assez séduisants et c’est réciproque. Je nage sous l’eau. Beaucoup de monde. Arrivée d’une drôle de troupe, tribu, qui vit sous une large tente hexagonale, une yourte. Ils s’installent dans le fond de la piscine, ils sont à l’abri de l’eau et continuent de vivre normalement, interdisant l’accès de la tente aux nageurs. Ils prennent beaucoup de place.
– Au réveil, certains indices de la suite du rêve me donneront l’impression qu’il s’agit avec cette troupe de l’inconscient et de ses habitants. – [...] Lire la suite >
Les objets de l’obsessionnel
Conférence clinique sur la névrose obsessionnelle
Philippe La Sagna
26 avril 2007
Je vais parler comme si vous connaissiez bien le cas de l’Homme aux rats, pour examiner avec vous la place des objets dans la névrose obsessionnelle et spécialement de cet objet que l’on désigne comme l’objet a.
Si la psychanalyse a semblé au départ être une stricte pratique de déchiffrage du symptôme et des rêves, elle a peu à peu glissé, spécialement après la 2ème guerre mondiale dans le monde anglo-saxon, vers une étude des relations du sujet à ses objets, et en particulier à ce type d’objet que l’école kleinienne a fait valoir comme les objets partiels.
Derrière cette mise en avant de l’objet il y avait une autre idée : que dans la psychanalyse l’essentiel n’était pas le déchiffrage du symptôme, mais l’analyse du transfert, conçu comme une « relation ». Le transfert devenait le véritable objet de l’interprétation et l’analyse un examen du rapport entre le sujet et ses objets. À travers la relation établie entre le patient et l’analyste, le transfert était le laboratoire de la relation d’objet. [...] Lire la suite >
L’hypothèse de l’inconscient est à vérifier dans chaque cure
Le croyant et la dupe
Marie-Françoise De Munck
Le thème de cet atelier sur les manifestations résiduelles n’est pas un thème facile à traiter car le matériel clinique se rassemble essentiellement par ce qui est recueilli dans les travaux sur la clinique de la passe. Face à cette difficulté, j’ai choisi de l’aborder par la question du destin de la «croyance » dans la cure. Je vous propose ce binôme « le croyant et la dupe » en écho à celui qui nous rassemble « le curable et l’incurable ».
La croyance, elle est au départ, elle s’établit à l’entrée en analyse et elle est exigible même.
Il s’agit bien sûr de la croyance dans l’inconscient, la croyance au symptôme. Croire à son symptôme, c’est supposer au symptôme un sens, le symptôme veut dire quelque chose qu’il appartient au dispositif de la cure de mettre au jour. (( Je vais me référer ici et pour l’ensemble de ce travail au cours de Colette Soler de l’année 92-93 sur « Les variables de la fin de la cure ». ))
» Ce qui constitue le symptôme, dit Lacan dans RSI, c’est qu’on y croit… Et qu’est-ce que croire, sinon croire à des êtres en tant qu’ils peuvent dire quelque chose… » [...] Lire la suite >
Dépêche-toi lentement
J’ai dit que mon blog c’était l’écriture de l’inhibition et, à considérer tout ce qui est publié ici, on voit combien, à trouver son support, cette inhibition peut être « productrice » (dis-je sans bien sûr juger de la qualité).
Rien, je pense, de ce qui n’est écrit ici, ne l’aurait été s’il n’y avait eu le blog.
Le blog a rendu possible une écriture qui ne l’aurait jamais été autrement.
J’ai souligné qu’il s’agissait avec le blog d’autopublication. Cet « auto » devant largement indiquer pour moi qu’il ne pourrait d’abord s’y agir… excusez-moi du peu, que de jouissance, laquelle n’est d’abord qu’auto, solitaire, autiste, si l’on en suit Lacan ou Miller (et j’en suis). [...] Lire la suite >
Angot : Féminin singulier
— Par Vanessa Sudreau
« [ … ] La plume au vent avait une ancre » (( Miller J. – A., « d’une théorie de la littérature , hommage à Christine Angot » , La Règle du jeu, on line : http://laregledujeu.org/miller/2013/ 03/11/hommage-a-christine-angot ))
Je voudrais vous parler de Christine Angot ; en réalité, je voudrais dire quelque chose à Christine. Angot et vous dire quelque chose qu’elle m’a appris – notamment lors de sa venue fin avril au Théâtre Sorano, à Toulouse, m ais aussi depuis longtemps.
Que fait Sujet Angot (( Angot Ch ., Sujet Angot , Paris, Fayard, 1998. )) ? Elle établit des faits et, avertie qu’il n’y a que de faux faits, comme nous y rend sensible Lacan (( Lacan J., Le Séminaire, livre XXIII , Le sinthome, Paris, Le Seuil, 2005, p. 66 : « Il n’y a de fait que du fait que le parlêtre le dise ; il n’y a pas d’autres faits que ceux que le parlêtre reconnaît comme tels en les disant ; il n’y a de faits que d’artifices. Et c’est un fait qu’il ment, c’est-à-dire qu’il instaure, dans la reconnaissance, de faux faits [ … ] » )) , elle extrait le trauma derrière les faits. [...] Lire la suite >
La vie sexuelle contemporaine
La sexualité contemporaine, accords trouvés
par Patrick Monribot
Introduction
Frédérie Castan: Bienvenue à tous et particulièrement à notre invité, Patrick Monribot, que je remercie d’être ici, pour nous parler des ressorts de la sexualité contemporaine.
Je vous le présente : psychanalyste à Bordeaux, psychiatre, Patrick Monribot est membre de l’Association Mondiale de Psychanalyse (AMP), de l’École de la Cause Freudienne (ECF) et de la New Lacanian School (NLS) ; il est aussi chargé de cours pour l’une des branches de la Section Clinique (SC) de Bordeaux et a publié de nombreux articles dans plusieurs revues : Quarto, La Cause freudienne, dans la revue Mediodicho de Cordoba en Argentine. Il a aussi publié des séminaires en Colombie, au Venezuela et au Pérou. Cette liste est loin d’être exhaustive. [...] Lire la suite >
Anne Lysy : Lʼanorexie : Je mange rien (extrait 1)
[…]
1. Le rien, l’amour et le désir * (( Extrait de Lʼanorexie : Je mange rien de Anne Lysy sur le site du Pont Freudien))
C’est ainsi que j’ai sous-titré ce premier moment, qui reprend le Séminaire IV et « La direction de la cure » (( J. LACAN. « La direction de la cure », 1958, in Écrits. Paris, Seuil, 1966, pp. 585-645. )) . Lacan, dans les années 50, met en avant la prévalence, dans tout phénomène humain, de l’ordre symbolique, l’ordre du langage, qui préexiste au sujet et qui le détermine. Il l’appelle le grand Autre pour le distinguer comme au-delà, comme horizon des petits autres, les égaux, les comme moi, les pareils, même si la fonction de ce grand Autre est supportée ou incarnée par des figures proches, par exemple, les parents, le père, la mère, pour l’enfant. [...] Lire la suite >
Anne Lysy : Lʼanorexie : Je mange rien (extrait 2)
[…]
3. Un rien pas toujours dialectique ( Deuxième extrait de Lʼanorexie : Je mange rien de Anne Lysy sur le site du Pont Freudien))
Jusqu’ici, j’ai déployé cette dimension, qui est celle qui est déployée par Lacan, du rien dialectique. Eh bien, il y a aussi des riens qui ne sont pas dialectiques. Si ce passage de Lacan renvoie, dans ce contexte, à ce rien qui a une fonction dialectique, force est de constater, dans la clinique, que cette dialectique n’est pas toujours présente, et que la position de l’anorexique ne se laisse pas du tout entamer. L’extrémité où la mène à incarner ce refus dans son corps semble parfois le but poursuivi pour lui-même, et la mène irréversiblement à la mort. Elle semble se faire le déchet, le corps monstrueux. Non pas pour aveugler l’autre, mais parce qu’une logique implacable la mène là. Une logique qui ne semble plus relever du tout de l’appel à l’Autre. [...] Lire la suite >


