samedi 24 août 2013 · 19h29

Prit alors la parole une petit fille qui m’est très chère, avancée en robe blanche dans le cercle formé à la tombée du jour, joliette blanche fait un pas vers le feu central.

Ça aurait pu être un petit garçon, dont vous imaginez déjà les culottes courtes puisque nous sommes à l’été, petit garçon, enfant de la petite fille en d’autres époques. Ou encore, car, voyons qui le sait qui parle, ou ce qui parle, l’un de ces hommes plus si jeunes, pieds et torse nu, grand maigre encore chat, cheveux délavés, appartenant probablement au groupe de ceux qui aiment également les congénères de même sexe. Il ou elle, vieux ou enfançonne, différemment chacun, dit :

Le désir, ce mot que les hommes avait inventé pour mettre en boîte un peu de la matière, qui d’ailleurs y résistait, se rebellait, s’en réchappait, le laissant exsangue, jusqu’à ce que son utilisateur, l’utilisateur de ce mot, arrive à en récupérer une nouvelle part, s’en qu’il en sût rien, presque toujours autre, de cette chose dont les hommes n’avaient aucune idée de ce qu’elle était , si étrangère à l’essence des mots, toujours et partout une, mais dans l’immensité, si peu propre à être nommée que sa matière pouvait servir à remplir beaucoup d’autres mots, dans des proportions plus ou moins moindres, leur apportant toujours une teinte différente, de la plus souhaitée à la plus effroyable.

samedi 7 septembre 2013 · 13h25

Très fatiguée, pas dormi assez.

Regardé série hier jusqu’à deux heures,  Luther. IMG_0532Puis visages voix histoires qui continuent, que je prolonge, parce que j’en ai envie, puis parce que je ne peux plus m’en empêcher. Et d’autres choses, comme me répéter Tu dois mourir. Sans drame, mais incessant, bruit de fond, vagues. Alors levée,  mangé des choses sucrées,  pensant que réconfort mais. Bref, insomnie, longtemps que. Avais oublié comment. Ces choses qu’on n’arrête pas de se dire, pensées qu’on ne peut s’empêcher d’avoir. Et la série qui restait, Luther, que j’avais regardée, ça restait, je la faisais rester, j’essayais de la faire rester, dans ma tête, l’histoire, les personnages, l’esthétique. Qu’est-ce qui m’avait plu ? Qu’est-ce que je cherchais à retenir ? Enchantée. Séries m’enchantent. Comme quand j’ai découvert Lost, pouvais plus m’empêcher de regarder. Durant le jour, leurs voix me poursuivaient, j’avais besoin de les entendre.

samedi 7 septembre 2013 · 13h53

mes supposés lecteurs

Dois fermer le blog, pas le courage de l’écriture, trop paresseuse, devenue trop paresseuse ; ai été travailleuse, ne le suis plus. Du coup continue à trop restreindre ce que je dis. Présuppose, crains, espère, m’attends à certains lecteurs, qu’internet rend d’ailleurs trop proches, auxquels je cherche à servir ce à quoi je m’attends qu’ils s’attendent.

Par exemple, entre autres, et s’opposant d’ailleurs à mes autres supposés lecteurs, crains trop la lecture des psychanalystes, moins leur lecture que celle de l’École (de la Cause freudienne), qu’ils représentent pour moi. Ce que je crois de ce qu’elle peut savoir, qu’elle veut savoir, de la façon dont elle veut le savoir, du moule, des modèles (langagiers) dans lesquels elle fonctionne, de l’étroitesse de ces moules, dans lesquels pourtant je voudrais forcer ma pensée. Cela ne veut pas dire qu’elle ne supporterait pas que ces moules soient forcés, élargis, mais cela y demanderait une assiduité à l’écriture que je n’ai pas.

C’est quelque chose du style de l’École qui ne me paraît pas propice à l’auto-analyse, un style trop maîtrisé, surveillé, stéréotypé, et peut-être le fait que trop peu d’analystes aient suffisamment insisté pour faire reculer les limites de leur propre analyse. Pour les faire sauter. Ou pour témoigner de ces limites, des limites de la psychanalyse. De ce qu’ils n’ont pas pu faire sauter comme verrou.

Quelque chose cloche dans la psychanalyse, quelque chose rate, qui au moment de son enseignement se voit pris dans un discours qui certes lui convient, « L’Autre  qui n’existe pas, le trou du langage, l’insensé du réel, etc. », mais qui rate de trop bien fonctionner, de rater son ratage. Le lisse et le poli même de son discours lui fait rater, trahir l’objet qu’elle a su pourtant cerner. Elle devrait trouver le moyen de bégayer un peu plus et la finesse d’en rire. Le discours de la psychanalyse ne devrait se supporter, ne consister, que de l’invention (et donc de l’incrédulité que l’invention éveille).

dimanche 15 septembre 2013 · 14h25

lu ausi

Quote from: dulce coniglio on September 09, 2013, 11:55:06 am
« c c’est super mais tellement dense
donc j’ai pris ça en parallèle »

– ah oui, moi j’ai pareil avec Proust, sa Recherche, que j’ai lue pendant les vacances, dense donc en parallèle ce livre, Love&Pop, parmi d’autres, mais je ne me souviens plus de cette histoire du mec qui a le sida, de toutes façons j’ai aucune mémoire, à la place je me souviens d’un film que j’avais vu, japonais, dont je ne me souviens bien sûr pas du titre, en deux parties, le film, j’ai vu que la première partie et je suis pas sûre d’avoir aimé – parce que je n’ai pas de goût; comme personne, je n’ai pas de goût. bon, le film parlait d’un type qui se marie et qui veut seulement regarder sa femme de temps en temps, sa femme habillée d’une certaine tenue, dans leur chambre, le soir, rien de plus, quelques instants, pour le reste il devient assez brutal je crois avec elle, il ne veut pas qu’elle sorte de chez eux, qu’elle rencontre qui que ce soit, etc. la fille a eu un traumatisme quand elle était petite, une fille a été tuée et des poupées volées, voilà, il est peut-être le voleur de poupées, il est riche, le film c’est Celles qui ne voulaient pas se souvenir ou quelque chose comme ça. j’écoute seulement le cliquetis du clavier. en fait j’aimais pas fort ce film, ça m’a rien apporté, mais une amie aimait beaucoup était même pressée de voir la deuxième partie, du coup, je savais plus. je me rends compte que je n’écris plussouvent à l’ordinateur (remplacé par smarthone).
j’ai lu aussi le Monsieur Proust de Céleste Albaret et c’était super. C’était au mois de juillet. Ca a participé à la beauté et la bonté de mon mois de juillet. c’est un livre que j’ai pris à la bibliothèque, et je ne sais pas si je dois l’acheter ou pas, ça fait partie des livres que j’aimerais lire tout le temps, qu’il ne me quitte pas, mais j’ai ça avec beaucoup de livres, après, je les oublie quand même et je ne les relis plus. en ce moment je songe à jeter tous mes livres à ne lire plus que des livres de la bibliothèque à n’acheter que ce qu’il n’y a pas à la bibliothèque et puis les jeter ou les donner; d’abord parce que ça prend beaucoup de place puis on doit faire des économies, mais bon
j’ai aussi lu Darrieusecq, Clèves, parce que quelqu’un dans une soirée en avait parlé, je ne sais plus comment s’appelait cette personne qui se disait très contente de me rencontrer, c’était le jour où j’avais coupé mes cheveux ou quelques jours après, Élise aussi était là, elle avait aussi dit quelque chose de Clèves, et il y c’était le soir de l’événement du bouquin de Dulce.  moi, Clèves, j’ai trouvé ça horrible, pas formidable, horrible, d’ailleurs aussi le Love&Pop, horrible. Clèves m’a permis quand même de comprendre quelque chose et m’a rappelé une phrase de je ne sais plus qui sur son blog qui disait approximativement : toutes les filles ont un truc horrible à vous raconter de leur enfance ou de leur jeunesse une expérience sexuelle tordue, pas cool.
Je ne pense pas avoir lu d’autre livre que j’aie trouvé horrible pendant ces vacances, non. il y en a eu un très mignon, que j’ai lu à Jules aussi, La Cybériade de Stanislas Lem. je ne sais pas si j’ai lu d’autres livres, ah oui, le séminaire nouvellement sorti sur le désir, de Lacan. pardon, comme les noms et les titres me manquent tout le temps m’échappent, je suis obligée de faire beaucoup de périphrases. se taire convient aussi. mais j’ai passé de bons moments, de bonnes vacances avec ces livres que l’ai lus, et je voulais essayer de m’en souvenir avant de les avoir complètement oubliés pour de bon. je ne sais pas s’il y a eu d’autres livres. 1, au moins, mais qui n’est pas worth mentionning here. 

Également lus :

Le journal d’un homme de trop, de Tourguéniev

Le troisième Reich, Roberto Bolaño

 

 

 

Le Troisième Reich, Roberto Bolano

mercredi 18 septembre 2013 · 05h55

J’ai fermé le blog au public

Nous sommes mercredi. J’ai fermé le blog au public il y a  un jour ou deux suite à une discussion que j’ai eue ce week-end, samedi, avec Frédéric. Je lui disais que je n’en pouvais plus, que j’envisageais de reprendre un analyse,  que je n’en pouvais plus de ne pas avoir de métier, que je n’en pouvais plus de ressasser le passé en me demandant ce qui s’était passé, où ça avait cloché… Et il m’a répondu que j’avais déjà fait tout ça, que je n’avais rien à  leur demander, que si je voulais être analyste, je devais ouvrir un cabinet, et sinon,  que c’était autre chose.
Je fermais les yeux, ce qu’il me disait me transpercait le coeur, je pensais qu’il fallait que je meure, je le lui disais.

mercredi 25 septembre 2013 · 11h54

Nue, Jean-Philippe Toussaint

Il y a la « disposition océanique » aussi, de Marie,  son goût pour la nudité. Sa facilité à faire une, nue, avec la nature, dont aurait répondu le défilé en robe de miel, révélant, pourtant, avérant, questionnant la possible face d’horreur (de la nue dans la nature). Comme s’il avait fallu, pour elle, Marie, que la haute couture repondît de la grandeur, de la beauté de ce « sentiment océanique » que le narrateur dit donc observer chez elle. Et que ce soit au départ de la faille, de la faillite, alors de cette correspondance, du recouvrement « nature/culture » pour le dire très grossièrement – peut-être on aurait pu dire aussi « femme /robe », « nue/non-nue, vêtue », « une nue/une vêtue »- que quelque chose se révèle de la raison du travail de la jeune femme, et de leur couple.

///

Moi, je déteste m’habiller. Je n’habille pas la nue. Je laisse nue la nue. Dois laisser nue la nue.

Comme si…. la nuée d’abeilles, la robe de miel, cherchaient à répondre de la nue Marie (semblant réel).

C’est le semblant qui m’est impossible.

Quelque chose n’est pas recouvert.

Pauvre F, qui déteste la nudité (dit-il).

 

Le croyant et la dupe alors ?

Là où l’obsessionnel se porte caution de l’Autre, c’est le Sans-Foi qui caractérise l’intrigue de l’hystérique, c’est-à-dire un « ne pas y croire ». A faire d’elle-même le point de référence, le lieu de la Vérité, elle déstabilise toute croyance dans la parole du Maître. …

Alors, les femmes sont-elles dupes d’elles-mêmes ? Sont-elles dupes de rester pour elles-mêmes leur seule vérité ? Sont-elles dupes de cette jouissance qu’elles éprouvent mais dont elles ne savent rien et ne peuvent rien dire ? Sont-elles dupes de l’amour dont le discours et la lettre les entraînent au-delà de l’aimé ? Sont-elles dupes de l’homme par l’inconscient duquel elles sont choisies ? Là, c’est ce que donnerait à penser le ravage que peut à l’occasion devenir la relation avec un homme.

 Nous mettrons ici le même écart entre « être dupe » et « se faire la dupe » qu’il y a entre être l’objet du fantasme d’un homme et accepter de s’en faire l’objet cause du désir. Cet écart est celui de l’accès à une place de semblant

Se faire l’objet du fantasme masculin conduit une femme à cette relation de « ravage » qui caractérise aussi bien la relation mère-fille quand, enfant, elle se fait objet du désir « pervers » de la mère. Tandis qu’accepter de se faire l’objet cause du désir pour un homme, accepter de se prêter à la perversion masculine, souligne l’accès à une place de semblant.  Adopter cette place est une façon pour une femme de se faire la dupe du choix de l’inconscient.

Le croyant et la dupe, Marie-Françoise De Munck

mardi 1 octobre 2013 · 11h52

Surfaces de l’Intérieur de Thomas Clerc, livre

C’est un intérieur tout en surface que nous invite à visiter Tomas Clerc. Le choix qu’il a fait (de méthodiquement décrire son appartement) lui permet de glisser sur quantités de choses (qui le concernent de près)  sans s’y s’appesantir  – exemple : incidemment apprend-on la date de la ruine de son père et donc sa ruine, au détour de je ne sais plus quel objet, de je ne sais plus quelle pièce.

Les cinquante mètres carrés de son appartement, dont il déplore par ailleurs l’étroitesse, dès lors qu’ils doivent être décrits objet après objet et avec un talent  indéniable de manipulateur de mots, manipulateur et connoisseur, prennent des allures d’infini, au moins ont-ils dû le prendre pour lui,  c’est ce que je suppute, un infini qui ne tiendra finalement jamais que dans 400 (386) pages et qu’il aura fallu 3 ans à notre Ulysse pour l’épuiser.

Un infini borné donc – puisque l’infini a des propriétés si étranges qu’il lui suffit de bornes pour s’ouvrir. Borné, autant que son arpenteur, qu’ici je n’injurie pas, car il  y fallait des qualités d’âne à son exercice, d’âne bâté et décidé, bâté de son désir, aventurier aussi bien, car que peut-on savoir du désir, sinon justement en surface ;  surface qui pourrait s’avérer trouée, comme la mer l’est par l’iceberg, qu’il troue autant qu’il bouche ;  ses objets donc bouchant autant qu’ils trouent. Sur la mer dans son appartement nous l’accompagnons, et nous amusons d’en apprendre tant sur lui, l’air de rien.

(Ne me me reviennent que deux trous dans sa description : celui de son rapport à l’argent et celui de sa bibliothèque, dont il nous met l’eau à la bouche puisqu’il se promet d’y consacrer chacun un ouvrage entier. J’attendrai pour ma part, avec impatience patiemment) .

Cet auteur,  cet écrivain, Thomas Clerc, en âne bâté mais  en un fourmi aussi bien, qui du monde sait ce que ses courageuses petites pattes lui auront laissé éprouver, elle ignorant les bornes,  s’avançant dans l’ombre seulement de son fardeau plus gros qu’elle, les mots qu’elle se paie, qui s’ils lui pèsent au dos la protègent de la vue d’un horizon que sa petite taille, dont elle n’est pas dupe, l’inclinerait à admettre inatteignable ; c’est en aveugle qu’il lui faut avancer, à l’image d’ailleurs des mots dont elle se charge et qui ne le sont pas moins que les objets qu’ils ont à décrire. Et pas moins aveugle que la pulsion (freudienne) dont elle emprunte le cours, quand elle ne le crée pas, de ses petites pattes. Et,  si on la sait pas prêteuse, cette fourmi-ci, Clerc,  est danseuse, danseuse et parfois nue dans son appartement.

Tout ça pour dire qu’il y aura désormais à compter avec ce livre quand il s’agira  d’en apprendre sur le destin possible de la névrose (obsessionnelle) chez un écrivain. Une perle. Et bien plus encore.

Écrit dans le noir, au lit non relu, sur mon téléphone

samedi 5 octobre 2013 · 13h03

une caresse, des fleurs, une phrase – l’effleurement

Je m’étais mal réveillée. Je le dis à F. Écœurée de cette vie,  de mon enfermement. De l’absence de perspective,  du seul ménage à faire, du manque de sens de ça. D’un désir de fuir, m’en aller, partir. De l’incompréhension. De ma vie en forme d’oubli. J’écrivis une phrase, j’allai mieux. Mais donnez-moi seulement une phrase et je serai guérie. Plus tard,  F rentra dans la chambre m’offrit des fleurs, effleura mon sexe de sa main,  effleura mon sexe de sa main (le fit deux fois), me dit qu’il m’aimait, sortit de la chambre. Je voulus l’écrire, l’effleurement, songeant que c’était là seulement ce qu’il y avait à écrire et qui ne s’écrivait pas, cela seulement que j’avais à tenter, ce pourquoi j’oubliais tout / rien à retenir sauf cette tentation /, que j’oubliais tout le temps. L’effleurement, ce mot suffirait-il à contenir la sensation que j’avais éprouvée, que j’éprouvais encore ? Gonflée peut-être de la reconnaissance qu’il ne fût pas plus appuyé, ce geste, ce que je n’aurais pas (malheureusement) pas supporté (quand ce simple attouchement me troublerait, m’accompagnerait, des heures).

image

fleurs : sont petites roses roses

samedi 5 octobre 2013 · 14h23

je déteste m’habiller

Thomas Clerc, sa garde-robe,
Moi je déteste m’habiller

Jean-Philippe Toussaint, sa Marie styliste,
Moi je déteste m’habiller

C’est tous les jours, les mêmes difficultés, que je ne surmonte le plus souvent pas le week-end (ou alors pas avant 16h….)  Je déteste prendre le temps de me laver, me coiffer, m’habiller…

En ce moment, me semble-t-il, plus difficile encore que d’habitude.

vendredi 11 octobre 2013 · 14h46

je ne me remets pas de mon analyse,

je ne me remets pas de mon analyse, je n’arrive pas à me remettre de ma rencontre avec la psychanalyse. je n’arrive pas à tourner la page.  à passer à autre chose, à quitter mon passé. à sortir de la rancœur pour ce que j’éprouve comme un échec dont j’attribue la faute aux autres, à ceux qui furent mes analystes, puisqu’il finit même par y en avoir plusieurs. je n’arrive pas non plus à cesser vouloir écrire.

c’est très grave, puisque très régulièrement, comme cela s’est passé récemment, je veux mourir. je ne suis plus que pleine du désir de mourir et de la peine qu’il en soit ainsi et que mon fils ait une telle mère, pleine du désir de mort.  c’est toujours quelque chose dont il est difficile de parler, ça a toujours été comme ça. ce désir est là depuis très longtemps et le suicide reste, aujourd’hui, mon issue de secours.  je voudrais que cela ne soit plus, que ce désir de mort disparaisse. j’ai compté sur la psychanalyse pour ça, mais ça n’a pas vraiment marché, puisque cela réapparaît. qu’est-ce qui a causé cette réapparition, cette fois. peut-être la conversation eue avec F, où j’ai senti qu’il devait avoir raison, qu’il n’y avait plus rien à attendre d’une psychanalyse, que je l’avais essayé, que c’était fini, au moment où, ne m’en sortant plus, je recommençais de penser à voir un psychanalyste.

ou, s’agit-il, ainsi que le docteur G semblait avoir envie de le croire, de l’anniversaire du crime de mon oncle, le 13 septembre …. non, j’ai oublié la date (j’oublie toutes les dates). le docteur G, lui, c’est ce qu’il croyait. je lui disais que cet oncle fou, alcoolique, était probablement ce dont la psychanalyse était arrivée à me « guérir », là où ça avait « marché ». puisque effectivement je ne tombe plus amoureuse d’alcoolique.

de mon côté, je ne m’extasie/passionne plus des coïncidences, trouvailles pleine de sens, qui ont fait le sel de mon analyse pendant …. quinze ans (? – je ne sais même plus à quelle date j’ai commencé / 1990? quelle âge avais-je en 1990? 1990-1963 = 27? et quand ai-je quitté bruxelles? 2001? 2001 – 1990 ? 11 ans d’analyse à bruxelles. ) comment cerner ce désir de mort, lui faire un sort? si je n’y suis pas arrivée au niveau du sens? dois-je poursuivre (poursuivre ou entamer) mes recherches du côté du ravage? y suis-je revenue, m’y vois-je ramenée à cause de ce que j’ai voulu célébrer ici-même, sans bien sûr y parvenir, du désir de rien, du vide, de la jouissance de ça?

samedi 12 octobre 2013 · 11h54

où vont les mots que j’oublie et qu’y font-ils ?

Je me dois de prévenir le  lecteur que je connais mal la langue française. Mon vocabulaire  est très limité, pour le peu que j’en ai, je n’ai de cesse de chercher et de perdre mes mots. Dans l’écriture, je me laisse bien plutôt guider par un rythme et des rencontres de sonorités que par le sens. Écrire souvent s’apparentant pour moi à une promenade en forêt, une forêt toujours inconnue puisque je suis citadine, avec les mots comme des arbres parmi lesquels je circule et dont j’ignore les noms. Je vise probablement le sens mais dans sa fuite. Fugacité d’une biche, suspensions momentanées de la lumière prise dans la poussière qu’un rayon un instant déjà oublié révèle. De la littérature, je ne sais pas plus. Quand la lecture d’un livre me submerge, j’en oublie presque aussitôt tout dès que je le referme. Alors même que je suis mordue,  marquée à vie, la cicatrice déjà se referme,  s’efface. J’habite l’oubli, c’est mon handicap, ma séparation d’avec le monde. Raison possible de ma réclusion.
C’est pourquoi j’essaie ces jours-ci d’imaginer ce qui d’autre que les mots possiblement circulerait entre les êtres humains.
Mais peut-être ne s’agit-il que de ce qui se lie aux mots, là où ce n’est pas le sens; ces lieux où ils nous enchantent, nous tuent, nous minent, nous ensorcellent.  Nous marquent physiquement où nous ne savons plus rien de notre corps non plus, quand il s’agit peut-être de lui, du corps, plus qu’en aucun autre lieu.
Je connais en secret, et je  ne suis pas la seule, des lieux du corps palpables et invisibles. Ces lieux avec les mots ont-ils encore le moindre lien ?

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