dimanche 13 octobre 2013 · 19h30

pas de muguet dans la valise

toute la famille (le père, la mère, les frères). nous devons faire nos bagages, peu de temps avant le  départ de l’avion ou du train que nous devons prendre. nous sommes probablement sur un lieu de villégiature ( mer ou/et Ardennes). c’est moi qui prépare les bagages, inquiète et désireuse de prendre de l’avance. les autres ne sont pas là. Il y a deux valises à remplir (la grande noire, la petite blanche).

ex-analyste (celui de Brux.) assis/enfoncé dans un fauteuil, raconte quelque chose, en fait c’est à la radio qu’il parle. il parle de lui, raconte sa vie. à la fin de l’émission, il annonce l’émission suivante, et parle d’une chose qu’il ne racontera pas  avec un sourire malicieux. [...]  Lire la suite >

mardi 15 octobre 2013 · 10h11

mardi 15 octobre

6h réveillée, mal au dos
7h30 levée, petit déjeuner avec jules
8h20 conduit Jules à l’école
au retour, lu le journal (vieux libé, mort patrice chéreau) dans canapé
retournée au lit, allumé ordinateur portable et trié photos sur téléphone (séparé les photos Donnery) 10:10 écrit ici, checké mails
10h15 fermé les yeux
11h15 rouvert yeux, réveillée par coup de sonnette, dormi une heure donc
11h25 fais des mots fléchés
11h56 ne sais pas quoi faire, mets de l’ordre dans la salle, allume la radio
12:12 allume l’ordinateur, ouvre dropbox, ouvre dreamweaver, répare le blog correspondances d’escapades
15:45 voilà, encore une journée de passée !!!
ensuite, surfe jusqu’au moment d’aller chercher Jules à l’école.
puis, je ne sais pas. aurai cherché quoi faire à manger, aurai rangé la cuisine. fait ces devoirs avec jules. etc [...]  Lire la suite >

mardi 22 octobre 2013 · 16h41

chère madame,

j’ai 50 ans aujourd’hui et ne peux rien faire par moi même. suis ultra dépendante, ne gagne pas d’argent,  suis donc entretenue. ai un enfant de huit ans et demi. ne pense qu’à mourir, ne voudrais que fuir. en me réveillant ce matin, j’ai pensé que c’était une forme de ravage et que je pourrais vous l’écrire. mais je ne sais déjà plus ce qui m’a permis de penser ça. je crains surtout pour mon fils. je crains ce que je lui lègue. c’est la psychanalyse, je dirais, mon partenaire symptôme: je suis malade de la psychanalyse. pourquoi alors me tourner vers vous? c’est que c’est ça, ma maladie, je n’ai rien d’autre vers quoi me tourner quand ça n’a cessé de me tuer et transformée en quelqu’un que je n’aime pas, qui ne s’aime pas. je suis devenue un légume. je n’ai plus la moindre séduction. je voudrais juste guérir. je voudrais gagner de l’argent. je voudrais pouvoir m’accrocher à un travail. je voudrais retrouver, ré-entamer un travail qui m’accroche.  je voudrais me réconcilier avec la psychanalyse ou la quitter en paix, tourner la page sans que ça soit une déchirure. je voudrais faire des choses. être joyeuse. je voudrais avoir confiance en vous. je ne sais pas ce qui cloche, ce qui continue de clocher, je voudrais vous le dire, vous mettre l’eau à la bouche comme ça, mais je ne sais pas, ce qui cloche, je ne sais pas. je n’ai plus le goût à rien, plus la moindre confiance. c’est pitoyable. véronique m.
mardi 22 octobre 2013 · 16h51

Sans titre

enfin,  j’allais si mal un jour où je voyais le docteur G qu’il a changé la médication (rajouté de l’anafranil). le voir m’a fait du bien. je lui ai raconté que l’autre jour, l’autre matin, comme l’un d’entre-nous demandait ce que nous allions faire, jules a répondu : On va tous se tuer. il a trouvé que ça n’allait pas. il m’a dit, comme je lui expliquais mon inquiétude à ce propos,  qu’il fallait que je le rassure. que je pouvais aller mal, mais que surtout il sache que ce n’était pas de sa faute, qu’il ne prenne pas ça sur lui. ça m’a fait du bien d’entendre ça. ça m’a décidé de faire tout mon possible pour que jules soit bien pendant ces vacances, pour le protéger de moi. [...]  Lire la suite >

mardi 22 octobre 2013 · 17h02

catégorie : Autre

Où vont les mots que j’oublie

Je me dois de prévenir le  lecteur que je connais mal la langue française. Mon vocabulaire est très limité. Pour le peu que j’en ai, je n’ai de cesse de chercher et de perdre mes mots, quand la grammaire, censée les assembler, également semble vouloir me narguer.  Dans l’écriture, un certain rythme,  une voix presque, des rencontres de sonorités me sont de plus sûrs guides que le sens. Écrire souvent s’apparentant à une promenade en forêt, une forêt toujours inconnue puisque je suis citadine, avec les mots comme des arbres parmi lesquels je circule et dont j’ignore les noms. Si je vise le sens, je n’atteins que sa fuite. Fugacité d’une biche, suspensions momentanées de la lumière prise dans la poussière qu’un rayon un instant déjà oublié révèle. De la littérature, je ne sais pas plus.  Et ce non-savoir que je ne peux justifier me paraît juste. Même s’ils me plaisent, je ne me reconnais pas chez les lecteurs savants, critiques, connaisseurs, eux, de la littérature. La lecture d’un livre me submerge-t-elle,  j’en oublie  presque aussitôt tout – le titre, l’auteur, l’intrigue – dès que je le referme. Alors même que je suis mordue, que je me crois – avec mon goût du drame – marquée à vie, la cicatrice déjà se referme, s’efface. J’habite l’oubli, c’est mon handicap, ma séparation d’avec le monde. Raison possible de ma réclusion. [...]  Lire la suite >

mardi 29 octobre 2013 · 13h05

Bruxelles

Mardi 29 octobre

Revenons de Bruxelles où passé excellent séjour.  Vu JF, Ak et enfin JP.  Al aussi bien sûr, qui vit maintenant chez ma mère. Et ma mère. Douce, brutale et angoissée, souvent mécontente.

Moi-même, pas eu d’angoisses, même si me réveillais la nuit. Et le matin, ce sentiment que l’Anafranil faisait son effet, que j’étais moins fatiguée. Mais, peut-être juste heureuse d’être là,  peut-être juste passé de bonnes soirées.

Pris des photos de vieilles photos de la famille de ma mère. Lu quelques pages d’un journal de mon père.

Je songe à écrire à ma mère pour la soulager de ce qu’il lui semble perdre, la mémoire, les mots.  Bien sûr des lumières qui s’éteignent, mais celles qui restent allumées n’en sont-elles pas d’autant plus chères, chéries, à chérir. Ces lumières qui restent,  maintenant mises en lumière, ayant à faire des choses qu’elles n’ont jamais eu à faire auparavant,  devant inventer.  Je parle de la vieillesse, du vieillissement, de l’oubli qui l’accompagne. Pas que de la vieillesse, de la difficulté aussi, de l’angoisse. [...]  Lire la suite >

mardi 29 octobre 2013 · 16h16

non terminée, non envoyée

chère maman, je réfléchissais à ton inquiétude à propos du fait que tu oublies beaucoup de choses, et de plus en plus.  peut-être est-ce un phénomène que tu pourrais admettre et accueillir.  je  ne  peut-être que le nom des choses n’est-il pas tout ce qu’il y a à connaître. 
lundi 11 novembre 2013 · 23h07

Gravity, la voix incorporée par Dominique Corpelet

image

 At 372 miles above the earth there is nothing to carry sound, no air pressure, no oxygen. Life in space is impossible.

Ainsi s’ouvre le dernier film d’Alfonso Cuaron, Gravity : « Dans l’espace, il n’y a rien pour porter le son….» Cet incipit signifie-t-il que la voix est indispensable à la vie humaine, au même titre que l’oxygène et la pression atmosphérique ?

Poursuivre la lecture Gravity, la voix incorporée par Dominique Corpelet
vendredi 15 novembre 2013 · 13h26

Les points sur le U

Je m’étais couchée raisonnablement tôt, après une journée particulièrement banale –  j’avais dû regarder quelques épisodes de série ( la finale d’Enlightened), je n’avais pas eu envie de lire, cela je m’en souviens, et je m’apprêtais à m’endormir dans un sentiment inhabituel de satisfaction. Soudain, couchée sur le côté – c’est autre chose. Une sensation dont j’aurais probablement tout oublié si je n’avais rapidement jeté ces quelques notes le lendemain matin– des mots que la nuit-même je m’étais répétés, anxieuse de les retenir, même si je les notai ensuite un peu à contrecœur, consciente encore de tout ce qui s’y perdait  : [...]  Lire la suite >

dimanche 17 novembre 2013 · 19h13

Sans titre

Quant à l’orgasme, il a un rapport essentiel avec la fonction que nous définissons comme la chute du plus réel du sujet. (…) Combien de fois vous aura-t-il été dit qu’un sujet aura eu, je ne dis pas forcément son premier, mais un de ses premiers orgasmes, au moment où il fallait prendre en toute hâte la copie d’une composition ou d’un dessin qu’il fallait rapidement termine ? Et puis, on ramasse quoi ? Son œuvre, ce sur quoi il était essentiellement attendu. Quelque chose est à arracher de lui. C’est le ramassage des copies. À ce moment-là, il éjacule. Il éjacule au sommet de l’angoisse.
JL, Le séminaire, Livre X, L’Angoisse, p. 198. [...]  Lire la suite >

jeudi 21 novembre 2013 · 20h51

Le corps comme objet, né au XXè siècle
— Gérard Wajcman à l'Erg

Erg, séminaire 2011, Gérard Wajcman

le corps comme objet né au xxè siècle / quel serait le maître-mot du xxI ? ça pourrait être la transparence / facebook – transparence de la vie privée, exposition de la vie privée ; wikileaks – transparence du pouvoir / sommes regardés / dans notre corps / soumis à des machines qui voient l’intérieur de notre corps « pour notre bien » _ neuro spin : voir la pensée / idée que tout peut se voir, y compris l’inconscient / projet du tout visible / vidéo surveillance / innocents en sursis / / corps lié aux machines depuis l’origine : le miroir / Le stade du miroir de JL / idée que nous naissons prématurés, débiles à la naissance / thème important pour l’histoire du christianisme / culte de l’enfant jésus, arrivé au 17ème s. , grandeur de dieu d’avoir pris l’apparence d’un être débile / corps morcelé, non unifié / ce qui nous assure de notre unité : une image / glorification du corps comme totalité _ Aristote _ conception du corps comme forme totale / âme _ forme du corps / corps unité / conception liée au miroir / c’est l’image qui nous constitue comme forme totale / / aujourd’hui plutôt corps cartésien qu’aristotélicien : corps machine – horloge avec ses rouages, corps fait de morceaux / rencontre que le corps fait avec la science / marché des organes / corps en kit / corps entré dans le marché / corps devenu marchandise / corps artificiel / cellules souches / art a aussi témoigné de ce mouvement là / sans doute depuis guerre de 14 / picasso / histoire de l’art témoigne de ce qui vaut dans le corps ce n’est plus la totalité mais des bouts  (est-ce que la danse ne s’oppose pas à ça) / (sorte de contemporanéité de la guillotine et de la photographie _ guillotine anticipe naissance du portrait photographique__livre de d arasse sur l’histoire de la guillotine) / technologie fonctionne par découpage par cadrage / exaltation du corps comme totalité : ce n’est plus le travail des artistes / dans cette évolution la science a son rôle mais aussi la guerre , guerre de 14 événement majeur /  première guerre où la technologie a dominé complètement les corps pour les faire exploser / « gueule cassée » / guerre comme morcèlement / auparavant on tuait , là on déchiquète / chambre à gaz : autre manière d’envisager le corps : le faire disparaître intégralement / avant on tuait un corps et le corps était mort ensuite rituel / chambre à gaz : mort d’une multitude de corps destinés à la disparition intégrale / cendres des camps pour construire des routes / disparition intégrale de la mémoire / absence totale / histoire de l’art marquée par ça ___ que l’absence ait pu devenir un objet fondamental de l’art après tout ça / / plus rien ne fait limite / qu’est-ce qui fait disparaître les limites aujourd’hui / NO LIMIT / scanners corporels dans les aéroports / fouille, image en 3D corps comme s’il était nu / nouvelle stratégie militaire : la géométrie inversée _ toutes les armées du monde ont adopté cette théorie , les armées sont supposées pouvoir passer à travers les maisons , stratégie développe une technologie d’imagerie extraordinaire pour voir derrière le mur ce qu’il y a , au départ de technologies d’imageries médicales ((  » Le dernier exemple concerne une nouvelle théorie militaire conceptualisée par des stratèges israéliens sous le nom de « géométrie inversée ». Issue d’une réflexion sur la guerre urbaine, au lieu de se soumettre à la topographie des villes et aux contraintes de l’architecture, et d’avancer ainsi en suivant les rues et en longeant les maisons, ils suggèrent de passer de maison en maison en traversant murs, toits et planchers. En substance, il s’agit de « dé-murer » les murs, d’opérer une « transgression des limites » et évidemment en premier lieu ce qui délimite et protège les espaces domestiques. Bien entendu on peut mettre cette stratégie en question dans ses principes, quant à ses effets destructeurs mais aussi quant à ses résultats en termes militaires, mais il est clair qu’une telle conception stratégique, qui a été adoptée par toutes les grandes armées du monde, qui consiste à passer outre ce qui naguère encore constituait des limites réelles, correspond à la culture hypermoderne du No Limit. Cela me frappe d’autant plus que le regard y est directement impliqué. Afin de limiter les victimes aux seuls combattants et de se protéger elle-même, l’armée utilise en effet un système d’imagerie portable qui associe image thermique, échographie et ondes radar afin de faire apparaître en 3D l’image des corps qui se trouvent derrière les murs des maisons.
Ce qui s’accomplit dans ces mode de traversées, c’est une illimitation qui passe par la dissolution à la fois réelle et conceptuelle des limites. La stratégie de la « géométrie inversée » est la forme militaire de la politique hypermoderne d’effacement de toute frontière. En cela, il me semble qu’elle fait série avec la vidéosurveillance, le scanner corporel ou l’IRM. » GW, http://etudespsy.wordpress.com/entretiens-avec/gerard-wajcman/ )) [...]  Lire la suite >

vendredi 22 novembre 2013 · 12h45

Gravité

« Car dans Gravity, les hommes ont perdu ce qui leur donnait leur lest. Les corps sont déjetés dans l’apesanteur, les voix ne portent plus, rien de ce qui faisait l’étoffe d’un sujet n’existe plus. Objets parmi les objets de consommation, les corps chutent dans le tout-à-l’égout de l’espace.
Ce qui ordinairement leste un sujet n’est pas l’objet du commerce ou de la technologie, mais autre chose de plus insaisissable et qui fait la cause de son désir, ce que Lacan nomme objet a.« 

Sur l’objet-voix qui fait cordon ombilical relie à terre mère, sauvant Pierre, Stone – elle se retrouve à hurler doucement comme loup comme chien puis cris du bébé, Inuit, voix qui l’accouchent,  d’où, me dis-je, l’on déduit que c’est l’objet a, l’objet  chu, en l’occurrence ici l’objet-voix, qui permet d’éprouver la gravité, et donc de tomber, mais tomber quelque part. Qui nous offre le sol, la terre, l’atterrissage.  L’erre, la limite. Sans lui,  sans objet a, c’est apesanteur, zero-gravity, dérive dans le vide. [...]  Lire la suite >

dimanche 15 décembre 2013 · 12h56

Un grand désordre dans le réel au xxie siècle

par Jacques-Alain Miller

Je ne vous ferai pas attendre très longtemps pour vous annoncer le thème du prochain Congrès[1]. Une nouvelle série de trois thèmes a commencé avec « L’ordre symbolique au XXIe siècle ». Ce sera une série particulièrement dédiée à l’aggiornamento, comme l’on dit en italien, à la mise à jour de notre pratique analytique, de son contexte, de ses conditions, de ses coordonnées inédites au xxie siècle, quand s’accroît ce que Freud appelait le « malaise dans la culture » et que Lacan déchiffrait comme les impasses de la civilisation.

Il s’agit de laisser derrière nous le xxe siècle ; de le laisser derrière nous pour renouveler notre pratique dans le monde, lui-même suffisamment restructuré par deux facteurs historiques, deux discours : le discours de la science et le discours du capitalisme. Ce sont les deux discours prévalents de la modernité qui, depuis le début, depuis l’apparition de chacun d’eux, ont commencé à détruire la structure traditionnelle de l’expérience humaine. La domination combinée des deux discours, chacun appuyant l’autre, a augmenté à un point tel qu’elle a réussi à détruire, et peut-être à rompre, jusqu’aux fondements les plus profonds de ladite tradition. [...]  Lire la suite >

Top