jeudi 11 avril 2019 · 18h25

« Les ruses de l’intelligence : La mètis des Grecs « 
— Extrait d'une interview de J.-P. Vernant par Georges Charbonnier

Notion centrale et notion très complexe, puisque le mot métis est d’abord un nom commun, qui signifie non pas l’intelligence mais une forme particulière d’intelligence qui est faite de ruses, d’astuces, de stratagèmes, et même de dissimulation, voire purement et simplement de mensonges. On peut dire que le héros humain de la métis, pour les Grecs, c’est Ulysse. [...] de là aussi, dans le domaine du monde animal où certaines bêtes sont en quelque sorte aux yeux des Grecs, les symboles de ce type particulier d’intelligence et spécialement deux animaux : le renard, parce que le renard c’est l’animal à métis, c’est le fourbe, le rusé fait animal comme Ulysse est le rusé fait homme, et…

jeudi 11 avril 2019 · 19h18

Faire couple, avec la Métis, par Monique Variéras

Primatice est un des maîtres incontestés de l’École de Fontainebleau, le premier à mettre en scène la Cour. Il imagine fêtes et mascarades, multiplie les décors intérieurs (la Galerie Basse, l’Appartement des Bains, la chambre de la duchesse d'Étampes, le cabinet du roi, etc.) mais aussi dans le jardin du château de Fontainebleau (pavillon de Pomone, fontaine d'Hercule, grotte des Pins). Peintre du roi, à la fois dessinateur, sculpteur, architecte, Primatice fait évoluer l’art en introduisant en France le raffinement et le maniérisme italien, l'héroïsme épique (en référence permanente à la mythologie, dieux et héros) créant ainsi un style personnel, un style primaticien, dont l'influence va gagner toute l'Europe. Francesco Primaticcio, dit Le Primatice (né en 1504 Bologne, alors dans les États pontificaux et mort à Paris en 1570) est un peintre, architecte et sculpteur italien de la Renaissance tardive.

08/11/2015 Légende illustration : Ulysse et Pénélope, vers 1545, Le Primatice, (Toledo, Ohio, Toledo Museum of Art) Ulysse et Pénélope, un couple étrange et séparé qui tient pourtant le récit jusqu’au temps retrouvé. Dans l’éloignement spatial et temporel se répond ce qu’ils ont en commun : la métis. La métis, ruse du non rapport sexuel, fil ténu mais solide qui retient sur la rive du désir l’irrésistible dérive que commande la pulsion de mort. Dans cette longue et périlleuse Odyssée, Ulysse, le prométhéen, arrime son désir à sa ruse qui conduira son retour. Pénélope met en écho sa propre ruse par son activité tisserande qui ne connait pas de produit fini. Son pré-texte à l’assaut insistant des…

samedi 16 novembre 2019 · 15h29

Untitled

p. 38 "Marc Aurèle entrevoit ici, semble-t-il, que la douceur est chose si délicate, que même vouloir être doux serait cesser d'être doux, parce que toute affectation détruit la douceur. D'ailleurs, on n'agit efficacement sur les autres que lorsqu'on ne cherche pas à agir sur eux [...] Et, de même, lorsqu'on voudra faire du bien à autrui, l'intention de bien faire ne sera véritablement pure que si elle est spontanée et inconsciente d'elle-même. Le parfait bienfaiteur est celui qui ne sait pas ce qu'il a fait : "Il faut être de ceux qui font le bien inconsciemment." On arrive ici au suprême paradoxe : un vouloir tellement fort qu'il se supprime comme vouloir, une habitude…

samedi 16 novembre 2019 · 16h35

A la recherche du nom perdu

"p. 41 ... Le mystère de cette efficience silencieuse qui dépasse les ressources conscientes... p. 42 Montaigne écrit à propos de l'effort pour se remémorer un rêve : "Plus j'ahane à le trouver, plus je l'enfonce en oubliance" p. 43 Pourquoi dans certains cas, la volonté de se rappeler quelque chose constitue-t-elle un obstacle? Est-ce là un obstacle inhérent à l'effort ou est-ce simplement que ma volonté s'exerce au mauvais moment, dans une mauvaise occasion? Et quand le nom me vient soudain aux lèvres, comme par un don des Muses , que s'est-il passé? Puis-je toujours dire sincèrement que c'est parce que j'avais renoncé à me souvenir, parce que j'avais supprimé toute intention? N'y a-t-il…

lundi 2 décembre 2019 · 09h50

Il n’y a que la nuit que j’ai les idées claires

Il n'y a que la nuit que j'ai les idées claires.  Il n'y a que la nuit que j'ai des idées tout court.  Certaines idées ne me viennent que la nuit. Et je le regrette. Ce sont des idées sur lesquelles j'aimerais bien travailler. Non pas sur les idées mêmes, mais sur les réalités qu'elles cherchent à saisir. Des réalités de ma vie quotidienne.  Ainsi, crois-je que toutes les nuits je m'effraie du temps qui passe. De l'oubli. Et de ce que je ne parviens pas à faire pour le contrer.  Voilà, à tout le moins, ce dont je me souviens concernant les pensées de cette nuit. Le pressentiment effleuré que ce n'était peut-être pas la réalité qu'il…

lundi 2 décembre 2019 · 16h19

livre de cuisine
— n'être pas à la hauteur du réel

Je ne sais pas très bien à quelle place je mets les livres, une place idéale. Même la cuisine pour moi devrait sortir des livres. Je ne sais pas du tout cuisiner. Je me garde bien de savoir cuisiner. Et régulièrement, j'achète des livres de cuisine. Dont je dois croire à chaque fois qu'ils me changeront la vie. Ce qu'on est en droit d'attendre de tout livre. Quand je lis un livre, et que j'ai le sentiment qu'il pourrait me changer la vie, changer ma vie, je suis un peu triste. Car je sais bien, à force, non que ça arrive si souvent, que je ne serai pas à la hauteur du changement que le…

vendredi 20 décembre 2019 · 08h13

vendredi 20 décembre 2019

Hier. Commencé journée trop tôt matin par écrire lettre à l'analyste pour lui dire qu'arrête l'analyse. Ensuite, bonne partie de la matinée passée au lit à ressasser. Quand finalement levée, amère discussion avec F, à ce propos, la lettre, la séance d'hier, passée lui-dis-je à essayer de nous sauver. Il me dit qu'il ne veut pas être comme mon père ou mon frère ou son père et nous écraser de paroles, nous voler la parole. Je lui dis que pour autant, il ne peut pas se taire, ne rien dire. Il dit qu'il n'aime que les artistes contemporains. Qu'il peut aller voir Le Greco, mais que cela ne le touche pas. Je lui demande si…

samedi 21 décembre 2019 · 09h06

Miller, l’être et l’Un, Extraits

j’ai été formé par l’enseignement de Lacan à concevoir le sujet comme un manque-à-être, c’est-à-dire non-substantiel.   dans le dernier enseignement de Lacan, le manque-à-être, la visée du sujet comme manque-à-être, s’évanouit, disparaît. Et, à la place de cette catégorie ontologique à proprement parler vient celle du trou.     Au fond, ma première  pratique s'est réglée sur le désir, entendu comme ce qu'il s'agit d'interpréter - et sans méconnaître, instruit que j’étais par Lacan, qu’interpréter le désir c’est aussi bien le faire être - l’interprétation, en cela, est créationniste. Et si ma pratique a évolué, ce n'est pas d'avoir abandonné l’interprétation du désir, mais c’est de ne pas s’y régler, de se régler sur un terme que…

dimanche 22 décembre 2019 · 09h37

travail de désengagement – doutes

Je n'ai plus envie de faire du tai chi . Aller au cours me fait du bien, quand je suis sur place j'apprécie mais ça s'arrête là. Je sais que ça me fait du bien d'avoir ces RV fixes, de sortir de l'agenda indéterminé de ma vie, de devoir me lever laver habiller sortir rouler à vélo ou prendre le RER me dépêcher puis ces heures de cours, mais, ça s'arrête là. Le tai chi ne m' accompagne pas dans le reste de ma vie. Pas ou peu. Si parfois la nuit, c'est la seule réponse, opposition que je peux faire à mes mauvaises pensées, insomnies.    Peut-être qu'il y a une part de déni…

dimanche 22 décembre 2019 · 13h30

la valise

Tâche : recopier ici tout ce que j'ai pu écrire autour des valises, principalement des rêves.Toute cette angoisse, ce type d'angoisse-là, la résumer, la chapeauter de ce seul terme : valise.( Et est-ce qu'il y aura moyen d'écrire l'avalise. L'avalyse ? ) Peut-être écrire à propos du train du livre d'Hélène Bonnaud récemment lu. Le corps, le meuble, le train. Non, ce n'est pas ça qu'elle disait, dont elle parlait, dans son livre, comment s'appelle-t-il, sur l'oubli, non sur l'attente. Monologues de l'attente. Qui se passe dans des salles d'attentes de psy. Le train des pensées dans les salles d'attente de psy. Dans les gares aussi il y avait des salles d'attente, autrefois. Aujourd'hui, ce…

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