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samedi 21 janvier 2023 · 07h15

Samedi 21 janvier 2023 – indistinctement

07h15 FrM – Je me tue

07h39 (hier soir 2 gouttes CBD + HHC à cause de la cigarette).

Levée, coin de canapé.

Donc, hier, après être rentrée du café et m’être calmée, j’ai repris le travail sur le blog et malheureusement j’ai cédé, j’ai changé le thème du site, l’habillage ! Fondamentalement, je pense que  je devrais redémarrer, ouvrir une nouvelle page, un nouveau blog. Laisser l’ancien, ne pas venir encore greffer du neuf dans ces vieux vêtements. Mais, c’est précisément ce que je n’arrive pas à faire. J’ai beau me casser la tête, je ne vois pas comment m’en sortir. [...]  Lire la suite >

mercredi 18 janvier 2023 · 08h49

Mercredi 18 janvier

Ce matin réveillée 8h30 par F qui s’est levé. Faisais rêve. Hier CBD 20, 3 gouttes. Mais excellente séance psy. Tout était clair dans ma tête et s’exprimait clairement. Faut dire que j’avais relu dans la salle d’attente ce que j’avais écrit ici au petit matin. Comme quoi, ça sert.  Sinon, j’aurais tout oublié. Suis également retombée sur rêve récent que j’avais oublié. Où il était question de la mémoire qui s’effaçait de l’ordinateur, du portable, et de celui de ma mère. J’ai terminé là dessus, en lui disant que j’avais rêvé d’elle, enfin qu’il me semblait. Puisqu’une femme ensuite arrivait qui avait l’air de croire qu’elle pourrait réparer ça mais qui s’occupait de beaucoup de monde, donc je me demandais comment attirer son attention. Elle, la psy, s’est levée là dessus et comme je sortais m’a dit Très bien. Je n’ai pu m’empêcher de la remercier. Je lui ai parlé des Fracassemeurs, et je lui ai dit que je réfléchissais beaucoup à ma relation avec F. Je lui ai parlé de ça. Mais j’ai pu aussi lui parler de mon envie d’arriver à « mettre sur papier ». [...]  Lire la suite >

dimanche 22 janvier 2023 · 07h05

dimanche 22 janvier

Lit. Ah, il est 7 heures du mat, j’ouvre un œil et le téléphone, j’écris le fracassemeur du moment: Tu te hais, tu te hais, tu te hais… À quoi je rétorque : Mais pourquoi ? Pourquoi ? Si seulement tu m’expliquais ça. Évidemment, pas de réponse.

Je me lève. Ricoré, salon noir. Dommage qu’il ne le soit pas davantage. La lumière orange qui filtre de la rue est regrettable.

Difficile passage chez le coiffeur hier, et retour à la maison. 

Tellement intimidée sur place. Les lumières si fortes. Le jeune coiffeur très charmant, gentil. Et l’horreur de me voir dans le grand miroir si éclairé. Je vois tout de suite que je n’aurais pas dû mettre de la couleur sur mes yeux. Dès qu’il s’éloigne un moment, le coiffeur, j’essaie d’en enlever. Quand, je parle, je vois mes dents, c’est effrayant. Tout ce qui est affreux dans ce visage. Il me sourit tout le temps. Après que je lui aie parlé de tout ce dont je pourrais vouloir tenter comme coiffure, il se taira. C’est moi qui ajouterai encore l’une ou l’autre bêtise.

Beaucoup de lumières dans le salon, sommes entourés à gauche et à droite par 2 autres coiffeureuses, chacun.e très animé.e, bavard.e, qui discutent avec leurs clients respectifs de films, de séries. À gauche elle raconte les scènes, à droite il les mime, les rejoue, en anglais même, coiffant, face au miroir.  À un moment mon coiffeur se mêle à sa conversation de droite. À un moment, je me demande s’il ne  faudrait plus de miroirs à la maison, pour surveiller, maîtriser, cette image. Enfin je ne vois pas où, comment.

7h33. Je n’ai pas la moindre envie de regarder raconter tout ça.

Nous sourions doucement le coiffeur et moi. Je renonce à rien dire. A un moment, j’ai cherché le titre de la série que nous regardions hier. Rien, je ne m’en souvenais pas. Je ne sais même pas si c’est japonais ou coréen. Je sais que c’est trop violent, que je n’ai pas envie de regarder, mais que J insiste, il dit que c’est pas drôle quand je ne suis pas là. Ils ont envie de regarder cette série. C’est la deuxième saison. Deuxième épisode de la deuxième saison. Tout de suite, j’ai dit non. Mais bon, ils ont insisté. Ca se passe dans une ville, immense et vide. Qui n’est plus qu’un immense terrain de jeu. À mort. Les jeux sont cruels. On ne sait d’où les joueurs sont observés. Quand ils perdent, quelque chose leur tombe dessus, du ciel, les transperce. Je me souviens de tout ça maintenant, mais hier, plus rien. Seulement j’aurais pu dire que ça faisait trop peur. Alice in Borderland. Voilà, ça me revient. Vérification sur Google : c’est japonais. Survival, science fiction, thriller, drame. Le héros (ils écrivent Arisu dans les sous-titres, mais c’est Alice, à cause de le la prononciation des Japonais ) était un amateur de jeux vidéos.

F a acheté des scones, j’aime beaucoup ça — j’adore — j’en mange un morceau.

A un moment la coiffure était finie, les cheveux étaient coupés, ils étaient encore mouillés, nous étions ravis, nous montrions le coiffeur et moi-même des signes de ravissement. Je disais « quel soulagement ». Il disait ça donne un coup de peps. je disais « Quel soulagement, c’est réconfortant, comforting, je me sens moins exposée », mais je ne pense pas qu’il ait tout entendu. Il me demande s’il coupe encore un peu devant et je pense quelque chose comme « Non », il dit qu’on va sécher d’abord, et qu’on verra, il sèche et c’est très bien, c’est très bien, j’en ai une sorte de vertige, mais il dit quand même : « On coupe encore ? » Et je dis, « Bon d’accord, allez y ». Et il coupe, et pour moi, c’est pas bien, il me fait les cheveux hirsutes, mais il a toujours l’air aussi content, alors je ne dis rien. J’ai l’air ahuri de […] dans un film italien de […]… Fellini. Et elle, je ne sais plus, un nez de clown, rouge. Des cheveux très blonds, blancs. Si ce n’est que moi, j’ai bientôt 60 ans. Bah. Je me lève. Je dis « Merci », il dit « Non c’est moi ». Je paie, demande son nom, il est toujours gentil, dit « À bientôt ».

… entre crochets, […], = mot qui manque. J’ai besoin de marquer la présence de ces mots absents.

Dehors, j’ai envie d’un cocktail d’un Spritz, je suis à Bastille, j’aurais peut-être dû, je songe à faire venir F mais il ne viendra pas. On pourrait passer la soirée dehors. Je me dis qu’il faut prendre le métro, que je pourrais lui demander de me rejoindre à Anvers, au square […]… Je pense qu’il ne voudra pas. Ou que j’en parlerai en rentrant. Il fait noir, si je ne suis pas très habillée, je suis maquillée, coiffée, et même si la frange ne me plaisait pas, je dois être un peu bien, j’ai envie de vivre un moment dans cette illusion. Je tourne vers moi la caméra du téléphone en descendant les escaliers du métro, non, c’est une horreur. Arrivée à Gare du Nord, non je ne vais pas à Anvers, au square […], sur la rue […]

Je rentre. Et, F devant jeu. Déjà, le faire sortir de là. Il dit qu’il ne voit pas bien mes cheveux, je ne sais plus ce qu’il me dit, que c’est gonflé, c’est vrai qu’il y a beaucoup de volume, qu’il n’aime pas ça. Je dis que j’ai envie de sortir, F dit que lui non, mais. Je vais à plusieurs reprises me regarder dans le miroir de la salle de bain et directement j’essaie d’arranger. Il y a un produit dans les cheveux, je les mouille. Je regarde s’il y a un film à voir dans le coin, mais rien qui puisse plaire à F. L’envie de sortir me quitte, je suis comme désespérée. F a acheté à manger chez le traiteur de la rue […] J’ai envie de me démaquiller, d’aller au lit. F me demande si je veux sortir, je dis non, non. Je me résigne à passer à table, à manger. Il a gentiment acheté à manger. Il essaie de me parler. Je dis que ça va très mal. Il dit « Je vois ça ». Il essaie de m’interroger. Je cherche à ne pas m’énerver. J’arrive à vaguement dire que je ne supporte pas quand j’ai envie de quelque chose de ne pas y arriver, de renoncer. Ça m’attriste toujours horriblement. Je suis dans cette tristesse-là. Je dois faire l’effort de ne pas retourner ma colère contre lui. Seulement contre moi.

Dans les explications sur la mélancolie, il y a quelque chose de ça. A un moment dans l’enfance l’objet d’amour a déçu, et le sujet s’en est détaché, et a « retourné la présence à l’intérieur de soi », la présence, la personne précédemment aimée, est placée à l’intérieur de soi (pas les bons mots), « introjectée », la libido est ramenée à soi, mais à la fois pour aimer et détester. (toujours pas les bons mots, c’est pas clair). Aussi, quand le mélancolique est fâché contre lui-même, n’est-ce pas contre lui-même, mais contre l’autre « qui a déçu ». F, est comme l’image à l’extérieur de cet autre qui a déçu.

Cette déception, curieusement, je m’en souviens, ce moment dans l’enfance, mais pas de son objet. Je me souviens, marchant dans la rue avec mon frère lui avoir demandé « Tu préfères papa ou maman ? » et lui sidéré, me disant qu’il n’avait pas de préférence, et moi dans ma fureur en fait, ma déception, lui disant « Oh non, moi je préfère […] » — m ot qui manque. Longtemps, je me suis souvenue de cette scène, et de l’identité de la personne que je préférais, et donc de celle que je m’étais mise à haïr. Puis, j’ai oublié. Intellectuellement, j’ai tendance à croire qu’il s’agit de ma mère. Mais je n’en sais rien du tout, et surtout, je ne sais plus pourquoi. Ce qui a motivé ce retournement. Cette haine est vraiment refoulée et ça s’est retourné par contre complètement contre moi.

C’est comme si F tenait lieu de cette personne haïe.  [...]  Lire la suite >

vendredi 20 janvier 2023 · 10h59

Vendredi 20 janvier – Du coup, l’accord sur l’objet et punir F encore

Paris, place de la République, manif Retraite - 19.01.23, 15h22
Paris, place de la République, manif Retraite – 19.01.23, 15h22

10h59 Hier grève générale et manif retraite. Maintenant trop tard pour écrire. Tout à l’heure, musée du Louvre, expo Les Choses (derniers jours).

12h33 F dit qu’on dit trop « Du coup », Google confirme.

Entrer dans une pièce, dire « Du coup, on va où? » Alors qu’a priori on ne se situe dans les conséquences de rien.
Et si justement il ne s’agissait pas, dans une sorte de souci de l »accord sur l’objet » que la parole tend à réaliser1« Vous avez bien compris que si nous avons situé à ces niveaux la parole dans sa fonction de reconnaissance, qu’est-ce que ça veut dire ? ça veut dire que nous avons discerné par là même deux plans, dans lesquels s’exerce cet échange de la parole humaine, le plan de la reconnaissance de la parole en tant qu’elle lie entre les sujets ce pacte par où les sujets eux-mêmes sont transformés, sont établis comme sujets humains et communiquant, et l’ordre du communiqué qui peut se situer lui-même à toutes sortes de niveaux, depuis le niveau de l’appel de la discussion à proprement parler, de la connaissance, voire même de l’information, et qui en dernier terme tend à réaliser quelque chose qui est l’accord sur l’objet. Vous sentez que le terme d’accord y est encore, mais que l’important est de savoir dans quelle mesure est mis l’accent sur un objet, c’est-à-dire quelque chose qui est considéré comme extérieur à l’action de la parole, et que la parole en somme signifie, même, en dernier terme, exprime. » Lacan, Les écrits techniques, 1953-54, d’évoquer la cause toujours manquante à l’être parlant et qui nous est commune à tous. L’évocation de cette solidarité-là. Nous pauvres humains, frappés par le langage, dans ces conséquences-là, l’évocation de cette cause, l’absente de toute les bouquets, fantôme, à notre malheur autant que nos bonheurs, et qui nous lie. [...]  Lire la suite >

Notes en bas de page

  • 1
    « Vous avez bien compris que si nous avons situé à ces niveaux la parole dans sa fonction de reconnaissance, qu’est-ce que ça veut dire ? ça veut dire que nous avons discerné par là même deux plans, dans lesquels s’exerce cet échange de la parole humaine, le plan de la reconnaissance de la parole en tant qu’elle lie entre les sujets ce pacte par où les sujets eux-mêmes sont transformés, sont établis comme sujets humains et communiquant, et l’ordre du communiqué qui peut se situer lui-même à toutes sortes de niveaux, depuis le niveau de l’appel de la discussion à proprement parler, de la connaissance, voire même de l’information, et qui en dernier terme tend à réaliser quelque chose qui est l’accord sur l’objet. Vous sentez que le terme d’accord y est encore, mais que l’important est de savoir dans quelle mesure est mis l’accent sur un objet, c’est-à-dire quelque chose qui est considéré comme extérieur à l’action de la parole, et que la parole en somme signifie, même, en dernier terme, exprime. » Lacan, Les écrits techniques, 1953-54
lundi 16 janvier 2023 · 07h20

Lundi 16 janvier – Tout ce qui s’écrit

7h20

Hier 2 gouttes et demi CBD 20 % Full SpectrumJe veux repasser à 2 .

Je me sens mieux. Plus centrée. Je l’attribue au fait que je suis arrivée à écrire plusieurs jours de suite.

J’écris maintenant dans One Note, et plus dans Evernote. Dans One note sur téléphone.

Je commençais à avoir trop de problèmes avec Evernote. 

Je regrette que tout ne soit plus rassemblé en un seul endroit. Tout, les moindres notes. Tout ce qui s’écrit. 

Mais, je devrais m’en réjouir. 

En effet, cela m’oblige à séparer les notes de journal du reste. Des notes de courses. Ou des notes techniques. Ou des copies d’articles… Pour moi,…, tout ça est de même valeur.

C’est ce avec quoi je me suis battue pour les blogs. J’y mettais tout, et je pensais que l’utilisation de catégories et de mots clés me permettrait d’extraire à un moment donné telle ou telle partie, et je n’y suis simplement pas arrivée. Idem, l’idée d’un livre, le livre serait extrait de ce tout du blog. Évidemment, en soi, le blog constitue déjà une forme d’extraction. Fait déjà office de « canalisation », non de « localisation de la jouissance » dont j’ai appris la notion samedi :
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dimanche 15 janvier 2023 · 07h04

Dimanche 15 janvier

Déjà 07h04.

07h45. Donc plus d’une demi-heure passée sur les internets. Totalement éloignée de ce que j’aurais pu vouloir écrire. 

Moments durs, hier.

De nouveau travaille sur site de F. Ça m’engloutit. Très difficile d’en sortir. Alors… sortie. Récupérer lentilles de contact chez l’opticien. Chez Gibert, acheté encres et cahier… Toujours ce rêve de…. Mettre sur papier ?  Souvent l’idée  l’envie de dessiner d’écrire sur papiers ou cartons destinés au rebut à la poubelle. Mais dessiner écrire quoi.  L’envie aussi de reporter sur papier ce que j’ai écrit sur blogs. Mais en le transformant en chose graphique, en l’illibilisant, au moins en partie, en recherche de la matière lettre. En pourvoyant au manque de sens par l’aspect graphique. En offrant à la comprenure mais de façon partielle. Encres, écritures superposées.  Et puis hier, cette nouvelle idée de recopier au propre des parties du blog, dans grand cahier à petits carreaux et marge rouge. [...]  Lire la suite >

dimanche 28 avril 2024 · 15h09

28 avril 24 – à propos de l’exposition « MES KATANGAIS (LA PEINTURE AMOUR, SOMMEIL) »
— Thomas Dunoyer de Segonzac à la galerie Treize

Thomas,
Je suis mauvaise à publier sur I. L’impression que j’ai du livre outre la joliesse de son format de son papier la matité de la couverture et le plaisir de ces pages découvertes à couper, le souvenir de ton chant ta lecture les peintures la conversation dans la lumière de la galerie, ta passion, passion aussi de l’histoire d’une histoire qui me fuit, de la révolution, l’enfant, la compagne longue, tout ça se mêle à ma lecture, et j’aime aussi les jeux de mots d’assonance la liberté prise, ce qui se dit sur la folie, « l’incapacité a déguiser en idéologie sa folie intime », le sommeil les rêves les allongés. Et ce que tu disais de cette volonté de parler d’une vie ratée, sans chercher à la repêcher. Ratée, simplement. Et ta langue, rêche et précise et pleine de cette époque, il me semble, de la Commune. Rêche et animale et vitale. Ça fait du bien.
Véronique

https://treize.site/index.php/2024/Thomas-Dunoyer-de-Segonzac/

 

vendredi 13 janvier 2023 · 07h41

vendredi 13 janvier

7h41 

Réveillée par J, qui commence tôt. Il fait encore noir.  Hier 2 gouttes CBD + 1 goutte HHC. Profond sommeil. Au réveil, effondrements de sol, dans mon rêve, sous une voiture, une personne aspirée, la sauver, mais comment j’ai fait ? Il fait noir, j’écris dans le noir, j’adore, sur le coin du canapé, mon coin, les rideaux sont tirés, on dirait qu’il ne fait pas beau, j’écris sur mon téléphone, j’écoute les bruits de la rue. Hier, quand me suis recouchée au matin après avoir écrit ce qui s’était passé avec la prof de tai chi, curieusement de tendre humeur. De tendre humeur, de bonne humeur. Depuis avant-hier, envie de faire l’amour. Me suis rapprochée de F, l’ai pris dans mes bras, qui réagissait doucement, juste ce qu’il faut. Sommes restés longtemps enlacés dans le noir de la chambre. Il s’est levé. Je suis restée au lit. J’ai dû faire de l’internet. Il y a des choses intéressantes sur internet, c’est pas le problème. Le problème c’est qu’il y en a trop. Je vois beaucoup de choses qui me plaisent sur Instagram, des gens, des artistes qui font des choses qui me plaisent. Et beaucoup d’annonces d’expositions que j’ai envie de voir, ou de livres que j’ai envie de lire. Mais ce n’est jamais suivi d’action, je ne m’arrête pas pour prendre note dans un calendrier. Nous sommes janvier. Ce serait encore le temps d’acheter un calendrier pour ça ? Mais noter les choses comment? Ensuite, j’ai entendu J revenir déjà de ses premiers cours et j’ai bondi hors du lit. Je suis honteuse qu’il me trouve au lit. Si je pouvais finir par produire un écrit, ça irait, un travail quelconque, ça justifierait, mais je n’y arriverai jamais, à produire quoique ce soit de lisible par lui ou F. J’ai alors décidé de me laver les cheveux, ils deviennent trop longs, je ne parviens pas à aller chez le coiffeur, je ne parviens pas à prendre RV. Mais qu’est-ce qui me fait peur. Principalement, je repousse malgré moi toute interruption dans le long continuum de mes jours. Un rendez-vous est un interruption, une coupure. Mais aussi, je ne vais pas savoir comment m’habiller, m’apprêter pour aller dehors. Est-ce que c’est ça ? Et puis, une fois chez le coiffeur, il y aura le désagréable tête à tête avec mon image. C’est à chaque fois une surprise profondément désagréable. Je ne reconnais pas la personne que je vois, je ne reconnais pas et je n’aime pas. Je me suis donc lavé les cheveux et ensuite seulement j’ai pris le risque de me doucher. La douche ne fonctionne plus bien et je n’ose plus faire les deux en même temps, soit l’eau n’est pas suffisamment chaude soit elle l’est trop. Si je me lave les cheveux agenouillée devant la baignoire, sans me mouiller le corps, je peux supporter d’utiliser de l’eau un peu trop froide.  Quel intérêt d’écrire tout ça ? Tout devient compliqué à expliquer, j‘y renonce de plus en plus. Le jour se lève, la lumière arrive. Ou alors le faire à titre d’exercice, d’exercice de langue, d’exercice pour la mémoire. Chester sur mes genoux, puis Chester parti. Enfin, on ne sait jamais qu’on tombe sur quelque chose. Là, je visais à parler du grand désagrément où j’étais. Je ne sais pourquoi je n’aime jamais le temps passé à la salle de bains. C’est vrai et c’est faux. Ce temps qui a souvent tendance alors à s’étendre. Mais, hier, c’était ces difficultés avec l’eau, l’inconfort, le débit de l’eau pas assez fort, me brûler, tempêter. Est-ce que ce sont ces petits embêtements qui m’ont mise ensuite de si mauvaise humeur. Mais s’agissait-il de mauvaise humeur. D’angoisse? Le jour se lève et je n’aime pas. Je commence à avoir mal aux mains.  [...]  Lire la suite >

jeudi 12 janvier 2023 · 06h51

jeudi 12 janvier 2023
— fracassemeurs + Rachel

06h51 Il est 6h51, j’ai pris une Ricoré et un bout de [mot qui manque]. J’ai regardé des trucs sur Instagram, quelques beaux trucs, de jeunes, des jeunes qui se connaissent, qui sont amis, qui font des trucs ensemble, qui se dessinent, se photographient… quelqu’un qui raconte ses rêves en dessin, c’est vraiment joli, ça donne envie de savoir dessiner, je crois que j’aurais pu avoir des amis comme ça, ça me rend un peu aigrie, ou triste, un peu, en même temps ça, me réconforte, le spectacle de ces amis, de savoir que ça existe. Réveil avant 6h. Inquiète à cause de ce dont on parle trop, la retraite. Hier, J : toi tu ne travailles pas, tu n’auras pas de retraite, tu n’auras rien. Chaque fois, quand je pense à ce genre de choses, je pense suicide, le moment venu. Je ne vois pas comment faire face à ça. Alors, les pensées étaient particulièrement violentes, cette nuit, les fracassemeurs. Il y avait la pensée à la chute aussi. Fracasse-meurs. La chute sur le crâne, l’impact au sol, la temp, la joue, les os. Et alors, ces stupides pensées à Rachel, qui reviennent de nulle part…. Des pensées de vengeance, que je ne mettrai jamais en pratique. La dénonciation ou le mail collectif. Raconter ce qui s’est passé. Tout ce que j’ai perdu. La possibilité aussi d’avoir un métier. Puisque c’est ce à quoi je travaillais. Est-ce que ça s’apparente à de la paranoïa ? Je ne sais pas. Je n’invente rien, ça a eu lieu, les événements. Non, mais, l’entretien de l’aigreur, de la revanche, la personnification de l’ennemi. Quand est-ce que je retourne à ça ? Quand est-ce que j’ai besoin de retourner à ça? Quelle est la fonction de la paranoïa? A quoi me sert-elle ? Quand dois-je y avoir recours ?Elle a abusé. Mais elle était folle, elle est devenue folle. C’est ce que je crois, qu’elle allait très mal. C’est pour ça que je n’ai pas dénoncé. Et puis, je songe à tout ce qu’elle m’a appris. Puis à tout ce qu’elle s’est retenue d’enseigner. Au manque de reconnaissance. À sa jalousie même. À ses abus de pouvoir. À ce qu’elle a pu raconter aux autres. Au désespoir où elle m’a mise. Je n’ai rien dénoncé. J’ai dû abandonner la formation d’enseignante. Tout ça pour quoi ? Pour avoir raconté un souvenir d’enfance. Un terrible souvenir d’enfance. Alors en vrai, je lui souhaite du mal. Et à tous les élèves qui n’ont pas pris contact avec moi. Qui ne ce sont pas souciées de moi. Ni d’A. 8h04. Devrais pas, mais vais me recoucher une heure. J se lève. 8h10. Au lit, fracassemeurs. « Je me hais Je me hais Je me hais ». Je tape sur le téléphone, sous la couette. Tentative de noter. Selkina Padenon.  [...]  Lire la suite >

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