Bruxelles On part tout à l'heure. Qu'allais-je dire. Il est possible que je me sois éloignée du langage, en tant que support de la pensée, laquelle n'est plus pour moi que ce qui m'empêche de dormir, dont j'ai perdu tout espoir de jamais la coucher sur papier. Si bien qu'aujourd'hui, il ne m'arrive plus que des brimborions de pensées, comme cette phrase qui s'imposait tout à l'heure : je veux mourir, je veux mourir, je veux mourir... À laquelle j'ai opposé un Je veux vivre fort artificiel à la manière des injonctions que l'on adresse à son corps pour l'entraîner dans un état de relaxation : Lourd ou Chaud ou encore C'est agréable, ainsi que cela m'est enseigné…
brimborions
lettre sans réponse
Comment j'ai écrit beaucoup de lettres, comment on m'a rarement répondu, comment j'ai de moins en moins écrit de lettres, comment, je n'ai plus écrit de lettres, comment il n'est rien au monde qui ne me soit plus douloureux qu'une lettre sans réponse. Mais aussi, comment mes amours ont toutes commencé sous les auspices des lettres. J'avais écrit cette lettre à M, rencontrée au stage de tai chi, début juillet. Je l'ai écrite en plein mois d'août, à une époque où il faisait chaud, où j'étais en plein dans mon obsession du foie et de l'horloge biologique chinoise, mais aussi en pleine énergie, enthousiasme, dans le brûlure de l'été. Je faisais du tai chi dehors,…
avoir un corps
Après toutes ces années de tai chi, de chi et de tai chi, il me semble que j'acquiers, que j'ai acquis un nouveau corps. C'est un fait, c'est l'acquis, un corps. Par sa jouissance. La jouissance par les traçages intérieurs, enchanteurs. Les traçages de mondes, les dessins. Les géographies. Être dit encore, reste. Reste à dire. Cela reste à dire encore. Ce corps acquis. La jouissance. Les explorations auxquelles on procède, les manipulations intérieures, le bonheur qu'on y trouve, donnent un corps où il n'y en n'avait pas. Le corps se met à exister. C'est une tentative de le dire. Ce n'est pas la première fois que je m'y essaie. Ce n'est pas dit très…
le dentiste tué d’une balle dans la bouche
— jeudi 22 oct. 2020, 10:56
Donn 22 octobre, jour de mon anniversaire, 57 ans. Je suis en prison. Peu de souvenirs. Beaucoup de monde. Dortoirs. Je dois aller chez le dentiste. Quelqu'un essaye de tirer dans le dentiste qui a la bouche ouverte, dans sa bouche. Il n'est pas mort. Les portes ont été fermées. De l'autre côté de la paroi quelqu'un tire au hasard et touche le dentiste au cou, il meurt. Je me réveille. Je me dis que je ne dois pas oublier. Je me souviens alors de beaucoup de choses. Je me rendors. Je rêve la suite du rêve. Toujours en prison, je dois rentrer à la prison après l'assassinat du dentiste. C'est la nuit, j'éprouve de…
de bons voeux vingt et un
— jeudi 7 janv. 2021 à 12:41
Pierre, Petit mot pour souhaiter bonne année. Que cette année unième vienne en douceur et délicatesse s'inscrire dans le vide de l'année zéro dont nous sortons tout juste, ébahis et égarés. Je vous entends. Je t'entends Pierre. J'écoute. Et je ne peux pas toujours répondre parce que c'est dense, c'est fort, parce que ça rejoint mes propres préoccupations, parce que ça répond, parce ça fait des surprises, parce que c'est plein de propositions, parce qu'il y a ce qui est évident et ce qui ne l'est pas. Parce que Noël m'a beaucoup accaparée. Parce que ça se décante. Parce que j'ai mes démons. Certains d'entre eux m'envoient vous dire, te dire, Pierre du Canada, que j'ai 56 ans et que…
la nature de mon corps
Nathalie est fâchée sur moi et j'en suis fâchée. je tente de me faire excuser en lui disant que je suis bipolaire. je lui parle aussi de ce qui peut s'atteindre dans le corps, du corps, se vivre. j'exige alors d'être ramenée "quelque part". nous partons en taxi. arrivée cage aux ours, explosion. je repars dans ma rue seule et heureuse, avec le taximan.
mercredi 11 janvier 2023
— « Il y a deux façons chez nous de devenir chamane : soit par la lignée, soit en ayant traversé des maladies ou des accidents »
Sept heures du mat, ou par là. Hier quatre gouttes. Levée à cause de trop de mots dans la tête, difficile à décrire, pas vraiment angoissant, mais ennuyant. Ça a commencé par "fracassemeurs" (mauvaises pensées, mots qui se répètent tel que "haine" ou "meurs" ou "tu es morte") auxquelles j'opposais pensées "bonnes", puis ça s'est mélangé à des phrases ou des mots interrompus ou par des mots inexistants, des syllabes sans sens, le tout répété, martelé. Encore une fois sans angoisse, sans sentiment de malheur, mais j'ai préféré me lever. Rêve cette nuit : rêvé de Vlady ! de Vlady et de sa femme, Michèle. Ils venaient, ils devaient donner un stage. Il fallait tendre…