aube
Re: discipline « Reply #25
ces histoires de projet me rappellent Bataille. je l’avais découvert vers l’âge de 22 ans. lui qui m’avait permis de me départir, dépêtrer, m’éloigner du projet la tête haute.
là, une consultation rapide de Google me rappelle que si Bataille ne voulait plus du projet, cela partait chez lui d’une volonté d’en finir avec le langage (dans lequel il semblait pourtant bien installé, un poisson dans l’eau) et celle d’aller vers d’autres formes de communication, directes, non médiées.
décidément quelque chose qui continue de me diviser. même si je ne pense plus qu’on puisse quitter le langage. au moins cesser d’en vouloir comme seul habitat et inclure dans son emploi la conscience de ce qui ne lui obéit pas et qui existe. vivre dans des mondes déchirés. au cœur de la fêlure de ces mondes qui s’engendrent et s’ignorent. (car le réel auquel Bataille voudrait atteindre de façon non-médiée est encore un réel né de la rencontre avec le langage, que le langage n’est pas seul à atteindre, n’atteint pas seul, ce à quoi il faut faire place dans l’usage du langage, dans le discours courant.) [...] Lire la suite >
oups,
Lapsus réjouissant,
L’artisan du retard pour L’artisan du regard
J’avais reçu un coup de fil de L’artisan du regard pour m’annoncer que mes lunettes étaient prêtes. le regard, le regard, c’est bien lui la cause de mon infini retard. (cette vie que je lui ai sacrifiée, à mon image.
relectures
19.XI.16
7h30
Réveillée, levée, bu grand verre d'eau tiède, ne sais pas bien quoi faire, assise au salon dans le noir, ne peut pas faire de bruit, tout le monde dort.
Je cherche une voie à mon assiduité. Je n'en n'ai plus aucune, pas la moindre. C'est pour ça que je rêve de discipline.
L’interdit
[quelqu’un à qui écrire]
Finalement, je constate que je cherche bien moins quelqu’un à qui parler que quelqu’un à qui écrire.
Cependant qu’il est vrai que je ne supporte actuellement ni parole ni écrit qui me soit adressé ou dont je sois l’auteur. Tant l’une que l’autre me jette sur le qui-vive, au bord du gouffre.
N dit : Se désidentifier de la pensée. De la parole, de l’écrit. Les considérer comme des composantes parmi d’autres, de soi, du monde.
Se désintéresser du doute. N’être sûre que de ce que le corps ressent.
J’écris pour me délivrer de la pensée. Quand elle est ce qui s’en rapproche le plus. L’écriture de la pensée. La parole, la voix, elles, viendraient me trouer la peau. Penser caresse de l’intérieur. [...] Lire la suite >
note 88
La supplication intérieure est la seule raisonnable, car elle évite de raidir les muscles
« Essayer de remédier aux fautes par l’attention et non par la volonté.
[…]
La supplication intérieure est la seule raisonnable, car elle évite de raidir les muscles qui n’ont rien à voir dans l’affaire. Quoi de plus sot que de raidir les muscles et serrer les mâchoires à propos de vertu, ou de poésie ou de solution d’un problème ? L’attention est tout autre chose. »Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce, Paris, Plon, 1947, p. 133.
Se redresser, c’est être intéressé par ce qui se passe.
Ce qui est sûr c’est que hors-corps le langage est mort.
Y avait ça qui traînait dans mes tiroirs. Qu’on n’aille pas croire que j’y parle à un(e) autre que moi. J’essaie de mettre au clair des trucs et ça ne marche pas comme je veux. Surtout, je ne pense pas que j’arrive à rendre ça potable à quiconque ne s’intéresse pas un tant soit peu à la psychanalyse. Ça m’a travaillée, fatiguée, inquiétée, excitée, tenue éveillée, jusqu’à trop. Jusqu’à ce que ça devienne trop et que je doive l’oublier, oublier que je ne suis pas arrivée à écrire ce que je voulais, qui est resté je ne sais où, quelles limbes. Là, j’ai pris suffisamment de distance que pour pouvoir le publier. C’est-à-dire que je l’ai oublié. Dépitée seulement de n’y être, une fois de plus, pas arrivée, et que ça doive me rester (encore) en travers de la gorge. [...] Lire la suite >
autrement dit
« L’horreur de dé-penser »,
autre façon de parler de la radinerie.
(s’accrocher à, ne surtout pas lâcher sa pensée)
du rien de la belle bouchère à l’huître de la belle mondaine
Eric Laurent, « De Radiophonie de J. Lacan », Conférence à Bruxelles le 15 octobre 2016
Écouter sur Radio Lacan : http://www.radiolacan.com/fr/topic/867/3# (épisode 3)
Extrait (transcription rapide) :
[…] 6:45 Et l’articulation au phallus, cette nouvelle articulation, dans Radiophonie, je voudrais prendre l’exemple que Lacan donne de la nouvelle reformulation du désir, de la métonymie du désir, en tant qu’articulée à la jouissance.
Dans la première partie de son enseignement, Lacan avait fait de la métonymie du désir le fait que dans le désir, au cœur du désir, il y a un objet qui glisse, qui fait que finalement rien ne peut se fixer comme objet dernier du désir. Ça glisse toujours. D’objet en objet, le désir, l’objet court sous la barre du signifiant et la barre du sens, et donc l’objet métonymique c’était la fuite du désir. Et ça met en valeur le rien. [...] Lire la suite >
de l’objet du désir à sa cause (la jouissance)
— du saumon à l'huître
Jacques-Alain Miller, La clinique lacanienne, cours du 27 janvier 1981
Extrait :
Nous pourrions nous en tenir là, si nous n’avions la reprise par Lacan du concept de métonymie non plus à partir du désir, mais à partir de la jouissance. Nous avons pendant des années fait valoir le désir comme métonymie, alors que “Radiophonie” fait valoir que ce qui est en jeu dans la métonymie, c’est la jouissance.
Je dirais que ce texte, qui n’est pas le dernier mot de la théorie de Lacan, est pourtant un passage tout à fait obligé pour atteindre la suite de son enseignement. Il formule que le métabolisme de la jouissance n’est rien d’autre que la métonymie du désir. Ce que résume cette formule, c’est tout le paradoxe que nous avons à situer. [...] Lire la suite >
po(l)issonneries
Jacques-Alain Miller, La clinique lacanienne, cours du 27 janvier 1982
SOURCE : http://jonathanleroy.be/wp-content/uploads/2016/01/1981-1982-Scansions-dans-lenseignement-de-Jacques-Lacan-JA-Miller.pdf
Je vais aujourd’hui vous amuser un petit peu. Je suppose que je vais m’amuser aussi. J’ai un très gros rhume et j’ai pris ce qu’il fallait pour que ça ne paraisse pas. Il n’empêche que cela ne m’a pas mis forcément de bonne humeur.
Je voulais faire un cours sur l’huître mais je n’ai pas eu le temps de faire l’enquête qu’il fallait pour traiter ce sujet, à savoir d’abord d’aller en manger, puis d’introduire l’érudition nécessaire pour que ça devienne amusant.
Je voulais parler de l’huître, puisque Lacan lui-même nous a invités à trouver un rapport entre l’huître et l’hystérique. Si nous étions un peu jungiens, ça nous conduirait tout droit à étudier la signification érotique des poissons et des fruits de mer. Il ne fait aucun doute qu’on la trouverait. On peut trouver une signification érotique à tout. C’est ce que veut dire la signification du phallus. Ces fruits de mer sont évidemment le secret de l’affaire de la belle bouchère qui ne rêve que de caviar et de saumon. Elle nous présente, de façon sommaire et concrète, le désir d’autre chose, autre chose que ce qu’elle a dans la boucherie. Ça fait que l’on pourrait essayer de partir d’une condensation, et parler par exemple de “l’hystéruître”. Ça nous conduirait à étudier la métaphore, puisque c’est sous ce registre que Lacan reprend la condensation. Mais il s’agit ici pour nous de la métonymie de l’huître. [...] Lire la suite >
métaphore/métonymie II. chabert et le reste de saumon de belle bouchère
Jacques-Alain Miller, La clinique lacanienne, cours du 3 février 1982
Extrait :
La belle bouchère, donc. Elle nous embarrasse. Elle nous embarrasse parce que toute l’analyse du désir de l’hystérique est là présentée comme une affaire de signifiants. Dans son désir, elle est tout entière une affaire de signifiants.
Vous vous souvenez avec quel brio Lacan resserre sa métaphore et sa métonymie.
Il fait valoir que dans le rêve, qui est très bref, tout tourne autour du saumon, du signifiant saumon qui, puisque la belle bouchère précise que c’est en fait du caviar qu’elle désire, est un signifiant substitué au caviar. Il y a donc là métaphore. [...] Lire la suite >
de 1959 à 1975, la belle bouchère chez Lacan
Ci-dessous, quelques-uns des textes de Lacan où il traite de la Belle bouchère.
1 Livre VI, Le désir et son interprétation, p. 505 -10 juin 1959 2 Livre X, L’angoisse, p. 63 – 5 décembre 1962 3 Livre 11, 10 juin 1964 4 RSI, 11 mars 1975Jacques Lacan, Le Séminaire, Livre VI, Le désir et son interprétation, p. 505 (10 juin 1959)
Mais quelle est la fonction du désir insatisfait chez l’hystérique ? Lacan nous dit que l’hystérique, qui veut être aimée, doit, afin de soutenir le désir amoureux, désirer autre chose. Et pour que ce désir d’autre chose remplisse sa fonction de soutien du désir amoureux, il faut qu’il reste insatisfait. La belle bouchère fait appel au mari en place d’Autre réel pour lui interdire la satisfaction du désir de caviar. Ainsi, à sa demande à elle, il lui crée un désir insatisfait, dans lequel elle trouve appui pour son désir. En entretenant l’insatisfaction, cette femme reste ainsi dans une position désirante.
– Dominique Corpelet, La Belle Bouchère et le désir du sujet hystérique [...] Lire la suite >




