Beaucoup de textes affichés, des adresses, des suppliques. J'ai pensé naïvement que c'était peut-être ça aussi l'art qu'on ne dit plus naïf brut : naïvement écrire et exposer des textes qui comptent pour soi, des pensées que l'on a. Naïveté de l'art brut, "outsider", qui va directement straight to the point, sans détours. En quoi consiste les détours de ceux qui en font ? Délices d'interprétations? Qu'est-ce qui me retient d'écrire des mots et de les mettre au mur ? De figer leur nature d'objet? Une de leurs natures d'objet. Ah non, je n'aimerais pas m'exposer aussi crûment. Je ne pourrais pas. Ce rappel, également : Faire, gratuitement. Donner seulement une existence matérielle à ce…
Expo d’hier, The museum of Everything, un mot, rapide
De l’art invendable.
En réponse à : J'en viens parfois à me demander s'il ne faudrait pas se mettre à fabriquer, à créer des objets d'art, de l'art, qui ne puisse pas se vendre. Est-ce possible de créer de l'art invendable. Non pas gratuit mais invendable ? Bon, je sors du sujet mais je poste quand même, je réfléchis tout haut et je partage.EV De l'art invendable. Je me demandais si ça ne serait pas vendu du moment où ça porterait le nom d'art, l'estampillage, la marque. / Ce à quoi travaille le Museum of Everything - faire sa marque, but prôné. Mais, s'agit ici de la marque d'un musée, pour, paradoxalement, exposer des gens qui ne se…
Entretien avec Marcel Duchamp
Entretien avec l'artiste Marcel DUCHAMP (1887-1968), fait en juin 1967, portant uniquement sur les "ready-made" inventés à New York. L'interview est faite à Paris à la galerie GIVAUDAN. Le ready made est né d'un ensemble de conclusions : de nombreux éléments d'un tableau sont achetés tout faits, la toile, les pinceaux... en poussant le raisonnement jusqu'au bout on arrive au "ready made". Lui, l'artiste ne fait que signer. De toutes les façons une œuvre d'art est toujours un choix de l'artiste. Le ready made doit être indifférent à son auteur, ce n'est pas un choix esthétique. On doit se débarrasser de cette idée du beau et du laid. Les premiers "ready made" remontent à 1913,…
lire avec ses pieds // si le corps est le registre du réel, l’acte qui consiste à lire avec ses pieds a un poids de réalité qui manque à la lecture effectuée au seul moyen de l’oeil
Merci Juliet pour ces images, l'évocation de cette exposition, Dylaby, au Stedelijk d'Amsterdam en 1962. Exposition que je ne connaissais pas. Intriguée aussi par la troisième image, la plus grande, que je n'arrivais pas à "déchiffrer", me demandant s'il s'agissait d'un montage, j'ai fait des recherches (pas plus loin que sur le net) et lu un texte sur les labyrinthes dans l'art au XXè s. qui prend son départ de cette exposition et décrit la photographie qui m'avait donc intriguée. J'y ai donc appris qu'il s'agissait de la proposition de Daniel Spoerri, lequel avait investi deux salles du musée : plongé la première dans le noir et gardé pour la seconde l'apparence banale d'une salle…
RE: We Buy White Albums
13h46 Je trouve ça très bien moi. Et, réflexion faite, très intéressant sur le devenir possible d'un symptôme. S'agissant d'un symptôme obsessionnel (hypothèse que je pose pour pouvoir en examiner les conséquences), il serait même réjouissant qu'il en vienne à découvrir l'envers de son postulat de départ : là où tout était le même, où tout se valait, tirer au jour la petit différence, et même faire en sorte que cette différence vous saute à la figure. Si le collectionneur est celui qui espère au travers de sa collection atteindre à un tout qui soit sans faille, s'il s'agit de l'exercice d'un comblement de ce qui serait sinon insupportablement manquant, troué, de sorte que l'un…
Entretien avec Jean Clair – Éloge du désarroi
Emission "Les énigmes partagées, psychanalyse et neurosciences" Avec Jean Clair, interviewé par François Ansermet, pychanalyste, membre de l'Ecole de la Cause freudienne, et Pierre Magistretti, spécialiste du métabolisme cérébral. https://www.youtube.com/watch?v=spnaUOcgExs&feature=emb_imp_woyt&themeRefresh=1 1895, date clé, synchronie ahurissante : L'esquisse de Freud, les travaux sur l'hystérie - véritable rupture épistémologique découverte des rayons X par Röntgen --> influence sur littérature, ex Thomas Mann, La montagne magique, stupéfaction du héros quand il découvre les poumons de sa bien aimée réduits à une photographie spectrale cinéma découverte des géométries pluridimensionnelles, qui rendent les perspectives traditionnelles complètement caduques neurologie : les premières études sur le cortex cérébral - avortons de Penfield sensoriels et moteurs (homoncules) nouvelles incursions dans le domaine de…
Fer
— (déjà)
Il s'agira également de rapprocher cet usage et son "déjà" de Lagandré, du readymade de Duchamp. Pour Duchamp, la chose est déjà faite, la peinture est déjà en tube, elle n'est plus à faire. Et qu'elle ne soit plus à faire est ce qui rend l'artiste impuissant. Lui rend impossible d'encore faire de l'art. Puisqu'il est fait. Puisque les machines l'ont déjà fait. Les choses ne sont plus à faire. L'industrie s'en occupe. Il n'y a plus rien à faire. Il y a bien des travailleurs spécialisés, encore, des ouvriers. Mais ils ne font que ce qu'ils font, dans le cadre de leur travail, et en dehors de leur travail ils consomment également des objets…
lettres de jouissance de simon hantaï (autoportrait d’une exposition en jardinière)
"Poperinge. La maison de mes grands parents, du côté de ma mère. Nous allons loger là un moment. Mes cousins – Jo, Dirk et Roos – sont là. Je ne sais pas pourquoi nous sommes là. Nous sommes réfugiés un moment là. Le lieu était inhabité. Nous travaillons à l’arrière du jardin, à un coin du chemin qui courait tout autour. Je veux replanter une fleur reçue en cadeau. Je ne sais pas du tout de quel côté de l’angle du chemin la mettre. Je la mets d’abord contre le mur du fond, à un endroit où elle recevra le soleil toute l’après-midi, sur un petit promontoire où elle se niche parfaitement, telle la Vierge…
« Plier une feuille de papier, l’aplatir et écrire là-dessus en continu avec l’encre de Chine,
« Plier une feuille de papier, l'aplatir et écrire là-dessus en continu avec l'encre de Chine, avec les variations décrites dans 1) 2) 3). Déplier ensuite. Apparitions de fissures. Textes dispersés. Coupures n'importe où. Plusieurs pliages sont possibles, du très serré au très troué . [... ] C'est une très ancienne idée. Chaque pliage donne avec le même texte des peintures différentes, et la coupure dans les mots est aussi chaque fois différente» . ( « je me suis crevé les yeux, ou je vois avec une canne blanche d'aveugle...»), prééminence de la vue effacée , diminution qui n'est pas sans entraîner aussi celle de la main ( « Main dans la poche, bête comme…
Créer ce n’est pas assujettir mais consentir ; non pas saisir, mais se laisser surprendre.
L’œuvre d’Hantaï est une anti-performance. Son parti pris de faire silence est une protestation contre l’ère des productions exemplaires. Peindre, pour ce peintre, ce n’est ni démontrer, ni se démontrer. Aussi son silence, loin d’être anecdotique, a-t-il la portée d’une initiation, que l’on peut rassembler autour d’un double refus Premier refus : le refus d’interpréter, le refus du discours-clé, du concept dévoilant, qui serait le garant de l’énigme de l’œuvre. Cette œuvre refuse le “message” et c’est là sans doute une provocation à une époque où l’on place toute œuvre dans le prolongement d’une volonté de dire. Hantaï ne se veut le prophète d’aucune signification. Non pas que son œuvre ne donne pas à penser,…
Simon Hantaï, arrivée à Paris, la période surréaliste / 1949-1955
Quelques images de la première salle de l'exposition Simon Hantaï au Centre Pompidou.
Hantaï, composantes de peinture : toile, peinture
Je ne me souviens plus du titre de cette œuvre, peut-être tout simplement "Peinture". Je l'ai prise en photo pour me souvenir que très vite pour Hantaï la toile, le tissu, sera l'objet de sa peinture. L'objet dans sa matérialité, réel. Ce qui paraît évident ici, où c'est le tissu même, dans ses plis et replis, qui est posé sur la toile, comme objet de la peinture, objet sur laquelle de la peinture est posée.
Vues des Tabulas (rouge et bleue), 1980
Les tabulas rouges et bleues, mes toiles préférées de l'exposition. L'émerveillement à chaque fois, la surprise, chaque carré différent et chaque carré suaire, moment d'apparition. Elles deux ( trois dans cette salle de l'exposition, avec la jaune que je n'ai pas photographiée et beaucoup moins regardée), tellement semblables (dans la structure), si différentes de par les effets que provoque la couleur. Violence généreuse, profuse de la rouge, eau de la bleue. Mais peut-être la rouge surtout, préférée.
Hantaï – Nancy : L’exposition qui n’a pas eu lieu. alors le livre d’une correspondance.
"Simon Hantaï, connu comme un des plus grands peintres français des années 1960 à 1990, avait décidé de ne plus peindre ni exposer. En revanche il lisait des philosophes et entretenait des rapports avec certains, soucieux qu’il était des enjeux de son art. Au fil d’années de conversations et d’un travail commun autour d’un livre de Derrida, Jean-Luc Nancy avait essayé d’ouvrir une voie vers un projet qui n’aurait pas abouti à une « exposition » mais à une mise au jour, à une monstration du travail et de la pensée de Hantaï. Celui-ci en vint à approuver ce projet qui commençait en même temps à pouvoir être pratiquement mis en œuvre. Mais sa disparition,…
le point de capiton de Simon Hantaï
C'est à cette Madonna del Parto de Piero della Francesca que Simon Hantaï dédie ...del Parto : Sur un carton d'exposition, il la décrit dans ces termes : ... del Parto, Tabula 1975Acrylique sur toile pliée 255 x 320 cm Parmi les Tables peintes à cette époque, quelques unes de couleur terre. Terre verte, rouge, Pozzoli, terre brûlée et ce caput-mortuum.Pliée en rectangles, les croisements fixés par des nœuds à l'envers. La face capitonnée mise par terre est peinte. La couleur caput-mortuum rentre dans la toile instantanément. Ne bave pas, souligne les coupes, les échardes et l'étoilement sec et sans séduction. Les nœuds enlevés et dépliés, le capiton s'ouvre en fente partout.A la Madonna del…