dimanche 17 septembre 2023 · 10h01

#12 | 0=Thomas Bernhard, le fauteuil à oreilles
— du ratage, la héraulte

#été2023 #12 | Thomas Bernhard, le fauteuil à oreilles Notes sur la consigne Long monologue du fauteuil à oreilles, tiré de Des arbres à abattre de Thomas Bernhard. Réception dans grand appartement viennois. Narrateur assis dans un fauteuil à oreilles - des "oreilles comme des antennes, comme un appareil auditif". Long monologue de 40 minutes. Le narrateur ressasse. Bribes de conversations qu'on entend mêlées à des souvenirs - 20 ans plus tôt le narrateur fréquentait ces gens. Publié après-coup sur Facebook Je pourrais dire que je regrette de n'avoir pas lu le monologue du fauteuil aux oreilles avant d'écrire ma 12, mais ce serait faux, je crois que le lire m'aurait rendu d'autant plus impossible…

lundi 18 septembre 2023 · 16h54

#12bis | retour sur la fiction

https://youtu.be/bS5oWxeBbbA un peu n'imp. premier essai de vidéo, de lecture. je relis mon texte, en le corrigeant. 2 x d'ailleurs. la deuxième commence à 09:10. je le referai... je suis tout à fait affreuse. elle disait qu'elle s'était récemment rendue compte qu'il lui était de plus en plus difficile de croire à la fiction, comme si tout devenait réel. idem, ajoutait-elle, au cinéma : de l'impossibilité de voir un film violent : sur sa chaise c'est elle qui encaisse les coups, qui gémit, qui se projette sur le côté tentant d'y échapper. ou encore : sortir épuisée d'un spectacle de danse. c'est-à-dire : toujours faire corps avec ce qu'il y a, avec ce qui arrive.…

lundi 2 octobre 2023 · 13h04

#11 | Portrait de l’auteure en lectrice
— en cours d'écriture —

"Ce qu'elle nous présente comme forme: un écart, une reconstruction fictionnelle, une mise à distance. Ce qui est reconstruit fictionnellement, c'est comment elle l'auteur est séparée d'elle-même par cette reconstruction d'elle qui lui arrive." François Bon, à propos de Gertrude Stein dans Autobiographie d'Alice B Toklas donn, nuit elle marche tout à fait dans le vide maintenant. c'est encore une autre nuit. il n'y aurait presque rien d'autre à dire.   la tête dans l'oreiller. elle marche tout à fait dans le vide maintenant. les consignes se multiplient, ne se ressemblent pas. de la tête elle ne sait plus où. y a la 11bis qui attend. il semble que j'avais déjà parlé de ça, de l'auteure…

samedi 11 novembre 2023 · 14h51

#enfances #03 #01 | cheveux (rien gravi)

la perte. dis d’elle la pertec'est impossible c'est impossiblela perte inaperçuealors désigne, fais advenir   alors prie  quels cheveux  quelle est la couleur de ces cheveux    est-ce que c'est ça blond vénitienquels cheveux mais quels cheveux  et cette peau    et le bleu de ces yeux cela pleut sur elle, cette enfant, cela pleut, glisse ne dit-on les compliments pleuvent, c'est ce qu'on dit, c’est bien ce qu’on dit les compliments pleuvent et glissent sur les baleines ouvertes et cassées du  parapluie qui redescend sur elle la couvre de son incompréhension  elle oiselle à deux pattes elle ne se dit rien à l’audition de ces commentaires contiennent-ils la moindre malveillance ? oh ! ils n’en contiennent aucune  les…

samedi 2 décembre 2023 · 15h29

enfances #06 | voix

– Je suis exaspérée– Ce n'est alors pas le jour– Non, en effet, mais c'est le dernier– Dernière minute Je veux me souvenir de la voix de mon père, je me souviens, je le vois. Est-ce que je me souviens, de sa voix? Quelque chose de sa voix est là, fragile, nécessitant une attention extrême, une tension. (Qui ouvre un point particulier de l'espace de l'espace de l'attention, un point où quelque chose de sa voix revient, revient à l'existence, qui s'entend à peine, une évocation s'élève dans l'espace de la pensée. Qui se juxtapose à une image de lui qui s'impose, vive et forte.) Etrangement, je le voix vois, penché sur le tiroir d'une…

lundi 18 décembre 2023 · 17h11

enfances #08-01 | Ma mère au Rami

C'est à Poperinge(1) surtout, chez la mère de ma mère, en Flandre, que nous jouions à de nombreux jeux inconnus de nous. Cela se passait lors des grands rassemblements de Noël. Nous y jouions l’après-midi, dans la salle à manger où plusieurs tables couvertes de nappes blanches étaient alignées perpendiculairement à la grande baie qui donnait sur le jardin. Dans un brouhaha de voix et de corps qui se frôlaient, la table était débarrassée et la vaisselle faite, les conversations retombées, certains convives avaient rejoint leur chambre ou un fauteuil où somnoler. Le jour tombait vite. Dehors, parfois, la neige couvrait le jardin.  Un jeu était alors proposé. Quelquefois celui de Nain Jaune, moins souvent…

mercredi 28 février 2024 · 15h17

Atelier FB Gestes&Usages #07 Humanité

Vous devez – Vous taire quand les adultes parlent. Vous devez – Manger tout ce qu’il y a dans votre assiette. Vous devez – Aller dormir. C’est l’heure. Vous devez – Vous brosser les dents tous les jours. Il le faut. Vous laver. Mousser. Frottez, claboussez. Vous changer. Petite culotte, slip, chaussette. Vous. Devez – Être sages. Je vais me fâcher. Vous devez – Partir à temps. Vous devez – Vous lever à l’entrée du professeur dans la classe. Vous asseoir. Grimper à la corde. Faire le tour du bloc au pas de course. Faire vos devoirs. Etudier vos leçons. Faisons-nous des bisous. Le manteau boutonné jusqu’au cou. Débarrasser la table sans jeter les assiettes…

samedi 8 février 2025 · 21h24

#boost 00 | parc

oh mon amourmon amour mon amourmon amour                                      est-ce qu'il ne reste que ces mots, les seuls dont je veuxmon amour, je          ne veux plus qu'une plainte, de la maison vide elle est sortie presque courant, elle est expulsée,                      il fait froid tu sais tu n'entends,                      elle veut aller face                                                             à la plaine elle veut aller face à la peine face à la ronde plaine verte en bord interne de la ville.                                      sortie presqu’en courant, elle veut le bout d’un monde et qu’il se crée ou s’évide                     elle va au bord de la plaine verte                                    elle y va pour voir                          elle veut s’arrêter face à la plaine elle veut voir l’espace où elle…

dimanche 9 février 2025 · 12h27

#boost 01 | champ de terre

pour le moment je ne connais de terre que celle comme une mer où l'on se noie. un champ visqueux de terre retournée abandonné brun sous un ciel bas. un vaste champ de guerre, de deuxième guerre, un champ de terre de guerre, un champ d'hiver, de courtes vagues noires  et brunes que ne ponctue plus aucune écume. grand champ de terre d'une guerre disparue que couvrent aujourd'hui les gravats. terre de guerre où tu t'enterres terre où tout s'enferre imagine, de glaise tu te lèves ils se lèvent de glaise zombies de l'espoir de l'histoire vers le soleil couchant leur clin d'œil jeté vers toitoi qui spectre le tableau rappelle la mère rappelle le filsdis-leur que tu viens pour le café…

samedi 15 février 2025 · 16h40

#01 | nuit d’été

ST2 / liminaire Dans terreur, il y a terre. Cette nuit-là, j’entends : dans terreur, il y a terre. ST4 Erre : lieu d’errance. Ton erre favorite. Comme une erreur. ST2 Vers les trois heures, j’ai ouvert à la terreur des coupables, mon maître. La nuit avançant, à entendre ses jugements sévères, j’ai eu besoin de mordre, de mordre la poussière, et j’ai mordu la terre, sa pomme. Elle était fraîche et boueuse et je me repaissais loin des regards, avilie, les yeux sur la fenêtre ouverte à l’absence des dieux et des pierres des yeux. Dans la chambre flottait les cendres d’une fine lune. Je roulais au sol. ST4 Atterrer. Etymologie. D’abord, ça a été littéralement…

dimanche 16 février 2025 · 10h11

nuit d’été, encore

fini par envoyer hier à FB la nouvelle version du texte nuit d'été. ça veut dire terminé. ça veut dire qu'il faut passer au suivant, à l'atelier suivant. nuit encore de doutes. entre autres sur la reprise des termes de lait noir et lait blanc, surgis quand j'ai ajouté le champ de terre, qui lui venait de ma première tentative (champs de terre). faut-il revenir en arrière, les effacer. et l'illustration, magnifique selon moi, de l'épouse de celan, lestrange dont j'ai oublié le prénom. pourquoi cette façon d'appuyer. ce que je dis là, en vérité, je voudrais n'avoir pas à l'expliquer. première version (de mémoire) :  "la terre seule continue de vaquer. je regarde la…

mardi 18 février 2025 · 19h55

#boost 02  | porte dérobée (prop 1)

petite il était un endroit que je regagnais parfois où je parvenais en poussant dans la porte dérobée d'un mur du couloir dans la montée d'escalier que rien ne laissait deviner que j'étais seule à connaître je me souviens de la grande ouverture déchirure du sentiment d'être petite de l'extraordinaire d'un mur qui s'ouvre de la profondeur des espaces qui s'ouvraient à moi comme une succession ouverte en éventail de pièces d'espaces de vie d'appartements que j'explorais lentement où je rêvais de pouvoir m'installer et vivre qu'aucune lumière du dehors ne pénétrait sans qu'il y fasse complètement sombre où je ne rencontrais personne dont les lieux se modifiaient quelque peu à chacune de mes visites c'était…

mercredi 19 février 2025 · 08h51

mercredi 19 février 2025

BOOST - Hier je suis parvenue à quelque chose sans en être vraiment satisfaite j'y repensais au réveil  je vais essayer de trouver une version qui ait sa propre logique son propre motif. plutôt que d'esquinter celui de la consigne. garder les portes, mais trouver le moyen de compléter le tour de la maison.  un tour en survol avec les premiers souvenirs venus. un survol en fantôme. glisser. j'y perds le heurt et le geste de la consigne, la surprise, mais tant pis. beaucoup de portes ouvertes dans la maison. ce n'est que du couloir de la cage d'escalier qu'elles étaient fermées, séparant les étages.  j'ai rêvé de ma belle-mère, deuxième nuit de suite. hier elle…

vendredi 21 février 2025 · 08h25

vendredi 21 février 2025

nombreux rêves je retiens seulement du dernier que nous n'arrivons pas à nous débarrasser des déchets. il y a de constantes tentatives et des échecs constants. peut-être n'est-ce pas tout à fait le rêve. au réveil j'ai ce sentiment qu'encore une fois dans ma journée d'hier je suis passée d'une chose à l'autre sans rien rejeter ni privilégier. j'ai alors l'idée qu'il faut du déchet qu'il faut rejeter certaines choses qu'il faut faire des choix et je me souviens vaguement du rêve. il y a l'idée — pressante, auto-accusatrice, angoissante — qu'il faut en fait rejeter sous peine que tout passe au déchet. dans le rêve il me semble il y a de ça. et…

vendredi 21 février 2025 · 18h40

#boost 02 | les portes ( v2)

petite il était un endroit que je regagnais parfois où je parvenais en poussant dans la porte dérobée d'un mur dans la cage d’escalier que rien ne laissait deviner que j'étais seule à connaître je me souviens de la grande ouverture déchirure du sentiment d'être petite de l'extraordinaire d'un mur qui s'ouvre de la profondeur des espaces qui s'ouvraient à moi comme une succession ouverte en éventail de pièces d'espaces de vie d'appartements que j'explorais lentement où je rêvais de pouvoir m'installer et vivre qu'aucune lumière du dehors ne pénétrait sans qu'il y fasse complètement sombre où je ne rencontrais personne dont les lieux se modifiaient quelque peu à chacune de mes visites c'était comme…

Top