samedi 5 octobre 2013 · 14h23

je déteste m’habiller

Thomas Clerc, sa garde-robe,
Moi je déteste m’habiller

Jean-Philippe Toussaint, sa Marie styliste,
Moi je déteste m’habiller

C’est tous les jours, les mêmes difficultés, que je ne surmonte le plus souvent pas le week-end (ou alors pas avant 16h….)  Je déteste prendre le temps de me laver, me coiffer, m’habiller…

En ce moment, me semble-t-il, plus difficile encore que d’habitude.

dimanche 1 juin 2014 · 14h08

et l’idée d’écrire La vie sexuelle de Catherine M. s’est imposée

Et puis, cet ouvrage achevé je me suis trouvée pour la première fois dans ma vie professionnelle sans plus de gros chantier. J’étais disponible et l’idée d’écrire La vie sexuelle de Catherine M. s’est imposée. Elle appartenait à ce genre de pensées plus ou moins frivoles grâce auxquelles, de temps à autre, nous nous dégageons d’un quotidien pénible ou ennuyeux. Nous projetons de faire quelque chose plus tard, dans un futur hypothétique qui nous comblera ou nous grandira, mais ce quelque chose reste flou. Nous ne prenons jamais la peine de le préciser. Il pourrait rester une chimère parmi les autres qui périodiquement ressurgirait de façon fugace et nous accompagnerait toute notre vie, entretenant, jusqu’à ce que le décompte approche de son terme, l’espoir d’une autre vie. Mais voici que j’envisageai sérieusement cette chose : écrire une autobiographie qui ne tiendrait compte que de ma vie sexuelle. (A dire vrai «sérieusement » est un mot un peu trop fort car je ne pouvais envisager cette entreprise qu’à courte vue sans la distinguer ni tout de suite ni totalement du fantasme.)
Catherine Millet, Jours de souffrance, « Sur la plage » , p. 254. [...]  Lire la suite >

mercredi 10 septembre 2014 · 22h41

Re: féminisme (2)

Simon Leys, dans ce merveilleux petit livre de lui que je lis en ce moment, Le studio de l’inutilité, rapporte que G. K. Chesterton attachait un prix particulier à la notion d’amateur qu’il comptait pour supérieure à celle du professionnel. « Aucune activité humaine vraiment importante ne saurait être poursuivie d’une manière simplement professionnelle.« 

Chesterton reporta ce contraste amateur/professionnel à la comparaison généraliste/spécialiste. A ses yeux, les activité habituellement dévolues aux femmes ont sur celles des hommes la supériorité de la connaissance généraliste sur le savoir du spécialiste. [...]  Lire la suite >

vendredi 3 octobre 2014 · 13h04

Artistes sans œuvres de Jean-Yves Jouannais,
— I would prefer not to

On trouvera ici des extraits du livre de J-Y Jouannais (les italiques [entre crochets, souvent]  indiquent mes propres annotations) que je note au fil de ma lecture, pour m’en souvenir.  Les numéros que l’on rencontre çà et là correspondent aux numéros de page.  Il arrive aussi que je me renseigne sur internet à propos des personnes ou des textes cités et que j’inclue ici ce que je découvre.

Artistes sans œuvres

1. Publier ou non son cerveau

« L’homme parfait est sans moi, l’homme inspiré est sans œuvre, l’homme saint ne laisse pas de nom. »  —Tchouang-Tseu

p. 9
« Pendant un siècle, les Wittgenstein ont produit des armes et des machines, puis, pour couronner le tout, ils ont fini par produire Ludwig et Paul, le célèbre philosophe d’importance historique, et le fou non moins célèbre (…) et qui, au fond, était tout aussi philosophe que son oncle Ludwig, tout comme à l’inverse, Ludwig le philosophe était tout aussi fou que son neveu Paul, l’un Ludwig, c’est sa philosophie qui l’a rendu célèbre, l’autre, Paul, sa folie.
Tous deux étaient des êtres extraordinaires, l’un a publié son cerveau, l’autre pas. J’oserais même dire que l’un a publié son cerveau, et que l’autre a mis son cerveau en pratique. »
(Thomas Bernhard, Le Neveu de Wittgenstein, éd. Gallimard, Paris, 1982.) [...]  Lire la suite >

dimanche 26 octobre 2014 · 18h24

Re: livres du moment / Artistes sans oeuvres et Rien ne s’oppose à la nuit

j’ai terminé, il y a quelques temps, la lecture de jean-yves jouannais, Artistes sans œuvres, aussitôt reprise pour ne pas le perdre de suite, ce livre que j’avais aimé. je l’ai perdu quand même, je suis faite de sable.

cette nuit j’ai pensé, parce que je pense à n’importe quoi, pendant que dorine faisait voyage en ritaline, que le livre aurait aussi bien pu s’appeler Artistes sans noms, puisque c’est d’eux aussi bien qu’il est question dans ce livre, des noms que ne se font pas toujours les artistes. livre qui m’a soutenue le temps de sa lecture, car il absout, ou le tente, tant de l’œuvre que du nom. c’est-à-dire de l’absence d’œuvre que de l’absence de nom. [...]  Lire la suite >

dimanche 4 janvier 2015 · 13h45

Je te demande de ne pas me proposer ce que je veux pour que je ne doive pas te le refuser

Moi-même, plus jeune, vers la trentaine dirais-je, j’avais remarqué combien il m’était impossible de ne pas dire non à ce que mon ami d’alors,  Vincent, me proposait, dire non presque à tout ce qu’il me proposait. Et il ne s’agissait pas seulement de faire l’amour.

Notre relation avait cependant été assez longue pour que je réalise que j’avais bien souvent envie de ce qu’il me proposait. Et il ne s’agissait pas seulement de faire l’amour. A quoi j’étais donc, malgré moi, obligée de répondre que Non, je n’en voulais pas. [...]  Lire la suite >

lundi 4 septembre 2017 · 08h37

Donc l’être est une catégorie de police.

Notes autour de l’article « L’âge de l’anexcitation, par Laurent de Sutter, écrivain et juriste »

Donc l’être serait une catégorie de police.

Pour moi, il me semble que c’est quelque chose que la psychanalyse m’a appris. En tout cas c’est quelque chose que Jacques-Alain Miller a mis en évidence. Ça fait longtemps que je ne lis plus de psychanalyse, mais c’est quelque chose qu’elle m’a enseigné. On trouve cette dénonciation de l’être dans son cours de L’être et l’Un, en 2011. (( https://disparates.org/lun/))  L’hénologie contre l’ontologie. Ce qu’il y a contre ce qui est. Ce qu’il y a, dit Miller, c’est du côté de la jouissance, c’est l’Un. Tandis que du côté de ce qui est, du côté de l’être, c’est effectivement la police, c’est le « m’être ».
Ailleurs, et avant ça, mais c’est ici une référence que je n’ai jamais retrouvée, donc, ce que j’en rapporte est à nuancer, peut être imprécis, Miller parle du langage comme d’un instrument de pouvoir. Je voudrais vraiment retrouver ce texte. Ça a été publié dans la Cause freudienne. Celui qui a la parole a le pouvoir. Celui qui maîtrise le symbolique, maîtrise le pouvoir. [...]  Lire la suite >

mardi 19 septembre 2017 · 11h44

La vie des plantes, E. di Coccia

Il va falloir que  je range ce livre, lu cet été, « La vie des plantes »,  c’est toujours un moment que je déteste. Je déteste ranger un livre, je déteste m’en séparer, il me semble toujours que je n’en ai pas fini avec lui, qu’il faudrait que je le lise encore, que je ne suis pas suffisamment parvenue à l’assimiler. Je déteste l’oubli qui menace. S’agissant de ce livre, dont je me suis sentie très proche,  je me suis demandée quelle aura été son expérience à Emmanuele di Coccia, de ce souffle, par lequel  il relie le ciel,  la terre et les arbres. Le lisant à la campagne, il me semblait que ma propre  expérience du lien avec cela qui nous environne, se renforçait, s’embellissait, se révélait de façon nouvelle. Le chi (ki)  que je connais en tai chi m’a  paru proche du pneuma, du souffle qu’il décrit. Je me demandais quelle expérience physique, quelle pratique peut-être, lui avait  inspiré ce livre dont l’ample souffle m’a touchée comme rarement. [...]  Lire la suite >

jeudi 21 mars 2024 · 00h32

Totalement inconnu

Je me lève je n’arrive pas à dormir. ça ne va pas du tout. trop d’inquiétude à propos de Jules. Je lis le livre de Gaëlle Obiégly, je lui écris sur Instagram:

« Merci pour ce livre, totalement inconnu. Qui ne l’est plus complètement et qui le reste, qui encourage à aller vers ce qui en soi, de soi, est totalement inconnu. Inconnu, chéri, avec quoi jusque là on se croyait seul.e. Merci pour ce courage, peut-être. Cette sagesse, cette simplicité, cette voix. Merci aussi pour le soldat inconnu, auquel je m’efforcerai de penser cette nuit. Merci pour cette voix. Heureuse aussi que ce livre soit apprécié, aimé. Alors qu’il est si particulier. » [...]  Lire la suite >

jeudi 28 mars 2024 · 08h45

Ce qui fera cas

28 mars 24 8h45

Hier donc au matin, cette idée pour le livre d’A, l’idée d’ajouter un personnage qui soit le garant, un personnage inventé qui aurait un diplôme et pourrait dire les chose sans la charge de doute que je suis toujours obligée d’ajouter (ma façon de tout passer au conditionnel). Ce personnage dirait les choses sans précaution. Il aurait mes opinions mais pas ma prudence, pas mon caractère, ma façon de m’effacer. Ce serait un caractère fort. L’introduire de façon un peu drôle. Virginie F. ai-je pensé.

Puis, j’ai repensé aux fracassemeurs et au livre de Gaëlle Obiégly. Je ne sais comment ça s’est mêlé. Mais je me demandais si au fond je ne pourrais pas avancer non plus en mettant en avant le cas, que je suis, en avançant sous sa pancarte, mais en mettant en avant le fonctionnement, la pensée, dans sa singularité. [...]  Lire la suite >

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