mercredi 20 octobre 2010 · 22h47

Quand il y a de l’honneur, la vie pure et simple est dévaluée.

Quand l'honneur est une valeur qui tient le coup, la vie comme telle ne l'emporte pas sur l'honneur. Quand il y a de l'honneur, la vie pure et simple est dévaluée. Cette vie pure et simple, c'est ce qui s'exprime traditionnellement dans les termes du primum vivere. D'abord vivre, on verra ensuite pourquoi. Sauver la vie comme valeur suprême. Extrait de "Note sur la honte", Jacques-Alain Miller

jeudi 21 octobre 2010 · 00h24

«Le secret du désir est le secret de toute noblesse»

Lancé dans cette voie, je donnerai toute sa valeur à ce que Lacan dit au passage de son texte sur Gide, que «s'intéresser à sa singularité, c'est la chance de l'aristocratie». Voilà un terme que nous n'avons pas coutume de faire résonner et qui pourtant s'impose lorsqu'on reprend la position de Lacan devant ce fait de civilisation qu'a été Vincennes. Tout indique que ce qu'il a rencontré là, il l'a classé dans le registre de l'ignoble, et qu'il a eu, devant cette émergence d'un lieu où la honte avait disparu, une réaction aristocrate. Cette aristocratie est pour lui justifiée parce que le désir a partie liée avec le signifiant-maître, c'est-à-dire avec la noblesse. Ce pourquoi…

jeudi 21 octobre 2010 · 12h32

Je me disais : «Honneur, honneur, où dit-il cela?»

On le trouve par exemple d'emblée lorsqu'il fait le compte rendu d'un de ses derniers Séminaires, «... ou pire» : «D'autres s'... oupirent. Je mets à ne pas le faire mon honneur. » Ce mot «honneur» consonne avec toute cette configuration que j'ai dessinée. Ce n'est pas seulement l'honneur de Lacan Jacques puisqu'il ajoute : «Il s'agit du sens d'une pratique qui est la psychanalyse.» Le sens de cette pratique n'est pas pensable sans l'honneur, n'est pas pensable si ne fonctionne pas l'envers de la psychanalyse qui est le discours du maître et le signifiant-maître qui est installé à sa place. Pour le faire recracher au sujet, il faut d'abord qu'il en ait été marqué.…

jeudi 21 octobre 2010 · 12h42

«Le blason que le feu d’une rencontre a imprimé sur le sujet»

Lacan n'ayant pas encore élaboré dans son formalisme ce signifiant-maître, l'appelle, dans son texte sur Gide, «le blason» du sujet, terme qui est bien là pour résonner avec celui d'honneur : «Le blason que le feu d'une rencontre a imprimé sur le sujet». Il dit aussi : «Le sceau n'est pas seulement une empreinte mais un hiéroglyphe», etc. Chacun de ces termes pourrait être étudié dans sa valeur propre. L'empreinte est simplement une marque naturelle, le hiéroglyphe on le déchiffre, mais il souligne que, dans tous les cas, c'est un signifiant, et son sens est de n'en pas avoir. On peut anticiper que cette marque singulière est ce qu'il appellera plus tard le signifiant-maître qui…

vendredi 22 octobre 2010 · 12h24

ce pari sur la réciprocité de l’amour, l’existence du désir, le réel de la jouissance

22 octobre, c'est mon anniversaire... ce que ça serait l'amour réciproque.  "l'amour, disait Lacan, est toujours réciproque".  d'autant qu'on aime sans le savoir et qu'on déteste sans le savoir davantage, ce que j'ai lu dans Freud, qui m'a accrochée à lui. aussi mon amour s'est-il bâti sur le pari que j'aimais sans le savoir celui qui m'aimait le sachant et me le faisant savoir. j'ai parié que cet amour était réciproque même s'il n'y paraissait  pas. et, grâce au ciel,  j'ai dû m'exprimer par endroits suffisamment clairement pour que ce soit également entendu par celui à qui j'ai trop souvent affirmé le contraire, qui à mon pari parfois douteux opposa au moins en apparence une lente…

mercredi 27 octobre 2010 · 12h11

dernière scène

Hier, voulant ajouter quelques précisions au premier billet de cette série, la dernière image du rêve m'évoqua ce tableau bien connu de Leonard, La dernière cène. (( Comme j'en cherchais  une reproduction sur le net, j'ai découvert cette copie, contemporaine de l'époque de Leonard, de l 'abbaye de Tongerlo en Belgique,    peut-être visitée autrefois, que j'ai utilisée alors en illustration de ce premier billet.)) La dernière image du rêve rappelle cette image, si ce n'est que nous y sommes assis en face des fenêtres, qui ne sont vraiment pas loin d'avoir l'aspect de celle de La cène et que je ne sais si elles sont 2 ou 3.  je crois qu'elles sont 2, tandis que…

jeudi 18 novembre 2010 · 12h52

Note sur la honte

1. Honte et culpabilité «Mourir de honte» est le signifiant par lequel Lacan entamait sa dernière leçon du Séminaire L'envers de la psychanalyse: «Il faut le dire, mourir de honte est un effet rarement obtenu.» Ce terme de honte ne se rencontre pas là par hasard pour donner un point de départ, puisque Lacan va clore cette leçon ainsi «S'il y a à votre présence ici, si nombreux, des raisons un peu moins qu'ignobles, c'est qu'il m'arrive de vous faire honte. » Éric Laurent a fait un exposé particulièrement stimulant [1], se demandant s'il appartient bien au psychanalyste d'en rajouter sur cette honte, et s'il ne prendrait pas par là la relève du moraliste. Ce…

jeudi 18 novembre 2010 · 15h15

perdre

Si l’objet anal est corrélé au narcissisme, c’est aussi que la tendance à détruire, corrélée à sa défense, produit la tendance à retenir, à garder, à conserver. Et c’est là une fonction du narcissisme : ça conserve. L’objet anal, c’est aussi pour Freud qui le tient des obsédés : les enfants, le pénis, l’argent. Toute chose à garder ou à détruire, à perdre plutôt.Ici, le texte complet : Les objets de l'obsessionnel, conférence de Philippe La Sagna // un objet anal, trois objets anaux ? // mon sac, des feuilles de brouillon, un  cours de miller

mardi 28 décembre 2010 · 03h43

(bruit et fureur)

c’est la nuit.  je me réveille au son de ces mots :  « bruit et fureur » . angoisse incroyable. je me lève pour en sortir. mère ici, suis dans salle de bain. hier soir f disait : « ta mère, c’est violence et bruit ». alors qu'elle est si silencieuse, j'ai acquiescé mentalement . l'effet qu'elle fait . que dire de cette angoisse. les mots, les phrases que j’entends, me répète, qui déjà s’en vont. « j’ai plus de corps que de nom ». repris du solian, me lave les dents. dans mon « délire », je pensais que j’allais être hospitalisée. pourtant, j’étais sur la piste d’un nouvel objet –  léger, presque drôle,…

dimanche 2 janvier 2011 · 22h13

désastre (la chute de la maison …)

j'habite la cave de la rue waelhem. côté gauche, en descendant les escaliers, normalement inhabité. j'ai habité du côté droit, dans la cuisine-cave. quelque chose se passe, se casse, un mur se divise, des plaques s'en effondrent. je crois que je monte prévenir mes parents. mon père est encore en vie. je redescends avec ma mère. sommes en haut des escaliers de la cave. elle me parle d'aller voir de l'autre côté, du côté où j'habitais avant.  ça me fait penser au garage de la rue tiberghien. il y a peut-être des toiles dedans, des œuvres de mon père. les murs continuent à s'effondrer. ça m'effondre également. je suis très inquiète. ma mère descend.  elle…

vendredi 14 janvier 2011 · 12h11

rêve : derrière le masque d’une colonne, il nous reste encore à boire à ma mère et à moi

"Suis au restaurant avec ma mère, un restaurant italien. Je lui explique la différence entre grand A et grand A barré. Le patron du restaurant intervient. Il veut qu'on parte parce qu'on ne consomme plus rien. Or, il nous reste à boire. Cependant, me dis-je, d'où il est, il ne voit peut-être pas nos verres, masqués par une colonne. Le patron s'adresse à ma mère. Je me lève et lui dis qu'il se comporte très mal." Qu’un analyste (patron de restaurant !!) n’ait pas vu, ou risque de ne pas voir, qu’il nous reste encore à boire, à ma mère et à moi.

dimanche 6 février 2011 · 19h22

rêve : cette pièce a été vidée

« suis sur le palier du grenier de la rue waelhem. une voix féminine me dit, parlant d’une chambre qui était ma chambre d’adolescente, que “cette pièce a été vidée, doit le rester complètement, complètement vide, complètement nue, blanche” avec seulement au sol des coussins pour les personnes qu’elle y reçoit et que personne ne peut pénétrer, et surtout pas de sa famille, en dehors de l’office auquel elle est consacrée. » c’est très réel, tant qu’au réveil je me demande s’il n’y a pas chez moi aussi une pièce que je pourrais ainsi vider et consacrer à cet emploi. souvenirs, liens quelques jours auparavant, soldes pour jules, une tente d'indien toute blanche parsemée à l'intérieur…

samedi 12 février 2011 · 20h57

blanche et le non au père

Suis au château. Beaucoup de monde. Devons partir, prendre train, rentrer à Bruxelles. Rencontre Nathalie F. Elle me demande de rester quelques jours encore à Assenois, qu'on puisse étudier, réviser ensemble pour... l'examen. Je pense que je n'ai aucune envie d'étudier, que je ne me sens pas du tout en état d'étudier, mais que je resterais volontiers là quelques jours. Elle me dit de l'accompagner pour le petit-déjeuner, avant le départ. Je la suis, nous descendons au village. En chemin, nous fumons un joint. C'est un drôle d'endroit où nous arrivons. Très grand, plusieurs niveaux, du monde. Je ne me sens pas bien (joint). Je repère la table du petit-déjeuner. Mon père arrive. Il s'y…

mardi 15 février 2011 · 22h05

“La sensation”
— à la place de ma mère

La sensation. Souvenir m'en est revenu dimanche soir. J'avais passé le week-end à la retranscription du cours de Jacques-Alain Miller. J'étais un peu vidée. Contente, mais dans le doute, comme je peux l'être à chaque fois que j'ai passé "trop" de temps à quelque chose. Je voulais me remettre à la séance psy du lendemain, retourner, réinvestir ça, l'analyse. Comme je pensais aux derniers mots du dernier cours de Miller, sur la jouissance féminine, je me suis souvenue de la sensation que j’avais décrite à G (l’analyste rencontré au moment de mon arrivée à Paris). Il  m'avait répondu :  "C'est un très bel exemple, une très belle description de jouissance féminine, ce dont vous me parlez…

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