mardi 8 mars 2016 · 13h13

où l’on touchera un mot de la jouissance afférente à la honte et à la culpabilité (avec du Dostoïevski dedans)

MARDI MATIN, huit mars 2016, 10 h 53 minutes. F bureau, J école.

Malheur de malheur, j’ai craqué avant-hier et j’ai acheté un paquet de cigarettes.

Venions de rentrer de Donn, c’était le début de soirée déjà avancé, nous n’allions pas déballer les valises plus avant, elles resteraient probablement ouvertes au sol jusqu’à jeudi. Assis dans le canapé, Jules jouait à Portal 2. Dans son fauteuil, F faisait ses trucs sur ordi.

J’errais.

Soudain, j’ai vu sur la table du salon ce livre qui y traîne depuis un certain temps, probablement par moi sorti de la bibliothèque pour des raisons oubliées, Le sous-sol de Dostoïevski ! J’ai dit alors à J. que j’allais me servir un verre de vin, m’installer à côté de lui et le lui lire pendant qu’il jouait.

Faire la lecture à Jules, ça n’arrive bien sûr plus qu’à de rares occasions. Là, c’était autre chose. Énervée par l’ennui, j’avais eu cette idée de lire à autre hautre haute voix un livre que j’avais aimé, qui avait compté, dont j’avais partagé l’amour avec ma mère qui me l’avait fait découvrir. Et qui parle de sujets qui me sont chers, auxquels il m’avait d’ailleurs fastueusement initiée : la honte et la joie qui s’y lie, l’aveu et sa brûlure, la culpabilité et son triomphe sirupeux, épais. Autant de matières qui ne s’abordent pas nécessairement de front.  Qu’elles parviennent aux oreilles de Jules sans qu’il aie à les  écouter, distraitement, me paraissait –  pour moi lectrice également -,  finalement particulièrement adéquat. Approprié également à mon état nerveux, mon envie d’autre chose, d’un plus quelconque, oserais-je dire « cruel » – Comme une envie de mordre.

Donc, je me suis mise à lire… Ce livre est d’une force… Ah ! Je m’y suis pas mal laissé prendre. Il me manquait même, rétrospectivement, de n’y être pas retournée plus souvent, à ce livre, cet auteur, sa matière, sa grandeur, son humour, sa bonté, mais aussi au jeu et à l’interprétation. Donc, mon degré d’hypersensibilité a augmenté d’un cran et j’ai embrayé dans le mode susceptible, comme à chaque fois que j’aborde, que je fais état de ce à quoi je tiens.

Aussi, lorsque F. a mis de la musique sur son petit ordi, de son petit Facebook, grogniasse, bitch, j’ai pris la mouche, me suis trouvée heurtée, cognée. J’ai bien essayé de me retenir, mais il a fallu que j’arrête. Calmement, j’ai annoncé que je sortais, que j’allais boire un verre, qu’ils pouvaient manger sans moi.

C’est donc ainsi que je me suis retrouvée au tabac du coin, une bière buvant et… fumant une cigarette. Celle qui me faisait envie depuis que nous étions rentrés, qu’exigeait mon état de nerfs.

Mots-clés : honte, culpabilité, jouissance.

que c’est au plus intime que se lie la honte,  à la jointure du corps et de l’être.

Ma mère. Il faut et il suffit que je la laisse jouir tranquillement. Pour elle, son attitude, c’est jeu, c’est comédie. Pour moi, c’est drame. Peut-être parce que je ne peux m’empêcher d’y considérer le désir sacrifié (et que je sacrifierais à sa suite).

Et si j’avais tort.

D’une part parce qu’à ne pas supporter l’acharnement qu’elle met à se dénigrer, que je ressens dans ma propre chair, ce n’est en fait que sa jouissance que je ne supporte pas (et ça, Lacan nous l’a enseigné à tous : c’est NORMAL : que l’Autre jouisse, ce sera toujours à nos dépens, ce sera toujours menaçant (voir Télévision sur le racisme) ) ; ensuite, parce que le désir… paraît bien peu fiable par rapport à la jouissance (et ce serait là son moindre défaut)… à bien des égards n’apparaît guère comme un moyen compliqué, industrieux, de se défendre de la jouissance quand elle s’avère par trop létale.

mardi 15 mars 2016 · 14h46

quand c’est raté c’est réussi

lundi 14,

15-03-2016 11-31-16

° plus trouvé le temps d’écrire ces derniers temps. dois l’accepter.

° tope-là ~ cet aprèm, convenu avec JCE de poursuivre notre travail. du coup, devoir finir ce livre. que nous co-signerions. vois pas comment y parvenir. crève de trouille. plein de raisons pourtant de vouloir le faire. la confiance que m’accorde JC et l’intérêt de son travail n’étant pas des moindres. cette idée que nous nous aidions. je l’aide, il m’aide. quelque chose d’exceptionnel. de contre nature (humaine). nous nous connaissons peu. il y a juste cette rencontre, dans le travail. n’en reste pas moins que c’est une décision difficile ce sera une décision difficile à tenir. le plus difficile étant la peur de ne pas y arriver et le temps que ça va me prendre. car je veux aussi écrire vraiment autre chose.

° puis, ce soir, veux préparer Poha (plat indien). mais m’y suis prise trop tard. cuisine dans désordre indescriptible. j’essaie de me concentrer sur les gestes. il m’est difficile de ne pas m’en vouloir de m’y être prise, une fois de plus, en retard, de ne pas arriver à me discipliner. je fais le reproche à F de ce que je ne les ai pas appelés pour m’aider. //  la fête, la possibilité de la fête, de l’entrain est toujours à portée – de l’entrain, de l’entraide -, pourquoi faut-il une fois de plus que je choisisse les récriminations. freaking monster. // et finalement le plat, en gros composé uniquement d’épices, me paraît fade (mais, j’avais oublié le Kala namak).

(c’est le combat contre ma mère, contre l’angoisse de ma mère, qui se jugeait toujours si sévèrement, qui ne nous aurait jamais servi un plat sans nous dire que « C’est raté.« 
alors, que je suis moi et que je vis avec des personnes joyeuses. je vis avec des personnes joyeuses. et que j’ai appris, que je le sais, que quand c’est raté : c’est que c’est réussi ( le fantasme s’est rejoué. l’inconscient s’est satisfait. et tous les autres autour s’en sont pris plein la face.) )

 

semaine dernière, rétrospectivement, ce qu’il en reste:

LUNEDI : soir trouve pas le courage d’aller taï chi

MARTEDI: prétexte grève RER pour toujours pas aller taï chi. notes prises ce jour-là:

15-03-2016 12-10-50

MERCREDI : achète quelques vêtements (mais ai honte de l’argent dépensé). décide de ne pas faire la lessive. angoisse sournoise ne me lâche pas. nerfs.

YEUDI,
matin, premier matin
où me sens un peu mieux, en profite pour aller au taï chi. cool.

après-midi, follement difficile, catastrophe. va-t-il continuer à falloir que le moindre petit faire (faire imposé, faire pour pas-rien, ici en l’occurrence s’agissait simplement de faire le ménage (avec Maria qui plus est)) me propulse dans les contrées parallèles de l’angoisse.
krunk.
d’écrire cela. décrire cela.
les causes, doit y en avoir. (y en a. ouah rivée à l’objet rien, mon tit objet SURTOUT-RIEN; m’en détachai-je, j’en bave. pourtant tout de même, pas comme si j’l’abandonnais définitivement. dpuis le temps qu’on se connaît… )

VENDEREDY, repos. travaillé au blog JCE. Sainte Thérèse d’Avila.

SAM:

matin. réveil étonnant, tôt. au lit, relaxation – chi des intestins. puis salon, canap, lecture du bouquin sur la médecine chinoise. d’écrire cela, décrire cela.

l’un après l’autre, ils se lèvent.

j’avais prévu de faire des courses indiennes (chez Vélan, Saveur, Senteur et Boneur – Paris) pour cuisiner un gâteau pour le soir, mais matinée trop au bonheur d’aller bien.

l’après-midi pourtant dérape. j’emmène les autres en promenade vers l’épicerie et soudain m’énerve. je ne m’énerve que parce que je les emmène avec moi et que je le voulais depuis longtemps, que parce que je fais ce que je veux. une phrase de F suffit à me faire entendre/accroire qu’il ne veut pas venir, qu’il ne voulait pas venir. je le dispute. Ce n’est pas à voix haute, c’est à voix modérée, contenue, c’est pénible, dans le soleil, dans les rues de Paris. ils sont patients, ils m’aiment, je m’en veux tellement, je me rattrape. Jules marche près de moi, silencieux, je le prends par l’épaule. il me prend par la taille. il fait beau, nous marchons. je sais que je dois faire plus attention à eux, encore plus attention à eux, à lui. je ne veux pas qu’ils aient trop peur de moi, pour moi. ils m’aiment, ils patientent. tout est si fragile, tendre. que puis-je faire. n’est-il pas temps encore de faire quelque chose pour transformer cela, cette scène.

soir, soirée, belle soirée, dîner stromboli. amitié, choses dites, choses étonnantes, et larmes que je vois dans les yeux d’E. que je vois ou que je rêve. la serre brièvement dans mes bras. sommes-nous tous un peu hébétés? de l’alcool et des cigarettes qui me laissent indemnes pourtant et le lendemain également, avec seulement cette soif d’écrire, trop d’idées, pas encore assouvie. ce désir qui se précise. compliments reçus à propos de ce que j’écris ici qui me font tourner la tête. touchée.

 

23h56 tout est important. je crois qu’écrire est plus important, mais écrire n’est qu’une chose parmi d’autres. écrire n’est qu’un refuge. je peux sortir parfois du refuge. et je peux ne pas-tout écrire. c’est d’ailleurs ce que je dois faire : ne pas-tout écrire. surfer d’une vague à l’autre, d’un monde à l’autre.

SURTOUT-RIEN, l’objet: il n’y a rien que j’aie jamais trouvé inintéressant. d’où : vis au bord du trop.
le taï chi pourrait me donner un habitacle neutre, vidé de moi, mon corps, ses organes, apprendre leurs noms, les écouter, me taire, accompagner leur digne silence.
écrire: aussi fige le mouvement, m’a-passion de tout. j’aimerais aussi que l’écriture finisse par me mettre au monde comme sujet (toujours le goût du drame).

encore une autre semaine.

now, work.

jeudi 17 mars 2016 · 08h46

et d’amertume

mercredi 16

panique au réveil à l’idée d’avoir à travailler sur ce livre (JC) et veux effacer le texte publié hier sur mon blog.
après-midi, pourtant presque bonne humeur, presque pas de danse esquissés entre 2 courses, une visite chez le médecin pour l’oreille de Jules, un article publié chez JC (si ce n’est que ma quasi-fougue m’a entraînée à me couper les cheveux moi-même (not so good idea)).

 

jeudi 17//// 6:57

oublié de noter, à propos de la semaine dernière, le retour dans nos assiettes de la salade de blé (mâche),
précédé d’ailleurs de celui du chicon (endive),
leurs retrouvailles enfin.
ils y  sont venus sans tambour ni trompette, l’air de rien, cependant qu’ils m’avaient fait envie, précisément, pressamment, prestement.
envie que j’ai satisfaite et qui m’a satisfaite.

certes, je n’arrive pas encore à intégrer ces nettes et nouvelles gourmandises dans mon timing (“Tout problème en un certain sens en est un d’emploi du temps.” G. Bataille, Méthode de méditation), ce qui titille encore exagérément mes nerfs.  or, ces retrouvailles gustatives m’avaient aidée à surmonter l’angoisse,  rondement percé quelques trous dans son trop-plein.
d’avoir oublié de le noter, ça a été faire preuve d’ingratitude. nous ne voudrions pas que le compliqué seul comptât.

cela m’est revenu hier soir en nettoyant de la salade de  blé. entre les doigts, au bout de mes doigts la douceur, le rebondi, l’élasticité tendre de ses petites feuilles. verdure, vie,
ressentie jusque dans mon ventre
(et qui m’a fait songer une fois de plus à ce joli film : Les délices de Tokyo, à  assurément voir, malgré le léger regret que l’on éprouve à ce que le récit principal, celui de la préparation de la pâte An ( lapâte aux haricots azuki qui fourre les Dorayaki),  y soit  redoublé par le récit qui suit de certains détails, certes dramatiques, de la vie des protagonistes,  à mon sens déjà largement présents dans la vison de leurs visages, de leur corps se frôlant dans l’étroite cuisine, sublimés enfin – au sens de aufgehoben, de Aufhebung –  par la rencontre qui a lieu là, dans la lumière d’un printemps Tokyoïte).

sinon,  gaffe, c’est jeudi et jeudi c’est toujours le pire jour.

yo, go.

 

les delices de tokyo les delices de tokyo 2

vendredi 18 mars 2016 · 15h03

l’anatomie à revoir

vendredi, 10h26, F grippé, médecin passé, médicaments achetés, enfin recouchés. je vais vite fermer la porte pour qu’il fasse plus noir encore. mioum. ah, et maintenant, dormir ou écrire ? fermer les yeux un moment.

d’hier
taï chi
cours de n.

au sol,
sur le dos, jambes pliées (pieds rapprochés des fesses),
relevés, enroulés de la colonne, en partant du coccyx

(du coccyx,  dis-je, crois-je, c’est que j’ai toute mon anatomie à revoir, que dis-je, à voir ? à étudier (je songe parfois à me mettre au dessin). je ressens cela comme nécessaire et cette nécessité participe de ce sentiment de « ravoir » un corps, de gagner un corps avec le taï chi.)

enroulés du dos,  donc –
coccyx, sacrum, lombaires, dorsales, cervicales, occiput.
ce ne sont pas tout à fait ces points-là que n nomme, mais d’autres, des points qu’elle dit « charnières », ceux-là sont ceux dont je connais à peu près les noms.

n. incite à sentir chaque point, chaque endroit du parcours, incite à insister sur les « blancs » – les endroits où ça sent rien, où y a rien à sentir, à y insister, à s’y attarder, à y respirer.

ensuite, assis, chercher la position confortable

(cette position assise, en tailleur, est très importante, je le pressens de mieux  en mieux. position d’éveil, d’ouverture, d’écoute. a priori inconfortable. position à trouver chercher, qui entraîne une intelligence, une rencontre du corps particulière, où la zone du ventre est centrale.)

/ je n’arrive plus à tenir mon téléphone dans ma main gauche, ankylosée, douloureuse. repos. /

Image extraite de La voie de l'énergie par Vlady Stevanovitch chez Dangles
Image extraite de La voie de l’énergie par Vlady Stevanovitch chez Dangles

n engage « petite circulation« . remontée du chi le long de la colonne (même trajet que celui qu’on vient d’échauffer couché). puis, redescente depuis le sommet du crâne – en passant par point entre les 2 yeux, sternum, creux de l’estomac, repère avant) jusqu’au tong. n. demande que nous portions la même attention aux « blancs », que nous trouvions le moyen de faire en sorte que le trajet, le circuit devienne de plus en plus continu.

insister  sur les blancs, s’y attarder un peu, y respirer, « imaginer » en pensée le tracé du trajet.

et là, c’est très intéressant parce que je retrouve le même blanc que celui rencontré, nommé lors de la dernière méditation, que j’avais appelé, rencontré trouvé éprouvé : « manque ». c’est bien toute la zone du ventre qui est totalement absente, insensible, muette, qui ne répond pas du tout, comme insensibilisée, endormie, anesthésiée. et je retrouve des questions qui m’étaient déjà apparues avec le taï chi (tout de suite, avec le travail sur les repères, ces points-limites), des questions ou des réponses plutôt, concernant cette zone de mon corps, le ventre. ce ventre qu’on se reproche tellement d’avoir, fille, puis jeune fille, puis femme, ce ventre qu’il ne faudrait tellement pas avoir, dont les standards, les canons actuels de la beauté ne veulent en tout cas pas : l’impératif majeur : l’interdit majeur : pas de ventre. il ne faut pas avoir de ventre, quand ce ventre, on le sent, on l’a, au départ, on le sent, on l’a, alors on souffre de lui, on souffre à lui, on le déteste, on ne veut plus de lui, on ne veut pas de lui, on ne veut surtout pas de lui. Et là, voilà, avec le taï chi, eh bien, il faut qu’il revienne. on l’a tellement détesté qu’on avait fini par en perdre la sensation (voire même jusqu’à un certain point l’usage),  et maintenant, il faut qu’il revienne, on peut le faire revenir, on peut recommencer à avoir un ventre. c’est comme une réconciliation, 20, 30 ans plus tard. on a passé 30 ans sans ventre, dans le déni de son ventre, de son corps, et on en sort. et je sens, ce blanc qu’elle dit, n, et je suis contente. j’insiste, j’essaie de sentir, je ne sens rien, je ne sens pas, ou de façon minime, mais je suis contente, parce que je sais que ça va revenir. que je vais recommencer à avoir un ventre et quelque chose dedans. lui, mon ventre, il gargouille. puis celui de ma voisine, que j’aime bien, de 80 ans. alors, je souris. et je laisse le sourire là.

après, exercice encore augmenté, en intensité, si c’est possible, ben si. serrer le tong, au moment de l’inspiration,  tout de suite « ça  » monte très fort, et le relâcher avec l’expiration, quand ça redescend sur l’avant du corps – visage, ligne dans le visage, point entre les deux yeux, gorge, sternum, ventre – jusqu’à retour tong. et là, de nouveau, resserrer, remonter, etc.

et c’est très fort, presque trop, c’est intense disons, on s’accroche, on y va. n dit que maintenant il ne va plus y avoir de blancs, que normalement il ne devrait plus y avoir de blancs, que ça coule, à flux continu. ça monte vers le sommet de crâne, de là, voilà, ça coule vers le bas, c’est comme une rivière, c’est comme ça. comment c’est. voilà, c’est comme ça.

après ça, encore taï chi debout.

quelques onze (quelques exercices dit des onze exercices de santé chinois, de qi gong). l’exercice dit (je crois) du soleil. « voilà, on fait ça, vous sentez ça, et après ça, vous faites quoi, vous en faites quoi. vous continuez comment. vous continuez à venir au cours de taï chi, en retard et entre 2 RV ?  » voix égale.

puis,  108. avec encore cet incroyable truc du tong, serrer/lâcher.

des rires, et sérieux, sans relâche. (ce meilleur ménage : séririeux ;))

au sortir, Cath, – pfiouf, c’était bien aujourd’hui. – ah, oui, c’était bien, intense. tu as raison de le dire. c’était bien aujourd’hui.
 
j’ajoute qu’on dort très très bien au soir, qui commence très tôt,  de ce genre de séance. ça bouleverse, ça épuise.
 
bien,  j’ai commencé à parler de ce dont je voulais parler. 

demain, atelier méditation. en soirée,  séance spéciale d’initiation, ouverte aux amis. et zut, F malade! moi qui pensais qu’il pourrait venir avec ju!!!

circulatiob-chi-v-stevanovitch circulatiob-chi-v-stevanovitch_s2

 

dimanche 20 mars 2016 · 13h31

un manque ici recouvre un autre manque

dimanche, lendemain des ateliers
atelier chi et santé suivi par atelier de méditation
avais la veille envoyé à n.  l’ensemble  des textes écrits jusqu’à présent sur la méditation et le taï chi (qu’il serait d’ailleurs bon que je relise, analyse) –  du coup, n’étais plus dans la belle et bonne distance, indifférence que j’avais fini par atteindre

1. chi et santé

travail sur le plexus solaire (encore un de ces endroits dont je ne ne suis jamais sûre, au moment où il est nommé, d’où il se trouve…) 

peau d’abord, puis sous la peau, puis très profond /  main gauche sur plexus côté gauche, main droite posée en antenne  / main droite « déplace » sorte de vague souterraine (que l’on a mis un certain temps à réveiller) côté gauche, du haut vers bas, du pouce vers le petit doigt de la main placée sur le plexus, puis redirige le tout vers tantien

ce qui a été remarquable, c’est l’effet que ça m’a fait. ressenti non pas au niveau du plexus, mais dans le pied gauche, dans le haut du pied gauche !!!

c’était la révolution dans le pied. 

ce qu’il y avait à sentir au niveau du plexus solaire, je ne le ressentais pas là, mais au niveau du pied gauche, très très nettement et même très agréablement, et même des deux pieds. et  je ne m’en suis sur le moment même pas tellement étonnée, je me suis juste dit, voilà, c’est ça, c’est un déplacement (comme on parle de déplacement en psychanalyse) et la facilité que j’éprouve dans le tai chi avec les pieds, ma sensibilité particulière de ce côté-là, vient de ce que les sensations perdues, réprimées, anesthésiées au niveau du ventre, se sont déplacées, sont allées s’exprimer au niveau des pieds. bon sang, pourquoi ça m’arrive à moi, pourquoi ça m’arrive et que je doive le raconter!!!)

je l’éprouve et j’en suis certaine, mais je n’en suis pas moins convaincue que cela peut paraître, doit paraître complètemement débile.

bon, je ne peux pas chercher plus loin pour le moment. faut que je me dépêche de dire un mot ou deux de la méditation qui a suivi, puis que je passe aux véritables actions de la journée (construire le lit de jules).

(f. qui se réveille, qui est malade mais qui va mieux,  dit qu’il veut du steak haché. donc, faut que je me dépêche encore plus.)

2. méditation

après un long travail sur la posture, durant la méditation, je n’arrive à remarquer que certains craquements  que j’entends au niveau du plafond, au-dessus de moi, vers la droite. parfois rejoints par d’autres craquements  plutôt provenants  de la gauche et du bas. heureusement la forte respiration de mon voisin s’est entre-temps faite plus discrète, mais je ne parviens à rien trouver d’exaltant aux craquements que j’entends. veux-je d’eux, me dis-je, veux-je de ces craquements, non, je ne veux pas de ces craquements. j’ai beau faire, je ne leur trouve RIEN et leur rien s’étend à tout.

pour la première fois, je me demande ce que je fous là.  j’y suis sans attache, ni sens.

à un moment, la faille discrète du chant d’un oiseau, la lumière du printemps qu’il annonce, le souvenir de la nature, pourrait venir éclairer mon visage, mais je rejette cette échappée factice, facile. je m’en tiens à ce pesant ennui. ce repli.

de penser à f et j ramène peut-être un peu de sens. je ne sais pas si je ne culpabilise pas un peu. est-il vrai que l’autre soit nécessaire à l’advenue du sens. mais quid alors de la fondamentale solitude, qu’est-elle? elle et son absurdité? et l’est-elle, absurde ou n’est-ce que la culpabilité qui parle. et que générerait-elle?  de quoi est-elle d’office coupable, cette solitude? et si ce n’est pas le sens qu’on cherche là, dans ces séances de méditation, si c’est au contraire vers la rencontre de son absence que l’on s’avance : alors quoi? (et qu’on viendrait à la trouver : alors quoi?)

n. propose alors, en  fin de méditation, d’accueillir en soi quelqu’un, je ne sais plus quels étaient ses termes, elle a réactivé la respiration en l’évoquant, en l’associant peut-être à une « douce chaleur dans la poitrine », un creux où accueillir un autre, laisser venir quelqu’un, sans d’ailleurs chercher à choisir la personne. mais je ne veux d’aucun, sinon f et jules.  ainsi peut-être vraiment n’est-ce que la culpabilité qui a « parlé », qui a agi, dans l’aperçu, l’entrevoiement de ma coupable solitude.

(coupable : de ce qu’aucun sens ne s’y lie. qu’in-dé-cens.)

il s’agit là déjà de longs développements sur ce que j’ai ressenti. fondamentalement, il n’y avait guère plus que ces craquements que j’entendais occasionnellement, du désappointement et finalement, un peu de  chaleur recherchée côté f et j.

après, la méditation, et par curiosité de ce qu’elle pourrait en dire, n, de ce que j’ai ressenti,  je parle de ces craquements, de ce rien, du vide. mon sentiment est très neutre. elle parle. elle entend : rien. elle sourit. peut-être n’est-ce qu’à elle que j’ai voulu dire : tout cela n’est rien. 

( jules a acheté le steak haché)

sortant de là, je pense à ces termes de Lacan : « un manque ici recouvre un autre manque« . 

et je songe qu’il va bien falloir que je m’en détache de cet objet, rien, qui n’est pas rien, comme le disait d’ailleurs n. puisque le rien n’est pas le vide. 

rien n’est le nom d’un manque, n’est que l’objet, l’enforme qui vient recouvrir un autre manque, plus fondamental, plus vide.

en sortant, j’aurai pensé (voulant dire : cela sera ce qui s’est pensé) : il était donc là, c’est lui qui sera venu se présenter, cet objet que je connais : ce rien dont il faut que je me détache. et peut-être est-ce lui qui a couvert le vide du mot d’ennui (comme d’un vernis). 

car que sait-on du manque, que connaît-on sinon tous les avatars que l’on en forge, que l’on enforme

(le détachement du rien : au travail de quoi je suis. peut-être ce travail est-il infini. peut-être n’y aura-t-il rien de plus que ça :  ce mouvement de détachement, de décollement. ou pas. ce que je fais ici : rien. le blog : quel pour-rien me permet-il de le faire? (c’est parce qu’il est fait pour rien que j’arrive à le faire) à la gloire du rien dans nul achèvement (et donc surtout pas de livre). c’est le le blog en lieu et place du le-livre. je suis en guerre contre les idéaux, car ils m’ont rendue impuissante. car ils m’ont condamnée à ne rien-faire. car l’idéal chez moi est toujours de l’Autre , à portée de l’Autre (Sbarré flèche S1), l’idéal est S1, et à S1 : je désobéis. tandis que rien est le nom de ce que j’ai dans le ventre. S barré flèche S1 et Sbarré sur petit a – petitau nom de rien. avatar : rien. ce rien de réel. on aimerait dire : il y a juste lieu de s’en décoller, de ne pas s’y identifier.)

mardi 22 mars 2016 · 21h50

mardi 22 mars,

7h34, grippée donc ennuyée. que faire pour surmonter ça. cours de taï chi, ce soir. 2 cours même. zut.
hier matin, chipoté, relu trucs sur le blog, trucs récents, qui m’embêtent un peu.
sens que j’ai quelque chose à écrire, à avancer, sur ce que j’ai déjà pu écrire à propos de taï chi, chi, méditation (en cause: ventre).

hier aprèm, travail sur bouquin JC (Rothko)

7h40. réveiller jules.

10h27 bon sang, les attentats à Bruxelles. éteint la radio, trop inquiétant.

midi – arrivée à joindre tout le monde. tout ok.

soir – grippe combattue en terminant de monter nouveau lit Jules, F a ramené
la pièce manquante. pas allée aux cours de taï chi (3ème fois que je rate ce cours, ça me chipote)

jeudi 24 mars 2016 · 12h53

jeudi 24 mars

toujours un peu malade, surtout le ventre. Me suis soignée avec mes épices de sorcière auxquelles j’ai ajouté des extraits de pépin de pamplemousse et de l’echinacea –  remèdes de grand-mère internet.

de plus en plus tentée de fermer le blog. gênée pas les dernières choses que j’ai écrites. parlant de mon ventre (plus que lui qui est malade, d’ailleurs).
peut-être que ça l’a rendu malade que j’écrive ce que j’ai écrit sur lui, et que je publie ça. ça m’a mise mal à l’aise, en tout cas.

et je n’ai pas le courage de continuer à publier ce qui aux autres paraîtra comme une croyance, quand je l’éprouve moi-même comme une certitude. moi qui sinon ai tendance à démarrer au quart de doute, je n’ai pas envie d’avoir affaire aux doutes des autres.

je pourrais aussi tenir un blog séparé (secret !) de mon journal de chi. j’adore pas l’idée, l’impression que ça viderait le premier (=celui-ci) de sa substance. puis, un blog, déjà pas facile, alors deux !
non, c’est tout ou rien. blog. c’est tout ou rien.
dois m’arrêter d’écrire (ventre trop tendu, dois me détendre un peu). puis, cours de taï chi (à 10h30).

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vendredi 25 mars 2016 · 11h22

Comment la psychanalyse pourrait-elle s’écrire dans le monde chinois ? I

Très heureuse d’avoir trouvé sur le net, sur http://www.lacanchine.com/(une mine), cette thèse de Lu Ya-Chuan (( Thèse présentée à Paris VIII en 2010, dirigée par Gérard Wajcman et co-dirigée par Gérard Miller. )), intitulée (curieusement) (( Je suis au fond d’abord  intéressée par la problématique inverse : Comment inscrire le taï chi dans la psychanalyse. Mais aussi, comment, d’ores et déjà, le taï chi se trouve-t-il inscrit dans la psychanalyse. En tout cas, c’est, quant à moi, bien plutôt le monde chinois que j’aimerais importer dans la psychanalyse, sûre qu’elle a beaucoup à y gagner. )) « Une autre voie pour les Chinois ou Comment la psychanalyse pourrait-elle s’écrire dans le monde chinois ? 路亞娟« 

Je commence tout juste à la lire. Je la trouve passionnante dans la mesure où je me trouve vraiment curieuse de découvrir dans les textes anciens, chinois ou japonais, la présence de ce Chi que je découvre en taï chi, ici appelé Ki, le Souffle.

Il me semble que ces textes n’ont pas dû souvent  être convenablement traduits, puisque les occidentaux (si je ne me trompe) ignorent tout du chi. Comment en effet lire un mot d’on on ignore tout du réel, et pour lequel il n’existe en conséquence pas de mot dans sa propre langue. A la traduction, ce réel ne peut, à mon avis, qu’en grande partie passer à l’as, être mis à la trappe.

Je suis également heureuse de découvrir jusqu’à quel point le corps est central dans la pensée chinoise. Aujourd’hui, cela commence à faire sens pour moi. A certains égards, il me semble, et un peu rapidement dit, que la psychanalyse vous laisse en fin de parcours, seul(e) avec votre corps, sans avoir la moindre idée finalement d’un quoi faire (même si Lacan dit avoir rêver qu’elle puisse déboucher sur une nouvelle érotique) avec lui. Bien sûr, il s’agit d’une ouverture. Bien sûr, il ne s’agit plus que de liberté et d’invention. Comme un nouvel amour.

http://www.lacanchine.com/Lu_01.html

Extraits :

Dans l’antiquité chinoise, il n’y a pas de mot pour dire «corps», mais un grand nombre de mots pour le qualifier selon ses divers aspects et ses diverses fonctions.

[…]

Dans la médecine traditionnelle, le corps est un foyer d’énergie, un lieu d’interaction avec son environnement naturel, lieu qui existe et se définit par rapport à ce qui l’entoure. Le corps n’est donc qu’un support d’échanges. Il ne s’enferme pas sur lui-même, mais s’ouvre au monde, est perçu comme un microcosme qui représente le monde des phénomènes à part entière. Cette vision du corps est propre au taoïsme comme à la médecine. Les Chinois pensent que le corps n’est jamais isolé du cosmos.

[…]

De son côté, la pensée chinoise renvoie aux troubles somatiques dans une dialectique interactive. C’est dans les mouvements rituels du taiji que la pensée s’incarne et le corps se pense. Non-séparation de l’esprit et de la matière, le corps physique et le corps cosmique sont liés l’un à l’autre. La quête taoïste consiste en un travail sur l’individu, son corps et son esprit, afin de s’assimiler au rythme naturel de l’univers. Lacan a écrit à propos de l’image du corps : «Ne cherchez pas le grand Autre ailleurs que dans le corps.» En nous référant à sa remarque, nous pouvons dire que, si le corps est indissociable de l’Autre, la formulation de la psychanalyse va de pair avec la représentation chinoise. Le corps chinois implique avant tout une pratique tangible préalable à tout discours sur lui-même. Citons le postulat des sages anciens : « Le Tao est dans mon corps. » La proposition lacanienne qui sous-entend la dialectique d’intériorité-extériorité rejoint à cet égard la représentation du corps chinois.

[…]

Tout au long de son histoire, la pensée chinoise est celle du Souffle, du Qi 氣, énergie vitale. Le corps est considéré comme un foyer d’énergie, porteur du Souffle. Le Qi 氣 opère au nom de la pulsion et, parce que l’homme est dans un corps, sa sexualité passe par ce corps individuel dans sa recherche d’équilibre entre l’esprit et le matériel. Nous verrons que pour la psychanalyse les différentes pulsions se rassemblent en deux groupes qui fondamentalement s’affrontent. Cette opposition engendre la dynamique qui supporte le sujet et l’anime.

vendredi 25 mars 2016 · 14h18

le taï chi légèrement + rapide de MF

25/3/2016

8:37
l’attrait du sommeil au réveil

8h46
décider du caractère sacré du sommeil
se rendormir
taï chi hier, exceptionnellement avec MF,  en remplacement, l’incessance de son taï chi un petit peu rapide.

11h
tout son cours, de MF, comme ça, un poil plus rapide. comme je me coule dans son rythme, il m’apparaît que ma pratique du taï chi incorpore l’arrêt, la mort, au plus près, à chaque instant du mouvement. quand le sien m’en évoque la fuite.  cependant que j’admire, j’envie la constance de son énergie.  il me semble en être toujours au bord de la rupture.
[ d’une tentative, probablement spécieuse (mais tentante),  de rapprochement de concept de pulsion et du chi :
quand il définit la pulsion, Freud parle de konstante Kraft.  plus tard, Lacan intuitionne que le débit de cette force constante puisse être propre à chacun et fixé une fois pour toutes (idée que je trouvais détestable, c’est un peu comme chez les protestants (??), chacun son lot), tant quant à la quantité qu’à la vitesse. peut-être s’agit-il ici de quelque chose de similaire et le rythme du taï chi de chacun lui est-il foncièrement personnel. si ce n’est que c’est un rythme qui se collectivise facilement, et donc se module, pour devenir celui du groupe.]
j’aime à accélérer mon taï chi, à le régler sur celui de MF. et il me semble qu’elle ne déteste pas le mien.
la rapidité (toute relative, faut-il le répéter) de son cours permet également de retenir son esprit de vagabonder.

j’ai rêvé de MF toute la nuit. et ce matin encore.

mardi 29 mars 2016 · 22h28

mardi, un manque de discipline

10h26. rendormie ce matin. mon combat contre le sommeil depuis quelques temps rempoché (( il a d’ailleurs perdu de son actualité, ce combat.  mes préoccupations auront trouvé de nouveaux os à ronger. puis, je suis moins endormie, c’est un fait, même si je ne suis pas tous les jours up and about à 8 h. tapantes)). vaguement lost, je ne sais plus très bien par quoi commencer, comment entamer le jour, l’attaquer. depuis plusieurs, c’est vers le désordre que d’abord je me dirige – nu pieds, tête baissée, le long couloir longé –  avec l’idée de l’affronter. le désordre domestique s’entend. j’y mets quelque vaillance et du désir d’être debout, d’user du corps.

hier, lundi de Pâques. super promenade avec les beaux-kids en forêt de Compiègne.

en vérité, je cherche le moyen de commencer le jour en taï chi. mais, je ne l’ai pas encore trouvé. au plus ça va, au plus j’me dis kiaxa. ça fait une éternité que je me rêve une discipline, sans plus y croire. celle-là ne serait pas vilaine. enfin, je suis ainsi configurée, hélas, qu’avant de me mettre à quoi ce soit il faut que longtemps j’hésite. là, je n’arrive simplement pas à décider par quel exercice commencer (11, 24, 108 ? relaxation, méditation, circulation?) (indécision qui selon moi relève de la névrose obsessionnelle et symptôme que je n’arrive pas à coincer. est-ce qu’il n’y a pas quelque chose dans la n.o. où tout vaut tout, où rien ne vaut rien. quelque chose de réducteur de désir. ha ha, tu veux ça?! ben, t’en es bien sûr? est-ce que c’est pas plutôt autre chose que tu veux ? le truc à côté ? ou celui-là ? et celui-là, il est pas mieux encore ? en fait, je me demande si tu veux quoi que ce soit? ou si d’ailleurs tu vaux quoi que ce soit. oui, on sait ça, de la n. o., qu’elle procède (de tête) à de la réduction de désir. et que cette réduction de désir confine à l’impuissance. mais, quel intérêt ? et/ou quelle sagesse ? (qu’il n’y a pas de désir pur).)

sinon, cette interview de Philip Roth m’a fait suffisamment d’effet pour que je m’attaque aux livres non-lus qui traînent dans la maison. j’ai pris celui-là : Les sautes d’humour du Docteur Freud, qui ne m’a pas plu. on dirait qu’il s’agit de montrer que Freud n’était pas très gentil, qu’il disait du mal des gens. du coup, on nous sert quelques phrases pas même bien senties mais que l’on commente. on, étant Olivier Mannoni.  va de soi qu’il vaut certainement mieux lire la correspondance de Freud elle-même, que ça sera bien plus amusant et bien plus intéressant. par ailleurs, ce que Manoni rapporte ensuite du comportement de Freud vis-à-vis de sa maladie, de son cancer, est assez impressionnant. cela dit, venant du bonhomme on se doute qu’il n’est pas loin de s’agir pour lui d’épingler comment ce Freud était un grand malade, avec sa cocaïne et ses cigares. mais, c’est quand on arrive au choix de textes destinés à montrer que Freud n’aimait pas son métier, n’aimait pas ses patients, voire même ne l’aurait fait que pour l’argent… que l’on se sent vraiment mal à l’aise… décidément, c’est bien d’un montage qu’il s’agit auquel on fait dire n’importe quoi et quiconque a lu Freud et l’a aimé ne peut lire ces lignes sans dégout. enfin, il s’agit je crois d’un livre sorti l’année dernière, au moment des fêtes. j’avais stupidement craqué. craqué pour un peu de Freud. mal m’en a pris, y a pas d’un peu de Freud,  Freud, on y va et sans édulcorant ni succédané. non, ce livre qui essaie de faire croire qu’il est un livre de Freud n’a certainement pas d’autre ambition que d’être un petit livre facile pour les fêtes, édité par un type qui n’aime pas Freud, mais qui se fait de l’argent dessus. 

mercredi 30 mars 2016 · 23h59

mercredi trente mars deux mille seize (il est long le chemin)

10:00 songe sérieusement à fermer le blog. ça n’est pas sans m’affecter.
mal au dos, bas du dos. bien la peine de faire du taï chi.
n’arrive pas à me réveiller.
F part à Orléans voir ses parents qui ont des problèmes. il passera la nuit à Donn. revient demain.

11:21 sérieusement déprimée. j. va arriver. et inquiète pour F.

11:48 sensation d’étouffement

15:19 petit mieux. à la maison, froid, mais réveillée. avons mangé au macdo avec J, rien d’extra. mais auparavant avions pour lui chez décathlon acheté le survêt dont il m’avait paru avoir besoin. j’ai essayé de le faire changer d’avis quelquefois pendant les essayages, il a bien résisté.

21:45 arrêter le blog parce qu’inconscient plus fort que moi. et qu’il ne tient à s’exprimer qu’en termes de petits maux divers et variés, sans grand intérêt pour qui n’habite pas mon corps (quand il arrive aisément à me paralyser et conséquemment à me désespérer).
à titre d’exemple, en ce moment, c’est : froid constant, courbatures diffuses et tenaces, douleurs lombaires, « mal au ventre », sensation d’étouffement, ventre gonflé, maux de tête, etc. (j’en passe et des meilleurs.)
je parlais « d’avoir un corps » avec le taï chi. or ce corps qui est le mien ne demande pas mieux que d’avoir une oreille et fait pour le moment (trop content) un tintamarre de tous les diables – à moins que ce ne soit seulement le volume de mon haut-parleur interne qui ne soit déréglé.   quoi qu’il en soit, la tentation présente est de : ne pas cesser d’écouter les chants de sirène de ces maux.   (je suis Ulysse attachée au mât (de mon corps ;)) pour ne pas sombrer)
et, quitte à me répéter: aussi varié que le répertoire puisse en paraître à mon oreille avide et malgré qu’il souffre de ma grande méconnaissance des subtilités de son dialecte, des maux qui m’affectent le seul énoncé est sans intérêt.
(cependant qu’avec mes histoires de ventre, j’ai l’impression d’avoir éveillé de très vieux démons (démons ou bien plutôt démones, vraies petites démones).)

22:58 lis en ce moment : De la chair à l’extase (!) de Li Yu, romancier chinois du XVIIe je l’avais acheté à Bruxelles, chez Pêle-mêle, lors de notre précédent séjour. il y allait de mon intérêt actuel pour les choses venues d’Asie et il s’agissait également d’entamer la préparation de notre voyage au Japon (!) bien. mettons qu’a priori un livre chinois m’en apprendra plus sur le Japon qu’un livre luxembourgeois. d’une façon générale, je ne suis pas quelqu’un d’extrêmement direct, ni d’ailleurs de très efficace. à lui seul, le choix du titre offre peut-être la seule sûre indication, concernant elle, uniquement évidemment, l‘orientation de mon intérêt. enfin, je lis donc ce livre encore suite à l’article de Philip Roth, s’agissant de l’avenir de la lecture. l’avenir finalement m’importe peu (concernant ceux pour qui la lecture ne ferait pas partie de leur passé), c’est ici de mon passé qu’il s’agit, d’un passé où la lecture fait partie des valeurs sûres, des valeurs de plaisir sûres, or donc, moi qui ai lu ne lis guère plus, sinon de la façon qu’il décrit, Philip Roth, rapido, quelques minutes avant l’endormissement nocturne, quand le vrai plaisir de la lecture, ainsi qu’il le souligne, nécessite minimum deux à trois heures de lecture à l’affilée et ce plusieurs jours par semaine (de sorte qu’un livre fût in fine lu). il s’agit donc maintenant de terminer ce livre.

de-la-chair-a-l-extase

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jeudi 31 mars 2016 · 08h01

jeudi 31 mars 2016

8:00
radio : mobilisation contre la loi-travail.
maux : tête, bas du dos (aspirine ?)
métro : rer : totale perturbation

9h59, ligne 7.
N’écouter pas mes maux : il reste toujours la possibilité de prendre cette mesure drastique communément adoptée par une large majorité de la population travailleuse (si je ne m’abuse) et d’une redoutable efficacité : au saut du lit prendre une douche. POUAH. il y aurait fort à dire là-dessus, mais j’arrive à destination.

13:06 back from the cours. il plouve, il plouve, mais qu’est-ce qu’il plouve
petits maux, petit remède : aspirine
donc, cours de ce matin: épaules et omoplates, par relaxation cette fois + respiration alternée (devant/derrière, niveau sternum).
sinon 108, 24, il est temps que je mette à la mémorisation. c’est ça que j’ai à faire.

21h38
f rentré. lui ai un fait un petit massage des omoplates. quel plaisir. appris ça au cours de 24, ce mardi. il n’était pas mécontent non plus.
n. répondu à mon mail! surprise, contente. faut que je réponde.
travaillé au Rothko encore.
bon, je retourne au lit, terminer mon bouquin chinois.

22:31 ben, j’ai perdu le bouquin, De la chair à l’extase. crotte. viens de le chercher pendant une heure. dommage.

Dorsal-Scapular-Neuritis-Schema

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samedi 2 avril 2016 · 13h34

samedi – chi et hystérie

6h26, nuit. j’ai beaucoup publié ici hier, ce qui me met mal à l’aise, me réveille.

je ne publie en général pas au fur et à mesure de ce que j’écris et c’est souvent au moment de publier, que je me relis, corrige, essaie de donner à ce que j’ai écrit l’allure d’un truc fini. je me suis forcée hier à publier beaucoup et vite. j’avais accumulé du retard. je n’aime pas non plus laisser passer trop de temps entre le moment de l’écriture et celui de la publication. écrire me permet de réfléchir à ce qui m’arrive, permet que je ne le subisse pas de trop. le délai que je prends avant publication me permet de prendre un petit peu de distance. et éventuellement de finir par boucler quelque chose, une petite unité de sens, quelque chose qui me permette  d’avancer,  de passer à autre chose.

donc, j’ai été la semaine dernière très tentée d’arrêter le blog, en raison de ce que j’y avais publié (et de ce que j’avais manqué d’y publier), qui continuait de me travailler.  je n’étais plus qu’envahie de maux  qui semblaient me dire :    total dysfonctionnement, retourne te coucher.

j’ai fait alors ici état de ce que j’avais beaucoup écouté mon corps. écouté, souffert, subi. et, me revenait que l’hystérique (que j’ai été beaucoup plus grandement autrefois qu’aujourd’hui, et dont les tourments me revenaient à la mémoire, attendrissants, d’ailleurs) a tendance à beaucoup écouter son corps (toujours un peu trop débordant de vie et que l’obsessionel aura tendance lui à  cadavériser), sans nécessairement qu’il en ressorte pour elle quoi que ce soit d’intéressant (d’autre que la jouissance inconsciente qu’elle y prend, ressentie comme quelque chose de parasitaire, qui la démarque de la marche du monde,  y fait tache, la détachant du commerce (habituel et symbolique) des hommes (( un mot = une chose et où le mot à fini d’achever la chose. elle, vit avec ce qui a continué à vivre. ce qui continue à vivre, il m’apparaît que la médecine chinoise l’appelle chi.)) ).

or, il y a quelque chose d’hystérisant dans le taï chi (enfin,  dans le travail sur le chi, celui qui se fait  indépendamment de la forme,  parce que pendant la forme même, un certain silence revient, voire advient) et dans la pratique de la méditation. ce qu’il y a d’hystérisant, c’est cette écoute du corps laquelle est ici attendue,  requise. l’oreille descend dans le corps pour l’écouter. ce qu’il y a de nouveau, c’est que de cette écoute puisse advenir quelque chose (à quoi une analysante, il est vrai s’attend, mais d’une façon toute différente, cette différence étant probablement ce qui m’intéresse ici). et, qui plus est, que de cette écoute, d’ores et déjà, un certain plaisir soit retiré. ce que dans sa thèse Lu Ya-Chuan  appelle curieusement mais audacieusement :  « la jouissance utile ».

conscience au fond est prise de la jouissance de l’écoute, à l’intérieur du corps, et que cette jouissance est bonne.

et c’est là où il y a problème, où il y a douleur, nœud, que l’on s’attarde, là qu’on peut agir, en intervenant de façon actuelle, directe, sur le corps, en guidant le chi à l’aide des mots, de l’esprit, en influant donc directement sur le corps.  

c’est bien ce que le symptôme hystérique trahit: voilà un mal qui ne tient qu’aux mots et qui ne trouve pas d’explication dans la médecine occidentale.
ce mal, le chi le traite directement, préalablement à toute recherche de sens,  en y mettant directement la main à la pâte. là, où il y a douleur, c’est que ça ne passe pas. et là où ça ne passe pas, on peut faire passer. et c’est l’exercice même auquel on s’attelle, de faire passer, qui offre, paradoxalement, du plaisir. 

Je ne suis pas sûre du tout que cela puisse offrir la moindre espèce d’intérêt.

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