lundi 26 septembre 2016 · 19h17

Silvia Federici, Caliban et la sorcière

Caliban et la sorcière : femmes, corps et accumulation primitive L’histoire, telle qu’elle est enseignée, apprend rarement qu’au Moyen Âge les femmes exerçaient les mêmes métiers que les hommes... Une histoire de pouvoir ?    8 avr. 2016 Par helene duffau Blog : Le blog d'Hélène Duffau Au Moyen Âge, les femmes étaient artisanes, elles avaient leur place dans les corporations. Paysannes, elles produisaient dans les communs une agriculture vivrière. Elles étaient guérisseuses, accouchaient les parturientes et faisaient aussi « passer » les grossesses non désirées. Elles disposaient d’un savoir ancestral transmis de génération en génération. L’histoire omet aussi de rappeler que les paysan-nes d’alors vivaient en lien avec la Nature, instance supérieure à laquelle ils devaient…

mardi 22 novembre 2016 · 14h59

La supplication intérieure est la seule raisonnable, car elle évite de raidir les muscles

« Essayer de remédier aux fautes par l'attention et non par la volonté. [...] La supplication intérieure est la seule raisonnable, car elle évite de raidir les muscles qui n'ont rien à voir dans l'affaire. Quoi de plus sot que de raidir les muscles et serrer les mâchoires à propos de vertu, ou de poésie ou de solution d'un problème ? L'attention est tout autre chose. » Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce, Paris, Plon, 1947, p. 133. Se redresser, c'est être intéressé par ce qui se passe. 

samedi 3 décembre 2016 · 14h31

du rien de la belle bouchère à l’huître de la belle mondaine

Eric Laurent, "De Radiophonie de J. Lacan", Conférence à Bruxelles le 15 octobre 2016 Écouter sur Radio Lacan : http://www.radiolacan.com/fr/topic/867/3# (épisode 3) Extrait  (transcription rapide) : [...] 6:45 Et l'articulation au phallus, cette nouvelle articulation, dans Radiophonie, je voudrais prendre l'exemple que Lacan donne de la nouvelle reformulation du désir, de la métonymie du désir, en tant qu'articulée à la jouissance. Dans la première partie de son enseignement, Lacan avait fait de la métonymie du désir le fait que dans le désir, au cœur du désir, il y a un objet qui glisse, qui fait que finalement rien ne peut se fixer comme objet dernier du désir. Ça glisse toujours. D'objet en objet, le désir, l'objet…

samedi 3 décembre 2016 · 14h42

de l’objet du désir à sa cause (la jouissance)
— du saumon à l'huître

Jacques-Alain Miller, La clinique lacanienne, cours du 27 janvier 1981 SOURCE : http://jonathanleroy.be/wp-content/uploads/2016/01/1981-1982-Scansions-dans-lenseignement-de-Jacques-Lacan-JA-Miller.pdf Extrait : Nous pourrions nous en tenir là, si nous n’avions la reprise par Lacan du concept de métonymie non plus à partir du désir, mais à partir de la jouissance. Nous avons pendant des années fait valoir le désir comme métonymie, alors que “Radiophonie” fait valoir que ce qui est en jeu dans la métonymie, c’est la jouissance. Je dirais que ce texte, qui n’est pas le dernier mot de la théorie de Lacan, est pourtant un passage tout à fait obligé pour atteindre la suite de son enseignement. Il formule que le métabolisme de la jouissance n’est rien d’autre que…

samedi 3 décembre 2016 · 16h21

po(l)issonneries

Jacques-Alain Miller, La clinique lacanienne, cours du 27 janvier 1982 SOURCE : http://jonathanleroy.be/wp-content/uploads/2016/01/1981-1982-Scansions-dans-lenseignement-de-Jacques-Lacan-JA-Miller.pdf Je vais aujourd’hui vous amuser un petit peu. Je suppose que je vais m’amuser aussi. J’ai un très gros rhume et j’ai pris ce qu’il fallait pour que ça ne paraisse pas. Il n’empêche que cela ne m’a pas mis forcément de bonne humeur. Je voulais faire un cours sur l’huître mais je n’ai pas eu le temps de faire l’enquête qu’il fallait pour traiter ce sujet, à savoir d’abord d’aller en manger, puis d’introduire l’érudition nécessaire pour que ça devienne amusant. Je voulais parler de l’huître, puisque Lacan lui-même nous a invités à trouver un rapport entre l’huître et l’hystérique. Si…

samedi 3 décembre 2016 · 17h36

métaphore/métonymie II. chabert et le reste de saumon de belle bouchère

 Jacques-Alain Miller, La clinique lacanienne, cours du 3 février 1982 SOURCE : http://jonathanleroy.be/wp-content/uploads/2016/01/1981-1982-Scansions-dans-lenseignement-de-Jacques-Lacan-JA-Miller.pdf Extrait : La belle bouchère, donc.  Elle nous embarrasse.  Elle nous embarrasse parce que toute l'analyse du désir de l'hystérique est là présentée comme une affaire de signifiants. Dans son désir, elle est tout entière une affaire de signifiants. Vous vous souvenez avec quel brio Lacan resserre sa métaphore et sa métonymie. Il fait valoir que dans le rêve, qui est très bref, tout tourne autour du saumon, du signifiant saumon qui, puisque la belle bouchère précise que c'est en fait du caviar qu'elle désire, est un signifiant substitué au caviar. Il y a donc là métaphore. Du côté de la métonymie,…

dimanche 4 décembre 2016 · 15h59

de 1959 à 1975, la belle bouchère chez Lacan

Ci-dessous, quelques-uns des textes de Lacan où il traite de la Belle bouchère. 1 Livre VI, Le désir et son interprétation, p. 505  -10 juin 1959 2 Livre X, L'angoisse, p. 63 - 5 décembre 1962 3 Livre 11, 10 juin 1964 4 RSI, 11 mars 1975 Jacques Lacan, Le Séminaire, Livre VI, Le désir et son interprétation, p. 505 (10 juin 1959) Mais quelle est la fonction du désir insatisfait chez l’hystérique ? Lacan nous dit que l’hystérique, qui veut être aimée, doit, afin de soutenir le désir amoureux, désirer autre chose. Et pour que ce désir d’autre chose remplisse sa fonction de soutien du désir amoureux, il faut qu’il reste insatisfait. La belle…

mercredi 13 septembre 2017 · 11h12

« AVANT L’ÊTRE, IL Y A LA POLITIQUE »

Par Mickaël Perre, sur Facebook Il y a quelques mois paraissait le dernier livre de Laurent de Sutter : L’âge de l’anesthésie – La mise sous contrôle des affects. Grand livre, à la fois puissant et original, nous donnant à lire et à penser autre chose que ce qu'il a l’air d’aborder. Car contrairement à ce que semble indiquer le sous-titre, ce livre n’est pas qu’un livre de « philosophie politique » (même si l’auteur revendique par ailleurs son appartenance à une certaine lignée ou « tradition » philosophique à partir de laquelle se dessine toute une série de positionnements polémiques : Machiavel et La Boétie ; la « psychopolitique » de Byung Chul-han et…

lundi 6 novembre 2017 · 13h45

Lacan J., Le Séminaire, livre XXI, « Les non-dupes errent », leçon du 11 juin 1974, inédit

11 juin 1974 Voilà. J'ai dû faire quelques efforts pour que cette salle n'ait pas été aujourd'hui occupée par des gens en train de passer des examens et je dois dire qu'on a eu la bonté de me la laisser. Il est évident que c'est plus qu'aimable de la part de l'Université de Paris I d'avoir fait cet effort puisque, les cours étant finis cette année… ce que, bien sûr, moi j'ignore …cette salle aurait dû être à la disposition d'une autre partie de l'administration qui, elle, s'occupe de vous canaliser. Voilà. Alors, tout de même, comme ça ne peut pas se renouveler, passé une certaine limite, ça sera aujourd'hui la dernière fois de cette…

jeudi 23 novembre 2017 · 15h49

« Vaincre le capitalisme par la marche à pied »

Walter Benjamin fut celui qui a expliqué combien l’expérience a chuté, au lendemain de la guerre 1914-1918, dont les gens revenaient non pas plus riches mais plus pauvres en expérience communicable (ils en revenaient muets). Depuis, expérience et pauvreté n’ont même fait que s’accentuer, d’autant qu’une catastrophe n’est plus nécessaire pour détruire l’expérience ; c’est le philosophe Giorgio Agamben, très grand lecteur de Benjamin, qui a expliqué – dans Enfance et histoire – que l’homme moderne rentre chez lui le soir épuisé par un fatras d’événements – divertissants ou ennuyeux, insolites ou ordinaires, agréables ou atroces –  sans qu’aucun d’eux se soit mué en expérience… http://www.les-lettres-francaises.fr/2017/09/walter-benjamin-lepuise/

jeudi 11 avril 2019 · 18h25

« Les ruses de l’intelligence : La mètis des Grecs « 
— Extrait d'une interview de J.-P. Vernant par Georges Charbonnier

Notion centrale et notion très complexe, puisque le mot métis est d’abord un nom commun, qui signifie non pas l’intelligence mais une forme particulière d’intelligence qui est faite de ruses, d’astuces, de stratagèmes, et même de dissimulation, voire purement et simplement de mensonges. On peut dire que le héros humain de la métis, pour les Grecs, c’est Ulysse. [...] de là aussi, dans le domaine du monde animal où certaines bêtes sont en quelque sorte aux yeux des Grecs, les symboles de ce type particulier d’intelligence et spécialement deux animaux : le renard, parce que le renard c’est l’animal à métis, c’est le fourbe, le rusé fait animal comme Ulysse est le rusé fait homme, et…

jeudi 11 avril 2019 · 19h18

Faire couple, avec la Métis, par Monique Variéras

Primatice est un des maîtres incontestés de l’École de Fontainebleau, le premier à mettre en scène la Cour. Il imagine fêtes et mascarades, multiplie les décors intérieurs (la Galerie Basse, l’Appartement des Bains, la chambre de la duchesse d'Étampes, le cabinet du roi, etc.) mais aussi dans le jardin du château de Fontainebleau (pavillon de Pomone, fontaine d'Hercule, grotte des Pins). Peintre du roi, à la fois dessinateur, sculpteur, architecte, Primatice fait évoluer l’art en introduisant en France le raffinement et le maniérisme italien, l'héroïsme épique (en référence permanente à la mythologie, dieux et héros) créant ainsi un style personnel, un style primaticien, dont l'influence va gagner toute l'Europe. Francesco Primaticcio, dit Le Primatice (né en 1504 Bologne, alors dans les États pontificaux et mort à Paris en 1570) est un peintre, architecte et sculpteur italien de la Renaissance tardive.

08/11/2015 Légende illustration : Ulysse et Pénélope, vers 1545, Le Primatice, (Toledo, Ohio, Toledo Museum of Art) Ulysse et Pénélope, un couple étrange et séparé qui tient pourtant le récit jusqu’au temps retrouvé. Dans l’éloignement spatial et temporel se répond ce qu’ils ont en commun : la métis. La métis, ruse du non rapport sexuel, fil ténu mais solide qui retient sur la rive du désir l’irrésistible dérive que commande la pulsion de mort. Dans cette longue et périlleuse Odyssée, Ulysse, le prométhéen, arrime son désir à sa ruse qui conduira son retour. Pénélope met en écho sa propre ruse par son activité tisserande qui ne connait pas de produit fini. Son pré-texte à l’assaut insistant des…

samedi 16 novembre 2019 · 15h29

Untitled

p. 38 "Marc Aurèle entrevoit ici, semble-t-il, que la douceur est chose si délicate, que même vouloir être doux serait cesser d'être doux, parce que toute affectation détruit la douceur. D'ailleurs, on n'agit efficacement sur les autres que lorsqu'on ne cherche pas à agir sur eux [...] Et, de même, lorsqu'on voudra faire du bien à autrui, l'intention de bien faire ne sera véritablement pure que si elle est spontanée et inconsciente d'elle-même. Le parfait bienfaiteur est celui qui ne sait pas ce qu'il a fait : "Il faut être de ceux qui font le bien inconsciemment." On arrive ici au suprême paradoxe : un vouloir tellement fort qu'il se supprime comme vouloir, une habitude…

vendredi 9 octobre 2020 · 14h09

L’Un tout seul avec Parménide

L’Un tout seul avec Parménide Par Dominique Rudaz De ce qui est, de ce qu’il y a La question de l’ontologie, de ce qui est, et de l’existence, de ce qu’il y a, est centrale dans notre expérience analytique, puisque la position que nous prenons par rapport à notre pratique varie singulièrement selon qu’on l’ordonne à ce qui est ou à ce qu’il y a[1]. Si, comme Miller nous explique, « le secret de l’ontologie »[2] est que l’être n’est que du semblant, si l’être ne tient qu’au discours, à ce qui est dit (l’être de langage), alors qu’est-ce qu’il y a, qu’est ce qui existe en deçà ? Ce qu’il y a, ce qui existe, ce…

samedi 31 décembre 2022 · 10h39

logique mélancolique : « Tout ce que je dis est faux»

La logique mélancolique est d’un autre ordre (...), en ce que le manque y est beaucoup moins apparent. Le mélancolique va en effet jusqu’au point de non-retour où se profère, par exemple, cette phrase : « Tout ce que je dis est faux» ((F. Pellion, Mélancolie et vérité, chapitre 2, Paris, PUF, 2000. Il suffit donc à un sujet ordinaire d’être mélancolique pour produire des énoncés analogues à ceux que l’on rencontre dans les manuels de logique, où ils paraissent fabriqués. (En l’occurrence, cet énoncé-ci se superpose assez bien au paradoxe du menteur, connu depuis l’Antiquité et largement commenté par Lacan dans son Séminaire XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Le Seuil,…

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