mardi 17 janvier 2023 · 05h00

tensions
— Balle dans la tête.

« Balle dans la tête ». Je prends mon téléphone pour le noter. Ça fait un moment que ça dure. J’interromps la répétition,  je note : « Balle dans la tête ».

C’est le petit bout de phrase qui se répétait dans ma tête, jusqu’à ce que j’allume le téléphone sous la couette, avec l’infime sursaut physique qui l’accompagne à chaque fois, d’en accuser l’impact. Une parmi tant et tant d’autres variations qui régulièrement se font entendre de moi. Des phrases très courtes : Meurs, Tue-toi, Tu es morte, Crève, Tu vas sauter par la fenêtre. Le plus souvent, dès que j’en sors, je ne me souviens plus des mots exacts. Plus du tout. Quand ça s’arrête.

Ca a commencé il y a plusieurs années. Quand ? 

Les premières fois, ça a été d’une violence incroyable. Les phrases étaient toujours accompagnées des coups de poing, dans la figure, la mâchoire. Des balles tirées dans la tête, la trouant de façon variable. Des explosions plus ou moins grosses. Des chutes. Le corps fracassé. Ca se répète. Ça s’arrête. Ca reprend dans une nouvelle variation. D’où le nom alors donné de « Fracassemeur ». Ils se sont assagis, avec le temps. La sensation de coup, ou d’impact au sol,  a souvent disparu ou s’est atténuée. Ne restaient que les mots. C’est pour ça que je n’aimais plus ce nom, de Fracassemeurs.  Je pourrais dire les FM. Ou les FrM…. Ah, seigneur c’est comme les initiales de F. Il a longtemps signé comme ça. Alala. 

Il est 5 h. Je me suis levée pour écrire. Pour arrêter les FrM…. 

J’ai fumé, hier. C’est pour ça. Et il y a toute cette tension du boulot pour F. La difficulté, c’est d’en sortir, la difficulté, c’est l’état de tension physique où ça me met. Tension extrême. 

Il faut que j’en parle à la psy tout à l’heure. 

Mais je veux aussi parler du « projet » de « mise sur papier », de l’envie. Faire venir dans le monde physique. Sortir de la virtualité de l’internet, de l’ordinateur. 

Hier, j’ai publié plusieurs notes récemment écrites dans One Note sur le blog.  

Puisqu’apparement il n’y a que ces petites notes que j’arrive à faire. 

5h54

Dire que j’ai encore envie de fumer 

La tension du boulot sur le site de F.  Je ne trouve pas les mots pour en parler. Redire le mot  d’addiction. Un travail auquel je suis addictée. Qui n’est pas exactement un travail de programmation, puisque je ne travaille plus qu’avec WordPress et des plugins. J’ai de la répugnance à en parler. « Faire tourner la machine. » Être dans l’interface du site, dans le moteur. Passer d’une chose à l’autre.1 Là, comme il voulait supprimer la version française du site, j’ai fait toutes les redirections des pages en français sur les pages en anglais, de chacune des pages (j’ai pu automatiser une partie, mais il y avait toute une série de fichiers dont le nom en français était différent et donc il fallait faire des redirections simples, une à une).  Pas mal de tâches « ingrates » dans lesquelles je me jette sans réfléchir, à corps perdu. Méticulosité, fièvre, ingéniosité. Et je travaille au SEO. Comment faire en sorte de vendre son travail quand il est si peu commercial, voire réfractaire. Mais, il y a moyen d’améliorer les pages… Je suis forte à ça. — Ça me passionne malgré moi.  

Je pourrais me plaindre de ce qu’il ne m’écoute pas, F. Mais comment moi-même je ne l’écoute pas! Comment j’ignore ce qu’il fait! Pourquoi suis-je comme ça ? Avec lui ? Il fait des choses bien. Et… Est-ce parce que c’est bien ? Suis-je aussi (mots qui disparaissent, qui s’évanouissent, qui partent en fumée à l’instant où) avec lui qu’avec moi ? Est-ce que c’est ça ? Comment puis-je lui montrer si peu de reconnaissance (phrase boiteuse)? C’est toujours cette idée : suis-je aussi (salope) avec lui qu’avec moi. Et comment le supporte-t-il ? Je ne témoigne d’ailleurs pas plus de reconnaissance au travail de mon frère, que j’aime pourtant tellement. Comment est-ce possible? 

Je fais le site pour F, oui. Mais, c’est parce que ça me plaît. Trop d’ailleurs. 

Hier, pour arrêter d’y travailler et essayer d’avancer dans quelque chose qui aurait du sens, suis sortie, allée à la bibliothèque avec 2 vieux carnets et l’ordinateur portable. C’était fermé. En rentrant, reporté donc série de notes sur le site. C’était d’ailleurs ce que j’avais « décidé » de faire au matin. Après, vaisselle et chansons. F était parti à son cours. Et des tas de chansons de mon enfance remontées. Ah oui, à la boulangerie j’avais entendu… Qui, mais qui… J’ai mis du temps hier aussi à retrouver. C’était quoi ? Il ne me restait que l’air. C’était pas Dave. Une chanson que j’entendais à la radio. Qui m’avait fait… Joe Dassin ! À toi… Quand je les retrouvée, hier ! Quel bonheur…  Je devais avoir dans les 13 ans. Comment ces chansons à la radio venaient à la rencontre d’un désir  encore inarticulé,  intime, accompagnait sa naissance. 

Il faut que je retourne dormir !  

Notes en bas de page

  • 1
    Là, comme il voulait supprimer la version française du site, j’ai fait toutes les redirections des pages en français sur les pages en anglais, de chacune des pages (j’ai pu automatiser une partie, mais il y avait toute une série de fichiers dont le nom en français était différent et donc il fallait faire des redirections simples, une à une). 
mercredi 18 janvier 2023 · 08h49

Mercredi 18 janvier

Ce matin réveillée 8h30 par F qui s’est levé. Faisais rêve. Hier CBD 20 3gouttes. Mais excellente séance psy. Tout était clair dans ma tête et s’exprimait clairement. Faut dire que j’avais relu dans la salle d’attente ce que j’avais écrit ici au petit matin. Comme quoi, ça sert.  

Sinon, j’aurais tout oublié. Suis également retombée sur rêve récent que j’avais oublié. Où il était question de la mémoire qui s’effaçait de l’ordinateur, du portable, et de celui de ma mère. J’ai terminé là dessus, en lui disant que j’avais rêvé d’elle, enfin qu’il me semblait. Puisqu’une femme ensuite arrivait qui avait l’air de croire qu’elle pourrait réparer ça mais qui s’occupait de beaucoup de monde, donc je me demandais comment attirer son attention. Elle, la psy, s’est levée là dessus et comme je sortais m’ à dit Très bien. Je n’ai pu m’empêcher de la remercier. 

Je lui ai parlé des Fracassemeurs, et je lui ai dit que je réfléchissais beaucoup à ma relation avec F. Je lui ai parlé de ça. Mais j’ai pu aussi lui parler de mon envie d’arriver à « mettre sur papier ». 

Des ouvriers refont les murs dans les dressing qui avaient été abîmés par dégât des eaux il y a près d’un an maintenant. 

J’ai pu parler aussi de l’état dans lequel ça me mettait, le travail de webmaster. 

9h40 

Miroir dans le noir du couloir, grise. Suis de gris vêtue. Trois petites tâches blanches sur la poitrine, mon Dieu qu’est-ce que c’est, se rapprocher, y porter la main, oh, de petites peluches, les enlever si facilement, y en a t il d’autres, regarder. Il faut se regarder un peu dans le miroir. Alluméela lumière. Pas trop. Tirer sur le pantalon, il faudrait une ceinture, rabattre le pull, sourire. 

13h12 

Dans la chambre, sur le lit. Comment maintenant se mettre au travail. Travaux bruyants dans toute la maison. Chester réfugié sous la couette. 

Aller à la bibliothèque ?  

Pour faire quoi ? 

Finir le transfert des notes de janvier sur le site ? 

jeudi 19 janvier 2023 · 16h06

Jeudi 19 janvier 23
— rêve YNG (et ma mère)

8 heures 5. C’est déjà un peu tard. Dormi vraiment longtemps. Hier 2 gouttes CBD + HHC 1 HHC : hexahydrocannabinol. Je préfère ne pas en prendre. Je me suis laissée convaincre par la vendeuse et j’ai acheté ce produit, cette huile de CBD additionnée de HHC, dont elle m’assurait qu’il était vraiment très bie, tout en me conseillant de ne pas en prendre plus d’une goutte. Dès la consultation de Google, j’ai regretté mon achat. J’en prends de temps en temps, quand il me semble que j’ai besoin de quelque chose de plus fort, et toujours avant de dormir. Une fois, il m’est arrivé d’en prendre plus, 3 ou 4 gouttes, et lorsque je me suis réveillée la nuit, j’ai eu des difficultés à me lever, j’avais des vertiges, je m’accrochais aux murs. Donc, méfiance.

Rêvé YNG. Et ma mère. Tous les 2 vieux. J’ai beaucoup oublié. Lui, un peu délirant. Il se passe quelque chose de particulier, je ne sais plus quoi, avec lui. Il y a du monde qui s’occupe de lui, dont moi. Je veux m’en aller, il me retient. Je trouve le prétexte de l’âge de ma mère, de la vieillesse, il est temps qu’on parte, elle est fatiguée, il admet, puis me retient. 

Est-ce que j’écris à YNG ? 

Non. 

Les travaux du dressing sont terminés. Il faut tout remettre en place. Est-ce que j’en profite pour tout jeter. 

Hier, longtemps travaillé à la bibliothèque. Il y avait du monde, beaucoup de jeunes, d’étudiants. Ils étaient là avant que je n’arrive et encore là quand je suis partie. J’étais épuisée à la fin. Je ne pense pas être restée plus de trois heures. 

J’essaie de faire quelque chose, à la bibliothèque, mais je ne sais pas très bien quoi.  

Les « projets »

  1. Relire les Titi , les recopier sur papier ?
  2. Recopier dans blog notes de janvier
  3. Notes de décembre
  4. Recopier sur papier. Quoi? Dans le cahier. Les Titi. 
  5. Les problèmes techniques
  6. Mallarmé et MB

Les Titi (à mettre sur papier? A imprimer) :

1. Double cabine crochetant par l’Alaska – janvier 2012
2. Le rêve Sans famille – mars 2013
3. Rêve (sa mort, chocolats, AVC) (lettre à HP) – juillet 2018
4. Fr…éronique – Noël 21 (lettre à HP) – janvier 2021
4. La voix de ma tante (atelier Laura Va) – janvier 2023

Recherche sur les cadeaux ???? –> ça va mener au don… 

Notes en bas de page

  • 1
    HHC : hexahydrocannabinol. Je préfère ne pas en prendre. Je me suis laissée convaincre par la vendeuse et j’ai acheté ce produit, cette huile de CBD additionnée de HHC, dont elle m’assurait qu’il était vraiment très bie, tout en me conseillant de ne pas en prendre plus d’une goutte. Dès la consultation de Google, j’ai regretté mon achat. J’en prends de temps en temps, quand il me semble que j’ai besoin de quelque chose de plus fort, et toujours avant de dormir. Une fois, il m’est arrivé d’en prendre plus, 3 ou 4 gouttes, et lorsque je me suis réveillée la nuit, j’ai eu des difficultés à me lever, j’avais des vertiges, je m’accrochais aux murs. Donc, méfiance.
vendredi 20 janvier 2023 · 10h59

Vendredi 20 janvier

10h59 Hier grève générale et manif retraite. Maintenant trop tard pour écrire. Tout à l’heure, musée du Louvre, expo Les Choses (derniers jours).

12h33 F dit qu’on dit trop « Du coup », Google confirme.

Entrer dans une pièce, dire « Du coup, on va où? »
Alors qu’a priori on ne se situe dans les conséquences de rien.
Et si justement il ne s’agissait pas, dans une sorte de souci de l »accord sur l’objet » que la parole tend à réaliser1« Vous avez bien compris que si nous avons situé à ces niveaux la parole dans sa fonction de reconnaissance, qu’est-ce que ça veut dire ? ça veut dire que nous avons discerné par là même deux plans, dans lesquels s’exerce cet échange de la parole humaine, le plan de la reconnaissance de la parole en tant qu’elle lie entre les sujets ce pacte par où les sujets eux-mêmes sont transformés, sont établis comme sujets humains et communiquant, et l’ordre du communiqué qui peut se situer lui-même à toutes sortes de niveaux, depuis le niveau de l’appel de la discussion à proprement parler, de la connaissance, voire même de l’information, et qui en dernier terme tend à réaliser quelque chose qui est l’accord sur l’objet. Vous sentez que le terme d’accord y est encore, mais que l’important est de savoir dans quelle mesure est mis l’accent sur un objet, c’est-à-dire quelque chose qui est considéré comme extérieur à l’action de la parole, et que la parole en somme signifie, même, en dernier terme, exprime. » Lacan, Les écrits techniques, 1953-54, d’évoquer la cause toujours manquante à l’être parlant et qui nous est commune à tous.
L’évocation de cette solidarité là. Nous pauvres humains, frappés par le langage, dans ces conséquences là, l’évocation de cette cause, l’absente de toute les bouquets, fantôme, à notre malheur autant que nos bonheurs, et qui nous lie.

Un « du coup » pas loin du « donc » du sujet cartésien.

15h19 Misère. Je n’avais pas réservé pour le Louvre! !!!

Je pensais l’avoir fait et je ne l’ai pas fait. Sans doute aurai-je mené assez loin l’opération, parce que je m’en souviens, même du paiement, probablement l’aurai-je confirmé trop tard sur le téléphone, ou quelque chose comme ça.  Et la commande n’est pas passée. M’en rendant compte au moment de partir, là, ce matin, je me suis fort énervée sur moi-même … Et énervée sur F.  C’est typiquement le genre de situation insupportable, où il me semble que je me suis sabotée moi-même, que je me suis empêchée de faire ce que je voulais, je ne dis pas que tout cela soit conscient, d’ailleurs, c’est plutôt le contraire, mais la fureur, elle, ne l’est pas. Et j’en veux alors plus particulièrement à F. Je chercherais alors à lui faire porter le chapeau. Donc, bouleversée, je suis sortie puis une fois dehors, je ne savais pas quoi faire, ni où aller. Je suis allée, venue. Ai-je fait une course? Ca, c’est possible. Je cherchais le moyen de me calmer. Au retour, je me suis mise à travailler au blog, je pense. 

Et puis là, je viens de paniquer parce que je pensais que les Portes Ouvertes de Duperré, c’était aujourd’hui. Et j’ai alerté Jules en cours pour rien.  Je lui ai écrit paniquée, en lui disant de quitter le cours, alors que c’était la semaine prochaine !

Là, j’ai craqué pour de bon, je me suis laissée aller au craquage pour de bon, mauvaise mère par dessus le marché, le pire, et suis sortie, acheter des cigarettes.  Et là j’écris sur la terrasse du Bouquet du Nord et les terrasses ne sont plus chauffées à Paris.

Il faudrait maintenant prendre sur moi et prendre des places pour demain.

Je ne pense pas y arriver. Se punir soi même. Et punir F pour mieux me punir moi-même.

Et la cigarette : se punir encore. 

Punir F encore. 

Notes en bas de page

  • 1
    « Vous avez bien compris que si nous avons situé à ces niveaux la parole dans sa fonction de reconnaissance, qu’est-ce que ça veut dire ? ça veut dire que nous avons discerné par là même deux plans, dans lesquels s’exerce cet échange de la parole humaine, le plan de la reconnaissance de la parole en tant qu’elle lie entre les sujets ce pacte par où les sujets eux-mêmes sont transformés, sont établis comme sujets humains et communiquant, et l’ordre du communiqué qui peut se situer lui-même à toutes sortes de niveaux, depuis le niveau de l’appel de la discussion à proprement parler, de la connaissance, voire même de l’information, et qui en dernier terme tend à réaliser quelque chose qui est l’accord sur l’objet. Vous sentez que le terme d’accord y est encore, mais que l’important est de savoir dans quelle mesure est mis l’accent sur un objet, c’est-à-dire quelque chose qui est considéré comme extérieur à l’action de la parole, et que la parole en somme signifie, même, en dernier terme, exprime. » Lacan, Les écrits techniques, 1953-54
samedi 21 janvier 2023 · 07h41

Samedi 21 janvier 2023

07h39 (hier soir 2 gouttes CBD + HHC à cause de la cigarette).

Donc, hier, après être rentrée du café et m’être calmée, j’ai repris le travail sur le blog et malheureusement j’ai cédé, j’ai changé le thème du site, l’habillage ! Fondamentalement, je pense que  je devrais redémarrer, ouvrir une nouvelle page, un nouveau blog. Laisser l’ancien, ne pas venir encore greffer du neuf dans ces vieux vêtements. Mais, c’est précisément ce que je n’arrive pas à faire. J’ai beau me casser la tête, je ne vois pas comment m’en sortir.

Finalement, parvenue à reprendre des places pour Le Louvre. Lundi.

Il fait froid, j’ai vraiment froid. Jules qui commence tôt à allumé une lampe  que je devrais éteindre. Une voiture passe dans la nuit. J’entends le tic tac du réveil. Je crois que je vais retourner me coucher. Mal au ventre, oreilles qui sifflent. Réfléchir à cette histoire de nouveau blog. Le commencer à la mélancolie, à HP. Ou à janvier de cette année. Mais qu’est-ce que je fais de ce sur quoi j’ai commencé à travailler ? De Titi. L’idée c’était de travailler dessus pour le dégager, pour le sortir du blog, l’extraire. Le coucher sur papier. Rien ne m’empêche de continuer à travailler l’ancien blog et d’écrire ce qu’il faut bien appeler mon journal sur le nouveau. Journal matinal.

Reprendre à décembre 2022, d’abord. Éventuellement remonter au début de la cure, des séances avec HP. 
Ou, tout récupérer. Et mettre tout en catégorie Brouillon ou Atelier

C’est samedi.

Terminé hier lecture d’Orlanda. JH est une analyste pour qui une femme n’est barrée de son désir que par sa mère, laquelle la réprime depuis l’enfance. Je ne suis pas sûre qu’elle conçoive une différence des sexes. Non, une petite fille devient une femme en  refoulant  sa part masculine, qui est la part la plus aventurière, courageuse, curieuse, audacieuse, joyeuse, légère, désirante, jouisseuse. C’est donc le travail de la mère, et de la mère seule, de réprimer ces tendances, et d’y parvenir. Mais avant ça, elle est un garçon, elle est comme un garçon, exactement.

Et donc, Orlanda, c’est l’histoire d’une femme, de 35 ans, Aline, dont la part masculine, refoulée au sortir de l’enfance, un jour en a assez, et se barre, quitte le corps d’Aline et emprunte celui  d’un jeune homme à l’air éteint, assis non loin d’eux (les 2 parts de départ) dans une brasserie face à la Gare du Nord à Paris où ils attendent le départ de leur train. .
ll et elle rentrent ensuite ensemble à Bruxelles dans des wagons et des corps séparés. A bord, le jeune homme, nommé Orlanda en l’honneur et souvenir de l’Orlando de Virginia Woolf, qu’Aline, la part féminine, s’échine à lire sans l’aimer, Orlanda donc, baise dans les toilettes avec un homme.
Il s’installe à Bruxelles dans l’appartement de celui dont il squatte le corps, où il s’amuse follement multipliant les aventures. De son côté Aline continue son traintrain de vie. Comme elle travaille sur Orlando, elle  émet l’hypothèse, qu’elle n’a jamais été un petit garçon. C’était une fille, une petite fille avec toutes les qualités d’un garçon, jusqu’à l’avènement de la puberté. Là, elle perd tout ce qui fait son allant, son désir, sa joie de vivre et se transforme en femme. Elle n’est pas trans, parce qu’elle n’a jamais été garçon, en fait.

Et donc le livre est une ré-écriture d’Orlando, pas moins, dans le petit milieu bien pensant  bourgeois bien mis de Bruxelles

Mais, il n’a jamais été un garçon! s’écria-t-elle. Les sept jours au lit, ma mère m’en a-t-elle assez bassiné les oreilles, c’est la puberté! Tout n’est qu’allégorie, et c’est elle-même que Virgina raconte : enfant, elle était forte et ardente, elle jouait à la guerre contre les Maures au grenier, elle avait une amie qu’elle adorait et qui s’est mise à la négliger pour les garçons, alors elle s’est retirée dans l’étude et dans la rêverie, il faut que je demande à Jacqueline si ce n’est pas cela qu’on nome la période latence, elle a appris à se raconter des histoires pour se divertir en secret.

Jacqueline Hartma, Orlanda, p. 64.

Mal au ventre.

12:43 Pris RV coiffeur !! Aujourd’hui !!

dimanche 22 janvier 2023 · 07h05

dimanche 22 janvier

Lit. Ah, il est 7 heures du mat, j’ouvre un œil et le téléphone, j’écris le fracassemeur du moment: Tu te hais, tu te hais, tu te hais… À quoi je rétorque : Mais pourquoi ? Pourquoi ? Si seulement tu m’expliquais ça. Évidemment, pas de réponse. 

Je me lève. Ricoré, salon noir. Dommage qu’il ne le soit pas davantage. La lumière orange qui filtre de la rue est de regrettable.  

Difficile passage chez le coiffeur hier, et retour à la maison. 

Tellement intimidée sur place. Les lumières si fortes. Le jeune coiffeur très charmant, gentil. Et l’horreur de me voir dans le grand miroir si éclairé. Je vois tout de suite que je n’aurais pas dû mettre de la couleur sur mes yeux. Dès qu’il s’éloigne un moment, le coiffeur, j’essaie d’en enlever. Quand, je parle, je vois mes dents, c’est effrayant. Tout ce qui est affreux dans ce visage. Il me sourit tout le temps. Après que je lui aie parlé de tout ce dont je pourrais vouloir tenter comme coiffure, il se taira. C’est moi qui ajouterai encore l’une ou l’autre bêtise. 

Beaucoup de lumière dans le salon, sommes entourés à gauche et à droite par 2 autres coiffeurs, chacun très animé, bavard, qui discutent avec leur clients de films, de séries. À gauche elle raconte les scènes, à droite il les mime, les rejoue, en anglais même, coiffant, face au miroir.  À un moment mon coiffeur se mêle à sa conversation de droite. À un moment, je me demande s’il ne  faudrait plus de miroirs à la maison, pour surveiller, maîtriser, cette image. Enfin je ne vois pas où, comment. 

7h33. Je n’ai pas la moindre envie de regarder raconter tout ça. 

Nous sourions doucement le coiffeur et moi. Je renonce à rien dire. A un moment, j’ai cherché le titre de la série que nous regardons hier. Rien, je ne m’en souvenais. Je ne sais même pas si c’est japonais ou coréen. Je sais que c’est trop violent, que je n’ai pas envie de regarder, mais que J insiste, il dit que c’est pas drôle quand je ne suis pas là. Ils ont envie de ragarder cette série. C’est la deuxième saison. Deuxième épisode de la deuxième saison. Tout de suite, j’ai dit non. Mais bon, ils ont insisté. Ca se passe dans une ville, immense et vide. Qui n’est plus qu’un immense terrain de jeu. À mort. Les jeux sont cruels. On ne sait d’où les joueurs sont observés. Quand ils perdent, quelque chose leur tombe dessus, du ciel, les transperce. Je me souviens de tout ça maintenant, mais hier, plus rien. Seulement j’aurais pu dire que ça faisait trop peur. Alice in Borderland. Voilà, ça me revient. Vérification sur Google : c’est japonais. Survival, science fiction, thriller, drame. Le héros (ils écrivent Arisu dans les sous titres, mais c’est Alice, à cause de le la prononciation des Japonais ) était un amateur de jeux vidéos. 

F a acheté des scones, j’aime beaucoup ça j’en mange un morceau. 

A un moment la coiffure était finie, les cheveux étaient coupés, ils étaient encore mouillés, nous étions ravis, nous montrions le coiffeur et moi-même des signes de ravissement. Je disais quel soulagement. Il disait ça donne un coup de peps.je disais quel soulagement, c’est réconfortant comforting, je me sens moins exposée, mais je ne pense pas qu’il ait tout entendu. Il me demande s’il coupe encore un peu devant et je pense quelque chose comme non, il dit qu’on va sécher d’abord, et qu’on verra, il sèche et c’est très bien, c’est très bien, j’en ai une sorte de vertige, mais il dit quand même : on coupe encore ? Et je dis, bon d’accord, allez y. Et il coupe, et pour moi, c’est pas bien, il me fait les cheveux hirsutes, mais il a toujours l’air aussi content, alors je ne dis rien. J’ai l’air ahuri de (…) dans un film italien de (…). Fellini. Et elle, je ne sais plus, un nez de clown, rouge. Des cheveux très blonds, blancs. Si ce n’est que moi, j’ai bientôt 60 ans. Bah. Je me lève. Je dis merci, il dit non c’est moi. Je paie, demande son nom, il est toujours gentil, dit À bientôt. 

Dehors, j’ai envie d’un cocktail d’un Spritz, je suis à Bastille, j’aurais peut-être dû, je songe à faire venir F mais il ne viendra pas. On pourrait passer la soirée dehors. Je me dis qu’il faut prendre le métro, que je pourrais lui demander de me rejoindre à Anvers, au square (…)… Je pense qu’il ne voudra pas. Ou que j’en parlerai en rentrant. Il fait noir, si je ne suis pas très habillée, je suis maquillée, coiffée, et même s3la chienne ne me plaisait pas, je dois être un peu bien, j’ai envie de vivre un moment dans cette illusion. je tourne vers moi la caméra du téléphone en descendant les escaliers du métro, non, c’est une horreur. Arrivée à Gare du Nord, non je ne vais pas à Anvers, au square (…), sur la rue (…) Je rentre. Et lumière de l’appart. F devant jeu. Déjà, le faire sortir de là. Il dit qu’il ne voit pas bien mes cheveux, je ne sais plus ce qu’il me dit, que c’est gonflé, c’est vrai qu’il y a beaucoup de volume, qu’il n’aime pas ça. Je dis que j’ai envie de sortir, F dit que lui non, mais. Je vais à plusieurs reprises me regarder dans le miroir de la salle de bain et directement j’essaie d’arranger. Il y a un produit dans les cheveux je les mouille. Je regarde s’il y a un film à voir dans le coin, mais rien qui puisse plaire à F. L’envie de sortir me quitte, je suis comme désespérée. F acheté à manger chez le traiteur de la rue (…) J’ai envie de me démaquiller, d’aller au lit. F me demande si je veux sortir, je dis non, non. Je me résigne à passer à table, à manger. Il a gentiment acheté à manger. Il essaie de me parler. Je dis que ça va très mal. Il dit Je vois ça. Il essaie de m’interroger. Je cherche à ne pas m’énerver. J’arrive à vaguement dire que je ne supporte pas quand j’ai envie de quelque chose de ne pas y arriver de renoncer. Ça m’attriste toujours horriblement. Je suis dans cette tristesse là. Je dois faire l’effort de ne pas retourner ma colère contre lui. Seulement contre moi. 

Dans les explications sur la mélancolie, il y a quelque chose de ça. A un moment dans l’enfance l’objet d’amour a déçu, et le sujet s’en est détaché, et a « retourné présence à l’intérieur de soi », la présence, la personne précédemment aimée, est placée à l’intérieur de soi (pas les bons mots), « introjectée », la libido est ramenée à soi, mais à la fois pour aimer et détester. (toujours pas les bons mots, c’est pas clair). Aussi, quand le mélancolique est fâché contre lui-même, n’est-ce pas contre lui-même, mais contre l’autre « qui a déçu ». F, est comme l’image à l’extérieur de cet autre qui a déçu. 

Cette déception, curieusement, je m’en souviens, ce moment dans l’enfance, mais pas de son objet. Je me souviens, marchant dans la rue avec mon frère lui avoir demandé Tu préfères papa ou maman ? et lui sidéré, me disant qu’il n’avait pas de préférence, et moi dans ma fureur en fait, ma déception, lui disant Oh non, moi je préfère (…) Mot qui manque. Longtemps, je me suis souvenue de cette scène, et de l’identité de la personne que je préférais, et donc de celle que je m’étais mise à haïr. Puis, j’ai oublié. Intellectuellement, j’ai tendance à croire qu’il s’agit de ma mère. Mais je n’en sais rien du tout, et surtout, je ne sais plus pourquoi. Ce qui a motivé ce retournement. Cette haine est vraiment refoulée et ça s’est retourné par contre complètement contre moi. 

C’est comme si F tenait lieu de cette personne haïe. 

S’il s’agit de ma mère, je sais aussi combien je l’aime.  

Retour à hier soir. 

En finir avec ce récit.  

Je ne suis pas arrivée à parler à F. Mais je suis parvenue à ne pas m’énerver. J’ai fin par accepter de voir un film. 

Un beau film. (…) 

Je cherche les éléments pour retrouver le titre et le sujet du film. 

Verboten, je crois. Mais pas de JosephLosey.  

Il a fait aussi White dog, mais beaucoup plus tard, en fin de carrière. Terrible film. 

Celui d’hier date des années 50. 

Il a énormément tourné et écrit.  

J’étais contente parce que F a dit qu’il fallait qu’on les voie. 

Je ne sais pas si j’interroge Google.  

Un cinéaste américain. Qui a tourné à Hollywood et vécu en France. Certains films ont été de très grands succès mais d’autres des scandales absolus. 

Il a tourné dans de nombreux films. Dont Pierrot le fou. Et dans ce film vu avant hier. Catherine et Catherine ? Non. De (…), un Français cette fois. Que je ne connais pas, dont il passe beaucoup de films sur Mubi en ce moment. 

F a dit qu’il allait noter tous les films vus cette année. Je me demande pourquoi. Je lui ai dit qu’il fallait qu’il fasse un résumé. Il m’a dit que ça non. Je le suis dit que moi je devrais le faire. Exercice de mémoire.  

Mais ça ferait beaucoup. 

Je vais essayer de retourner  dormir. 

8h46. 

 

10h1. Me suis pas rendormie, mais toujours au lit. Bon moment dans les bras de F. 

Samuel Fuller ! le nom du cinéaste. Je ne vois pas ce que je peux faire pour retenir ce nom.  

J’ai pensé que c’était comme mon nom, à une lettre près. 

Je referme les yeux. 

Coups de poing coup de poing coup de poing 

Décidément. 

Je pense que je dois noter tous les FrM en italiques.  

 

dimanche 22 janvier 2023 · 07h05

coiffeur + la déception essentielle
— Dimanche 22 janvier 23 07:05

Lit. Ah, il est 7 heures du mat, j’ouvre un œil et le téléphone, j’écris le fracassemeur du moment: Tu te hais, tu te hais, tu te hais… À quoi je rétorque : Mais pourquoi ? Pourquoi ? Si seulement tu m’expliquais ça. Évidemment, pas de réponse. 

Je me lève. Ricoré, salon noir. Dommage qu’il ne le soit pas davantage. La lumière orange qui filtre de la rue est regrettable.  

Difficile passage chez le coiffeur hier, et retour à la maison. 

Tellement intimidée sur place. Les lumières si fortes. Le jeune coiffeur très charmant, gentil. Et l’horreur de me voir dans le grand miroir si éclairé. Je vois tout de suite que je n’aurais pas dû mettre de la couleur sur mes yeux. Dès qu’il s’éloigne un moment, le coiffeur, j’essaie d’en enlever. Quand, je parle, je vois mes dents, c’est effrayant. Tout ce qui est affreux dans ce visage. Il me sourit tout le temps. Après que je lui aie parlé de tout ce dont je pourrais vouloir tenter comme coiffure, il se taira. C’est moi qui ajouterai encore l’une ou l’autre bêtise. 

Beaucoup de lumière dans le salon, sommes entourés à gauche et à droite par 2 autres coiffeurs, chacun très animé, bavard, qui discutent avec leur clients de films, de séries. À gauche elle raconte les scènes, à droite il les mime, les rejoue, en anglais même, coiffant, face au miroir.  À un moment mon coiffeur se mêle à sa conversation de droite. À un moment, je me demande s’il ne  faudrait plus de miroirs à la maison, pour surveiller, maîtriser, cette image. Enfin je ne vois pas où, comment. 

7h33. Je n’ai pas la moindre envie de regarder raconter tout ça. 

Nous sourions doucement le coiffeur et moi. Je renonce à rien dire. A un moment, j’ai cherché le titre de la série que nous regardons hier. Rien, je ne m’en souvenais. Je ne sais même pas si c’est japonais ou coréen. Je sais que c’est trop violent, que je n’ai pas envie de regarder, mais que J insiste, il dit que c’est pas drôle quand je ne suis pas là. Ils ont envie de regarder cette série. C’est la deuxième saison. Deuxième épisode de la deuxième saison. Tout de suite, j’ai dit non. Mais bon. Ca se passe dans une ville, immense et vide. Qui n’est plus qu’un immense terrain de jeu. À mort. Les jeux sont cruels. On ne sait d’où les joueurs sont observés. Quand ils perdent, quelque chose leur tombe dessus, du ciel, les transperce. Je me souviens de tout ça maintenant, mais hier, plus rien. Seulement j’aurais pu dire que ça faisait trop peur. Alice in Borderland. Voilà, ça me revient. Vérification sur Google : c’est japonais. Survival, science fiction, thriller, drame. Le héros (ils écrivent Arisu dans les sous titres, mais c’est Alice, à cause de le la prononciation des Japonais ) était un amateur de jeux vidéos. 

F a acheté des scones, j’aime beaucoup ça, j’en mange un morceau. 

A un moment la coiffure était finie, les cheveux étaient coupés, ils étaient encore mouillés, nous étions ravis, nous montrions le coiffeur et moi-même des signes de ravissement. Je disais quel soulagement. Il disait ça donne un coup de peps. je disais quel soulagement, c’est réconfortant comforting, je me sens moins exposée, mais je ne pense pas qu’il ait tout entendu. Il me demande s’il coupe encore un peu devant et je pense quelque chose comme non, il dit qu’on va sécher d’abord, et qu’on verra, il sèche et c’est très bien, c’est très bien, j’en ai une sorte de vertige, mais il dit quand même : on coupe encore ? Et je dis, bon d’accord, allez y. Et il coupe, et pour moi, c’est pas bien, il me fait les cheveux hirsutes, mais il a toujours l’air aussi content, alors je ne dis rien. J’ai l’air ahuri de (…) dans un film italien de (…). Fellini. Et elle, je ne sais plus, un nez de clown, rouge. Des cheveux très blonds, blancs. Si ce n’est que moi, j’ai bientôt 60 ans. Bah. Je me lève. Je dis merci, il dit non c’est moi. Je paie, demande son nom, il est toujours gentil, dit À bientôt. 

Dehors, j’ai envie d’un cocktail, d’un Spritz, je suis à Bastille, j’aurais peut-être dû, je songe à faire venir F mais il ne viendra pas. On pourrait passer la soirée dehors. Je me dis qu’il faut prendre le métro, que je pourrais lui demander de me rejoindre à Anvers, au square (…)… Je pense qu’il ne voudra pas. Ou que j’en parlerai en rentrant. Il fait noir, si je ne suis pas très habillée, je suis maquillée, coiffée, et même si la chienne ne me plaisait pas, je dois être un peu bien, j’ai envie de vivre un moment dans cette illusion. je tourne vers moi la caméra du téléphone en descendant les escaliers du métro, non, c’est une horreur. Arrivée à Gare du Nord, non je ne vais pas à Anvers, au square (…), sur la rue (…) Je rentre. Et lumière de l’appart. F devant jeu. Déjà, le faire sortir de là. Il dit qu’il ne voit pas bien mes cheveux, je ne sais plus ce qu’il me dit, que c’est gonflé. C’est vrai qu’il y a beaucoup de volume, qu’il n’aime pas ça. Je dis que j’ai envie de sortir, F dit que lui non, mais. Je vais à plusieurs reprises me regarder dans le miroir de la salle de bain et directement j’essaie d’arranger. Il y a un produit dans les cheveux je les mouille. Je regarde s’il y a un film à voir dans le coin, mais rien qui puisse plaire à F. L’envie de sortir me quitte, je suis comme désespérée. F acheté à manger chez le traiteur de la rue (…) J’ai envie de me démaquiller, d’aller au lit. F me demande si je veux sortir, je dis non, non. Je me résigne à passer à table, à manger. Il a gentiment acheté à manger. Il essaie de me parler. Je dis que ça va très mal. Il dit Je vois ça. Il essaie de m’interroger. Je cherche à ne pas m’énerver. J’arrive à vaguement dire que je ne supporte pas quand j’ai envie de quelque chose de ne pas y arriver, de renoncer. Ça m’attriste toujours horriblement. Je suis dans cette tristesse-là. Je dois faire l’effort de ne pas retourner ma colère contre lui. Seulement contre moi. 

Dans les explications sur la mélancolie, il y a quelque chose de ça. A un moment dans l’enfance l’objet d’amour a déçu, et le sujet s’en est détaché, et a « retourné présence à l’intérieur de soi », la présence, la personne précédemment aimée, est placée à l’intérieur de soi (pas les bons mots), « introjectée », la libido est ramenée à soi, mais à la fois pour aimer et détester. (toujours pas les bons mots, c’est pas clair). Aussi, quand le mélancolique est fâché contre lui-même, n’est-ce pas contre lui-même, mais contre l’autre « qui a déçu ». F, est comme l’image à l’extérieur de cet autre qui a déçu. 

Cette déception, curieusement, je m’en souviens, ce moment dans l’enfance, mais pas de son objet. Je me souviens, marchant dans la rue avec mon frère lui avoir demandé Tu préfères papa ou maman ? et lui sidéré, me disant qu’il n’avait pas de préférence, et moi dans ma fureur en fait, ma déception, lui disant Oh non, moi je préfère (…) Mot qui manque. Longtemps, je me suis souvenue de cette scène, et de l’identité de la personne que je préférais, et donc de celle que je m’étais mise à haïr. Puis, j’ai oublié. Intellectuellement, j’ai tendance à croire qu’il s’agit de ma mère. Mais je n’en sais rien du tout, et surtout, je ne sais plus pourquoi. Ce qui a motivé ce retournement. Cette haine est vraiment refoulée et ça s’est retourné par contre complètement contre moi. 

C’est comme si F tenait lieu de cette personne haïe. 

S’il s’agit de ma mère, je sais aussi combien je l’aime.  

Retour à hier soir. 

En finir avec ce récit.  

Je ne suis pas arrivée à parler à F. Mais je suis parvenue à ne pas m’énerver. J’ai fini par accepter de voir un film. 

Un beau film. (…) 

Je cherche les éléments pour retrouver le titre et le sujet du film. 

Verboten, je crois. Mais pas de JosephLosey.  

Il a fait aussi White dog, mais beaucoup plus tard, en fin de carrière. Terrible film. 

Celui d’hier date des années 50. 

Il a énormément tourné et écrit.  

J’étais contente parce que F a dit qu’il fallait qu’on les voie. 

Je ne sais pas si j’interroge Google.  

Un cinéaste américain. Qui a tourné à Hollywood et vécu en France. Certains films ont été de très grands succès mais d’autres des scandales absolus. 

Il a tourné dans de nombreux films. Dont Pierrot le fou. Et dans ce film vu avant hier. Catherine et Catherine ? Non. De (…), un Français cette fois. Que je ne connais pas, dont il passe beaucoup de films sur Mubi en ce moment. 

F a dit qu’il allait noter tous les films vus cette année. Je me demande pourquoi. Je lui ai dit qu’il fallait qu’il fasse un résumé. Il m’a dit que ça non. Je me suis dit que moi je devrais le faire. Exercice de mémoire.  

Mais ça ferait beaucoup. 

Je vais essayer de retourner  dormir. 

8h46. 

 

10h1. Me suis pas rendormie, mais toujours au lit. Bon moment dans les bras de F. 

Samuel Fuller ! le nom du cinéaste. Je ne vois pas ce que je peux faire pour retenir ce nom.  

J’ai pensé que c’était comme mon nom, à une lettre près. 

Je referme les yeux. 

Coups de poing coup de poing coup de poing 

Décidément. 

Je pense que je dois noter tous les FrM en italiques.  

 

samedi 28 janvier 2023 · 09h24

samedi 28 janvier, 9h25

9:25 Hier, 3 gouttes + hhc (trop fort)

Dans le noir de la chambre

Étranges pensées cette nuit. Et sentiment de corps délocalisé. Je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite, seulement quand j’ai décidé de m’éloigner de mes pensées en me concentrant sur le corps. J’ai découvert que mon corps n’était pas là où je m’attendais qu’il soit. Je l’attribue au HHC.

Je voulais faire l’exercice « lourd ». C’est un exercice qui consiste à penser « lourd », le mot seulement, la mot vide, et à envoyer cette pensée dans le corps, partie par partie, une à une, en essayant de n’en oublier aucune. De le remonter par exemple, depuis les pieds jusqu’à la tête –  les orteils, les pieds, les mollets, les genoux, les cuisses, etc.  Je me suis rendue que je devais « chercher » chacune des parties de corps visées. J’avais en fait voulu commencer par « fesses » et j’ai découvert une sensation très étrange (très ample, très écrasé, d’ores et déjà, étalé, bassine, bassin plutôt débordant). Ce que je faisais était probablement utile, mais je devais déjà me trouver dans un  état de relaxation passablement avancé. Je me suis alors concentrée sur les parties du corps qui touchaient le matelas,  mais quand j’ai voulu trouver le dessus du corps, je ne le trouvais pas, ça ne correspondais pas. Le dessus de la cuisse n’était pas en face de son dessous. Et c’est sans parler de l’intérieur. J’ai continué cependant. En me raccrochant au « tantien », au centre du corps, que je sentais précisément. J’ai essayé soit de retrouver sensation « normale », soit de me laisser aller dans la sensation anormale. Je me suis alors retrouvée avec des pensées assez raisonnables, il me semble.

Je pensais à la solitude, à ma solitude, et je me demandais ce que je pouvais faire. Sans trouver. Je me suis vue, perpétuellementassise dans mon fauteuil, dans mon canapé, mon coin de canapé, et n’en sortant pas. Je me suis demandée ce que je pouvais trouver pour en sortir.
J’ai eu des pensées inquiétantes quant à l’avenir et à la pension, et au fait sur je pourrais me retrouver seule et sans argent et à la rue.
En temps normal, je ne peux penser qu’au suicide comme recours.
J’essayais d’envisager autre chose.

Je pensais à ce qu’il m’est impossible de faire, tout ce qu’il m’est impossible de faire.
Je pensais à ce qu’il m’est impossible de faire parce que j’attendrais de ma mère qu’elle le fasse pour moi (le maintien nécessaire de cette dépendance) et l’angoisse qui me prend dès que je prends son rôle (d’elle qui m’aide). Et la peur de rater.
Cette relation de dépendance est désangoissante pour moi.
Sortir de ce rôle, de ce schéma, c’est l’angoisse.
Il arrive pourtant que j’y arrive.
Mais c’est peut-être plutôt quand F n’est pas là.
Comme lorsqu’il était à la clinique.
Je pensais à l’inhibition, à ce que j’avais lu hier sur la nature inconnue de ce qui mobilise tellement le mélancolique dans son « travail de deuil », travail qui évoque la façon que j’ai de me consacrer à ma maladie. Je me consacre à quelque chose, mais  à quoi ? Qui paraît vital. Or dès que je m’éloigne d’un certain effort, de construction peut-être, comme lors des voyages, alors l’angoisse me prend. La certitude est que je ne dois pas me lâcher, que je dois me maintenir dans un effort, dans l’analyse. Comme ce que  je fais maintenant, en écrivant le matin, ou ce que j’aurais fait si j’avais été artiste.

Être artiste m’aurait offert une identité, et cette identité est inacceptable.
Il s’agirait de trouver son identité à l’intérieur de cette identité manquante, absente, de trouver son identité dans cette quête là. Et dès que je sors de la quête, angoisse.

Mais quel rapport avec ma mère. Et l’identité trouvée dans ma dépendance à elle.
Cette identité la maintient à distance, nous met dans un rapport. Qui vaut mieux que l’absence de rapport, que l’identique, que le même.
Donc, le maintien de ce rapport, de cette dépendance, évoque encore le travail que je dois accomplir, celui décrit plus haut.

Maintenir cette dépendance, afin de n’être pas engloutie par l’identité à elle, l’être elle, qui serait un trou. Puisque la dépendance nous donne un rôle à elle et à moi.
Tout en cherchant à trouver une identité viable qui me permette de sortir de son sillage.

J’élucubre ça maintenant. Mais cette nuit, par rapport au fait que je ne pouvais pas être ma mère et donc faire ce qu’elle faisait, et par rapport au fait qu’elle avait toujours agi  dans le service à l’autre, dans le sacrifice, dans le  mépris de sa propre personne, je pensais que je pouvais sortir de là, peut-être, puisque telle est ma volonté, en poursuivant et consacrant mon travail de restitution de valeur et de dignité aux tâches à raz du réel auxquelles elle se consacrait. C’est-à-dire d’en consacrer la grandeur au contraire de ces tâches.

Et donc d’abandonner l’idée de dés-identification d’une mère, pour se maintenir uniquement à la hauteur du réel.

(Or, ce réel et ses exigences ne vous engloura-t-il tôt ou tard ?)

J’ai déjà écrit ça.
J’ai déjà trouvé cette solution.
L’idée, cette nuit, était de trouver à me dégager de l’angoisse où me plonge n’importe quel faire.
Je n’ai de solution que par ce que j’appelle le réel. De toutes façons. Je n’ai que le raz du réel.
C’est ma limite possible à moi. Ce serait.

Je ne suis pas, jamais, sortie d’une certaine famille. Je n’ai pas grandi. Je suis toujours ramenée en arrière.

Me lever, saluer Jules.

 

samedi 28 janvier 2023 · 11h13

Samedi 28 janvier 23
— l'inhibition due à un simili travail de deuil // ce qui tient à l'ombre, tient à l'ombre avec force

samedi 28 janvier 2023
9:25 Hier, 3 gouttes + hhc (trop fort)

Dans le noir de la chambre
Étranges pensées cette nuit. Et sentiment de corps délocalisé. Je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite, seulement quand j’ai décidé de m’éloigner de mes pensées en me concentrant sur corps. Mon corps n’était pas là où je m’attendais qu’il soit. Je voulais faire l’exercice de relaxation « lourd », lequel consiste à penser « lourd » et à envoyer cette pensée dans le corps, dans chacune de ses parties, une à une, en essayant de n’en oublier aucune, en le remontant par exemple, depuis les pieds jusqu’à la tête –  orteils, pieds, mollets, genoux, cuisses, etc. Et là, je me suis rendue compte qu’il me fallait chercher chacune de ces parties. Déjà, ayant commencé par « fesses », la sensation s’est avérée très étrange. Ample, creuse, étendue, profonde, comme emplie d’un liquide foncé. L’exercice que je tentais de faire était probablement utile,  par rapport aux pensées, mais cela ressemblait déjà à un état de relaxation avancé. Je me suis alors  concentrée sur les parties du corps qui touchaient le matelas. Mais, lorsque j’ai voulu trouver le dessus du corps, les parties du dessus,  je ne le trouvais pas, ça ne correspondait pas. Le dessus de la cuisse n’était pas en face du dessous. Et c’est sans parler de ce en quoi aurait pu consister l’intérieur. J’ai continué cependant. En me raccrochant au tantien, le centre du corps, que je sentais précisément. J’essayais soit de retrouver sensation « normale », soit de me laisser aller dans la sensation anormale.

Je suis alors allée vers des pensées assez raisonnables, il me semble.
Je pensais à la solitude, et je me demandais ce que je pouvais y faire. Sans trouver.
Je me demandais comment sortir de mon fauteuil (du coin de canapé où je passe mes journées).
J’avais eu des pensées inquiétantes quant à l’avenir et à la pension, puisque c’est d’actualité en ce moment, et au fait que je pourrais me retrouver seule et sans argent et à la rue. (En temps normal, je ne peux penser qu’au suicide comme recours, au suicide in due time.)
Je pensais à ce qu’il m’est impossible de faire, tout ce qu’il m’est impossible de faire.
Je pensais à ce qu’il m’est impossible de faire parce que j’attendrais de ma mère qu’elle le fasse pour moi (le maintien nécessaire de cette dépendance) et l’angoisse qui me prend dès que je prends son rôle. Et la peur de rater.
Cette relation de dépendance est (au fond) désangoissante pour moi.
Sortir de ce rôle, de ce schéma, c’est l’angoisse absolue.
Il arrive pourtant que j’y arrive.
Mais c’est peut-être plutôt quand F n’est pas là.
Comme lorsqu’il était à la clinique.

l’inhibition due à un simili travail de deuil

Dans le deuil, nous trouvions que l’inhibition et l’absence d’intérêt étaient complètement expliquées par le travail du deuil qui absorbe le moi. La perte inconnue qui se produit dans la mélancolie aura pour conséquence un travail intérieur semblable, et sera, de ce fait, responsable de l’inhibition de la mélancolie. La seule différence, c’est que l’inhibition du mélancolique nous fait l’impression d’une énigme, parce que nous ne pouvons pas voir ce qui absorbe si complètement les malades.

Sigmund Freud, Deuil et mélancolie

Je pensais à l’inhibition, à ce que j’avais lu hier dans Freud sur la nature inconnue de ce qui mobilise tellement le mélancolique dans son « travail de deuil », travail qui évoque la façon que j’ai de me consacrer à ma maladie, d’une certaine façon. Je me consacre à quelque chose, mais à quoi ? Qui paraît vital. Et dès que je m’éloigne de cet effort, de construction peut-être, comme lors des vacances, des voyages, l’angoisse me prend (m’avale). La certitude est que je ne dois pas me relâcher, que je dois me maintenir dans un effort, d’analyse, et ce que je fais en ce moment en écrivant le matin, ou plus récemment dans le blog, ce que j’aurais fait si j’avais été artiste, évoque ce travail de deuil. Être artiste m’aurait offert une identité, et cette identité est inacceptable (apparemment, inacceptable, quelque chose en moi n’en veut pas, contre quoi je sans recours).
Il s’agirait de trouver son identité à l’intérieur de cette identité manquante, absente, de trouver son identité dans cet effort-là. Et dès que je sors de cette quête, angoisse. De trouver son identité dans cette quête : ce que je fais, mais pour moi seule, une identité sans reconnaissance, secrète. Une identité aussi de malade, de cas (K), dont j’espère trouver un jour (pendant longtemps j’ai espéré) la description du fonctionnement dans un livre. 

En quoi consiste cette identité absente : en l’impossibilité d’accoler mon nom à tout le reste de moi, de ma personne (corps, voix, etc.) et à tout cet effort, d’assumer en mon nom, cet effort, ce travail, qui est travail de soute, de souterrain, je suis souterraine. Qui est travail de soute et doit le rester. Je suis rate. Travailleuse de l’ombre, rate. Rat au féminin. L’affamera. La femme rat. C’est en cet effort que consiste mon identité. My true identity. 

(Imaginaire.
Je suis, comme mélancolique, censée être en manque de consistance/d’identité imaginaire. Mais je ne comprends pas ce que ça veut dire, enfin je comprends que chez moi quelque chose tente de faire tenir ensemble le réel et le symbolique, sans la possibilité du recours à l’imaginaire (qui offrirait la structure, la structure en 3D). (L’imaginaire – L’image – Le corps – L’habit.) Ce blog, de par son épaisseur, sa monstruosité même, m’offre un semblant de structure imaginaire, avec ses couloirs, ses détours, sa toute écriture, sa partout écriture, mais illisible, sinon pour moi seule).  L’identité manquante, ce que j’ai  à forger pour y pallier, c’est de ce côté là que ça se trouve. Autre exemple : le tai chi m’a fourni un moment corps imaginaire par sa façon d’aller toucher directement le corps, d’y tracer par la sensation des circuits symboliques (circuits remontant à des temps immémoriaux) et de le recréer « littéralement », de le recréer en 3D, et en ne le limitant pas au sac de la peau, en incluant, à l’envi, la possibilité de l’infini, et de lui prêter une conscience, aussi, une conscience-à-soi, et de le donner comme source de bonheur, de plaisir.)

Mais quel rapport avec ma mère? Et l’identité trouvée dans ma dépendance à elle?
Cette identité la maintient à distance, nous met dans un rapport. Qui vaut mieux que l’absence de rapport, que l’identité, l’identique, le même.
Donc, il y aurait le travail de maintenir cette dépendance, afin de n’être pas engloutie par l’identité à elle, l’être elle, qui serait un trou. Puisque la dépendance nous donne un rôle à elle et à moi.
Tout en cherchant à trouver une identité viable qui me permette de sortir de son sillage.

Or ma  mère prit en charge tout ce qui concerne le nécessaire, le besoin, le réel en deçà de sa sublimation ou de son idéal. C’est une tentation une tentative de le dire. Elle a dédié le sublime à mon père et a pris en charge tout son deçà. D’où ma tentation de restituer ou d’apporter à cet en-deçà sa lettre sublimatoire, sa place du côté de l’idéal. De sorte que je puisse à mon tour l’assumer, tout en me distinguant d’elle. (Non pas y chercher l’indigne (mais l’insigne)). Ce que je fais, je veux faire, l’histoire de l’art, l’histoire tout court, l’a pourtant fait, déjà, avant moi. Mais il semble bien, que ce soit toujours à refaire. Qu’il y aura toujours de l’un peu plus sublime pour faire de l’ombre à ce qui ne vit que de cette ombre faite. Et dans cet effort, j’y perds beaucoup. Dans ce combat avec moi-même. Car ce qui tient, à l’ombre, tient à l’ombre, avec force. Et je pense que c’est cette force-là qui me précipite dans l’oubli des événements aussi bien que des mots. C’est une force anti-idéal. Une forte force. Or, là même, en cet instant-même, elle ne s’énerve pas, elle me laisse l’écrire. Jusqu’à un certain point, elle se laisse passer à la métaphore. Tout va bien tant que je ne parle que pour moi. (Quel rapprochement possible avec la féminité et le féminisme (et le Japon, et la Chine, et les arts martiaux)? ) 

J’élucubre ça maintenant. Et cette nuit, par rapport au fait que je ne pouvais pas être ma mère et donc faire ce qu’elle faisait, et par rapport au fait que ce qu’elle avait fait dans une sorte de sentiment de service à l’autre, de sacrifice, et dans un mépris intégral de sa propre personne, il y avait l’idée que je pouvais en sortir, peut-être, puisque telle se dessine ma volonté, en poursuivant et consacrant ce travail de restitution de valeur et de dignité aux tâches à raz du réel auxquelles elle se consacrait. C’est-à-dire de consacrer la grandeur de ces tâches. Et donc abandonner l’idée de désidentification d’une mère, pour se maintenir uniquement à la hauteur du réel. Je vois bien qu’il faudrait pouvoir préciser davantage, mais pas pour le moment. Choisir le raz du réel, s’y tenir, c’est n’avoir pas d’autre choix, c’est choisir d’attribuer une valeur à ce réel. 

Faut-il qu’il y ait (encore) de la grandeur ? Qu’il n’y ait plus la jouissance de l’indigne (au moins, à tout le moins). Et puis, pouvoir survivre (à tout le moins).

Et ce sacrifice de ma mère, curieusement, paradoxalement, me dégoute à un point, m’angoisse à un point, que j’en suis définitivement préservée – me semble-t-il. N’être pas elle. Malgré que je sois poursuivie par la culpabilité de ne pas le faire, ce sacrifice. Et malgré qu’il trouve d’autres guises, ce sacrifice, pour se faufiler, s’incarner dans ma vie. (Ainsi, il m’est de plus en plus difficile d’imposer un choix à moi, comme par exemple choisir un film, mais c’est, me semble-t-il, je l’espère, superficiel, et c’est pourquoi j’ai tellement besoin d’être seule.) Par ailleurs, je sais, je sens bien, que tout cela pourrait trouver encore à s’inscrire dans une histoire féministe. Or, il me semble que pour le coup j’y sacrifierais quelque chose de ce que je tente d’écrire ici. (Pour moi ce qui s’impose, de se conformer à un rôle, à un rôle dans la soumission, dans l’effacement, ne tient pas, ne peut tenir uniquement au patriarcat, à moins que je ne méconnaisse complètement la nature de ce patriarcat. Pour ce qui est de ma mère : elle a été angoissée, mais elle a été heureuse, vraiment, elle n’a jamais cessé de nous aimer, elle nous a toujours aimés, nous, ses enfants, son mari.) (et ce qui en moi tient à l’ombre, dont j’ai parlé plus haut, n’est pas un rôle acquis, n’est pas l’assimilation de la place des femmes dans la société, c’est autre chose, cela j’en suis convaincue.)

J’ai déjà écrit ça.
L’idée, cette nuit, était de trouver à me dégager de l’angoisse où me plonge n’importe quel faire. et la reconnaissance qui pourrait s’ensuivre. (reconnaissance où ce qui ne supporterait aucune reconnaissance sauf à être reconnu comme méconnaissable ou infâme ne s’y retrouverait pas et combat fortement.)
Je n’ai de solution que par ce que j’appelle le réel. De toutes façons. Je n’ai que le raz du réel. C’est-à-dire chercher à faire le ménage dans la nudité du geste, dans l’oubli du passé, et dans une volonté de consacrer ce qui simplement va vous permettre de continuer à vivre, assumer votre subsistance. 
C’est ma limite possible à moi. Ce serait.

Je ne suis pas, jamais, sortie d’une certaine famille. Je n’ai pas grandi. Je suis toujours ramenée en arrière.

Me lever, saluer Jules.

dimanche 29 janvier 2023 · 07h45

dimanche 29 janvier 23

7h45 Réveillée vers 7h, je crois. Assise dans la salle, 2 fenêtres aux rideaux tirés dont l’un que je dois réparer, Chester sur mes genoux ronronne.

Que dire ? Hier CBD 3 gouttes. Je passe trop de temps sur le blog, c’est l’impression que j’ai. Je n’arrive pas à m’en détacher. Ça avance, pourtant. Je veux dire que je devrais être contente. Mais, c’est le fait de ne pas sortir que je me reproche. De ne pas sortir et de ne voir personne….

Jules a eu ses portes ouvertes, hier. Il est de plus en plus décidé pour les Beaux Arts. Ce serait magnifique qu’il soit pris à Via Ferrata.

J’ai envie de retourner me coucher.

Je me suis inscrite à un cours de tai chi online, mais je n’y vais pas… C’est déjà le 3ème vendredi je crois.

Hier soir, Samuel Fuller, The Naked Kiss. Étonnant. Tout commence bien, tout finit bien, et pourtant entre-temps, quel malaise, quel gâchis. Première scène, magnifique. Mais l’arrivée en bus aussi. Étrange récit d’une rédemption dans un monde corrompu. Le tout est tiré à gros traits, avec sans doute des raccourcis. Mais très efficace et très beau. Quoiqu’un peu raté.

10:29
Retourne me coucher.
J’ai par hasard eu une visite hier, sur le site, et la personne a visité une page où il n’y avait qu’une image laquelle manquait. Je me suis aperçue qu’elle était censée venir d’un vieux blog dont j’avais oublié de terminer le déménagement au moment du changement d’hébergeur…
Trouvé le moyen de travailler sur les requêtes. Je pourrai faire une page qui affiche les derniers posts modifiés.
Je pourrai peut-être aussi afficher leur date de modif dans les posts même. Date création-date modification. Comme je faisais avant.
Je fais tout ça, et je suis gênée de faire tout ça, pour rien, au fond, personne. Pour moi seule.
C’est pour ça que je vais me coucher.

16h45
Suis arrivée à me fâcher. N’aime pas la façon dont F me parle. Cette façon qu’il a de dire non à tout ce que je dis. Suis partie. Marché jusqu’aux Halles. Me retrouve dans un bistrot à devoir attendre 40 minutes le début d’une séance de cinéma. Retour à Séoul. Qu’est-ce qui m’a fragilisée comme ça? Le blog. Le temps que j’y prends, j’y consacre, aux aspects techniques, la honte liée à ça, cette jouissance. A ce travail autiste.

dimanche 29 janvier 2023 · 11h54

une demande de conseils

Cher FB, 

Suite à votre dernier mail, j’ai rouvert mon blog, lequel était fermé depuis 2016, me demandant s’il ne serait pas possible que je bénéficie de votre accompagnement pour en faire quelque chose. Je ne pense pas pouvoir y arriver seule. Que cela fasse office de manuscrit à mener à la publication.

J’ai d’abord rouvert pensant vous proposer de travailler uniquement à la partie Rêves. Mais, j’ai été rattrapée par tous les aspects techniques (WordPress a considérablement changé en 10 ans). 

Je voudrais soit arriver à faire du blog un objet davantage lisible. Soit, arriver à en extraire, et travailler séparément en vue d’une publication papier, certaines parties, certains sujets. Ce pourrait être les rêves. Mais ce pourrait bien d’autres choses. Comme par exemple, ce à quoi je tiendrais beaucoup, mais qui n’est pas encore fait, parler, en m’appuyant sur les textes existants, de Freud, ou d’autres, en les relisant, en les commentant, de mon expérience de la mélancolie. J’ai beaucoup lu. J’ai été très aidée par ce que j’ai lu. Il me semble même que ça m’a permis de faire bouger les choses, là où ça aurait pu sembler impossible. Et je suis toujours en analyse. C’est donc ce dont je voudrais témoigner. Mon expérience de cette confrontation avec une volonté intérieure létale, et comment j’arrive à l’isoler, à la tenir à distance, à la faire co-exister avec d’autres forces. Je songe surtout à mon fils. Je n’arrive à faire exister de désir que par écrit, par l’écrit. Or mon écriture n’est pas littéraire. Je n’ai rien à voir avec la littérature. Ça n’est pas du mépris de ma part, au contraire, c’est que ma passion ne s’est pas ordonnée à ça, à la littérature. La seule chose qui soit arrivée à la fixer un tant soit peu, c’est la psychanalyse. 

Ce qui me tient aujourd’hui, c’est ce désir qui m’a prise de témoigner de la psychose. 

Enfin, je me rends bien compte que je ne vous demande rien de suffisamment précis. 

Il y a le passé. Ce blog, ces traces. Dont il n’y a peut-être rien à tirer, à ramener. Une expérience. 

Puis, il y a d’autres choses que je voudrais arriver à extraire du blog pour en faire un objet séparé :

  • Le ratage
  • Le nom, le nom propre, le trou pour moi du nom
  • L’histoire et la géographie vs mon a-temporalité, mon a-localisation
  • Le raz du réel, la métaphore éloignée

Etc. 

lundi 30 janvier 2023 · 07h37

lundi 30 janvier

7:37 2 gouttes + HHC. Il fait froid. Canapé + couette. 3 rideaux tirés sur 4. N’ose pas tirer 4ème peur réveiller J.

En rentrant du cinéma hier, restée fâchée, peut-être injustement, probablement.

Lorsque la veille j’ai entendu F « dire que non » à ce que je disais, pour la 2ème ou 3ème fois dans la discussion de midi-là, j’ai pensé que c’était inacceptable. Il y a eu une rupture. Je suis entrée dans l’idée que je n’allais plus parler, que je devais trouver un moyen de ne pas manger avec eux le soir, trouver un endroit où m’en aller.
F et J ont dû tout de suite sentir que quelque chose n’allait pas, puisque je me suis levée et que j’ai commencé à débarrasser la table, silencieusement. Après, j’ai fait la vaisselle, bruyamment.
Après, j’ai rejoint la chambre, comme je ne supportais pas l’idée de passer l’après-midi au lit, j’ai cherché un film, je me suis habillée.
F s’était endormi dans le canapé, je suis sortie.
Descendant les escaliers, je leur ai écrit que je sortais me balader. Salut, je sors me balader.
J’ai acheté une cigarette, je l’ai fumée en marchant, il faisait froid. F a répondu qu’il dormait et qu’il allait faire une lessive.
J’ai continué à marcher. Plus tard, j’ai dit de ne pas m’attendre, que j’allais au cinéma. J a dit qu’il allait voir ses copains.
Plus tard, au café, où je devais attendre une heure avant le film, il y a eu cette discussion WhatsApp qui ne rimait à rien avec F.
Il y a eu le film, très beau.
Il y a eu l’intention de leur parler du film.
Je suis rentrée à pied.
Arrivée ici, j’ai salué J et je me suis sentie toujours aussi fâchée avec F.
Je me suis réfugiée dans la chambre.
J’avais envie de pleurer.
Je me suis couchée dans le noir.
J’attendais sans doute que F fasse quelque chose.
Je savais qu’il me dirait que moi aussi j’aurais pu faire quelque chose.
Justement non. Ce n’était plus possible.
Et puis, là, j’arrête de raconter parce que j’en peux plus.

Il a fallu manger. Et toute la table était silencieuse. Impossible de dire un mot.
J’ai. finalement posé une question à J sur son amie, celle qu’il avait vue.
Peut-être que si l’on m’avait interrogée sur le film, j’aurais répondu.
Etc.
Je voulais aller dans la chambre, pleurer, dormir.
J a demandé à regarder quelque chose, un film. Il devait le faire pour qu’on sorte de la situation.
On a fait ça. Assez silencieusement.
Ches est venu sur moi, quel ange, ça m’a soulagée.
J a vu ça. Ça l’a soulagé.

Après, il s’est couché, et j’ai… joué aux cartes sur mon ordinateur! Ce que je ne fais jamais. Ce que ma mère fait toujours, depuis qu’elle est vieille, vraiment vieille. Encore maintenant, avec l’alzheimer.

Quand F a éteint la lumière, je me suis adressée à lui, je lui ai dit qu’il ne… en substance qu’il ne devait pas croire qu’il pouvait s’en sortir avec ce qu’il avait écrit (lors de la conversation WhatsApp). Je ne sais plus ce que j’ai dit. Il a fini par s’excuser, d’avoir provoqué ce bouleversement. Je lui ai répondu que ça ne suffisait pas puisqu’il n’allait pas changer. Ou quelque chose comme ça. Il a fini par dire qu’il allait dormir. J’ai mis un peu plus de temps que lui.

Mal aux mains de tenir le téléphone. Jules levé.

Je crois que le tout a été provoqué par le fait que j’avais essayé d’écrire à FB, pour lui demander de l’aide pour le site (aide monnayée, il fait de l’accompagnement à la finalisation de manuscrit) et je me suis rendue compte, lui écrivant trop, et trop proche de la maladie, qu’il ne pourrait pas accepter de m’aider. Que j’avais trop d’envies, qui n’allaient pas dans tous les sens, mais qui toutes exigeaient de la persévérance, ce dont je manque par dessus tout. Soit, j’avance avec un nouveau projet, soit je tente de faire quelque chose avec ce qui a été fait, le blog. Dans les 2 cas, il y faut plan et détermination. Ce dont je suis incapable.

Cet enfermement de mon fait dans la maladie, cette condamnation à continuer de la même façon, m’a je crois profondément découragée. J’avais vaguement espéré jusque là pouvoir m’adresser à lui. C’est pour ça en fait que j’avais au départ rouvert le blog. Pour lui en parler. Parlé du projet de travailler sur les rêves, que j’ai d’ailleurs rapidement oubliée. L’ordinateur est un (ce jeu qu’on jouait dans les cafés, avec une bille qu’on lance et qui rebondit et qu’on doit empêcher de tomber dans un trou, un kicker ? Non ! Un flipper !)

19:03
Je ne vais pas bien.

mardi 31 janvier 2023 · 07h35

Mardi 31 janvier 2023

7:35 2 gouttes, assise coin de canapé, recroquevillée, pas de couverture, froid. Bu beaucoup d’eau (tiède + bicarbonate) parce que j’ai des problèmes de calculs et que ça fait mal en ce moment. Je dois boire plus. Alors, je vais essayer de boire au réveil, directement, beaucoup, comme ça….

La tristesse qui m’est tombée dessus hier matin, et qui m’a pesé toute la journée, lorsque voulant écrire à FB, voulant lui décrire mon projet, je me suis rendue compte que je ne parviendrais pas à l’y intéresser et que je n’arriverais pas à écrire quoi que ce soit de publiable, c’est-à-dire de lisible. Le caractère autiste de mon écriture m’a un fois de plus frappée. Et j’ai renoncé à ce mail. Ça m’a déprimée. Le caractère autiste de ce que je fais m’a une fois de plus sauté à la figure.

Alors, cette nuit, rêvé, rien d’analysable, il me semble.

Il y avait un nouveau bébé et F, qui devait rentrer, avait disparu, ne rentrait pas, ce dont j’étais contente. Je pensais que le bébé était de lui. Je n’ai pas l’impression que ce bébé était de moi. Et j’ai peut-être pensé que j’allais m’en occuper. Mais j’ai aussi pensé que Nicole et Martine allaient s’en occuper (!) Il fallait que le bébé aille au lit. Je crois que je pensais qu’il dormirait entre elles deux, or elles avaient des lits séparés. Martine a pris le bébé dans son lit, le serrait près d’elle, comme il le fallait. Mais Nicole restait dans son lit. Je leur disais qu’il faudrait peut-être qu’elles rapprochent les lits. Et, contre toute attente, Nicole répondait qu’elle ne voulait pas (!) Ça me choquait un peu.

Après, je rencontre JL. Il est avec une nouvelle amie. Je lui dis que F a disparu. A ce moment-là, je me dis que plutôt que de m’en réjouir, je devrais peut-être m’en inquiéter, ne fût-ce que par bonté d’âme.
Il est question d’un service que JL pourrait me rendre. Un service monnayé. Il accepte volontiers, me dit qu’il va le faire. Mais en même temps, je n’en n’ai pas envie.
Donc, je vais à l’endroit où son service serait nécessaire et comme je me penche sur elle, la saisis, « la chose », une sorte d’épaisse roue en bois, se détache toute seule du support dans laquelle elle était prise, et tombe en morceaux, par son centre, le long des rayons. J’ai de gros morceaux en mains, qui ont la forme de triangles de tartes. Ils sont un peu encombrants, me tombent des bras, je dois les rattraper. J’en suis très étonnée et contente, je vais montrer ça à JL, je n’ai pas besoin de lui.

Interprétation

Est-ce qu’il s’agit de l’aide que je m’apprêtais à demander à FB ? L’aide monnayée?

Et l’objet, l’énorme roue, qui se détache sans que j’aie besoin de lui ? Je voulais qu’il m’aide à extraire un objet à lire de cette masse du blog. La roue de mon nom? La roue du meunier ? Qui ressemble aussi à un gouvernail. Qui était collée à son support dans une sombre encoignure et que je détache. Qui tombe en morceaux. « Mon whisky en pièces détachées!! » (le capitaine Haddock dans On a marché sur la lune) (quel cours de Miller sur les pièces détachées?)

Et le bébé. Pourquoi n’est-il pas de moi? Il est de Frédéric. Est-ce parce que je dois le voir saisi dans l’entre-deux d’un autre couple? D’un couple de femmes, avec leurs lits jumeaux. En bois. Comme celui dans lequel je dormais adolescente ? Il y en avait deux. Il s’agissait d’une paire. Je dormais dans l’un des deux.  Je ne sais d’où provenaient ces lits. De ma grand-mère ? De mes grands-parents ? J’ai vu récemment sur une image un couple dormir dans des lits , j’ai trouvé ça bien. Il s’agissait d’un autre pays, je crois.

Étrange.

(Je vais me recoucher.)

J’allais hier suffisamment mal que pour n’avoir pas envie de voir la psy.

Nicole et Martine. Quelque chose de la relation imaginaire dans un couple, qui préside à son amour. Où l’on s’attendrait à ce que les 2 fonctionnent de même, et puis non Nicole ne veut pas, se distingue.  J’aurais voulu qu’on soit moins collés autour de J, moi aussi. Mais, c’est comme ça qu’on a fait.

Il y a des reproches qu’il ne m’est plus possible de faire à F. Cepedant… il y a des moments où c’est insupportable pour moi d’être en sa présence de façon incessante. Une souffrance. En particulier, quand il fait des jeux vidéos. Comment est-ce que je m’en suis sortie hier? Pas. Non, l’angoisse était forte. J’ai fini par dire Ecoutez, ça n’a pas l’air comme ça, mais je vais mal. Alors, j’ai eu de la chance, je suis sortie faire des courses et quand je suis rentrée, F n’était plus là, à son cours du lundi soir, et J disait qu’il sortait, donc j’ai eu quelques heures seule. Ça fait du bien.

9h16 Mince. J’ai perdu ce que j’ai écrit ici il y a une heure. Zut.

Retour à Séoul. On comprend que la situation est beaucoup plus grave encore pour la jeune fille que ce qu’il n’y paraît quand elle semble intéressée par la proposition du marchand d’armes. Et qu’il est question qu’elle sauve la Corée !
On ne sait pas s’il s’agit d’un jeu ni jusqu’où elle ira. On songe à Rimbaud. Je peux te faire exploser en un instant ! Répète-t-elle a son ami du moment. Et la voir couchée dans la rue, elle, seule, explosée, au petit matin… Les dernières images du film laissent à entendre qu’elle se sera enfin détachée de la Corée, de Séoul, qu’elle n’y retournera plus.

(On ne sait pas lors du deuxième repas avec le père s’il s’agit d’un jeu, si ils fabulent, probablement pas tout à fait.)

Voilà, je ne suis pas arrivée à réécrire complètement, dans la facilité de la première inspiration, mais tant pis.

9:55 Me lever, aller chez l’analyste. Ne pas oublier de sauver ceci.

Voir également :

  • Autour de la roue  : https://www.disparates.org/iota/tag/roue/
    Je crois qu’à ce mot-clé, ce hashtag, manque la roue du temps, la roue du rouage de la machine, celle sur laquelle est prise Charlie Chaplin dans Les temps modernes, il faut que je retrouve ça. J’ai commencé à écrire ici en me reprochant d’être « couchée sur le temps« , mais je n’arrive pas à faire autrement, je colle au temps, dans son instant, je ne parviens pas à m’en détacher, c’est pourquoi le blog me convient, sa structure, chronologique, et la conservation de sa mémoire, me structure, m’offre l’abri de sa machinerie.
    Dans le rêve de la coulisse, il est question de la pulsion, d’être prise dans la coulisse de la pulsion
    Dans celui des similis mystiques, c’est un rêve intéressant à relire aujourd’hui, il est question du suicide, de celui qui veut mon suicide, de sa fureur et de celle qui se sacrifie.
jeudi 9 février 2023 · 06h16

Faire et défaire, c’est toujours travailler (comme disait ma grand-mère)
— jeudi 9 février 2023

jeudi 9 février 2023

05:16

Réveillée depuis 4 heures.

Je crois que je suis très découragée par le blog. Mais, c’est un mal de tête qui m’a réveillée.

Comment continuer ?

C’est un monstre, ce blog.

Publier un journal une fois par semaine ? Une fois par mois ?
Un pas de plus dans l’organisation ?
Mais, comment mettre ça en place ?
Le publier en privé au fur et à mesure. Et puis, le passer public ?

Je voudrais que moins de choses soient publiées. Tout dépublier ? Tout passer en privé ? Comment ? Créer une catégorie spécifique pour ce qui est publié et rendre toutes les autres invisibles?

Je publie trop vite. Mais, j’ai aimé publier au fur et à mesure. Donner à voir les avancées. J’ai aussi aimé témoigner du non-savoir, de l’erreur, du doute. Est-ce que j’en ai trop fait?

J’ai aimé me montrer au travail. C’est de ça qu’il s’agit ?

Peut-être commencer par une semaine? Ne publier le journal qu’une fois par semaine? Et ne republier que les séries terminées ? Or, je n’arrive à rien terminer.

C’est une piste. Mais, je ne vois pas comment je pourrais m’y tenir.

Et qu’est-ce que j’aime dans le code, dans l’aspect technique de tout ça ? Est-ce qu’il s’agit, comme je l’ai dit hier, simplement, seulement, de travailler dans un truc qui marche ? Qu’est-ce que j’avais développé autrefois, sur la machine ? Faire tourner la machine. Le moulin.

Qu’est-ce que j’aime dans le code au point de ne pouvoir m’empêcher d’y retourner ?
C’est ça, j’aime que ça marche que ça fonctionne que ça n’ait aucun sens. Que ça se passe dans le moteur, invisiblement. Tout ce travail invisible, que je ne cesse de faire et défaire. Que je défais aussitôt fait. Est-ce que je suis heureuse quand je défais ? Non, je ne crois pas. Je suis un peu malheureuse. Comme maintenant, comme je suis tentée maintenant de défaire, le travail des deux dernières semaines…. Défaire, effacer, passer à autre chose, dans la même précipitation renouvelée. Oublier, recommencer.

Châteaux de sable.

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